Neuhausen Café

« Français sans Frontière », un programme pour enseigner le français à 10 000 Brésiliens

Posté le 28 mars 2014

La semaine dernière, le gouvernement français a lancé à Brasilia le programme « Français sans Frontière ». Il s’agit d’offrir des cours de français gratuits, en ligne, à 10 000 étudiants débutants, inscrits dans des universités internationales dans le cadre du programme « Sciences sans Frontières ».

Sciences sans Frontières a été mis en place par le gouvernement brésilien pour promouvoir la consolidation, l’expansion et l’internationalisation des sciences et technologies, de l’innovation et de la compétitivité brésilienne par l’échange et la mobilité internationale. Le programme vise, par des bourses de mobilité, à encourager 100 000 étudiants à partir à l’étranger. Il repose sur des accords bilatéraux avec les pays d’accueil.

La France a conclu fin 2011 un accord avec le Brésil, marquant ainsi un nouvel élan dans la coopération, déjà ancienne, dense et active entre les deux pays. Ainsi, deux programmes renforçant la mobilité ont déjà été mise en œuvre, en 2002 et 2005, avec nos deux principaux partenaires brésiliens, la Conférence des écoles de formation d’ingénieurs, et la structure de coordination de coopération universitaire brésilienne. La France est par ailleurs le premier partenaire scientifique du Brésil, grâce au programme COFECUB mis en place il y a 30 ans, qui permet un travail commun entre les chercheurs des deux pays sur de grands enjeux scientifiques, et la formation conjointe de docteurs.

Ce nouvel accord prévoit l’accueil en France de 10 000 étudiants brésiliens supplémentaires sur quatre ans. C’est pour permettre aux futurs boursiers de maîtriser le français avant de venir étudier en France qu’a été décidée, en décembre dernier lors de la visite de François Hollande au Brésil, la mise en place du programme « Français sans Frontière ». Les cours de français en ligne sont gérés par l’Alliance française. Ce programme constitue une avancée décisive dans le renforcement de la coopération entre nos deux pays et la promotion de l’apprentissage du français langue étrangère.

La Commission de la condition de la femme de l’ONU alerte sur les progrès qui restent à réaliser pour éliminer les violences faites aux femmes

Posté le 27 mars 2014

Le 22 mars, la Commission de la condition de la femme de l'ONU a adopté, au terme de sa 58e session, des conclusions sur la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) concernant les femmes et les filles.

Principal organe intergouvernemental mondial dédié exclusivement à la promotion de l’égalité femmes-hommes et à l'autonomisation des femmes, cette Commission, créée dès 1946, est rattachée au Conseil économique et social de l’ONU. Composée de représentants des Etats membres et de la société civile, et d’entités des Nations Unies, elle se réunit une fois par an, pour une durée de deux semaines, au siège de l’ONU, à New York.

Elle analyse la situation des femmes dans le monde, les progrès réalisés et les problèmes persistants, et contribue à l’établissement de normes mondiales dans ses domaines d’action. Ses documents de référence sont la Déclaration et du Programme d’action de Beijing, adoptés lors de la quatrième Conférence mondiale sur les femmes, en 1995. Elle est appuyée dans son travail par son Secrétariat permanent, ONU Femmes, qui réunit quatre entités onusiennes consacrées à l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes, appuie le travail de la Commission.

A chaque session, la Commission se concentre sur un thème prioritaire. Cette année, il s’agissait d’analyser les résultats obtenus et les difficultés rencontrées dans la réalisation des OMD en faveur des femmes et des filles.

Les OMD, au nombre de huit, ont été fixés en 2000 par les 193 Etats membres de l’ONU, qui s’engageaient à les atteindre en 2015. Le troisième de ces objectifs vise à « promouvoir l’égalité et l’autonomisation des femmes ». Sa cible principale est l’élimination des disparités entre les sexes « dans les enseignements primaire et secondaire d’ici à 2005 si possible, et à tous les niveaux de l’enseignement en 2015 au plus tard ». Si des progrès ont été réalisés, des disparités demeurent. La parité dans l’enseignement primaire est presque atteinte, certaines régions rencontrant encore des difficultés : ainsi, pour 100 garçons scolarisés au niveau primaire en Afrique subsaharienne, seules 93 filles le sont. Du côté de l’enseignement secondaire et supérieur, les inégalités demeurent très importantes. Dans certaines régions comme l’Afrique subsaharienne, l’écart s’est même creusé : pour 100 garçons scolarisés dans le secondaire en 2000, seules 66 filles l’étaient ; elles ne sont plus que 61 en 2011. La principale cause de ces inégalités persistantes est la pauvreté, et notamment le temps passé à aller chercher de l’eau. Les mariages et les grossesses de petites filles constituent également d’importants obstacles.

L’égalité et l’autonomisation des femmes passent également par leur accès au processus de décision. Le nombre de femmes parlementaires dans le monde progresse, mais demeure toutefois à un niveau faible, leur part étant de 20,4 % fin 2012. Les femmes sont davantage présentes sur le marché du travail hors agriculture, mais sont reléguées aux emplois les plus précaires. Elles n’occupent que 25 % des postes de cadre dans le monde.

