Neuhausen Café

Un nouveau site internet pour l’AEFE!

Posté le 30 septembre 2013

aefe_logoAprès un changement de site géographique, l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger rénove son site internet!

Mme Hélène Farnaud-Defromont, la directrice de l'AEFE nous informe en effet de la mise en ligne de la nouvelle version du site internet de l'Agence.

Conçu pour faciliter la navigation et l'accès aux contenus, faisant la part belle aux photos et aux vidéos, il correspond pleinement au souhait de l'Agence de mieux informer ses publics et de poursuivre son effort de modernisation, en offrant aux visiteurs une navigation plus fluide et conviviale.

En effet, Si la “matière” de l’ancien site est reprise, le nouveau site est organisé de manière plus claire, avec huit rubriques principales. Un simple clic sur l’une d’entre elles ouvre un sommaire aéré permettant d’avoir une vue d’ensemble des sous-rubriques.

Remarquons, par ailleurs, les "zooms", véritables "mini-sites" consacrés à un événement ou une thématique rassemblant tous les contenus qui lui sont liés. Chaque article peut également être partagé sur les réseaux sociaux. Visitez la page Facebook de l’AEFE

À l'heure du numérique à l'école, il est en outre un signe fort de l'importance du numérique dans le réseau, thème qui sera l'un des axes principaux du prochain Plan d'orientation stratégique.

D'ici la fin de l'année ce nouveau site doit, en outre, être encore enrichi avec de nouveaux types de contenus visant à une optimisation de la consultation sur les terminaux mobiles (tablettes et téléphones), un enrichissement des contenus pédagogiques et la  création de nouveaux « mini-sites », des pages en version multilingue, une lettre d’information…

Pour découvrir ce précieux outil, cliquez ici.

Sénat.Hebdo, semaine du 16 au 20 septembre 2013

Posté le 30 septembre 2013

logo_senat_07Semaine chargée au Sénat, du 16 au 20 septembre, avec de nombreuses heures passées dans l’hémicycle:

- J'ai assisté à la discussion en séance publique des projets de loi interdisant le cumul des mandats.
- Et je suis intervenue lors de l’examen du projet de loi pour l’égalité entre les femmes et les hommes, adopté dans la nuit du 17 au 18 septembre.

Il faut aussi évoquer l'audition sur les aides de l’Etat à la presse écrite, organisée par la commission des finances, sur la base d'une enquête demandée à la Cour des comptes.


Ouverture d’une concertation sur la refonte des programmes

Posté le 27 septembre 2013

classe AEFEPour réformer les très contestés programmes scolaires du primaire mis en place en 2008, le ministre de l’éducation nationale Vincent Peillon a lancé lundi 23 septembre une grande concertation sur la refonte des programmes. Les 300 000 professeurs des écoles ont jusqu’au 18 octobre pour revenir sur les qualités et défauts des programmes scolaires actuels. Les contributions seront ensuite étudiées par le Conseil Supérieur des programmes qui sera mis en place d’ici à la fin septembre. Celui-ci élaborera alors des programmes, qui seront soumis aux enseignants en mai-juin 2014, pour une application à la rentrée 2015.

Cette première consultation, qui s’effectuera sur le temps de service des enseignants, est un pas décisif vers une meilleure prise en compte de leur avis. Pour les deux dernières réformes des programmes scolaires du primaire (2002 et 2008) les enseignants avaient certes été consultés mais sur la base de programmes établis au préalable. Cette fois-ci, la consultation se veut plus ouverte et les enseignants pourront indiquer leurs remarques en amont. Il s’agit par ailleurs d’injecter davantage de transparence dans le système de rédaction des programmes.

Le ministre témoigne ici de sa volonté de favoriser le consensus en permettant à chacun de s'exprimer, l’idée étant qu’il est logique de concevoir les programmes avec ceux qui vont les mettre en œuvre. On reproche aux programmes de 2008 leur lourdeur et leur côté mécanique (apprentissage par cœur notamment). Les nouveaux programmes devront prendre acte de cet échec et être ambitieux. La composante pédagogique des apprentissages ne devra pas être oubliée.

