Neuhausen Café

Un Fonds rénové pour lutter contre les faillites d’entreprises rentables

Posté le 18 novembre 2013

Le ministre du redressement productif a présenté mercredi dernier un nouveau plan pour lutter contre la multiplication des plans de restructuration, qui touchent notamment des PME et des entreprises de taille intermédiaire (ETI). Ces entreprises connaissent des difficultés temporaires de trésorerie alors même que leurs perspectives sur le long terme sont réelles. Il faut leur permettre de rebondir, en les aidant à trouver des financements. C’est pourquoi le gouvernement veut réactiver le Fonds de développement économique et social, un instrument d’accompagnement par l’Etat des entreprises en difficultés, qui accorde à ces dernières des prêts à des taux inférieurs à ceux du marché.

Le Fonds, aujourd’hui plus guère utilisé, devrait être doté de 300 millions d’euros supplémentaires pour mener à bien sa mission. Une nouvelle circulaire fixera le détail des modalités d’intervention du Fonds, qui identifiera les entreprises viables mais manquant de liquidités, pour leur prêter de l’argent. Il ne s’agit pas de rentrer au capital de ces entreprises, mais d’agir en simple prêteur lorsque les banques ne remplissent pas leur rôle. Ce ne sont pas des subventions, car les prêts seront remboursés. Arnaud Montebourg insiste sur un point : « nous ne nous occuperons que de celles qui ont de l’avenir ».

La gestion du Fonds sera confiée à une équipe interministérielle placée auprès du Comité interministériel de restructuration industrielle (CIRI), un département du Trésor, pour une durée de dix-huit mois. L’équipe étudiera également les cas de reprises et de restructuration. La Banque publique d’investissement devrait également intervenir. Ces aides visent à inciter les investisseurs privés à intervenir, en les rassurant. Par ailleurs, l’accompagnement social des entreprises sera amélioré pour aider les salariés dont l’entreprise n’a pas pu financer le reclassement.

Le ministre entend enfin lancer d’ici à la fin de l’année une réforme du régime juridique des procédures collectives, avec quatre objectifs principaux : faciliter l’accès aux procédures de prévention pour augmenter les chances de redressement des entreprises en difficulté, permettre aux créanciers de proposer un plan de poursuite de l’activité, simplifier les procédures de liquidation des très petites entreprises pour que les entrepreneurs puissent tout de suite reprendre une nouvelle activité, améliorer la situation des créanciers pour les inciter à prêter des fonds pour faciliter le redressement.

Tout comme le gouvernement, je trouve inadmissibles la faillite d’entreprises rentables et les destructions d’emplois qui auraient pu être évitées. Aider nos entreprises dans une situation économique difficile est indispensable, et tous les outils doivent être mis en place pour maximiser les chances de redressement, et donc de sauvegarde de l’emploi.

Voyage à Rabat, Casablanca et Dakar 11 au 16 novembre 2013

Posté le 17 novembre 2013

Lundi 11 novembre

Arrivée à Rabat en soirée. Le consul  général M. Didier Laroque  vient m’accueillir à l’aéroport et me dépose à mon hôtel où Marion Berthoud et André Cadot sont venus me saluer et cette première rencontre nous permet un échange rapide sur certains dossiers qui devront être traités en priorité.

Mardi 12 novembre

La journée débute par un petit déjeuner à l’ambassade offert par SE M. Charles Fries qui  m’expose la situation au Maroc.

lycée Descartes RabatJe me rends ensuite au Lycée Descartes qui gère un pôle de  plusieurs établissements comptant  5000 élèves. Je suis accueillie par M. Gilles Joseph proviseur que j’ai le plaisir de retrouver, et M. Couturaud, le  conseiller culturel adjoint qui m’explique que le Maroc est le plus gros réseau d’enseignement français à l’étranger et si le centre de décision reste parisien, la préparation aux décisions se fait localement. Le réseau au Maroc (AEFE et OSUI, nom de la MLF au Maroc) comprend 31 500 élèves dont 19000 dans le réseau AEFE répartis sur  5 pôles, 60%  des élèves sont  français dans les établissements de l’AEFE et 95 % sont marocains dans les écoles de l’OSUI.

M. Couturaud   m’explique  que les conseillers pédagogiques sont aujourd’hui les seuls enseignants expatriés, ils sont chargés de l’animation et du plan de formation dans les  établissements du réseau. Un partenariat est en train de  s’établir entre lycées français et lycées marocains pour mettre en place des filières bilingues dans les lycées marocains,  6 lycées bilingues existent actuellement. L’enjeu est la formation des enseignants marocains.