L’évaluation de la mise en œuvre des OMD pour les femmes et les filles constitue une étape importante dans le cadre des négociations de l'agenda post-2015, qui doit définir un nouveau programme de développement. Cette évaluation montre que des progrès restent à effectuer, c’est pourquoi la Commission appelle au maintien, dans cet agenda, d’un objectif spécifique dédié à l’égalité femmes-hommes, aux droits des femmes et à leur autonomisation. Elle insiste en particulier dans ses conclusions sur la nécessité de poursuivre la lutte contre les violences à l’égard des femmes, de garantir leur égal accès au processus de décision, ainsi qu’aux ressources et opportunités économiques. Elle réaffirme également les droits des femmes de décider librement de leur sexualité sans discrimination ni violence, et le besoin d’assurer un accès universel aux services de santé sexuelle et reproductive.

Le Conseil européen de printemps s’est réuni la semaine dernière

Posté le 26 mars 2014

Le Conseil européen de printemps s’est tenu les 20 et 21 mars dernier. Composé des chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres, il se réunit deux fois par an et défini les grandes orientations de l’Europe.

La situation de l’Ukraine a bien entendu fait l’objet de discussions, suite au referendum du 16 mars. Les dirigeants européens ont annulé le sommet UE-Russie prévu en juin 2014, élargi la liste des personnes sanctionnées, et décidé du déploiement d’une mission de l’OSCE en Ukraine. Surtout, le premier volet de l’accord (partie politique) a bien été signé, comme prévu.

Ce sommet a également été l’occasion pour les chefs d’Etat et de gouvernement d’aborder diverses problématiques liées à la fiscalité, à la régulation bancaire, à la situation économique et au climat. Les dirigeants ont ainsi décidé de renforcer la lutte contre l’évasion fiscale par l’adoption d’un texte sur la fiscalité de l’épargne qui étend l’échange d’informations entre pays membres. Ce texte était jusqu’alors bloqué par l’Autriche et le Luxembourg. Les dirigeants ont par ailleurs salué la mise en place du mécanisme européen de surveillance des banques, premier pilier de l’Union bancaire. Le second pilier, un mécanisme unique de résolution des crises, est encore l’objet de négociations. Les 28 ont échangé sur la situation économique et financière en Europe, qui s’améliore, et sur les perspectives, ainsi que sur les mesures à prendre pour renforcer la compétitivité, notamment industrielle. Enfin, le Conseil européen a fixé des objectifs à atteindre sur les plans climatique et énergétique pour préparer la Conférence internationale sur le Climat de 2015.

Il faut par ailleurs saluer la conclusion, mardi 18 mars, au terme de six mois de négociations, d’un accord entre la Grèce d’une part, le FMI, la Commission et la BCE d’autre part, prévoyant le déblocage d’une tranche d’aide supplémentaire de 10 milliards d’euros, dont 500 millions d’euros à très court terme pour aider les Grecs les plus vulnérables. Les trois institutions (la « troïka ») souhaitaient simplifier les procédures de licenciement collectif, mais la Grèce a obtenu la mise en place d’un dispositif de négociation entre partenaires sociaux à la place. En outre, la « troïka a renoncé à exiger de nouveaux licenciements – mais 4000 fonctionnaires sont actuellement en voie de licenciement, et ce sont au total 11 500 licenciements qui sont prévus d’ici fin 2014, du fait de précédents accords.

Ce nouveau prêt doit servir à recapitaliser les banques, afin de retrouver la confiance des marchés. La Grèce souhaite éviter un nouveau plan d’aide, lequel risque de s’avérer indispensable du fait de l’arrivée à maturité en 2014-2015 de nombreux prêts. Le défaut de financement doit s’élever à 11 milliards d’euros. Le Premier ministre grec préfèrerait, plutôt qu’un nouveau prêt, obtenir un allègement de la dette, en récompense de l’excédent primaire de la Grèce en 2013. Toutefois, cette question ne sera tranchée qu’après les élections européennes de mai.

Un partenariat multipartite innovant au Chili

Posté le 21 mars 2014

1589384_3_9289_l-ensimag-ecole-nationale-superieureActuellement en déplacement au Chili, on m'a présenté, lors de la visite des services de coopération universitaire, le partenariat multipartite qui vient d'être mis en place entre une université française, un lycée français au Chili, et des universités chiliennes. Il s'agit d'un dispositif permettant à des bacheliers français ou chiliens de suivre un cycle préparatoire d'études supérieures en deux ans, au Chili, au sein d'un campus délocalisé de l’Université de technologie de Compiègne.

Ce campus délocalisé, hébergé par le lycée français Jean d'Alembert, situé dans la région de Valparaiso, a été inauguré tout récemment, le mardi 11 mars. Les bacheliers français et sud-américains peuvent y suivre un cycle de deux ans appelé « tronc commun d’ingénierie ». A l’issue du cursus, ils ont le choix entre poursuivre leurs études en France, ou rester étudier au Chili.

S’ils choisissent la France, ils pourront étudier au sein de l’Université de technologie de Compiègne ou de l’une des deux autres universités françaises de technologie, situées à Troyes et à Belfort-Montbéliard. S’ils restent au Chili, ils auront le choix entre quatre universités chiliennes qui ont signé une convention de reconnaissance du tronc commun : Universidad de Concepción, Universidad Técnica Federico Santa María, Universidad de Valparaíso, Pontificia Universidad Católica de Valparaíso.