L’emploi au centre des journées parlementaires

Posté le 26 septembre 2013

« Oui, ça change ! » tel était le slogan des journées parlementaires socialistes qui se sont déroulées lundi 23 et mardi 24 septembre à Bordeaux. Présente à ce rendez-vous incontournable de la vie parlementaire, j’ai vivement apprécié la mobilisation de tous, ministres comme parlementaires, dans la lutte contre le chômage, priorité  du Président de la République. Et dans ce domaine comme dans d’autres, le travail amorcé par le gouvernement depuis 18 mois commence à porter ses fruits. Avec ce volontarisme politique qui a cruellement manqué à la droite qui n’avait rien fait ou presque pour contribuer à endiguer la hausse du chômage, l’objectif d’une inversion durable de la courbe du chômage dans les prochains mois parait tout à fait envisageable.

Les différents dispositifs mis en place par notre gouvernement comme les emplois d’avenir, les emplois francs ou encore le contrat de génération sont autant d’instruments qui permettront à nos compatriotes de retrouver le chemin de l’emploi. Ces dispositifs, souvent accusés à tort de ne pas répondre de manière concrète au chômage, fonctionnent. La baisse du chômage - moins 50 000 chômeurs pour le mois d’août- semblent confirmer  la réussite de ces dispositifs tout comme l’annonce faite par Michel Sapin au cours de ces journées parlementaires de la signature de 60 000 contrats d’avenir.  Les contrats d’avenir permettent à des jeunes peu qualifiés d’acquérir une première expérience professionnelle et d’entrer dans la vie active. Au regard du fort taux de chômage des jeunes en Europe, que j’ai encore pu mesurer lors de mon déplacement à Madrid,  je me félicite que cette mesure forte contribue également à redonner de l’espoir à la jeunesse. Martin Schulz, président du parlement européen, très applaudi, après avoir, sans langue de bois, appelé à la responsabilité de chaque élu dans le cadre de la campagne des élections européennes, a mis en garde l'Europe contre le fléau que représente le chômage des jeunes qui atteint des taux très inquiétants dans certains pays et qui pourrait à terme menacer la démocratie. Le budget 2014 qui sera bientôt discuté au Sénat continuera le travail entrepris depuis plus d’un an et le retour à l'emploi  sera au même titre que le retour de la croissance un objectif majeur.

Si l'emploi, vous l'aurez compris, était au centre des discussions des journées parlementaires d'autres débats de qualité ont eu lieu. Ainsi la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, et sa collègue déléguée aux Personnes âgées et à l'Autonomie, Michèle Delaunay, ont présenté la future réforme des retraites qui sera discutée prochainement au Sénat. Un point sur les réformes engagées depuis l'élection de François Hollande a également été fait par Jean-Pierre Bel, président du Sénat, Claude Bartolone, président de l'Assemblée nationale et Alain Vidalies, ministre des relations avec le Parlement. Ce dernier a d'ailleurs tenu à saluer le travail effectué par  les députés et sénateurs qui par leur forte activité législative ont nettement contribué au changement. J'ai également participé à une réunion conjointe des délégations aux droits des femmes du Sénat et de l'Assemblée nationale, au cours de laquelle le rapport trans-partisan, de ma collègue députée Maud Olivier, au nom de la délégation aux droits des femme de l'Assemblée nationale, sur le renforcement de la lutte contre le système prostitutionnel a été présenté. Un compte-rendu des débats au Sénat sur le  projet de loi pour l'égalité femmes-hommes a également été abordé par la sénatrice Catherine Génisson.

Ces journées parlementaires ont été conclues par le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault qui a prononcé un discours rassembleur et mobilisateur, rappelant la responsabilité qui appartient à chaque parlementaire d'expliquer et de promouvoir les réformes  auprès des Français. Le gouvernement socialiste a beaucoup fait depuis son entrée en fonction, beaucoup reste encore à faire pour poursuivre le changement de la société française, fortement abimée par 10 années de droite.

