Neuhausen Café

Pour une francophonie ouverte sur le monde

Posté le 7 mai 2013

L’article 2 du projet de loi d’orientation de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, présenté par la ministre Geneviève Fioraso le 20 mars dernier, suscite un vif émoi, que je peux comprendre même si je ne le partage pas.

De quoi s’agit-il exactement ?

Le projet de loi propose, tout comme la proposition de loi relative à l’attractivité universitaire de la France de ma collègue Dominique Gillot, dont j’ai été nommée rapporteure, d’introduire une nouvelle exception au principe qui fait du français la langue de l’enseignement, des examens, des concours et des thèses. Une partie des enseignements effectués dans le cadre d’accords avec des universités étrangères ou de programmes financés par l’Union européenne pourrait ainsi être dispensée en langues étrangères.

Nous savons bien qu’il est question ici d’autoriser un enseignement en anglais essentiellement. Pour autant, faut-il y voir, comme beaucoup se sont empressés de le dénoncer, un renoncement à la défense de la langue française à la faveur d’un hypothétique accroissement de l’attractivité universitaire française ? En toute bonne foi, je ne le pense pas. Au contraire.

D’abord, pour couper court à tout fantasme et à cette « défense de la francophonie par la peur » qui fait flores ces dernières semaines, il importe de répéter que le français demeurera bel et bien la langue de l’enseignement dans notre pays. L’élargissement des dérogations à la loi Toubon sur l’usage du français sera strictement encadré. Mme Fioraso rappelle, à cet égard, que les cursus en langue étrangère dans les universités concerneront « moins de 1% des cours ». L’objectif est simplement de ne pas faire de la maîtrise de la langue française un prérequis à la poursuite d’études en France et, parallèlement, et cette précision est importante, de subordonner l’obtention du diplôme à une évaluation de l’apprentissage du français.

La France perpétue une longue tradition d’accueil et de rayonnement culturel et scientifique. Quelques semaines après l’élection de François Hollande, la circulaire Guéant était abrogée, conformément à l’engagement présidentiel. Ce premier acte, symbolique, doit être un premier pas, pour redonner à notre pays sa troisième place mondiale pour l’accueil des étudiants étrangers.

Nous accueillons, aujourd’hui, 290 000 étudiants étrangers, mais, en 10 ans, la France a été reléguée au 5ème rang mondial des pays d’accueil, tout dernièrement devancée par l’Australie et l’Allemagne.

Près de la moitié des étudiants étrangers sont originaires de pays d’Afrique francophone. Je m’en félicite : ils sont les premiers ambassadeurs de la Francophonie à laquelle nous sommes tant attachés et, ils constituent un levier de notre croissance et de celle de l’Europe. Or les pays asiatiques ont également compris les formidables enjeux présents dans cette régions du monde: il n’est dont assurément pas question pour nous de les négliger.

Mais, nous devons aussi regarder dans d’autres directions, et notamment vers les "BRICS".

Or, si les Chinois sont bien présents (ils représentent 10% du total des étudiants étrangers en France), les chiffres s’effondrent tant pour l’accueil des étudiants russes (à peine 1,7%), que brésiliens (1,6%) ou indiens (0,7%).

Aussi, à côté de l’amélioration des conditions d’accueil et de séjours des étudiants étrangers, de la sécurisation de leurs premières expériences professionnelles, menées par les deux ministres concernés, M. Valls et Mme Fioraso, il nous appartient également, d’intensifier l’internationalisation et les partenariats de nos universités. C’est à cette condition que la France retrouvera une réelle compétitivité, en attirant les meilleurs étudiants internationaux, mais aussi en diversifiant leur origine géographique. Rappelons que l’Allemagne se place, depuis peu, devant la France pour l’accueil des étudiants non anglophones… Il me semble que cette donnée doit, pour le moins, nous interpeler !

D’aucuns rétorqueront : à quoi bon ? La France demeure une destination privilégiée pour les étudiants étrangers, pourquoi tenter d’en attirer davantage et au-delà de sa «zone d’influence» traditionnelle?

Je leur répondrai que s’il n’y a pas lieu d’être exagérément alarmistes, nous n’avons pas les moyens de manquer le coche : au-delà même de l’attractivité universitaire de la France, l’enjeu est éminemment stratégique pour notre politique d’influence à travers le monde. Ne nous y trompons pas : la possibilité d’un enseignement en anglais ou une autre langue, à côté d’un apprentissage du français, permettra d’élargir encore davantage le socle de la culture francophone, en accueillant et en formant en français des étudiants qui s’orientent jusqu’à présent vers les universités anglo-saxonnes, simplement parce que, comme beaucoup, ils n’ont pas eu l’occasion d’apprendre notre langue au cours de leur cursus secondaire.