Transcription des actes de naissance malgaches: le Défenseur des droits saisit le ministre des Affaires étrangères

Posté le 16 novembre 2013

madaLe problème des familles qui ne parviennent pas à faire transcrire l'acte de naissance malgache de leurs enfants, sur les registres français d'état civil m'occupe depuis de longs mois. Je suis, ainsi, en relation constante avec le ministre des Affaires étrangères, la ministre déléguée aux Français de l'étranger, la Garde des Sceaux, ministre de la Justice (voir notamment ici) .
J'avais, par ailleurs au printemps dernier, adressé un courrier, également signé par mon collègue Richard Yung, au Défenseur des droits (voir ici).

Dans sa réponse, le Défenseur des droits, Dominique Baudis, nous fait part de plusieurs observations: il rappelle d'abord que le contentieux de l'état civil est de la compétence de l'autorité judiciaire.

Il reprécise, à cet égard, les dispositions de l’article 47 du Code civil, qui justifie, en l'occurrence,  le refus de transcription opposé par les autorités consulaires, par le défaut de force probante dont sont entachés les actes malgaches, eu égard au non-respect des règles de tenue de l’état civil fixées par les lois locales.

Il rappelle également les termes de la recommandation n°9 de la Commission internationale de l'état civil ( organisation intergouvernementale dont le but est de promouvoir la coopération internationale en matière d'état civil et d'améliorer le fonctionnement des services nationaux d'état civil dont le siège est situé à Strasbourg) qui énumère un certain nombre d'indices susceptibles de révéler le caractère défectueux, erroné ou frauduleux d'un acte d'état civil et dont le constat doit conduire l'autorité saisie à refuser d'attacher quelque effet au document produit.
Dans ces conditions, l'Officier d'Etat civil consulaire qui estime que l'acte produit n'a pas été dressé dans les formes, induisant un doute sur son authenticité, doit refuser la transcription et en aviser le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Nantes.

Par ailleurs, en l'état de la réglementation et de la jurisprudence, le Défenseur des droits souligne que seule l'autorité judiciaire a le pouvoir de se prononcer sur la validité d'un acte d'état civil étranger et ordonner sa transcription. La Cour de cassation rappelant d'ailleurs le pouvoir souverain d'appréciation des tribunaux en fonction de chaque espèce. Dans un arrêt du 12 juin 2013, la 1ère chambre civile énonçait encore que "la cour d'appel, sans être tenue de s'expliquer sur les éléments de preuve qu'elle décidait d'écarter et hors dénaturation, a souverainement estimé que cette contradiction ne permettait pas de reconnaître à ces actes la valeur probante accordée par l'article 47 du code civil aux actes de l'état civil faits en pays étranger». Cependant, un arrêt du 16 avril 2013, la cour d'appel de Rennes (ÇA Rennes CH. 06 A n° 11/05833), a, dans un cas d'espèce, indiqué que « la simple affirmation par le maire d'un manque de rigueur dans la tenue des actes d'état civil malgache n'est manifestement pas opposable aux autorités françaises ».

Dès lors, et malgré tout son intérêt porté à la situation de ces familles, le Défenseur des droits  regrette de nous faire savoir qu'il ne sera pas possible d'intervenir plus avant dans l'instruction de cette réclamation auprès des autorités judiciaires seules compétentes. En effet, il n'entre, bien sûr,  pas dans ses compétences d'apprécier l'authenticité des documents d'état civil, ni de remettre en cause une décision de l'autorité judiciaire.

S'agissant de l'obtention d'un jugement supplétif de naissance auprès des autorités locales, il ne lui appartient pas davantage, dans le cadre de son action légalement fixée, d'intervenir auprès d'autorités étrangères.

Néanmoins, eu égard à la situation particulièrement difficile vécue par ces familles, le défenseur des droits nous informe saisir le ministre des affaires étrangères afin de recueillir toute information complémentaire sur les perspectives d'évolution du traitement de cette problématique. Il doit nous tenir informés de la réponse qui lui sera faite et de ses conclusions.

Signez la pétition de Français du monde-adfe en solidarité avec la ministre Christiane Taubira

Posté le 15 novembre 2013

Christiane-Taubira_pics_390Français du monde -ADFE a écrit une lettre de solidarité à la garde des Sceaux, ministre de la Justice, Christiane Taubira.
Je vous invite à la signer, tout comme je viens de la faire.