Le patient au coeur de la stratégie de santé du gouvernement

Posté le 24 septembre 2013

La ministre des affaires sociales Marisol Touraine a présenté hier sa stratégie nationale de santé, dont la mesure phare est l’instauration pour les consultations médicales du tiers payant, comme en pharmacie. Aujourd’hui le patient doit payer non seulement le ticket modérateur (c’est-à-dire la somme non remboursée par la Sécurité sociale) mais également faire l’avance des frais pris en charge par la Sécurité sociale. Dès la fin 2014 les patients les plus modestes, titulaires de l’aide à la complémentaire santé seront dispensés de cette avance, et la mesure sera généralisée dès 2017.

C’est un pas important vers un plus large accès aux soins, dans la lignée de la couverture maladie universelle instaurée en 2000, et plus précisément sur le modèle de la CMU complémentaire dont les bénéficiaires, qui ne payent pas le ticket modérateur, n’ont à avancer aucun frais.

Les opposants à la généralisation du tiers payant arguent que cela va conduire à une déresponsabilisation des patients. La ministre rejette cette idée et assure que « dans les pays où le tiers-payant a été instauré, aucun lien n'a été constaté avec une augmentation des visites chez les médecins ».

La ministre des affaires sociales a également annoncé le renforcement des critères des contrats de complémentaire santé pour garantir la qualité de la protection. Cette mesure sera inscrite au projet de loi de financement de la sécurité sociale 2014.

Autre mesure importante, l’ouverture de 300 « maisons de santé pluridisciplinaires » pour faciliter l’accès aux soins dans les zones désertées et la mise en place dans ces mêmes zones de 200 « praticiens territoriaux », des médecins auxquels on garantira un revenu minimum de 3 600 euros mensuels.

La « stratégie sanitaire » prévoit également la facilitation de l’échange d’informations entre médecins par la création d’un « dossier médical personnalisé » pour certains patients, la possibilité de faire des actions de groupe en justice dans le domaine de la santé et une meilleure orientation des patients dans le parcours de soin grâce à une coordination par les généralistes.

Si cette dernière mesure ainsi que celles visant à un meilleur accès aux soins dans les zones désertées ont éveillé les craintes d’une étatisation de la médecine, tel n’est clairement pas l’objet de la stratégie nationale de santé. Il s’agit bien plutôt de garantir une meilleure prise en charge du patient, tant au niveau de l’accès financier et géographique aux soins qu’au niveau du parcours médical en lui-même.

Je me félicite donc que la réforme de notre système de santé, que nous savons tous inéluctable, ne s'envisage pas uniquement en termes comptables mais tienne compte de la réalité sociale et humaine des plus précaires de nos concitoyens.

Cette considération vaut également pour ceux de ces concitoyens établis à l'étranger : une réforme de la Caisse des Français de l'étranger (CFE), l'un des instrument de la protection sociale de ces Français, doit être menée. Je suis en contact constant avec le cabinet de la ministre des Affaires sociales pour travailler à cette tâche.

Mes interventions lors de la discussion du projet de loi pour l’égalité entre les femmes et les hommes

Posté le 20 septembre 2013

imagesLe projet de de loi pour l'égalité entre les femmes et les hommes vient d'être adopté par le Sénat. Je m'en réjouis tant ce texte, première loi-cadre sur le sujet, est essentiel mais aussi novateur en ce qu'il apporte, enfin, une réponse globale, cohérente et intégrée à ces inégalités entre les sexes qui persistent, malgré la pleine reconnaissance de l'égalité en droit (voir mon article présentant le projet ici).

Ce texte doit non seulement enfin permettre l'application effective du droit existant, mais au-delà, éveiller véritablement les consciences, trop souvent endormies, à la fois dans la conviction que l'égalité est en marche, à son rythme, que cela est suffisant et qu'il suffit d'être patient, et aussi dans le confort des habitudes engendrées par les stéréotypes dont la société tout entière nous rebat encore les oreilles.

Bien sûr, la situation des femmes d'aujourd'hui, en France, est incomparable avec celles d'il y a seulement 40 ans, mais il est inutile que je rappelle les chiffres qui nous révèlent combien l'égalité réelle est loin d'être atteinte et combien, au rythme où vont les choses, elle sera longue encore à être effective.