Ces étudiants, quel que soit leur parcours ultérieur, diffuseront notre langue et notre culture et seront ainsi des vecteurs du multilinguisme en général et de la francophonie en particulier pour lesquels nous œuvrons depuis si longtemps. En outre, cadres de demain, ils concourront aux échanges commerciaux avec notre pays. Dans ce cadre, leur francophilie, nouvellement enrichie, et leur francophonie, nouvellement acquise, grâce à cette possibilité d’études en France, participeront assurément très avantageusement au développement de notre commerce extérieur et donc à notre croissance et à notre rayonnement.

Interview au petitjournal.com Milan

Posté le 6 mai 2013


Lors de mon récent déplacement à Milan, j'ai été interviewée par des journalistes du petitjournal.com.

Au menu de cet entretien, l'Assemblée des Français de l'étranger, les législatives partielles, la moralisation de la vie publique, le mariage pour tous ... etc.

 

 

 

 

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Situation à Bangui (République Centrafricaine) et Tripoli (Libye)

Posté le 2 mai 2013

L'AEFE vient de communiquer un  nouveau point d'information sur la situation au  lycée Charles de Gaulle de Bangui et au lycée français de Tripoli.

A la suite des événements de mars 2013, le lycée Charles de Gaulle de Bangui avait fermé ses portes durant plusieurs jours. Une fois son périmètre sécurisé par les forces militaires françaises, l’établissement avait rouvert le jeudi 4 avril pour les classes de Terminale et de Première, puis pour les classes de Seconde et de Troisième le 9 avril. Les autres niveaux restent fermés à ce stade et pourraient le demeurer jusqu’à l’année scolaire prochaine.

 Pour les classes de Troisième à Terminale incluses, les effectifs actuels s’établissent à 104 élèves, dont 39 Français (17 binationaux) et 54 Centrafricains. Pour mémoire, 141 élèves étaient inscrits en septembre 2012.

 Durant ces congés de printemps, l'ensemble des personnels AEFE (à l'exception d’un agent sur contrat de résident) sont actuellement hors de République Centrafricaine. La reprise des cours de la Troisième à la Terminale est prévue pour le lundi 13 mai. L'AEFE est en relation avec le poste diplomatique afin d'organiser au mieux la reprise de ces enseignements ainsi que la passation des épreuves du brevet des collèges et du baccalauréat. Concernant les niveaux d’enseignement fermés, l’AEFE a pris contact avec le CNED dans la perspective d’une offre CNED activable en juin pour les semaines d’été visant à permettre aux élèves de consolider et maintenir leurs acquis scolaires.

 L'Association des Parents d’Elèves (APE) procède actuellement à une reconfiguration de l'équipe administrative et de service du lycée, en vue d’une réduction des effectifs actuels (dispositif de chômage technique) dans le respect du droit local et avec la plus grande attention envers les agents concernés.

 Le lycée français de Tripoli avait été fermé mardi matin 23 avril, jour de l'attentat qui avait visé l'ambassade de France.  Les congés scolaires de printemps ont commencé deux jours plus tard et l’établissement est donc fermé jusqu’à la rentrée (réouverture prévue dimanche 12 mai). Des conditions très strictes ont été définies par le poste diplomatique auprès des autorités libyennes afin que la réouverture du dispositif de coopération (dont fait partie le lycée français) puisse être envisagée.  Le poste diplomatique attendra que les mesures demandées, incluant une présence permanente de la police, soient réalisées avant de prendre l’éventuelle décision de reprise des cours.

Interview au petitjournal.com

Posté le 2 mai 2013

Claudine Lepage (Photo LPJ Bankgok.com)

Lors de mon récent déplacement à Bangkok j'ai eu le plaisir de répondre aux questions d'un journaliste du petitjournal.com

Elue sénatrice (PS) des Français établis hors de France en 2008, Claudine Lepage est secrétaire de la commission de la culture, de l'éducation et de la communication. Elle est également membre de la délégation aux droits des femmes et à l'égalité des chances entre les hommes et les femmes. En visite à Bangkok les 18 et 19 avril derniers, elle a bien voulu répondre aux questions du PetitJournal.com