En effet, Français de l'étranger, notre expatriation fait de nous des Français différents. Même si nous avons "visage pâle", nous devenons facilement des cibles du racisme, ainsi que nos nombreux enfants métis. Témoignons notre solidarité à la ministre Christiane Taubira en signant et en encourageant nos proches à signer cette lettre de solidarité antiraciste.

"Madame la Garde des Sceaux,

Nous, Français établis hors de France, attachés à notre pays d’origine en dépit de l’éloignement géographique, si fiers d’appartenir à la patrie des Droits de l’Homme, sommes profondément choqués des injures racistes dont vous êtes publiquement victime depuis que vous avez porté la loi en faveur du mariage pour tous.

Femme de conviction, vous êtes devenue, comme Simone Weil au moment de la loi sur l’interruption volontaire de grossesse, la cible de cette extrême-droite, porteuse des idéologies mortifères inspirées du racisme du XIXème siècle, qui ne s’est élevée contre aucun des crimes racistes du XXème, quand elle n’y a pas prêté main forte. Sous couvert de défendre les « lois de la nature » et celles d’une religion, elle éructe les imprécations de sa vieille haine envers tous ceux qui portent, comme vous, l’esprit des Lumières.

Français établis hors de France, nous sommes viscéralement hostiles au racisme qui est contraire à toutes les valeurs d’humanisme et de respect que nous portons dans nos pays de résidence respectifs.

Français établis hors de France, nous voyons en vous le symbole de la diversité d’origine des Français, une fierté pour les Français métissés et un exemple d’accomplissement humain pour nous tous.

Français établis hors de France, nous nous sentons salis par chacune des insultes proférées à votre encontre et ne supportons ni d’incarner à l’étranger une France qui s’enfoncerait dans un racisme banalisé, ni de voir une ministre de la République servir d’exutoire à la haine, au motif qu’elle est femme, au motif de la couleur de sa peau.

Français établis hors de France, fiers de notre diversité, fiers de la richesse humaine et intellectuelle que nos enfants polyglottes et formés aux cultures du monde apportent à notre Nation, nous appelons toutes les Françaises et tous les Français du monde à se mobiliser. Il faut remettre l’ouvrage sur le métier, relancer la lutte pour le respect dû à chaque être humain, quels que soient son origine, son sexe, sa couleur de peau. Cela commence par l’affirmation de notre solidarité avec vous, madame la Ministre : nous rendrons ensemble à la Fraternité sa place sur le fronton de la République."

Signez la pétition en suivant ce lien: https://www.change.org/petitions/solidarité-antiraciste-des-français-de-l-étranger-avec-madame-la-ministre-taubira

Un plan d’actions pour l’avenir de notre système d’enseignement à l’étranger

Posté le 15 novembre 2013

Suite aux journées de concertation sur l’avenir de l’enseignement français à l’étranger qui se sont tenues au printemps dernier, le Ministère des Affaires étrangères a arrêté un plan d’actions, devant apporter des réponses aux problématiques rencontrées par notre politique scolaire extérieure.

Ce rapport rappelle les principaux chiffres de notre réseau (131 pays, 488 établissements, 320 000 élèves scolarisés) et explique qu’il fait aujourd’hui face à un défi quantitatif du fait de l’accroissement de la demande, et à un défi qualitatif du fait des exigences des familles. Le rapport se divise en cinq constats, auxquels il attache des pistes d’actions à mener :

- Il faut préserver l’équilibre entre scolarisation des Français et accueil des étrangers dans nos établissements, en poursuivant l’enseignement des langues et des cultures des pays hôtes, en faisant en sorte que les nationaux de tous les pays soient autorisés à s’inscrire dans nos établissements, en renforçant partenariats et passerelles avec le système d’enseignement local. Concernant la scolarisation des Français, le ministère ajoute que le coût de la scolarité ne doit pas constituer un obstacle à l’accès à l’enseignement, et que les dispositions de la loi de refondation de l’Ecole relatives à l’inclusion, en particulier des élèves en difficultés ou en situation de handicap, doivent être appliquées à l’étranger.

- Le réseau doit se développer mais ce développement doit se faire dans le respect de la discipline budgétaire, par exemple grâce à la multiplication des partenariats avec des établissements homologués autofinancés. Pour répondre à la demande croissante d’enseignement français, des moyens pourront également être redéployés géographiquement, afin de garantir un meilleur équilibre entre les zones.