Cette première loi-cadre entend donc s'attaquer de manière transversale et globale à tous les enjeux de l'égalité entre les femmes et les hommes, parce que les inégalités se nourrissent d'une multitude de causes, de situations, de conséquences très diverses qu'il convient chacune de combattre. C'est ainsi quatre priorités que ce texte s'attache à dégager: l'égalité au travail et dans la famille, la lutte contre la précarité sociale des femmes, la lutte contre les violences, la mixité et la parité dans tous les domaines.

Comme l'a si bien évoqué la ministre des droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem (lire son intervention ici), il ne s'agit pas ici d'agiter le fantasme "si souvent convoqué et jamais advenu" de la guerre des sexes, mais bien de mobiliser l'ensemble des acteurs de la société pour accélérer les choses et pour que "l'égalité ne soit plus la revendication de quelques-unes, mais l'exigence partagée et vécue de la véritable universalité républicaine".

La discussion parlementaire a permis d'améliorer encore le projet de loi. Je me félicite ainsi de l'extension du périmètre du délit d'entrave à l'IVG qui inclut dorénavant l'information sur l'avortement, ou encore de l'extension de l'utilisation du téléphone d'urgence aux victimes de viol. L'interdiction des concours de "mini-miss" est également une disposition que je salue.

Il reste que je regrette la faible présence des parlementaires (davantage masculins encore) dans l’hémicycle durant ces deux jours de débat. Je déplore tout autant la mince couverture des médias sur ce projet de loi, et cela d'autant plus quand je la compare au déchainement médiatique qui a suivi l'adoption, quelques heures plus tard par la délégation aux droits des femmes de l'Assemblée nationale, du rapport parlementaire visant à renforcer la lutte contre le système prostitutionnel. Est-ce à dire que l'éventuelle responsabilisation des clients de personnes prostituées suscite davantage d'indignation que le constat que fait, en creux, ce projet de loi quant à l'inégalité dans l'entreprise, à la conciliation des temps de vie, à la précarité des femmes, à leur image dans les médias...? Je n'ose le penser!

Vous pouvez lire ici l'ensemble de mes interventions dans le débat (prochainement en ligne sur le site du Sénat) et consulter ici mes amendements et ceux dont je suis cosignataire. Certains d'entre eux visaient spécifiquement les femmes migrantes victimes de violences, d'autres proposaient de donner un accès prioritaire en crèche aux personnes bénéficiaires de la nouvelle prestation partagée de l'accueil de l'enfant (PPAE) lorsqu'elles sont dans un parcours d'insertion professionnel, ou encore de radier des droits à pension de reversion provenant de leur conjoint les personnes reconnues coupables de violences envers lui. D'autres amendements encore prévoyaient de faciliter la rectification de l'Etat civil des personnes trans, ou encore de rendre effective la sanction des entreprises ne satisfaisant pas à leur obligation légale de transmission à l'inspection du travail du rapport de situation comparée (rapport permettant d’identifier les inégalités et de définir les actions à mener pour aller vers l’égalité des hommes et des femmes en entreprise).

Situation de l’Alliance française de Bangui (République centrafricaine)

Posté le 20 septembre 2013

http://ateliera3.free.fr/img/alliance_francaise_Bangui.JPGJ'ai interrogé, par une question écrite,  Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, sur la situation de l'Alliance française de Bangui. Vous trouverez ci-dessous le texte de ma question.

Mme Claudine Lepage attire l'attention de M. le ministre des affaires étrangères sur la situation de l'Alliance française de Bangui (République centrafricaine). Elle salue l'annonce de la réouverture prochaine, à partir du 1er octobre, de cette Alliance française qui, elle le rappelle, était fermée depuis le 22 mars 2013. Si elle se réjouit de cette décision qui va, de fait, mettre fin au chômage technique que subissait, depuis le 30 avril, le personnel recruté local de l'Alliance, elle souhaiterait également qu'un nouveau directeur soit nommé rapidement. En effet, elle constate que le conseiller de coopération et d'action culturelle de l'ambassade de France, qui avait été nommé directeur par intérim il y a quelques mois, a été maintenu dans ses fonctions. Elle rappelle, une nouvelle fois, que ce fonctionnement est contraire à la réglementation française qui condamne la gestion de fait. Aussi se demande-t-elle s'il ne serait pas opportun de mettre un terme à cette situation qui perdure dans le temps et de revenir à une gestion et un fonctionnement plus conformes.