Ce dispositif de formation innovant est le fruit d’un partenariat multipartite entre un lycée français à l’étranger, une université française, et des universités chiliennes. Il s’agit de l’un des premiers « partenariats internationaux triangulaires d’enseignement supérieur ».

Une vingtaine d’étudiants français et sud-américains ont déjà commencé à suivre ce programme. Pour les élèves chiliens, cela permet de rester dans un cursus français sans quitter le Chili dès 18 ans. Hélène Conway-Mouret a ainsi souligné que le dispositif « sera certainement apprécié des parents chiliens qui craignent souvent de voir leurs enfants partir trop jeunes vers un pays lointain. » Quant aux élèves français, le cycle préparatoire leur permettra d’avoir plus de temps pour choisir entre la poursuite d’études au Chili, ou le retour en France, et de s’acclimater à un éventuel retour en débutant leurs études dans le campus chilien d’une université française.

 Par ailleurs, les étudiants qui décideront, à l’issue du cursus, d’étudier dans une université française, emporteront avec eux des compétences spécifiques permettant une meilleure approche de la culture et des marchés de l’Amérique du sud. Cela fera d’eux des ingénieurs particulièrement efficaces pour les entreprises françaises souhaitant s’implanter sur le continent.

Ce programme, qui permet une transition en douceur vers un cursus universitaire en France, et apporte aux futurs ingénieurs une connaissance de l'Amérique latine indispensable pour celles de nos entreprises dont les ambitions internationales sont tournées vers ce continent, est incontestablement prometteur. Il pourra servir de modèle pour la mise en place de partenariats multipartites similaires dans d'autres pays.

C’est la Journée internationale de la Francophonie!

Posté le 20 mars 2014

C’est aujourd’hui la journée internationale de la Francophonie, dédiée à la promotion de la langue française et des valeurs de solidarité et de dialogues entre les cultures que porte la Francophonie.

A l’occasion de ce rendez-vous, de nombreux évènements sont organisés partout dans le monde pendant toute la semaine : concours de poésie en français pour les élèves apprenant notre langue en Bulgarie, sortie de la Francophonie pour les élèves de l’Institut français du Cambodge (pique-nique, karaoké de chansons francophones, danses cambodgiennes, jeux autour du français), inauguration d’une exposition sur Albert Camus en Equateur, ... etc.

Ces manifestations sont l’occasion de rappeler l’importance de la langue française, parlée par 220 millions de personnes, dont de nombreux jeunes puisque 60% des francophones ont moins de 30 ans. Plus de 900 000 professeurs enseignent le français dans le monde. Un tiers des pays membres des Nations unies sont francophones. Le français est la langue officielle de 32 Etats, et la seconde langue étrangère la plus pratiquée dans l’Union européenne. C’est en Afrique que l’on recense le plus grand nombre de francophones, avec 96,2 millions de locuteurs.

La date du 20 mars a été retenue en commémoration de la signature, en 1970 au Niger, du traité portant création de l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT), l’actuelle Organisation internationale de la Francophonie. Celle-ci rassemble aujourd’hui 77 Etats répartis sur les cinq continents. Organe de coopération politique, économique et culturelle, elle promeut la langue française et la diversité linguistique et culturelle. Elle agit également pour la paix, la démocratie, l’accès à une éducation de qualité pour tous et le développement durable.

L’Organisation propose des formations en, et au français pour les fonctionnaires et diplomates traitant de dossiers multilatéraux concernant des pays francophones. Elle participe également, sur Internet, au développement et à la visibilité des pages en français. Elle recueille également des statistiques et données sur la place et l’usage du français dans le monde. Elle met en place des programmes de soutien aux artistes francophones, afin de permettre notamment une meilleure diffusion de leurs œuvres. Elle joue un important rôle de médiation et d’appui au dialogue politique pour accompagner le développement de la démocratie. Enfin, elle met en œuvre des programmes visant à améliorer l'accès à l’éducation et à promouvoir la solidarité, la coopération, et l’égale implication des femmes et des hommes dans le développement des pays du sud.

Vous trouverez ici tous les évènements organisés cette semaine pour célébrer la Francophonie, ainsi que davantage d’informations sur le sujet !

L’Union européenne réagit suite à l’annexion de la Crimée

Posté le 19 mars 2014

Image: Metronews

Lundi 17 mars, les ministres des affaires étrangères de l’UE ont adopté des sanctions contre 21 personnalités jugées responsables de l’annexion à la Russie de la Crimée.

Cette décision a été prise suite au referendum qui s’est tenu dimanche, par lequel les habitants de la péninsule de Crimée ont demandé leur rattachement à la Russie. La Crimée, qui fait partie de l’Ukraine depuis 1954, a obtenu en 1991 le statut de République autonome au sein du pays devenu indépendant.

Selon les résultats officiels, le rattachement à la Russie a été approuvé par 96,6 % des votants. La participation du million et demi d’électeurs inscrits sur les listes était quant à elle de 83 %. Dès lundi, le Parlement de Crimée a officiellement demandé son rattachement à la Russie. Des mesures concrètes de rapprochement ont d’ores et déjà été votées par les députés : nationalisation des biens ukrainiens situés sur le territoire de la Crimée, dissolution des unités militaires ukrainiennes, changement de fuseau horaire avec le passage dès le 30 mars au fuseau de Moscou, changement de monnaie officielle avec l’adoption du rouble.