- Le pilotage politique doit être renforcé, grâce notamment à une concertation interministérielle qui définira les orientations stratégiques du réseau. Les ambassades sont invitées à proposer une stratégie locale de développement de l’offre éducative française. Le pilotage politique a en outre vocation à garantir une meilleure articulation entre notre enseignement à l’étranger et les autres aspects de notre diplomatie d’influence, tels que la politique d’attractivité universitaire ou l’animation des réseaux d’anciens élèves.

- L’excellence de notre réseau doit être consolidée. La loi de refondation de l’Ecole doit s’y appliquer pleinement, notamment en ce qui concerne le renforcement de l’enseignement des langues, l’introduction d’un enseignement moral et civique, le développement du numérique. Le ministère veut mettre l’accent sur l’enseignement des langues dans notre réseau, avec le développement de l’enseignement bilingue dans les sections internationales. Un dialogue pédagogique doit se mettre en place avec le Ministère de l’Education nationale qui entend renforcer son implication, ce qui lui permettra par ailleurs de mieux répercuter sur le territoire les innovations réalisées dans notre réseau extérieur, véritable laboratoire.

- Enfin, il faut développer des offres éducatives complémentaires car notre réseau ne saurait répondre à l’intégralité de la demande. Pour cela, il est possible de développer le label FrancEducation, qui certifie les établissements étrangers fournissant un enseignement en français de qualité, l’offre à l’étranger du CNED, ou encore le dispositif FLAM, qui permet aux enfants français scolarisés dans une autre langue de conserver la pratique du français.

Ce plan d’actions est une bonne nouvelle : il témoigne de la volonté du gouvernement d’agir pour dynamiser notre système d’enseignement à l’étranger et l’adapter aux évolutions contemporaines. Notre réseau est essentiel pour les Français résidant à l’étranger, comme pour le rayonnement international de la France. Il importe de préserver son excellence et d’en garantir l’accès au plus grand nombre, de la manière la plus juste qui soit.

Voyage à Rome et Florence 5 au 8 novembre 2013

Posté le 13 novembre 2013

20131107_202256Mardi 5 novembre

 Arrivée en soirée à l'aéroport de Rome où je suis accueillie par M. Jérôme Chalençon,  chef de la section consulaire qui me dépose à mon hôtel.

Mercredi 6 novembre

Petit déjeuner à l'ambassade, au magnifique palais Farnèse, organisé par  son excellence M. Alain Le Roy entouré de ses collaborateurs.  La présence de Mme Salina GRENET (deuxième conseillère en charge de la politique étrangère et des affaires stratégiques), M. Jean-Luc DELVERT (premier secrétaire en charge de la politique intérieure), Mlle Marine ALLEGRE (rédactrice Italie et Vatican à la direction Europe du ministère des affaires étrangères, en mission à Rome) permet un tour d’horizon complet sur la relation bilatérale.

La matinée  est consacrée à des entretiens au consulat qui me permettent de recevoir une dizaine de compatriotes.

Déjeuner à l'ambassade avec M. René Maury, Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger, M. Cédric Manuel, deuxième Conseiller, M. Eric Tallon, Conseiller de coopération et d’action culturelle, M. Marc Maupas-Oudinot, Ministre conseiller pour les Affaires économiques, Mme Isabelle Perot, Chef du service commun de gestion, M. Tristan Cazes, Secrétaire général du SCAC et de l’Institut français, M. Joel Lust, proviseur du lycée Chateaubriand et M. Jérôme Chalençon, chef de la section consulaire.

La situation des lecteurs français dans les universités italiennes est évoquée parmi d’autres sujets et j’espère que ce point sera abordé lors du sommet bilatéral qui se tiendra prochainement. Un petit coup de pouce politique pourrait débloquer une affaire qui traîne et s’embourbe depuis de nombreuses années et qui concerne tous les lecteurs étrangers employés dans les universités italiennes.

