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CSG-CRDS, la cour de justice européenne rend enfin sa décision

Posté le 27 février 2015

curiaLa cour de justice européenne (CJUE) a déclaré jeudi 26 février que l’assujettissement à la CSG et à la CRDS des revenus immobiliers des non-résidents était incompatible avec le droit européen. Je me félicite de cette décision que nous attendions depuis plusieurs années et l'entrée en vigueur de cette mesure en août 2012. Le gouvernement doit désormais indiquer les démarches à suivre afin que nos compatriotes qui ont été injustement prélevés sur la CSG et la CRDS depuis 2012 soient remboursés. Il convient également de s'assurer que cette décision bénéficie à l’ensemble des Français résidant à l’étranger y compris à ceux qui résident en dehors de l'UE. Lire ici  le communiqué de presse de la CJUE .

La CNAV modernise son service

Posté le 26 février 2015

cnav-logoC'est une bonne nouvelle pour les retraités établis hors de France, la CNAV modernise et simplifie son service. Désormais, l'assuré pourra ouvrir un compte en ligne sur le site www.lassuranceretraite.fr. Autre modification importante, "le document postal informant du montant imposable déclaré à l'administration fiscale française ne sera plus envoyé aux assurés, quelle que soit leur adresse de résidence". Pour plus d'informations,  je vous invite à prendre connaissance du courrier du Directeur de la CNAV .

Limiter l’augmentation des frais de scolarité dans le réseau d’enseignement français à l’étranger : les 50 propositions de Claudine Lepage et Philip Cordery

Posté le 20 février 2015

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Communiqué de presse – 20 février 2015

Limiter l’augmentation des frais de scolarité dans le réseau  d’enseignement français à l’étranger : les 50 propositions de Claudine Lepage et Philip Cordery

Claudine Lepage, Sénatrice des Français établis hors de France et Philip Cordery, Député des Français du Benelux, ont présenté le 17 février dernier les conclusions de leur rapport, visant à limiter l'augmentation des frais de scolarité, à Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du développement international et à Matthias Fekl, secrétaire d'Etat en charge du Commerce extérieur, de la promotion du Tourisme et des Français de l'étranger.

Le réseau d'établissements français à l'étranger se doit de remplir la double mission de permettre la scolarisation dans le système français des jeunes compatriotes qui résident à l'étranger et constituer un instrument d'influence et de rayonnement en accueillant des élèves étrangers.

Le montant des frais de scolarité conditionne l'attractivité du réseau et donc le bon accomplissement de cette mission en étant compatible avec la capacité contributive des familles et compétitive pour attirer les élèves étrangers.

Or, depuis la fin des années 2000, les frais de scolarité ont très fortement augmenté, mettant en péril la double mission du réseau.

Il convient donc de préserver la qualité pédagogique et la mixité culturelle et sociale du réseau, dans le cadre d’une enveloppe budgétaire constante, d’une capacité contributive réduite des familles et d’un nombre croissant de demandes.

Pour répondre à cette équation, les rapporteurs ont formulé 50 propositions concrètes présentées en 5 axes principaux :

·         Des mesures d’économies générales et un meilleur contrôle des dépenses

·         La recherche indispensable de nouvelles sources de financement, comme par exemple un plan « Rénovation école » en partenariat avec la Banque européenne d’investissement (BEI)

·         Le renforcement des partenariats avec les familles, les pays hôtes, les entreprises, les institutions internationales ou les pays francophones

·         La réforme de la gouvernance notamment par un renforcement du rôle pilote de l’Ambassadeur et la révision de la charte de l’AEFE

·         La meilleure répartition des fonds existants notamment grâce au développement des associations FLAM et du Label FrancÉducation

Pour plus d’informations concernant les 50 propositions : cf. Annexe ci-jointe

Pour accéder au rapport en ligne : http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/154000138-enseignement-francais-a-l-etranger-recommandations-visant-a-limiter-l-augmentation

Contacts Presse :

Bureau de Philip Cordery                                                                               Bureau de Claudine Lepage

Montaine Blonsard                                                                                               Anne-Laure Prego-Cauchet

corderyp@assemblee-nationale.fr                                                                     c.lepage@senat.fr

0033 6 37 90 20 36                                                                                               0033 1 42 34 29 06