La Russie est le seul pays à avoir reconnu le vote. L’Europe a condamné ce referendum illégal, décidé le 27 février par le Parlement de Crimée, qui n’est pas compétent pour proposer des lois ou la tenue de referendums. La minorité tatare (12 % de la population) et les pro-ukrainiens ont appelé au boycott de ce referendum, qui ne proposait comme alternative à l’annexion qu’une autonomie accrue, sans laisser la possibilité aux électeurs de choisir le maintien du statu quo.

Laurent Fabius a quant à lui affirmé que ce referendum n’avait « absolument aucune valeur », car il est « contraire à la Constitution ukrainienne, et contraire au droit international ». Il a alerté sur le fait qu’il s’agit de « la crise la plus sérieuse depuis la fin de la guerre froide », et qu’elle est gravissime car « si un pays, en l’occurrence la Russie, peut mettre la main sur une région, cela veut dire qu’il n’y a plus aucune frontière qui soit sûre dans le monde ».

Les 21 personnalités ciblées par les sanctions le sont car leurs actions violent ou menacent l'intégrité territoriale, la souveraineté et l'indépendance de l'Ukraine. Elles sont originaires à la fois de Russie et de Crimée. Les sanctions consistent en une interdiction de visas et un gel des avoirs. Les Etats-Unis ont également annoncé un train de sanctions, visant onze officiels russes et ukrainiens.

Outre les sanctions, les ministres des affaires étrangères de l’Union européenne ont décidé d’appuyer l’envoi en Ukraine d’une mission de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE). Elle devrait être composée de plusieurs centaines d’observateurs non armés, qui surveilleront toutes les régions pour prévenir les infiltrations russes.

Les ministres ont également renouvelé leur soutien tant politique qu’économique et financier à l’Ukraine. Ils ont notamment décidé, avec le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk, de signer vendredi prochain à Bruxelles la partie politique de l’accord d’association. C’est la non-signature, en novembre dernier, de cet accord devant permettre de débuter le processus de rapprochement entre l’Ukraine et l’Union européenne en vue d’une éventuelle adhésion, qui avait constitué le point de départ des manifestations anti-Ianoukovitch. La signature de son volet politique, qui porte entre autres sur des dispositions en matière de libéralisation des visas, est donc positive, et témoigne de la volonté mutuelle d’accélérer le rapprochement UE/Ukraine suite au coup de force russe.

Toutefois, c’est sur la partie économique, qui prévoyait d’importantes restructurations économiques en échange d’investissements européens, qu’avait achoppé l’accord en novembre. Cela s’explique par l’imbrication forte entre les économies ukrainiennes et russes et les pressions de Moscou. Malgré la violation par la Russie de l’intégrité ukrainienne, cette réalité économique demeure, et c’est pourquoi le Premier ministre a remis à « plus tard » la signature de cette partie de l’accord.

Le G7 doit se réunir la semaine prochaine pour décider de nouvelles sanctions. Si le Parlement russe entérine vendredi l’annexion de la Crimée, l’Union européenne pourrait prendre un nouveau train de sanctions, portant cette fois sur les relations économiques et commerciales. Cela serait certes plus dommageable pour la Russie, dépendante de l’Europe pour son commerce, mais ce le serait également pour l’Europe, elle-même largement dépendante du gaz russe.

Alors même que le redressement productif et le rééquilibrage du commerce extérieur sont les principaux objectifs du gouvernement pour lutter contre le chômage, nous ne pouvons, aussi, pas perdre de vue que la Russie est, hors Union européenne, le troisième marché export pour notre pays, et que nos relations commerciales génèrent des milliers d’emplois.

Au-delà des sanctions symboliques, dont tout le monde s'accorde à dire qu'elles seront sans effet sur le positionnement de la Russie, la question est donc bien de savoir si nous sommes prêts à mettre en œuvre des sanctions économiques, seule arme efficace envisageable mais qui, nous le savons, seraient "perdant-perdant". En tout état de cause, cette crise rappelle l'impérieuse nécessité d'une véritable politique extérieure commune de l'Europe. Ce doit être l'une des priorités de la nouvelle Commission européenne qui sera installée à l'automne prochain suite au renouvellement du Parlement européen.

Déplacement en Ecosse 9 -12 mars 2014

Posté le 18 mars 2014

photo EcosseJ’ai effectué un voyage de trois jours en Écosse avec Axelle Lemaire, députée de la circonscription, Morgane Marot, présidente de Fdm-adfe Royaume-Uni. Maud Pidou, la collaboratrice parlementaire d’Axelle Lemaire était également du voyage.

L’objectif de ce déplacement était double : la présence française en Écosse et le prochain referendum sur l’indépendance qui se déroulera le 18 septembre prochain et qui occupe tous les esprits, nous le constaterons très vite.

Pour la partie française de notre programme nous avons donc eu des entretiens avec le Consul général M. Alain-Pierre Coffinier, avec  le Directeur de l’Institut, M. Vincent Guerin , Mme Marie-Christine Thiébaut, attachée de coopération, Mme Emeline Javière , consule adjointe et Mme Anne-Colette Lequet, conseillère à l’AFE.

Lors d’un premier entretien avec le Consul général, celui-ci nous expose la problématique de l’indépendance de l’Ecosse et ses enjeux économiques, sujets sur lesquels nous aurons l’occasion de revenir avec nos interlocuteurs écossais. L’avenir des bâtiments, Consulat, Institut est également évoqué:  la question immobilière est délicate à Édimbourg, la ville étant figée d’un point de vue architectural.