LePetitJournal.com : Que pouvez-vous nous dire sur votre visite en Thaïlande ?
Claudine Lepage : Cette visite de deux jours m’a permis de rencontrer différentes composantes de la communauté française établie en Thaïlande. J’ai notamment visité le Lycée Français, où j’ai pu m’entretenir avec le directeur du primaire et la directrice thaïlandaise. Je n’ai malheureusement pas pu rencontrer les élèves qui étaient en vacances scolaires. Lors de ces rencontres, le projet immobilier de l’école de Bangkok m’a été présenté. Etant donné l’augmentation continue du nombre d’élèves, ce projet me parait vital pour l’avenir de l’établissement.
J’ai également rencontré les opérateurs économiques, (CCE, CCFT, et le représentant de la mission économique) ainsi que des entrepreneurs. Cela m’a permis de confirmer ce que l’on dit en France : la Thaïlande est un pays dynamique qui offre de réelles opportunités à condition, bien entendu, d’avoir un projet viable sur le plan économique. Il est, en effet, déconseillé de venir s’installer en Thaïlande, comme dans d’autres pays émergents, sans préparation et sans avoir connaissance des règles et du fonctionnement du marché local.
Lors de mon déplacement à Pattaya, j’ai également rencontré des retraités français venus en Thaïlande pour passer leur "retraite au soleil". Ce type d’immigration s’est développé au cours de ces dernières années en Thaïlande mais aussi à Madagascar ou au Maroc. A Pattaya, une vraie communauté s’est d’ailleurs constituée avec ses propres interrogations.
Evidemment, ils n’ont pas les mêmes attentes que les entrepreneurs que j’ai pu rencontrer à Bangkok. Et s’il est important de s’intéresser à des entrepreneurs dynamiques, qui œuvrent pour notre diplomatie économique il est également indispensable de rencontrer nos compatriotes qui se sont établis ici, et qui à un moment ou à un autre se trouvent ou risquent de se trouver en difficultés. Il est important de ne pas les oublier.

Que vous ont dit ces retraités, que retenez-vous de vos rencontres avec eux ?
J’ai été beaucoup interpellée, comme souvent lors de ces rencontres, sur les questions qui touchent au social et notamment sur la Caisse des Français de l’étranger.
A ce sujet, je suis convaincue de la nécessité de rendre l’accès à la CFE plus abordable pour le plus grand nombre, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. La troisième catégorie aidée avait été créée dans cette optique mais je ne suis pas sûre que l’objectif ait été atteint car les tarifs restent élevés. Il faut peut-être étudier cette question pour rendre la caisse encore plus solidaire.
Le remboursement des soins, notamment en cas de cancer, est aussi une source d’inquiétude.

Quid des acteurs économiques ?
J’ai rencontré, comme je le fais à chacun de mes déplacements, de nombreux acteurs économiques. Michel Testard, conseiller AFE de la circonscription, avait organisé une table ronde portée sur l’économie. Trois entrepreneurs, ainsi que des membres la mission économique et de la chambre de commerce étaient présents. Les échanges ont été très instructifs et le dynamisme économique de la Thaïlande a été une nouvelle fois affirmé.

Le volet enseignement ?
A chacun de mes déplacements à l’étranger, je consacre une partie importante de mon temps  aux sujets liés à l’enseignement et à la culture. En tant que membre du Conseil d’administration de l’AEFE, je m’intéresse logiquement aux questions éducatives.
Ici, je n’ai malheureusement pas pu m’entretenir avec le COCAC (Conseiller de Coopération et d’Action Culturelle et Scientifique de l’ambassade, ndlr) qui était absent, ni rencontrer les élèves qui étaient donc en vacances. J’ai toutefois rencontré les représentants des parents d'élèves du LIFB qui m’ont parlé des projets immobiliers.
Néanmoins, au cours de ce déplacement, les questions liées à l’éducation ont été nombreuses. J’ai notamment été interrogée sur la réforme des bourses scolaires, et plus précisément sur la suppression de la prise en charge(PEC).
Le témoignage que j’ai eu correspond à ce que je disais au départ, c’est-à-dire que la suppression de la PEC en juillet 2012, même si elle était souhaitée et attendue, a peut-être été un peu rapide, dans la mesure où des familles n’avaient pas prévu de payer la scolarité d’un ou de deux enfants au lycée et leurs revenus trop élevés ne leur permettaient pas d'accéder aux bourses sur critères sociaux. Je comprends donc tout à fait les craintes que ces familles ont pu ressentir au moment de la suppression de la PEC. Je tiens à préciser que cette suppression a également été accompagnée d’une réforme plus générale de l’aide à la scolarité.
Il est trop tôt pour savoir les conséquences que cette réforme aura en Thaïlande mais nous savons déjà que dans les pays où les points de charge étaient très élevés, cela signifiera une baisse des bourses d'une quotité de 100 %. Il faut désormais attendre les conclusions de la commission locale des bourses qui se tiendra au mois de mai, et de la commission nationale des bourses, dont je fais partie, qui se réunira en juillet. Il faudra se montrer très attentif aux résultats de cette première commission locale afin de procéder aux ajustements nécessaires et ainsi éviter que des familles soient trop pénalisées.