Je me rends ensuite accompagnée de M. Tristan Cazes et M. Joel Lust au lycée Chateaubriand sur le site de Patrizi où je suis accueillie par l’équipe de direction. Le lycée accueille 1 750 élèves sur 4 sites (dont Naples). 60 % des élèves sont italiens et l’établissement accueille plus d’élèves dans le 1er degré que dans le second. Un seuil critique est atteint au collège et surtout au lycée. Des élèves quittent l’établissement après le CM2 (fin de l’élémentaire) ou après la 4ème (fin du collège italien), phénomène déjà constaté à Milan. Le ratio enseignants/élèves n’est pas bon et les  frais de scolarité sont élevés pour financer notamment les frais immobiliers. Nous visitons les locaux dont le CDI. Les laboratoires paraissent en mauvais état. Il n’y a pas d’installations sportives ni de cantine. Des solutions immobilières devront être trouvées rapidement et une mission de l’AEFE devrait faire des propositions.  Malgré ces conditions matérielles perfectibles, les taux de réussite sont excellents,  grâce notamment à un très bon corps professoral.

Rencontre avec les délégués des élèves qui ne semblent pas perturbés outre mesure par l’état de l’établissement. Les élèves présents à cette réunion sont en majorité italiens à l’exception de deux Canadiens et beaucoup souhaitent poursuivre leurs études en Grande Bretagne ou à Mac Gill au Canada. Une élève émet l’idée, très intéressante, de faire un échange entre élèves de lycées français à l’étranger.

Rencontre ensuite avec les représentants de l’Association de parents d’élèves, affiliée à la FAPEE. Les parents évoquent le poids des frais de scolarité pour les familles. Ceux-ci tournent autour de 5000 euros selon le niveau et les frais de 1ère inscription s’élèvent à 1300 euros. Les parents expriment leur inquiétude quant à l’avenir : la baisse des effectifs dans le secondaire a un impact sur le montant des frais de scolarité et sur l’offre. Les parents constatent la baisse du nombre de résidents qui représentent quand même 60 % des enseignants.

Ce sujet est repris par les enseignants au cours de l’entretien que j’ai avec leurs représentants. Un résident qui part est systématiquement remplacé par un recruté local. Les enseignants s’interrogent également sur les critères retenus pour le calcul de l’ISVL et ils déplorent que les enseignants résidents documentaliste n’en bénéficient pas tout comme les CPE.

Je retourne au Consulat pour un entretien avec une délégation de parents qui souhaitent parler des bourses. Le cas des familles monoparentales devrait être revu car en effet dans tous les pays visités, le même constat est fait : le nouveau barème, par ailleurs plus équitable, est défavorable aux parents seuls.

Conférence devant une quarantaine de personnes dans un local du parti démocratique sur la représentation politique des Français de l’étranger : historique, évolution et point sur les échéances de 2014.

La soirée se termine par un dîner avec les amis des sections du Parti socialiste et de Français du monde-adfe organisé par Olivier Spiesser et Françoise Mansourri.

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Jeudi 7 novembre

Départ par le train pour Florence où je suis accueillie à la gare par Mme Isabelle Mallez, Directrice de l’Institut français et consule honoraire.

Déjeuner avec Mme Isabelle Mallez et M. Jean-Pierre Pinto, proviseur du lycée français Victor Hugo qui tout comme la Directrice de l’Institut est arrivé à la rentrée 2013.

Visite du lycée dans ses nouveaux locaux, un très beau palais florentin, où il est installé pour la deuxième année scolaire. Le contraste est saisissant lorsqu’on a connu l’établissement avant le déménagement. M. Pinto me fait visiter les locaux. Il est accompagné de l’équipe administrative. J’avais vu les locaux vides alors qu’il ne s’agissait que d’un projet et c’est très agréable de les voir remplis de vie.

Une rencontre d’une heure est prévue avec les délégués des élèves. Je leur présente le rôle du parlement, du sénat. De nombreuses questions sont posées.

Vernissage ensuite d’une très belle exposition de photos d’une enseignante du primaire à laquelle je suis conviée.

Je m’entretiens également avec les enseignants et force est de constater que l’envers du décor est moins satisfaisant. Les enseignants sont dans leur grande majorité des recrutés locaux, très peu ont des CDI et ceux qui ont un CDD ne sont pas payés ni assurés pendant les vacances. Il faut avoir travaillé trois ans sans interruption pour être couverts pendant les vacances. Les salaires sont très bas, insuffisants en tous cas pour vivre dans une ville comme Florence.