Le non-cumul des mandats : une nécessité pour la démocratie

Posté le 19 septembre 2013

Les projets de loi sur le non-cumul des mandats sont étudiés depuis hier par le Sénat. L’Assemblée nationale a adopté les deux textes en juillet dernier, projet de loi organique prévoyant l’interdiction du cumul de fonctions exécutives locales avec le mandat de député ou de sénateur et projet de loi ordinaire prévoyant d’interdire le cumul de ces fonctions exécutives locales avec un mandat au Parlement européen.

Une première limitation au cumul des mandats a été mise en place en 1985 (gouvernement Fabius), suivie d’une seconde en 2000 (gouvernement Jospin), mais ces lois ne sont pas suffisantes et le cumul des mandats est une pratique aujourd’hui trop répandue dans les hémicycles : 361 députés et 226 sénateurs exercent une fonction de président ou vice-président de conseil régional/général, de maire ou d’adjoint au maire, de président d’intercommunalité.

Et la France fait figure d'exception par rapport à ses voisins:  selon un rapport sénatorial de février 2012, la proportion d’élus en situation de cumul ne dépasse pas 20% dans la plupart des pays européens, en France, 84% des députés et 72% des sénateurs exerçaient au moins un autre mandat électif...

A chaque fois, ce sont les mêmes motivations qui guident l'absence de cumul (qu'il soit imposé ou aussi souvent choisi): respecter l’égalité des citoyens dans l’accès aux charges publiques, prévenir les pressions sur les électeurs, garantir la sincérité des élections et assurer tant la bonne administration des collectivités publiques que l’impartialité des titulaires de mandats.

En effet, la notoriété d’un parlementaire constitue une entorse à une juste compétition entre candidats à l’exercice d’un mandat local, c’est pourquoi l’argument de « la liberté de nos concitoyens » de voter pour le candidat de leur choix ne tient pas : les candidats qui se présentent à eux ne sont pas sur un pied d’égalité. Au-delà, les conditions de travail ne sont bien évidemment pas similaires entre un parlementaire n’ayant en moyenne que deux ou trois collaborateurs, et un parlementaire à la tête d’un exécutif local avec toute une équipe pour l’épauler. Le cumul peut, de surcroit, conduire parfois à des conflits d’intérêts. Mais le problème essentiel du cumul est le manque de temps consacré au travail parlementaire, avec un impact évident sur la qualité de celui-ci. Dire que ceux qui souhaitent le non-cumul n’ont qu’à se l’appliquer sans l’imposer aux autres est hypocrite : où est la justification au fait que les parlementaires ne soient pas investis à niveau égal dans leur mandat ?

Par ailleurs, l’argument principal pour le cumul des mandats est la proximité territoriale. Les sénateurs, représentants des territoires, auraient besoin de cumuler avec une fonction exécutive locale pour pouvoir représenter correctement ces territoires. Est-ce à dire que les sénateurs non cumulards sont coupés de leurs électeurs ? Telle n’est pas mon expérience de « simple » sénatrice. Rappelons, car on l’ « oublie » souvent, que le projet de loi n’empêche pas les parlementaires de détenir un mandat d’élu local (membre de conseil régional ou général, conseiller de Paris, conseiller municipal). Qui plus est, les sénateurs disposent d’une permanence parlementaire dans leur circonscription, et n’ont pas besoin d’être maire pour y rencontrer leurs concitoyens!

Enfin, je ne résiste pas à la tentation de préciser que le Sénat a voté, très heureusement, et  sans sourciller l'amendement interdisant le cumul entre les fonctions de conseiller consulaire (qui représentent les Français de l'étranger) et de parlementaire... encore une fois, les Français établis hors de France ne mériteraient-ils donc pas le même traitement que leurs concitoyens demeurant en France?

Le non-cumul ne menace pas la spécificité du Sénat en tant que chambre des territoires : il garantit au contraire son efficacité et par là même son utilité, justifiant ainsi le bicamérisme qu’on lui reproche de mettre en danger.