5586 Français sont inscrits au registre d’Edimbourg, ce qui représente 3100 électeurs. Une dizaine de personnes en situation sociale très précaire sont connues du consulat, qui dispose d’un budget de 500 euros annuels pour leur venir en aide. Le rôle de l’agent, recrutée locale, qui s’occupe des affaires sociales depuis des années est, au delà de l’écoute, de les diriger vers les services sociaux écossais. La société de bienfaisance, qui reçoit une subvention de 1200 euros du Ministère des Affaires étrangères, soutient le service d’action sociale.

Dans le domaine culturel, des accords importants ont été signés entre le festival d’Avignon et le festival Édimbourg, il s’agit essentiellement d’échanges sur l’ingénierie de festivals. De même un accord existe entre le festival du Livre de Saint Malo Grands Voyageurs et le Book Festival Édimbourg sur la programmation et sur l’organisation de tournées communes. Des échanges gastronomiques avec de grands chefs ont également lieu avec l’école hôtelière de Dinard, des repas à la française avec des produits écossais, d’excellente qualité.

D’autre part des projets, de type Leonardo sur fonds européens, portés par la Chambre de Commerce, essaient de se mettre en place. Une cinquantaine d’apprentis français viennent pour travailler dans des hôtels, restaurants en Écosse sur des durées allant de 2/ 3 semaines à 6 mois. Un beau projet financé par l’Europe qui se voit freiné par des rigidités administratives, côté français, inexplicables !

Pour ce qui concerne les cours, ils ont augmenté de 170% en trois ans alors même que leur nombre avait fortement chuté puisque l’Institut luttait pour sa survie il y a trois ans. L’expérimentation de rattachement direct de l’Institut à l’Institut français de Paris a pris fin en décembre 2013 et l’on est revenu à la situation administrative antérieure, c’est à dire le rattachement au service culturel de l’ambassade. Tous ces changements sont perturbants pour les personnels mais leurs contrats ont été préservés.

Des échanges culturels ont lieu au plus haut niveau lors du sommet bi-annuel. Le prochain sommet aura lieu du 12 au 14 août 2014 et la visite d’Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication, est attendue par Fiona Hyslop, son homologue écossaise. Bien sûr, l'on espère ici  des retombées économiques à ces échanges culturels.

La place de la langue française est assurée dans les écoles écossaises puisqu'elle est enseignée dans 99% des établissements scolaires. Le gouvernement écossais promeut l’enseignement des langues étrangères mais s’oppose à la création d’école française, polonaise ou autres, considérées comme des écoles communautaristes. Ils ne sont pas prêts non plus, (pas encore ?) à mettre en place des filières bilingues dans leurs établissements. Deux enseignants français sur  programme Jules Verne se trouvent en Ecosse mais il n’y a aucune réciprocité. Selon Marie-Christine Thiébaud les académies en France sont peu enclines  à envoyer des enseignants sur programme Jules Verne.  Le professeur continue, en effet, à être rémunéré par son académie qui  doit parfois faire face  à une pénurie d’enseignants. En revanche, un programme de  coopération est mis en place dans 8 académies en France avec des « councils » pour former des  enseignants de langues écossais en France.

A Édimbourg comme à Glasgow les parents français se sont organisés pour créer des petites écoles afin que les enfants français gardent un contact avec la langue et la culture françaises. A Édimbourg nous rencontrons Mme Nicole Hall. La petite école, qui a été créée en 1983, accueille 70 enfants répartis sur plusieurs cours de différents niveaux. Il y a même une liste d’attente. Les cours ont lieu dans une école secondaire mais les locaux sont mal adaptés aux tout petits. Nicole Hall mentionne un souci au niveau de la formation des enseignants. L’Institut français les aide beaucoup à ce niveau. Nicole Hall espère que cette coopération bénéfique continuera après le départ de Marie-Christine Thiébaud prévu cet été.

A Glasgow nous visitons la crèche francophone, le club Picoti,  qui se  réunit une fois par semaine dans une salle paroissiale, et qui accueille les enfants dès leur plus jeune âge. Nous rencontrons ensuite Mme Véronique Miller,  que j’ai plaisir à revoir, qui est la directrice des cours de l’Ecole buissonnière qui compte 5 classes avec des enfants de 3 à 11 ans. Elle est  hébergée  dans une école primaire. Comme à Édimbourg la petite école essaie de mettre en place un groupe pour les enfants qui entrent dans le secondaire. Mais c’est difficile car les pré-adolescents ont d’autres priorités à cet âge, d’autres intérêts et il faut sans doute leur proposer des activités différentes commet théâtre, BD ou autres.