Rencontre ensuite avec les parents qui m’indiquent que la population française à Florence a beaucoup évolué. Il y a de moins en moins d’expatriés et les parents doivent payer eux-mêmes les frais de scolarité qui sont particulièrement élevés, entre 7000 et 8000 au collège et au lycée. Ils subissent, de plus, une augmentation annuelle de 10 % en moyenne. Il faut en effet assurer le paiement d’un loyer très élevé. Des élèves, notamment français, quittent l’établissement. Une classe de 6ème et une classe 5ème ont été fermées. La montée en puissance attendue par le proviseur précédent n’est pas au rendez-vous.

Je retourne à l’Institut pour une série d’entretiens avec des compatriotes.

La soirée se termine par un  dîner avec la section Français du monde-adfe organisé par Gaëlle Barré. Une belle soirée !

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Vendredi 8 novembre

Reprise des entretiens individuels puis rencontre avec le personnel de l’Institut. On parle contrats de travail, rémunérations, assurance maladie et retraite. La difficulté de fidéliser les enseignants est aussi évoquée. Malgré ces contraintes matérielles importantes pour le personnel, l’institut fait un travail remarquable. Les travaux, qui devaient contribuer à la vente du 3ème étage et ainsi financer l’installation d’une médiathèque au rez-de-chaussée pour avoir plus de visibilité,  ont été finalement arrêtés trois jours avant leurs débuts. Cet arrêt soudain fait  renaître les craintes quant à l’avenir du Palais Lenzi.

Déjeuner avec des hommes d’affaires français  offert par Mme Mallez.

Retour sur Paris

Sénat-Hébdo de la semaine du 4 au 8 novembre 2013

Posté le 13 novembre 2013

logo_senat_07L'événement cette semaine au Sénat, c'est l'examen du projet de loi relatif à l'économie sociale et solidaire (voir mon article sur le sujet).
Les autres faits marquants de la semaine :
- le rejet à l'unanimité du projet de loi garantissant l'avenir et la justice du système de retraites (voir mon article sur le sujet),
- la table ronde sur le thème de la sécurité sociale des élus locaux,
- la présentation des conclusions du contrôle budgétaire sur le rôle des douanes dans le commerce en ligne.


Un front uni contre le chômage des jeunes en Europe

Posté le 12 novembre 2013

boulangFrançois Hollande reçoit aujourd’hui à Paris 24 chefs d’Etat et de gouvernement européens, accompagnés de leurs ministres du travail, pour un second sommet sur la lutte contre le chômage des jeunes en Europe, après une première conférence organisée à Berlin, en juillet. Les présidents du Conseil européen, de la Commission, du Parlement et de la Banque européenne d’investissement (BEI) seront également présents.

A l’heure où 5,5 millions de jeunes européens de moins de 25 ans sont privés d’emploi, soit un taux de chômage des jeunes de 24 % en moyenne et dépassant les 60 % en Grèce, la coordination des pays de l’Union apparaît indispensable pour tenter de faire face à ce fléau.

La réunion vise essentiellement à s’assurer de la bonne mise en œuvre des moyens consacrés à la lutte contre le chômage des jeunes, en particulier l’enveloppe de 6 milliards d’euros qui sera débloquée en janvier prochain pour une période de deux ans, suite à la décision prise par les chefs d’Etat et de gouvernement en juin dernier. En y ajoutant les contributions du Fonds social européen et de la BEI, 45 milliards seront mobilisés sur trois ans (2013 à 2015). L’objectif à atteindre est qu’un jeune ne reste pas plus de quatre mois sans emploi ni formation, selon le principe, acté par l’Union, de la « garantie jeunesse », qui prévoit qu’au terme de cette période tout jeune doit avoir accès à un emploi, un apprentissage, un stage ou une formation.

A cette initiative européenne s’ajoutent celles menées au niveau national par le gouvernement, notamment la garantie jeunes, qui vise à aider les jeunes les plus exclus et les plus touchés par la pauvreté, ceux qui n’ont ni soutien familial, ni emploi, ni formation, ni ressources. C’est un contrat de réinsertion du jeune, grâce à un accompagnement personnalisé et à une allocation, versée sous condition du respect des engagements stipulés par le contrat. Le programme a été lancé en octobre dans 10 territoires pilotes, et 10 000 jeunes pourront signer un contrat pour la première année. Le programme a vocation à être étendu si le succès est au rendez-vous.

Les niveaux nationaux et européens sont complémentaires dans le domaine de la lutte contre le chômage des jeunes, et c’est pourquoi je me réjouis tout à la fois de la tenue de points d’étape européens réguliers, et du lancement d’initiatives nationales prometteuses dans ce domaine.