L’OFAJ, toujours dynamique, se renouvelle

Posté le 18 septembre 2013

Ce week-end, 70 jeunes Allemands et Français se sont réunis à Berlin dans le cadre d’un évènement organisé par l’Organisation Franco-Allemande pour la Jeunesse (OFAJ). L’Organisation, créée en 1963 par le Traité de l’Elysée signé entre De Gaulle et Adenauer, promeut la coopération entre les deux pays par des subventions aux échanges scolaires, les programmes Brigitte Sauzay et Voltaire (respectivement 2 et 6 mois d’échange en Allemagne), une aide à la recherche d’un stage ou d’un emploi en Allemagne, l’organisation d’évènements… Ce week-end, la manifestation se tenait sous la forme d’un « BarCamp », une conférence faite par les participants eux-mêmes. Un premier BarCamp sur le thème du bonheur s’était tenu à Berlin en 2011, puis un second à Paris, sur le thème de la politique, à la veille des élections en mai 2012. Cette troisième édition précédait d’une semaine les élections législatives allemandes de dimanche prochain. Le concept est novateur et m’a semblé particulièrement intéressant : j’ai souhaité rapporter ici le témoignage d’une des participantes.

« Venus des quatre coins de la France et de l’Allemagne, nous sommes tous arrivés à Berlin le vendredi soir. L’OFAJ, en tant qu’organisateur de la manifestation, s’est occupé de la logistique (hébergement, repas, transport) et a fixé l’organisation générale, mais nous a laissé libres du choix des thèmes débattus et du déroulement des débats. Les sessions ont débuté le samedi matin : nous en proposions huit le matin, huit l’après-midi, et prenions part à celles dont les thèmes nous intéressaient. Ces sessions, toujours en lien avec la politique, thème du Barcamp (« Les jeunes et la politique – Je vote donc je suis »), ont été très diverses : engagement des jeunes dans des partis politiques ; religion, laïcité et politique ; éducation politique à l’école ; différences entre les partis politiques en Allemagne dans un système où les coalitions droite-gauche ne sont pas anormales ; femmes en politique ; médias comme 4e pouvoir…

Foto: Julia Harrer, CC-Lizenz by nc-sa

L’OFAJ nous a par ailleurs proposé quelques activités en dehors des sessions : visite de la coupole du Reichstag, dîner au restaurant avec tous les participants, conférence autour du thème « Les jeunes et les élections en France et en Allemagne : désir ou frustration ? ». Ce dernier évènement, public, avait vocation à ouvrir le débat à des participants extérieurs et était animé en première partie par deux professeurs de politique et deux représentantes associatives, et en seconde partie par des représentants des organisations de jeunesse des partis politiques de France et d’Allemagne.

La quasi-totalité des participants parlaient couramment les deux langues, mais des interprètes étaient présents au besoin, et les organisateurs prenaient soin de se traduire l’un l’autre pour s’assurer de la bonne compréhension de tous. Au cours des sessions, nous nous exprimions en général dans notre langue maternelle, mais nous pouvions naturellement rebondir dans la langue de l’interlocuteur. Au final, les débats ont été à égalité dans les deux langues. Deux « animateurs linguistiques » organisaient par ailleurs le matin et l’après-midi avant les sessions de petits exercices linguistiques en extérieur pour « irriguer le cerveau » selon leur expression, avant que nous ne commencions les débats.

Le dernier jour, nous avons fait le point sur le week-end. Le bilan était enthousiaste. Nous avons tous beaucoup appris, et pas seulement dans le cadre des sessions, mais aussi au cours des nombreuses conversations avec Français et Allemands. Nous serons probablement amenés à nous revoir, et en tout cas, nous sommes tous prêts à poursuivre les débats via les technologies de communication, Facebook et Twitter pour ne citer qu’eux. » Clémence, 21 ans, Paris.