Question écrite sur la CITIM Montréal : réponse de Laurent Fabius

Posté le 19 février 2015

Logo-MAEDI_full.jpg.pagespeed.ce.yKPMRjAAkUJ'avais interrogé, par une question écrite, le ministre des Affaires étrangères et du Développement international, sur la suppression de la subvention accordée à la CITIM Montréal, organisme qui vient en aide aux jeunes Français qui se rendent dans la province du Québec et, notamment, à Montréal, pour acquérir une première expérience professionnelle. Dans sa réponse, Laurent Fabius indique que le "MAEDI envisage, sur la base de la demande que la Citim a adressée au Consulat général à Montréal, de lui accorder une nouvelle subvention en 2015, qui sera toutefois vraisemblablement d'un montant inférieur à celle octroyée au titre de 2014". La décision finale sera prise lors de la Commission permanente pour l'emploi et la formation professionnelle qui aura lieu le 13 mars 2015. Je reste pleinement mobilisée sur ce sujet afin qu'une nouvelle subvention soit bel et bien accordée à la CITIM. Lire ci-dessous la réponse de Laurent Fabius ainsi que le texte de ma question.

Réponse de M. le ministre des Affaires étrangères et du Développement international
La loi de finances pour 2015 a supprimé la ligne budgétaire dédiée à la formation et à la recherche d'emplois à l'étranger. Ces aides, allouées par les comités consulaires pour l'emploi et la formation professionnelle, ont été critiquées par la Cour des comptes en 2013. Toutefois, cette suppression n'entraînera pas la fin de l'accompagnement local de nos concitoyens. Afin de ne pas mettre en péril l'équilibre financier des associations qui, dans certains pays, gèrent les services emploi et formation professionnelle en faveur de nos ressortissants, il a été demandé aux postes diplomatiques et consulaires de se rapprocher des opérateurs afin de construire avec eux et avec le concours des services œuvrant à l'étranger à la diplomatie économique, un plan d'augmentation des recettes qui permette de parvenir à un autofinancement à l'horizon 2017. Pendant cette période, le MAEDI continuera à accompagner, de manière dégressive jusqu'en 2017, les dispositifs locaux d'emploi et de formation professionnelle dans les pays où ils existent, grâce à des redéploiements de crédits internes au programme budgétaire 151. Dans ce cadre le MAEDI envisage, sur la base de la demande que la Citim a adressée au Consulat général à Montréal, de lui accorder une nouvelle subvention en 2015, qui sera toutefois vraisemblablement d'un montant inférieur à celle octroyée au titre de 2014. La décision finale sera prise, après avis du Conseil consulaire pour l'emploi et la formation professionnelle auprès du Consulat général à Montréal, lors de la Commission permanente pour l'emploi et la formation professionnelle qui aura lieu le 13 mars 2015.   

Texte de la question : Mme Claudine Lepage attire l'attention de M. le ministre des affaires étrangères et du développement international sur la possible suppression de la subvention dont bénéficie l'organisme Clés pour l'intégration au travail des immigrants (Citim), un organisme sans but lucratif fondé en 1986, qui vient en aide aux jeunes Français qui se rendent dans la province du Québec et, notamment, à Montréal, pour acquérir une première expérience professionnelle. Elle indique que la Citim apporte une aide précieuse à environ 600 jeunes par an. Ces derniers peuvent profiter d'un accompagnement personnalisé, en vue de trouver un emploi. Elle indique que la suppression de cette subvention entraînerait la fin de cette aide à la recherche d'emploi mise en place par la CITIM à destination des jeunes Français ou francophones. Elle rappelle que de plus en plus de jeunes Français se rendent au Canada, dans le cadre de l'accord sur la mobilité des jeunes conclu entre la France et le Canada en 2003, afin de connaître une expérience professionnelle à l'international et qu'il serait donc dommageable de les priver de l'aide de la Citim dont le savoir-faire est efficace et reconnu. Aussi lui demande-t-elle comment maintenir la subvention dont bénéficie la Citim.

Sénat- hebdo du 9 au 13 février 2015

Posté le 17 février 2015

L'événement la semaine passée au Sénat, était le début de l'examen du projet de loi relatif à la transition énergétique pour la croissance verte.

Les autres thèmes abordés également sont :

- la 15ème édition du Tremplin entreprises,

- l'adoption de deux projets de loi ratifiant les ordonnances relatives à la métropole de Lyon,

- la journée consacrée au numérique, organisée en partenariat avec INRIA.


 

Accord de Minsk sur le conflit en Ukraine: ma question d’actualité au gouvernement

Posté le 13 février 2015

QAGCe jeudi, j'ai interrogé le ministre des Affaires étrangères sur l'accord obtenu, à l'initiative de François Hollande et de Angela Merkel, sur le conflit ukrainien. Vous pouvez lire ci-dessous ma question et la réponse du ministre et visionner la vidéo ici.