Les vieux démons

Posté le 12 novembre 2013

mondeLa vie à l’étranger a ceci de bon qu’elle assourdit, malgré les réseaux sociaux et les « web radios », l’agitation médiatique quasi quotidienne autour de l’actualité politique française. Elle donne la distance nécessaire à la mise en perspective, à la réflexion. Cela me fait un bien fou à chaque fois que je pars à votre rencontre aux quatre coins de la planète.

A mon retour de Chine je découvrais, à la lecture de la presse, que si la cinquième République est mourante c’est la faute à Hollande, que si la gauche est au plus bas c’est la faute à Leonarda et que si le Front national est aux portes de l’Elysée c’est parce que « l’UMPS » a tout foiré … Rien que ça !

Je refuse de voir ma réflexion parasitée, envahie par des éditorialistes matinaux qui m’annoncent tous les matins l’apocalypse puisqu’elle seule semble faire audience. Il faut savoir raison garder et, sans la nier, affronter la réalité froidement. De quoi s’agit-il ?

De l’autorité de l’exécutif, plus exactement de celle du Président de la République contredit publiquement – même si parfois c’est par euphémisme, le fond est là – par le Président de l’Assemblée nationale, par le premier secrétaire du Parti socialiste dont il est issu, jusqu’à des parlementaires s’interrogeant tout haut sur le bien fondé des décisions de François Hollande ou sur les orientations de sa politique, jugée trop libérale selon certains.

Schizophrénie ?

C’est comme si « l’affaire Leonarda » avait fait céder une digue et que notre schizophrénie latente, à nous socialistes, resurgissait d’un coup, emportant tout sens critique sur son passage : comment concilier notre gauche généreuse, sentimentale, émotive et compassionnelle jusqu’à évoquer une rafle … avec celle plus rigide, légaliste, plongée dans la réalité du pouvoir, qui se place en garante de la sécurité, en responsable sourcilleuse de l'avenir de nos emplois et de nos retraites. Les journalistes ont alors parlé avec gourmandise de " couacs ", d’exécutif au bord de la rupture, de crise institutionnelle conscients ou pas d'être à l'origine du « buzz » médiatique qu'ils se complaisent à commenter et à entretenir jour après jour.

Manque de discernement et déclarations déconcertante.

Je me suis déjà exprimée sur les circonstances de l’interpellation de Leonarda, je n’y reviendrai pas d’autant que le rapport de l’IGS évoque un manque de discernement de la police : nous sommes bien d’accord. De ce manquement sont sorties une nouvelle circulaire prohibant ce type d’intervention en milieu scolaire et la volonté du gouvernement de modifier la procédure pour obtenir le droit d’asile. En est sortie aussi une série de déclarations déconcertantes venues de toute part, à commencer, c’est vrai, par celle du Président de la République …

Que ces déclarations soient justifiées ou non – et elles ne le sont pas toutes - une chose est sûre : il est urgent que les socialistes se ressaisissent et que la majorité présidentielle se ressoude au risque de voir la droite revenir rapidement aux affaires, et pour longtemps.

« Gardez-moi de mes amis, quant à mes ennemis, je m'en charge ! »

Il existe un débat permanent entre les élus socialistes, leur Parti et le gouvernement, rien de plus normal : les parlementaires font leur travail en faisant connaître à ces derniers les attentes et les craintes des personnes qu’ils ou elles représentent. Mais, par-delà la nécessaire séparation des pouvoirs, ces échanges ne doivent à aucun moment se transformer en désaccords ou conflits susceptibles d’affaiblir l’exécutif dans sa mission, surtout lorsque ceux-ci sont portés par certains sur la place publique à travers les médias. Le Président et le gouvernement ont suffisamment à faire face aux droites sans que nous - et certains de nos alliés, parfois « pyromanes » – en rajoutions. La gauche ne doit pas avoir peur de s’assumer, telle qu’elle est, au pouvoir : plurielle mais avant tout responsable et soucieuse de l’autorité de l’Etat.

Ne réveillons donc pas nos vieux démons, cela ferait le jeu d’une extrême droite conquérante devant une UMP arrogante bien que sévèrement divisée.

Car le Front national n’est plus en embuscade : il envahit désormais la scène politique, se banalise et tente de paraître comme la seule alternative au soi-disant échec des gouvernements précédents et ceci en dépit d’un programme économique, social et politique totalement incohérent ( remise en cause du droit du sol et de la nationalité, mise en œuvre de la préférence nationale, sortie de l’euro, de l’Union européenne, ... ). Tout cela s’accompagne de la résurgence d’autres vieux démons surgis, eux, tout droit d’un passé trouble.