Côté culture toujours  je fais une très brève visite à l’Alliance françaisede Glasgow avant de repartir pour  l’aéroport. L'Alliance, que j’avais visitée lors de mon précédent passage,  loue une partie des locaux du Goethe Institut. L’année 2014 sera une année décisive pour elle car son bail avec l’Institut Goethe doit être renégocié avant le 1er juillet et la Directrice, qui part à la fin de l’été, et ne sera pas remplacé. Une subvention de transition  devrait permettre un recrutement local pour diriger l’Alliance…

Pour ce qui concerne la question de l’indépendance de l’Ecosse, elle nourrira tous les entretiens que nous aurons avec Mme Margaret Porteous, haut fonctionnaire de sa Majesté, Mme Fiona Hyslop ministre de la Culture du gouvernement écossais, membre du parti nationaliste écossais (NSP) Mme Christina McKelvie (NSP), Mme Annabel Goldie ( Tory) et M. Malcolm Chisholm (Labour), députés  au parlement écossais. Cette question sera également au centre des conversations lors du déjeuner avec  le Franco-Scottish  Business Club dont les membres sont divisés sur la question  et du dîner offert par M. et Mme Coffinier avec M. Christian Allard , un compatriote, membre du parlement écossais (NSP) , M. Brian Taylor, journaliste et son épouse Pamela, et Mrs Maureen Watt, également du parlement écossais et NSP (National Scottish Party).

Le parti nationaliste écossai,s au pouvoir en Ecosse depuis 2011, est dirigé par Alex Salmond. Le NSP a remporté les élections avec  44,04 % des voix,  soit 68 sièges au Parlement écossais.

COMPOSITION DU PARLEMENT ÉCOSSAIS 2011

Parti

Députés

Parti national écossais (SNP)

68

Parti travailliste écossais

37

Parti conservateur écossais

15

Démocrates libéraux écossais

5

Parti vert écossais

2

Indépendant

1

Selon ses membres le NSP n’est pas un parti nationaliste au sens où nous, Français, l’entendons, ce n’est pas un parti fermé, c’est au contraire un parti de centre gauche ouvert sur l’extérieur. Ses priorités sont la santé et l’éducation  et la défense des services publics. Ils considèrent la politique sociale, la redistribution comme tout aussi importantes que la politique économique qui tourne autour de l’énergie (pétrole, gaz et énergies renouvelables) et la finance.

Le gouvernement britannique ne souhaite pas engager de négociations avant le referendum et il veut garder l’Ecosse au sein du Royaume-Uni. Il dénonce le manque de clarté du programme des indépendantistes écossais. Mme Margaret Porteous rappelle que si l’Ecosse veut intégrer l’Europe, elle doit avoir une banque centrale. La question de la monnaie se pose également. Quelle monnaie pour une Ecosse indépendante ? En tous cas selon les résultats du referendum le gouvernement britannique semble prêt à bouger pour plus d’autonomie pour l’Ecosse. Le mot fédération a même été prononcé. Les élections générales auront lieu d’ici un an en Grande Bretagne. Il est évident que le referendum sur  l’indépendance de l’Ecosse et le referendum possible sur la sortie de l’Europe, sont autant de cailloux dans la chaussure britannique.  Le gouvernement tory joue sur l’incertitude et les craintes des gens en prédisant le départ de  toutes les entreprises si le oui l’emporte!

Le gouvernement écossais voit l’indépendance comme une  chance  de développement. Selon Mme Fiona Hyslop, l’Ecosse est une nation pas une région. La désindustrialisation à l’époque de Margaret Thatcher dans le secteur des mines, de la sidérurgie, de l’automobile a transformé la région. Le secteur de l’énergie, l’agro-alimentaire (whisky et saumon), les services financiers, les jeux vidéo, le cinéma  ouvrent de nouvelles opportunités.  Actuellement les principales compétences sont du ressort du gouvernement britannique : fiscalité, finances, monnaie, régulation de l’énergie et des transports nationaux. Seuls l’environnement, les transports locaux, l’aménagement du territoire au niveau local, l’agriculture et la pêche outre l’éducation, la justice, la culture et la santé,  sont « dévolus » au gouvernement écossais.  Le gouvernement britannique verse une subvention globale fonction de la démographie pour financer les politiques «dévolues ».

Le gouvernement écossais  place  la jeunesse au cœur de ses priorités. Il souhaite rester dans l’Union européenne, indépendamment d’un possible referendum de Londres sur la sortie de la Grande Bretagne de l’Union européenne.   Pour attirer de nouvelles entreprises les Écossais  pourrait, sur le modèle irlandais,  baisser l’impôt des sociétés, on parle de 12%, ce qui va à l’encontre de l’harmonisation fiscale que nous,  Français, souhaitons. A titre transitoire ?

En tous cas les Écossais veulent garder la livre Sterling, rester dans l’Union européenne et garder la Reine !

Après une visite du parlement écossais (je ne peux m’empêcher de penser au polar d’Ian Rankin qui se déroule sur le site pendant sa construction) les trois députés Mme Christina McKelvie (NSP) Mme Annabel Goldie (Tory) et M. Malcolm Chisholm (Labour) poursuivent le débat. C’est le débat constitutionnel qui est au cœur de leurs préoccupations. Si le oui l’emporte au referendum s'ouvriront deux négociations, l’une entre l’Ecosse et la Grande Bretagne et l’autre entre l’Ecosse et l’Union européenne. Si le non l’emporte, il y aura quand même des évolutions, là encore le mot fédération tombe.

C’est en toute hypothèse un débat complexe qui enflamme les conversations, nous le voyons lors du déjeuner avec le Franco-Scottish Business Club,  qui selon nos interlocuteurs divise les familles  et pour lequel tous les habitants de l’Ecosse, Ecossais ou non  se passionnent. Tous à partir de 16 ans, quelle que soit leur nationalité, pourront voter le 18 septembre.  Toute autre question est occultée actuellement.