Au programme de l’AFE: la représentation politique, les bourses, la sécurité, la Syrie et beaucoup d’autres sujets

Posté le 16 septembre 2013
Photos AFE CL

©Alain Fontaine

Cette nouvelle session de l'Assemblée des Français de l'étranger s'est, comme chaque fois, inscrite dans une semaine de travail aussi riche que dense. Elle  a donné l'occasion aux conseillers d'échanger sur les problématiques de l'ensemble de la circonscription qu'ils représentent et de rencontrer les parlementaires et l'administration afin de faire progresser les dossiers qui leur sont soumis par nos compatriotes.

C'est la ministre déléguée aux Français de l'Etranger, Hélène Conway, qui a ouvert ce lundi 9 septembre la 19e session de l'Assemblée des Français de l'étranger (lire son intervention ici). Rappelant les chiffres de l'expatriation (2,5 millions de Français établis hors de France, avec une augmentation annuelle de 4 %), elle a insisté sur l'enrichissement culturel et l'expérience acquis par les Français qui font le choix de l'expatriation, avant d’enchaîner sur le thème de la sécurité, soulignant l'engagement sans précédent réalisé dans ce domaine (20 millions d'euros par an alloués à la protection des communautés françaises, augmentation de 800 000 euros du budget du Centre de crise des Affaires Etrangères, outils de gestion de crise tels que la cartographie des conseils aux voyageurs ou l’application mobile Ariane). La même exigence de solidarité mobilise le gouvernement sur les questions liées au handicap par exemple. La ministre a également précisé que les procédures administratives seront à l’avenir simplifiées afin de mieux accompagner la mobilité.

©Alain Fontaine

Concernant l’enseignement, la ministre a rappelé que les deux tiers des 300 000 élèves fréquentant nos établissements français à l’étranger sont issus de la population locale, ce qui témoigne de la qualité et donc de la forte attractivité de notre réseau, amené à se développer encore, quantitativement mais aussi qualitativement (développement de sections internationales et de l’enseignement technologique). Il importe par ailleurs de mieux prendre en compte la demande des familles scolarisant leurs enfants dans des établissements locaux, avec la mise en place éventuelle de programmes d’enseignement à distance pour compléter cette formation. Enfin, Mme Conway a dressé un premier bilan du système des bourses qui doit encore être amélioré.

Elle a ensuite évoqué la réforme de la représentation des Français de l’étranger qui constitue, selon elle, un pas vers plus d’équité et de proximité.

Pour faire suite à l'interventionde notre ministre, Marc Villard a pris la parole au nom du groupe Français du monde-adfe (lire  son intervention ici). Il a souligné qu’il ne fallait pas que l’objectif de proximité soit compromis faute d’un véritable pouvoir et de véritables moyens des conseillers consulaires. Il a mis en avant le problème des prérogatives des personnalités qualifiées par rapport à celles des élus, et celui du lieu où se tiennent les commissions locales d’attribution des bourses scolaires (qui est le chef-lieu de circonscription alors qu'il serait plus pertinent qu'il se trouve au plus près des établissements scolaires). Les conseils consulaires ne doivent pas devenir des chambres d’enregistrement de décisions déjà prises: Marc Villard estime que ce sera pourtant le cas si les conseillers consulaires se trouvent cantonnés à leur consulat d’élection. La question se pose dès lors des moyens mis à leur disposition pour pouvoir véritablement représenter l’ensemble de leur (parfois très étendue) circonscription électorale. La question de la compétence régionale se pose avec plus encore d'acuité concernant les conseillers consulaires élus à l’AFE : pour exercer efficacement leurs fonctions, et être de véritables relais, à Paris, de tous les Français qu'ils sont censés représenter,  ils devraient être membres de droit, avec voix consultative, des conseils consulaires de la circonscription électorale dont ils sont issus et non seulement de leur propre conseil consulaire.

AFE Fabius

©Alain Fontaine

Le ministre des affaires étrangères Laurent Fabius est intervenu pou ouvrir la session plénière le jeudi (lire le texte complet de son intervention ici). Suite à la question de la présidente de la séance, le ministre a d’abord rappelé la position de la France par rapport à la Syrie, la certitude du gouvernement de l’usage d’armes chimiques et d’imputabilité de cet usage au régime syrien. Il a souligné que rester passif face à la Syrie, c’était aussi envoyer un message d’immobilisme à l’Iran.