Dérapage à Angers : Christiane Taubira traitée de "guenon" par une gamine de 10 ans

Lu dans le Midi Libre : « Après l'ignoble comparaison avec un singe par une élue FN, les "Y'a bon Banania" dans Paris de manifestants Civitas, les insultes racistes continuent envers Christiane Taubira ». Vendredi 25 octobre à Angers, selon « Angers Mag », « des phrases comme"Taubira, tu sens mauvais" lancée par un manifestant et "C'est pour qui la banane ? C'est pour la guenon !" lâchée par une enfant d'une dizaine d'année, peau de banane à la main... Selon le quotidien local d'Angers : les gens souriaient autour d'elle et "les CRS qui assuraient le cordon de sécurité n’en sont pas revenus ».

Ces faits insoutenables, le rejet imbécile et tripal de l’autre, révèlent un malaise profond de notre société à mon avis bien plus inquiétant que les chicayas politiques quotidiennes que la presse se plaît à nous décrire en ponctuant ses propos de « petites phrases » arrachées ici où là. Bien sûr les médias ont évoqué ce racisme ordinaire qui s’installe mine de rien dans notre pays, mais ils sont bien vite retournés à ce qui fait l’écume de notre vie politique plutôt que de s’attarder à analyser ce qui risque de devenir un véritable problème de société : notre capacité à vivre ensemble.

Pour ma part je sais où est mon combat : lutter, rassemblés et unis, contre ceux qui attisent la haine et la peur ou contre ceux qui courent après le Front national à la veille des élections en disant à nouveau vouloir réformer le droit du sol et les modes d’acquisition de la nationalité française. Les Français de l’étranger sont particulièrement sensibles sur ces questions et ont démontré, dans le passé, qu’ils n’étaient pas les derniers à se mobiliser, notamment quand l’UMP a voulu remettre en cause la binationalité.

Le Sénat rejette une réforme des retraites dénaturée

Posté le 8 novembre 2013
© AFP JOEL SAGET

© AFP JOEL SAGET

Le Sénat a rejeté le projet de loi garantissant l’avenir et la justice de notre système de retraite.

Le texte avait dans un premier temps été rejeté par la commission des Affaires sociales qui n’avait approuvé que 4 articles sur les 52 du projet gouvernemental. Le Sénat a donc examiné en séance publique le texte voté par l’Assemblée nationale.

423 amendements ont été soumis au vote lors des débats, qui ont conduit à la suppression des articles phares du texte, tels que l’allongement de la durée de cotisation (article 2), qui correspond pour le gouvernement à un effort nécessaire. L’essentiel est qu’il soit le plus juste possible, comme le rappelait la ministre de la Santé et des Affaires sociales Marisol Touraine.

Le projet de création d’un comité de suivi des retraites a également été supprimé. Il s’agissait d’un mécanisme de pilotage du système de retraite pour garantir sa soutenabilité. Le groupe socialiste et les écologistes ont voté pour; l’UMP et les centristes s’y sont opposés.

La hausse des cotisations des actifs et des entreprises et le report de six mois de la revalorisation annuelle des pensions (article 4) étaient également absents du texte soumis au vote, de même que le compte pénibilité (article 6).

Comment prétendre mettre en œuvre une réforme juste et durable permettant de garantir notre système par répartition si tous les instruments de cette réforme sont supprimés ? Le groupe socialiste a été contraint de voter contre un texte dénaturé, ne correspondant plus en rien à celui porté par le gouvernement. Il serait dommageable que ce rejet vienne masquer le travail de fond mené au quotidien par le Sénat.

A cet égard, je me réjouis que l’amendement défendu par Jean-Yves Leconte, que j’ai aussi signé avec Richard Yung, ait été adopté : il vise à favoriser la coordination des conventions bilatérales de sécurité sociale pour les carrières effectués dans différents pays étrangers. Il s’agit donc d’obliger les caisses de retraite à appliquer conjointement plusieurs conventions bilatérales lors du calcul des droits à la retraite et de permettre ainsi aux expatriés de faire valoir l’ensemble de leurs droits ouverts par ces conventions.  Il conviendrait maintenant que cet amendement soit introduit dans le texte qu'adoptera l’Assemblée nationale.