Agenda mai 2013

Posté le 1 mai 2013

Semaine du 1er mai:

- vacances parlementaires

- rencontre avec des étudiants Inuits dans le cadre du groupe d'amitié France-Canada

- du 3 au 7 mai déplacement en Italie ( Milan, Gênes)

Semaine du 6 mai :

- déplacement en Italie (Turin)

- conseil d'administration de l'audiovisuel extérieur de la France (AEF)

- du 11 au 19 mai déplacement aux États-Unis (Denver)

Semaine du 13 mai :

-  déplacement aux États-Unis( Phoenix, San Diego, Los Angeles, San Francisco)

Semaine du 20 mai :

- réunion du groupe socialiste

- réunion de coordination des commissaires socialistes à la Culture

- réunion de la commission de la Culture

- mission commune d'information sur l’action extérieure de la France en matière de recherche pour le développement

-réunion de travail au cabinet de la ministre déléguée à la famille

- examen en séance publique du projet de loi sur la refondation de l'école

- réunion de coordination des commissaires socialistes à la Culture

réunion de la délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes

- réunion de travail au cabinet du ministre de l'intérieur

- réunion de la commission de la Culture

- réunion de travail au cabinet de la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche

- déjeuner de travail avec Marie-Christine Saragosse, présidente de la holding AEF

- réunion de travail avec une délégation de la CFDT du MAE

- bureau de l'Assemblée des Français de l'étranger

- questions au gouvernement

Semaine du 27 mai :

- réunion de travail au ministère de la famille

- réunion du groupe socialiste

-réunion de coordination des commissaires socialistes à la Culture

- réunion de la commission de la Culture

- mission commune d'information sur l’action extérieure de la France en matière de recherche pour le développement

- réunion, de travail au ministère de la famille

- réunion dans le cadre du groupe d'amitié France Canada

- réunion de travail sur la réforme de la représentation des français de l'étranger

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Voyage en Thaïlande 17 – 20 avril 2013

Posté le 29 avril 2013

Mercredi 17 avril

 Arrivée en fin d'après midi à Bangkok, en provenance de Singapour, et je retrouve avec grand plaisir Michel Testard, Conseiller à l'Assemblée des Français de l'étranger venu m'accueillir à l'aéroport et qui m'accompagnera dans toutes mes rencontres en Thaïlande.

Tout de suite après mon installation nous nous rendons au Café Laos pour retrouver une bonne  vingtaine de Français issus de différents milieux professionnels. Parmi eux se trouvent Eugénie Mérieau, secrétaire de la section PS et quelques membres de la section, la vice-présidente et la secrétaire du comité de gestion du lycée français de Bangkok et le Directeur de l'école primaire. Nous entamons l'échange par des informations sur le lycée français que je visiterai le lendemain. L'école accueille environ un millier d'élèves et si les locaux sont bien aménagés, ils sont trop petits et un projet immobilier est en cours d'étude. L'école n'est pas propriétaire du terrain qui appartient à une famille thaïe et elle dispose d'un bail de trente ans. Cela me semble incongru de construire sur un terrain qui ne vous appartient pas mais une solution modulaire est envisagée. Les locaux pourraient être transférés sur un autre terrain le cas échéant.

Les frais de scolarité varient de 5 000 à 8 000 euros selon le niveau. Il est impératif de contenir le plus possible les frais de scolarité, ici comme ailleurs car le public est très diversifié. On constate ici aussi une évolution de la communauté française vers une population moins aisée. Les représentants des parents déplorent que la langue thaïe ne soit pas une option possible au bac. L'enseignement du thaï est insuffisant, ce qui pose problème à ceux qui veulent poursuivre leurs études en Thaïlande, d'autant plus que selon mes interlocuteurs, le bac français n'est pas reconnu partout. De leur côté, les élèves qui veulent étudier en France rencontrent des difficultés pour s'inscrire par internet car l'établissement de Bangkok qui fait partie de l'académie de Montpellier ne figure pas sur la liste des établissements. Les échanges se poursuivent sur les partenariats entre universités françaises et thaïes d'un côté et une école française de commerce de Montpellier et une école homologuée à Bangkok. Mes interlocuteurs sont d'avis que la politique de coopération française manque de vue stratégique et la compare avec le GIZ allemand (anciennement GTZ)... On me signale une plateforme d'échanges sur Internet sur la valorisation du savoir faire français en Asie du Sud Est.

 Jeudi 18 avril

 La journée commence par une visite du lycée français international de Bangkok, malheureusement vide d'élèves pour cause de vacances (Songkran, la fête de l'eau qui célèbre le nouvel an thaïlandais). Nous sommes accueillis par M. Pascal Maffioletti, Directeur de l'école primaire, M. Dominique Gérard, conseiller principal d'éducation et des parents, représentants du comité de gestion. Une partie des informations glanées la veille sont reprises notamment sur le projet d'agrandissement modulable qui devrait être terminé en septembre 2014, 2015 au plus tard.