Non, la mobilité des jeunes n’est pas inquiétante

Posté le 17 mars 2014

La chambre de commerce et d’industrie de Paris-Ile-de-France (CCIP), qui représente près de 800 000 entreprises, a rendu public mercredi 12 mars un rapport intitulé « Les Français à l'étranger - L'expatriation des Français, quelle réalité ? ». Ce rapport souligne notamment la « nette accélération » de la mobilité des jeunes générations.

Entre 1,5 à 2 millions de Français vivent aujourd’hui à l’étranger, et l’expatriation a augmenté de 3 à 4 % par an sur les dix dernières années, ce qui correspond à 60 000 à 80 000 personnes supplémentaires chaque année. Sur la même période, la population française a cru de seulement 0,6 % par an.

Cette mobilité croissante concerne avant tout les jeunes. Ainsi, 27 % des jeunes diplômés voient leur avenir professionnel à l’étranger, contre 13 % en 2012, tandis que 34 % des jeunes âgés de 18 à 34 ans envisagent de s’expatrier dans les cinq à dix ans.

La première explication mise en avant par la CCIP est que « chômage et morosité poussent les jeunes au départ ». Mais ce serait une erreur de ne retenir du rapport que l’inquiétude des entreprises, et de voir dans cette mobilité accrue une « fuite », un « exil » – qualifications utilisées par de nombreux articles de presse commentant le rapport. D’une part, la chambre de commerce elle-même tempère son constat en précisant que ces facteurs ne constituent que les « explications les plus plausibles ». D’autre part, des explications, il y en a d’autres, et elles viennent contrebalancer cette « inquiétude » des entreprises.

Car si les jeunes s’expatrient, c’est notamment pour acquérir une expérience internationale que les entreprises sont les premières à demander. Elles veulent des candidats qui sont allés « explorer le monde », qui sont ouverts d’esprit, et ont développé leur capacité d’adaptation. Pour sortir du lot à une heure où il est effectivement difficile de s’insérer sur le marché de l’emploi, une expérience internationale est un incontestable plus sur un CV. De fait, nombreux sont les programmes nationaux ou européens stimulant la mobilité des jeunes, comme Erasmus ou le volontariat international en entreprise.

Au-delà de ces considérations pratiques, c’est aussi par soif de découvertes et pour élargir leur horizon, notamment culturel, que les jeunes s’expatrient. Certes, la situation économique peut être un facteur motivant la décision de s’expatrier. Mais s’alarmer en en faisant le motif principal, voire exclusif, est certainement très exagéré. Les expatriés sont plus qualifiés que la moyenne : 53 % d’entre eux ont au moins un bac + 3, alors que la part de la population totale ayant au moins un bac + 2 est de 12,5 %. Ceux qui s’expatrient ne sont donc pas les premiers touchés par le chômage. La plupart trouveraient un emploi en France ; seulement, l’étranger les attire.

L’expatriation n’est pas un abandon. 88 % des expatriés maintiennent un lien privilégié avec la France, et une écrasante majorité (67 %) envisage un séjour inférieur à dix ans. C’est aussi à la France de faciliter leur retour. Je pense en particulier aux jeunes qui reviennent en France après un volontariat international en entreprise et ne peuvent pas prétendre à l’assurance chômage en attendant de trouver un emploi, car ils n’ont pas cotisé pendant leur mission.

De plus, le rapport le souligne dès son introduction, il faut distinguer ce qui relève d’un mouvement de fond lié à la mondialisation, de ce qui est spécifiquement français. On s’aperçoit de fait que l’expatriation, notamment des jeunes diplômés, correspond à une tendance générale, et que le phénomène est bien plus important au Royaume-Uni, en Allemagne et en Italie, ces pays comptant respectivement 4,69 millions, 4,28 millions et 3,62 millions d’expatriés.

Enfin, si des Français quittent la France, nombreux sont les étrangers qui s’y installent. La France est ainsi le troisième pays en termes de nombres d’étudiants étrangers accueillis, après les Etats-Unis et le Royaume-Uni. Des mesures telles que l’autorisation de l’enseignement en langue étrangère sont, à cet égard, essentielles pour garantir l’attractivité de notre pays.

Oui, les jeunes s’expatrient davantage aujourd'hui qu’hier, mais cela n’a rien d’inquiétant, car le phénomène est global, car l’expatriation est le choix de l’étranger et non le rejet de la France, enfin, et surtout, car découvrir une autre civilisation et vivre dans un autre pays permet d’acquérir des qualités essentielles, au niveau professionnel notamment, et constitue une source d’enrichissement et d’ouverture d’esprit certaine. Et pour terminer, n'oublions pas que les Français qui s'expatrient, en participant activement au rayonnement de la France, à la diffusion de sa langue, de sa culture, de ses valeurs, sont nos meilleurs ambassadeurs.

La mobilité à l'international de nos concitoyens est un précieux atout pour notre pays. L'envisager comme une menace participe d'une vision étroite à laquelle nous ne souscrivons assurément pas, comme en témoigne l'organisation le 3 avril prochain, par la ministre déléguée chargée des Français de l'Etranger, Hélène Conway-Mouret, d'une conférence intitulée « Les Français à l’étranger : un atout pour la France ».

Il est temps pour le Parlement européen de changer!