La France a des atouts, qui ne sont pas des acquis, aussi importe-t-il que la France évolue. Evoluer dans l’analyse des rapports de force entre pays, notamment dans une logique de soutien aux « néo-émergents ». Evoluer ensuite dans sa diplomatie économique en prenant en compte les enjeux nouveaux et en y formant ses diplomates. Evoluer enfin dans sa diplomatie d’influence, notamment dans sa dimension culturelle. Aussi bien l’enseignement français à l’étranger que l'accueil des étudiants étrangers en France contribuent à cette diplomatie culturelle. Nous devons favoriser la venue d’étudiants étrangers, et constituer des réseaux d'anciens étudiants passés par l'enseignement français. Les Français de l'étranger contribuent également à cette diplomatie d’influence. Ils attendent aussi, légitimement, beaucoup du gouvernement. Ils ont des difficultés spécifiques liées à l'environnement (insécurité) et des besoins de toute sorte (scolarisation des enfants).

Le ministre a également évoqué la réforme de la représentation des Français de l'étranger, suscitant encore, à l'instar de  Hélène Conway quelque jours auparavant, quelques  agitations dans la salle, avant de conclure son intervention en saluant le rôle des conseillers de l'AFE et leur esprit de responsabilité dans la gestion de tâches parfois délicates.

La session plénière s'est poursuivie par la présentation du rapport du directeur des Français de l'étranger et de l'administration consulaire (DFAE), François Saint-Paul. Le directeur est revenu sur l'action consulaire qui s'est déployée tout au long de l'année écoulée, illustrée selon lui par les mots "entreprendre, innover, mieux servir, maîtriser la dépense" (lire le rapport complet ici).

Le chef du service des bourses à l'AEFE, Jean-Luc Massin, est ensuite venu tirer un premier bilan des premières commissions de bourses depuis la mise en place de la réforme. Il a débuté son exposé en donnant plusieurs chiffres: l'enveloppe globale s'élève à 103M€ contre 92M€ l'année dernière. A ce stade, le nombre de boursiers est équivalent à celui de 2012. Mais ce montant est à relativiser au regard du nombre particulièrement élevé de rejet ou d'ajournement inhérent, notamment, à la nécessaire adaptation aux nouvelles règles. Les établissements du rythme nord ont d'ailleurs connu une forte augmentation des demandes +6,7%, en raison de la hausse des effectifs.

 ©Alain Fontaine

©Alain Fontaine

M. Massin s'est félicité de ce que l'objectif de maîtrise budgétaire soit atteint: le coût moyen par boursier étant même en légère baisse alors qu'il croissait de 9% annuellement depuis plusieurs années. Au regard de ces résultats, la contribution de solidarité des familles de 2% ne sera pas augmentée comme certains avaient pu le craindre. M. Massin nous a  indiqué que le nouveau barème permettait une redistribution entre pays et entre familles dans les proportions envisagées. Il reste que l'impact de la réforme sur certaines catégories, telles les familles mono-parentales, étant particulièrement lourd, la DFAE s'engage, le cas échéant, à présenter des ajustements après une analyse à l'issue de la Commission nationale.

Le directeur du Centre de crise, Didier Le Bret, nous a, comme de coutume, présenté un rapport d'activité, toujours très complet et deux notaires, Denis-Pierre Simon et Jean Pichat, sont intervenus sur le thème "les notaires à l'écoute des Français de l'étranger".

Au cours des séances des jeudi, vendredi et samedi les conseillers  ont aussi assisté à la présentation, par chacun des rapporteurs respectifs, des travaux de chacune des commissions tenues en début de semaine. Vous pouvez lire ici les synthèses de la commission des Affaires sociales, des Affaires culturelles, de l'Enseignement et l'Audiovisuel,  des Finances et des Affaires économiques, des Lois et Réglements, de l'Union européenne, et de la commission temporaire de la Sécurité et celle des Anciens combattants.

Enfin, cette semaine de travail intense s'est terminée le samedi midi par la traditionnelle séance des questions orales et d'actualité, dont vous trouverez la synthèse sur le site de l'AFE.

L'Assemblée des Français de l'Etranger se réunira en formation de bureau les 13 et 14 décembre prochain.