L'établissement a un orthophoniste dans l'établissement ainsi qu'un psychologue. Les séances d'orthophonie sont facturées aux parents mais la CFE rembourse insuffisamment les séances.

La place de l'enseignement du thaï est évoquée, si la France reconnaissait le thaï comme option, cela permettrait de résoudre un certain nombre de problèmes déjà évoqués.

 Après la visite du lycée nous prenons la route pour Pattaya accompagnés d'Eugénie Mérieau, secrétaire de la section PS de Bangkok. Pattaya est situé à deux heures de route de Bangkok. Daniel Stanzke, responsable d'une association de Français,  "Ensemble", a organisé une réunion avec des compatriotes. Environ un millier de personnes sont inscrites mais selon les estimations au moins 3 000 Français  résident à Pattaya. Parmi eux, un grand nombre de retraités venus passer leur retraite au soleil qui à un moment ou un autre se trouvent confrontés à une mauvaise communication avec l'administration fiscale des non- résidents, à des problèmes de maladie et de soins insuffisamment remboursés par la CFE. Certains ne peuvent d'ailleurs pas adhérer à la caisse étant donné le montant des cotisations. Les Français de Pattaya  souhaiteraient l'ouverture d'une chancellerie détachée ou au moins la nomination d'un consul honoraire compte tenu de leur nombre et de leurs problèmes.

Trois petites écoles françaises existent à Pattaya, l'une, créée par un enseignant en disponibilité, devrait être homologuée prochainement, l'autre fonctionne sur une base associative avec AGIR (enseignants retraités), la troisième serait plus axée sur le sport mais je n’ai pas rencontré son directeur.

 Nous rentrons à Bangkok pour assister à la réception organisée par l'ambassadeur M. Thierry Viteau. Cette réception est l'occasion de rencontrer et d'échanger avec d'autres compatriotes.

Groupe scolaire P.Gauguin et Lycée français d’Agadir: la fusion formalisée

Posté le 26 avril 2013

Alertée, par les parents d'élèves du groupe scolaire Paul Gauguin d'Agadir, gérée par l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE), sur le projet de fusion de cet établissement avec le Lycée français d'Agadir, géré par l'Office Scolaire et Universitaire (MLF), j'étais intervenue, il y a plusieurs semaines auprès de la ministre déléguée chargée des Français de l'étranger.

En effet, les parents manifestaient leur mécontentement et leur profonde inquiétude face à ce projet de "mutualisation de l'enseignement français à Agadir", leur principale crainte étant liée à la sortie du réseau de gestion directe de l'AEFE et aux risques d'augmentation inhérents des frais de scolarité.

Le ministère, quant à lui,  évoquait pour motiver cette fusion, la "situation concurrentielle" de l'enseignement français à Agadir, la baisse des effectifs depuis 10 ans, ainsi que la vétusté des locaux.

Les parents demeuraient très mobilisés, malgré les réunions de concertation organisées.

Je souhaite, aujourd'hui, que l'accord-cadre de coopération qui vient d'être conclu entre l'AEFE et l'OSUI, puisse les rassurer, tant en ce qui concerne les aspects immobiliers, le soutien financier aux familles parents d'élèves que l'accompagnement à la mobilité du personnel.

En effet, un soutien manifeste aux familles a pu être négocié:
- d’abord concernant les droits de première inscription, qui ne seront pas appliqués aux enfants issus de Gauguin et  qui seront équivalents à ceux pratiqués par l'AEFE au Maroc pour les élèves nouveaux entrants.
- ensuite, quant aux droits de scolarité, un abattement forfaitaire annuel est conclu jusque 2022 ainsi qu' une prise en charge dégressive du différentiel restant par l'AEFE. Les élèves marocains bénéficieront, pour leur part, d'une prise en charge dégressive sur cinq ans.

L'OSUI, quant à elle, s'est engagée à ne pas augmenter les frais au-delà de 5% les trois premières années et à  ne pas dépasser pas le taux d'augmentation annuel appliqué par l'AEFE au Maroc les années suivantes.

Pour ce qui concerne la situation des personnels, l'OSUI créera 15 postes de détachés administratifs au bénéfice des titulaires résidents de Paul Gauguin, avec garantie de stabilité. Tous les agents de droit local seront recrutés par l'OSUI, avec rémunération équivalente.

Enfin, l'AEFE s'est engagée à verser une subvention de 1,3 M€ pour les travaux d'aménagement au Lycée français d'Agadir, rendus nécessaires pour accueillir les élèves de Gauguin. Des restructurations, ainsi que des extensions de locaux seront ainsi effectuées pour une livraison à la rentrée 2014.