Posté le 13 mars 2014

Mardi 11 mars, trois jours après la journée internationale des droits des femmes, le Parlement européen a rejeté, à 298 voix contre, 289 pour et 87 absentions, une proposition de résolution sur l’égalité entre les femmes et les hommes.

Une résolution est un acte législatif non contraignant, qui formule des recommandations à destination des Etats membres. Cette proposition de résolution, initiative de l’eurodéputée portugaise Inês Cristina Zuber, en énonçait 80, principalement dans le domaine de l’emploi et du droit du travail. Le texte appelait ainsi les Etats à garantir l’égalité salariale à travail égal, à interdire les démissions forcées en cas de grossesse, et à lutter contre les stéréotypes sexistes.

La mention du droit à l’IVG est l’un des motifs du rejet, par les conservateurs, de ce rapport, dont l’une des propositions « recommande aux États membres de garantir le droit des femmes à des soins de santé gynécologique et obstétrique publics, gratuits et de qualité et à des services de santé sexuelle et génésique en général, ce qui inclut le droit à l'interruption volontaire de grossesse ».

En cause également, les propositions 57 et 58, qui soulignent la nécessité de lutter contre les stéréotypes sexistes et notamment d’ « éduquer les élèves, filles comme garçons, aux questions de genre et [d’]essayer de briser les stéréotypes relatifs au rôle social, à la représentation et au sens d'être une femme ou d'être un homme ». Mais, promouvoir des modèles de comportement égalitaires dans la sphère sociale et économique dès le plus jeune âge, les conservateurs européens ne le souhaitent pas. Nombreux sont ceux qui y voient le « cheval de Troie » qui va permettre de faire entrer à l’école la « théorie du genre ». La polémique déclenchée fin janvier en France autour des ABCD de l’égalité existe ailleurs en Europe, notamment en Pologne, en Allemagne et en Suisse.

Troisième élément majeur qui a mobilisé les conservateurs contre le texte : la référence aux quotas que l’on y trouve. « L'utilisation de quotas électoraux a des effets positifs sur la représentation des femmes » indique la proposition de résolution, qui « invite les États membres où la représentation des femmes dans les assemblées politiques est particulièrement faible à envisager la possibilité de recourir à des mesures équivalentes ».

Sur leur site, les députés socialistes français au Parlement européen dénoncent fermement ce rejet, qu’ils qualifient de « honteux » et « désinvolte ». Valeur clé, l’égalité entre les femmes et les hommes n’est pourtant pas acquise : une Européenne sur trois subit encore aujourd'hui des violences sexuelles ou physiques.

Déjà, en décembre dernier, le Parlement européen avait rejeté la proposition de résolution de l’eurodéputée Edite Estrela « sur la santé et les droits sexuels et génésiques », droit relatifs à la capacité de prendre soi-même des décisions sur le plan de la sexualité et de la conception (éducation sexuelle, rejet des mariages forcés, contraception, IVG, etc.). Le texte visait à les garantir. C’est notamment le droit à l’IVG qu’il préconisait qui lui a valu d’être rejeté par les parlementaires européens.

Si le groupe Socialistes et Démocrates est majoritaire au Parlement européen à l’issue des élections du 25 mai prochain, des résolutions aussi essentielles que celles-ci ne seront plus rejetées au nom de valeurs conservatrices.

Par ailleurs, un changement de majorité au Parlement permettra la désignation de Martin Schulz  comme président de la Commission. Et à n'en pas douter, une Commission européenne  dirigée par un socialiste appliquera de façon beaucoup plus satisfaisante les programmes existant pour l'égalité salariale, la parité, et la meilleure articulation entre vies familiale et professionnelle.

Pour permettre à l’Union européenne d’être en phase avec son époque, et de garantir l’égalité femme homme et les droits des femmes, il est donc essentiel que le Parlement change en mai prochain!

Inscrivez-vous aux rencontres Quai d’Orsay – entreprises le 8 avril !

Posté le 12 mars 2014

Après une première édition ayant attiré plus de 800 participants, le ministère des Affaires étrangères organise, le 8 avril prochain, les secondes "Rencontres Quai d’Orsay-entreprises".

Cet événement, entièrement dédié aux entreprises, leur permettra de poursuivre le dialogue avec les responsables du ministère des Affaires étrangères et des autres administrations au service de l’internationalisation des entreprises et de l’attractivité du territoire national.

Les Rencontres Quai d’Orsay-entreprises sont ouvertes aux dirigeants et cadres d’entreprises, petites et grandes et notamment aux responsables des affaires internationales. Ces rencontres seront l'occasion de découvrir les actions du ministère des Affaires étrangères en matière de diplomatie économique et de débattre des moyens d’améliorer leurs performances à l’international.

Organisées au Centre de conférences du ministère des Affaires étrangères, dans le 15e arrondissement de Paris, les Rencontres Quai d’Orsay-entreprises 2014 comprendront une exposition sur la diplomatie économique, huit tables-rondes et, en conclusion, un débat entre grands entrepreneurs et Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères. Cet évènement est organisé en partenariat avec le Medef et la CCIR Paris-Île de France.

Vous êtes dirigeant ou cadre d'entreprise, et souhaitez en savoir davantage sur les actions du ministère des Affaires étrangères en matière de diplomatie économique ? Inscrivez-vous ici pour participer à la rencontre !