Visite à Singapour 14 – 17 avril 2013

Posté le 24 avril 2013

Dimanche 14 avril 2013

 Arrivée  en fin d’après midi à l’aéroport de Singapour où m’attendent l’ambassadeur, M. Olivier Caron et Marc Villard, conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger qui m’accompagnera dans tous mes déplacements et entretiens à Singapour.

 Après l’installation à l’hôtel, je retrouve Marc Villard pour les dernières précisions du programme des jours suivants

Lundi 15 avril 2013

 La première matinée sera consacrée à plusieurs entretiens, le premier étant avec l’ambassadeur M. Olivier Caron. Le nombre de visites ministérielles à Singapour s’est intensifié depuis 2009. La visite de Jean-Marc Ayrault a permis de signer un accord de partenariat stratégique qui reprend l’accord de 2009.

Singapour joue un rôle politique, économique et stratégique éminent en Asie (ASEAN). C’est un pays fiable pour la France avec une stabilité politique forte, certes autoritaire (La liberté d’expression y est très « encadrée »). Singapour est le 5ème importateur mondial en matière d’armement et la France est un partenaire qui compte notamment dans ce domaine. Des projets conjoints de  recherche  en technologie de défense se développent entre les deux pays.

Singapour est la première puissance économique de l’ASEAN. Il y a plus d’investissements français à Singapour que singapouriens en France mais l’Agence française pour les investissements internationaux(AFII)est présente à Singapour afin de rechercher des investisseurs singapouriens qui se développent pour le moment davantage vers l’Asie. Peu d’obstacles entravent le commerce et un accord de libre-échange entre l’Union européenne et Singapour vient d’être conclu et est en attente de signature, parallèlement à un accord de coopération entre l’Union européenne et Singapour.

Depuis 2009 Singapour fournit des renseignements bancaires aux administrations fiscales sur demande.

Les quelque dix mille Français installés à Singapour travaillent dans le secteur bancaire et plutôt dans les grandes entreprises, essentiellement dans le secteur électronique. Les grandes entreprise françaises génèrent environ 40 000 emplois sur place. Parmi les Français de Singapour on compte aussi des créateurs de PME.  Créer une entreprise y est relativement facile mais obtenir un permis de travail devient plus difficile. La main d’œuvre étrangère a crû d’un tiers en dix ans et cette augmentation pèse sur les infrastructures et sur le logement (le montant des loyers  est exorbitant notamment pour les étrangers, les Singapouriens bénéficiant, eux,  d’un accès à la propriété de type HLM). Singapour compte 5,2 millions d’habitants sur une superficie de  699 km2 soit une densité de population de 7257 habitants /km2. Une partie des terres a été gagné par poldérisation. Une étude prospective récente a montré qu’à l’horizon 2030 la population atteindrait 6,9 millions d’habitants, ce qui a provoqué une vive inquiétude dans la population. Des mesures ont été prises pour limiter l’immigration mais elles ne touchent pas (pas encore !) la population française. Cependant le nombre d’expatriés diminue au profit du recrutement local.

 Le premier entretien avec l’ambassadeur est suivi d’une visite du consulat et d’un entretien  avec Mme Marie Vassallo, vice-consule qui me présente les agents au nombre de sept.  Trois d’entre eux  sont titulaires et  quatre sont recrutés locaux. Parmi ces derniers le « turnover » est important. Aucun ne reste plus d’un an, un an et demi. L’augmentation de l’activité consulaire est de 20 % par an. Un système de rendez-vous par internet a été mis en place. Le consulat délivre environ 5 000 visas par an essentiellement à des résidents tiers et le taux de refus est de l’ordre de 2 %. Un comité de sécurité est bien entendu en place : il s’agit essentiellement ici de risques sanitaires, type grippe aviaire, ou industriels venus des pays voisins.

 En ce qui concerne l’éducation, le nombre de boursiers est d’environ 60 sur 2 000 élèves, ce qui est peu mais il est en augmentation  suite au recul du nombre des expatriés par rapport aux jeunes familles en recrutement local.

 L’entretien suivant est avec M. Marc Piton, conseiller de coopération et d’action culturelle, directeur de l’Institut français. Singapour fait partie des postes expérimentaux. L’Institut français n’a pas de structure ouverte au public mais organise des activités culturelles en rapport avec des opérateurs culturels locaux tandis que l’activité de l’Alliance française se concentre prioritairement sur les cours de français.

Un accord culturel a été signé entre les deux pays en 2009. Des expositions des musées français sont organisées à Singapour (Louvre, quai Branly, Orsay), représentations de l’opéra de Paris pour les arts de la scène. En même temps Festivart 2015 sera organisé (et financé !) par Singapour dans différentes villes de France, des expos au Palais de Tokyo, orchestre symphonique de Singapour, etc.

En ce qui concerne le cinéma, la censure est très présente. De nombreux films sont interdits au moins de 21 ans, même Kirikou projeté à l’Alliance française a été censuré ! Cachez ce sein ….  La violence en revanche ne pose pas de problème …

La coopération universitaire et scientifique dépend de l’Institut français et le bureau de Campus France est hébergé par l’Alliance française. Environ 400 étudiants singapouriens vont étudier en France chaque année et dont une vingtaine d’entre eux bénéficient d’une bourse. Au retour les étudiants vont plutôt travailler dans des entreprises allemandes ou autres !

 M. Olivier Caron a  convié à déjeuner, outre Marc Villard et moi-même,  des représentants de la communauté française à la résidence de France.  Nous avons  pu ainsi échangé avec Mmes Jacky Deromedi, présidente de la section des conseillers du Commerce extérieur de Singapour, Ariane Nabarro, de l’UFE, engagée dans l’organisation humanitaire Graceheaven et représentatnte d’Alain-Pierre Mignon, conseiller à l’AFE, Claire-Lise Dautry, directrice de l’Alliance française, Geneviève Groslière, présidente de l’AFS-UFE, Valérie Bonin, correspondante de Michel Testard, conseiller à l’AFE, et Marie Vassalo, chef de chancellerie, MM. Hubert Testard, Chef du service économique régional, Marc Piton, Cocac, Pierre Verdière président de la Chambre de commerce à Singapour, Vincent Rosa fondateur de la « Petite Ecole » et Vincent Sciama, premier Secrétaire et attaché de presse de l’Ambassade.

 Nous  reprenons  ensuite les entretiens avec M. Hubert Testard, Chef du service économique pour les pays de l’ASEAN Directeur de l’Agence française pour les investissements internationaux (AFII) en ASEAN et M. Frédéric Rossi, Directeur  d’Ubifrance. Les secteurs présents sur la place sont l’aéronautique, Singapour achète des Airbus, des ATR(avions de transport régional), l’énergie (gaz). Les entreprises françaises se positionnent sur les gros projets d’infrastructure, Alsthom (métro), Thalès (aéroport).

En chiffre global quelque 600 entreprises françaises sont implantées à Singapour. Pour comparaison, on compte 1100 entreprises allemandes …

 Ubifrance compte 11 salariés à Singapour répartis dans les 4 pôles d’activité usuels. Ubifrance accompagne 160 PME, organise une vingtaine d’événements par an et suit environ une soixantaine d’entreprises individuelles par an.

 Singapour est la 6ème destination pour les Volontaires internationaux en entreprise (VIE). Ils sont 243 et  leur mission dure de 20 à 22 mois et 80 % d’entre eux trouvent un emploi à l’issue de leur mission.

 Nous participons ensuite à une réunion conjointe de la Chambre de Commerce française de Singapour et des Conseillers du commerce extérieur français (CCEF) sur le thème: « Comment rétablir la balance commerciale de la France (hors énergie) ? » Sont évoqués dans le désordre le rôle de la Banque publique d’investissement (BPI) à l’étranger,  la promotion des réussites françaises à l’étranger dans les medias français, le rôle des VIE, important selon les participants, mais une PME cherchant à exporter a besoin de personnes d’expérience  et  devra plutôt recruter des experts locaux, une montée en gamme est nécessaire pour rendre nos produits plus attractifs,    importance de la recherche et du  développement,  meilleure utilisation du réseau des Chambres de Commerce, mise en réseau plus intensive avec les CCE en France, capitalisation des entreprises insuffisante, transmission du patrimoine et plus particulièrement  des entreprises, la formation des ressources humaines,  appréhension de la dimension culturelle du monde où l’on veut exporter, et puis des arguments plus politiques tels que la perte de compétitivité, charges sociales trop lourdes, les taux d’intérêt trop élevé, les délais de paiement inadéquats… un échange très dense de professionnels expérimentés.

 La journée de travail se termine par une interview  du Petit Journal. com

Adoption du projet de loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples de même sexe. Enfin !

Posté le 23 avril 2013

Le projet de loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples de même sexe vient, après le vote à l’Assemblée nationale, d’être adopté définitivement par le Parlement.

La France devient donc le 9e pays européen, et le 14e dans le monde, à légaliser le mariage homosexuel. Après ces longs mois de débat démocratique, ces heures de discussions parlementaires, mais aussi ces honteux débordements dans les hémicycles, comme dans la rue, l’égalité des droits a fini par triompher.

C’est donc un profond sentiment de joie et de fierté qui m’étreint aujourd’hui, malgré la radicalisation parfaitement inacceptable des «anti-mariages pour tous» et la libération de la parole homophobe qu’ils ont suscité.

Rappelons, encore, comme l'évoquait la responsable du groupe socialiste sur ce texte à l’Assemblée, Corinne Narassiguin que «cette loi est une évolution sociale qui profite à la société dans son ensemble», et à tous les enfants.

Quatre dispositions concernent spécifiquement les Français établis hors de France :
- Le mariage entre personnes de même sexe contracté régulièrement à l'étranger, avant l'entrée en vigueur de la loi, pourra faire l'objet d'une transcription en France.
- lorsque les futurs époux de même sexe, dont l’un au moins a la nationalité française, résident dans un pays qui n’autorise pas le mariage entre deux personnes de même sexe et dans lequel les autorités diplomatiques et consulaires françaises ne peuvent procéder à sa célébration, le mariage peut être célébré dans la commune de naissance ou de dernière résidence de l’un des époux ou de la commune dans laquelle l’un de leurs parents a son domicile. À défaut, le mariage est célébré par l’officier de l’état civil de la commune de leur choix.
- Les Français auront la possibilité de se marier avec un ressortissant étranger de même sexe, ou deux ressortissants étrangers la possibilité de se marier en France, même dans le cas où la loi du pays d'origine du ou des futurs époux ne reconnaîtrait pas la validité du mariage homosexuel.
- Toute mesure de sanction ou de licenciement contre un salarié qui refuserait, en raison de son orientation sexuelle, de s'expatrier dans un pays réprimant l'homosexualité est interdite.

Poursuivons aujourd'hui notre travail, aux côtés du gouvernement, contre toutes les inégalités et contre la précarité!

Non à la fermeture de la Maison de France à Berlin

Posté le 23 avril 2013

Le personnel de l'Institut français de Berlin vient de m'alerter de la fermeture prochaine de la Maison de France. Très attachée à ce lieu chargé d'histoire, symbole de la présence française à Berlin et qui abrite l'Institut français  depuis 1950, je vais  dès aujourd'hui saisir le Ministre des affaires étrangères Laurent Fabius afin de demander des précisions sur cette nouvelle consternante à laquelle je ne veux, je ne peux croire.

Vous trouverez ci-dessous le communiqué du personnel de l'Institut français :

Le personnel de l‘institut français de Berlin vient d´apprendre que Monsieur l´Ambassadeur de France en Allemagne, Maurice Gourdault-Montagne, a la ferme intention de vendre à très court terme la Maison de France, sur le Kurfürstendamm.

Nous disons NON à la fermeture de cette Maison, symbole de l´amitié franco-allemande depuis 1950, emblème de la culture française à Berlin.

En cette année du 50ème anniversaire du Traité de l´Elysée et de l’année franco-allemande, il paraît déplacé et impensable de se séparer de ce bel établissement qui a accueilli dans le passé les plus grands écrivains, comme Simone de Beauvoir, Jean-Paul Sartre, Marguerite Duras, dernièrement le caricaturiste Plantu, les acteurs Isabelle Huppert, Gérard Depardieu pour ne citer que certains d´entre eux...

Grâce aux 2000 élèves qui suivent les cours de français et les 85000 prêts annuels dans une médiathèque moderne et riche de 32000 ouvrages , le dynamisme, la volonté et l´ambition de son personnel, l´Institut réussit enfin depuis l´année dernière à s’auto-financer. Les chiffres sont en constante progression, la Maison est rénovée, c´est un cadre agréable envié de tous (vue magnifique sur la grande avenue du Kurfürstendamm de la salle de spectacle).

Le public berlinois se retrouve régulièrement dans notre Maison pour suivre un programme culturel varié et de grande qualité (lectures, conférences, concerts, expositions...), il se donne rendez-vous au Cinéma Paris ou pour déjeuner à la Brasserie Le Paris.

Pourquoi l´Institut français de Berlin devrait-il quitter une belle maison classée monument historique, prospère et emblématique pour occuper les locaux vides d’une ambassade qui n´arrive plus à assumer ses charges et ses coûts d’entretien?

Déménager l´institut pour de sombres raisons financières serait porter un coup fatal aux relations  franco-allemandes.

Nous refusons ce regroupement de l´institut sur le site de l´ambassade de France Wilhelmstrasse proposé par Monsieur l´Ambassadeur. Ce déménagement signifierait à court terme la perte de notre public, la perte de notre identité et à moyen terme la fermeture simple et définitive de l´institut français dans la capitale allemande.

Nous voulons conserver notre identité, nous voulons continuer à remplir la mission que nous a confiée le Ministère des Affaires étrangères,  promouvoir l´action culturelle et contribuer à faire rayonner notre culture auprès de nos amis allemands, cette Maison étant devenue le lieu du dialogue interculturel.

Pour ce faire, nous voulons, nous devons sauver la Maison de France.

 le personnel de l´Institut français de Berlin

Berlin le 23 avril 2013