M. le président. La parole est à Mme Claudine Lepage, pour le groupe socialiste.

Mme Claudine Lepage. La situation en Ukraine est devenue, au fil des mois, de plus en plus alarmante : utilisation d'armes lourdes, populations déplacées – un million de personnes selon l'ONU –, civils en première ligne, c'est bien une guerre, avec toute l'horreur qu'elle suppose, qui se joue aux portes de l'Union européenne, à seulement trois heures d'avion de Paris.

Face à ce drame, la diplomatie française a été, il faut le souligner, exemplaire. En établissant un dialogue avec Kiev, mais aussi avec Moscou, en s'entretenant avec Petro Porochenko comme avec Vladimir Poutine, la France s'est montrée à la hauteur des enjeux et a tout entrepris pour éviter une escalade à l'issue toujours incertaine.

Dans ce combat pour la paix, nous avons pu compter sur notre plus proche voisin et allié, l'Allemagne. L'initiative franco-allemande, menée par François Hollande et Angela Merkel pour parvenir au règlement du conflit, a été saluée par tous et prouve que, désormais, lorsque la paix sur le vieux continent est menacée, l'Europe peut compter sur la solidité, la force et la capacité d'initiative du couple franco-allemand.

La situation exigeait le recours au dialogue, certes, mais sans exclure la fermeté. En effet, face à l'intransigeance de la Russie, qui a violé, au mépris du droit international, l'intégrité territoriale d'un État souverain, l'Ukraine, l'Union européenne a su faire preuve de fermeté et a adopté des sanctions qui ont considérablement fragilisé l'économie russe et qui, si elles n'ont pas mis fin au conflit, ont indéniablement pesé

Dialogue et fermeté, ce sont peut-être ces mots que vous utiliserez, monsieur le secrétaire d'État, pour qualifier le sommet qui s'est tenu hier à Minsk. Pour la première fois, un sommet au « format Normandie », réunissant l'Ukraine, la Russie, l'Allemagne et la France, s'est déroulé dans la capitale biélorusse avec l'ambition de parvenir à un cessez-le-feu durable. Je vous serais donc reconnaissante de bien vouloir nous exposer les différentes mesures prises lors de ce sommet et de nous préciser les détails de la feuille de route qui, nous l'espérons tous, sera respectée et ramènera la paix en Ukraine. Je vous remercie également de nous apporter des précisions sur l'avenir de nos relations avec la Russie : une levée des sanctions est-elle envisagée ? (Applaudissements sur les travées du groupe socialiste.)

M. le président. La parole est à M. le secrétaire d'État chargé du commerce extérieur, de la promotion du tourisme et des Français de l'étranger.

M. Matthias Fekl, secrétaire d'État auprès du ministre des affaires étrangères et du développement international, chargé du commerce extérieur, de la promotion du tourisme et des Français de l'étranger. Madame la sénatrice, je vous prie de bien vouloir excuser l'absence du ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, qui est actuellement sur le chemin du retour de Minsk, où il a accompagné le Président de la République.

Vous l'avez rappelé, l'urgence en Ukraine appelait l'action. Le conflit a fait plus de 5 000 morts en dix mois et la situation s'était encore dégradée ces dernières semaines. Notre responsabilité nous imposait de tout mettre en œuvre pour faire taire les armes et parvenir à un accord. Tel était le sens de la démarche courageuse et déterminée que le Président de la République et la Chancelière ont entreprise depuis la fin de la semaine dernière et que vous avez évoquée.

La France, avec l'Allemagne, a toujours considéré que la voie de la paix passait par la diplomatie. Nous avons toujours dit que la solution de ce conflit ne pourrait être que politique. Depuis des mois, nous travaillons, avec notre partenaire allemand, dans ce qu'on appelle le « format Normandie », pour sortir le processus de paix de l'impasse et restaurer le dialogue entre les Russes et les Ukrainiens.

Aujourd'hui, l'accord obtenu à Minsk montre que le choix de la diplomatie était le bon. Le texte négocié cette nuit prévoit – c'était la priorité absolue – l'instauration d'un cessez-le-feu. Celui-ci entrera en vigueur ce dimanche 15 février à minuit.

L'accord prévoit aussi le retrait des belligérants et de leurs armes lourdes, ce qui permettra la création d'une zone tampon, élargie de 50 kilomètres à 70 kilomètres, donc plus large que ce que prévoyaient les précédents accords de Minsk de septembre 2014. Toutes les armes lourdes devront en être retirées d'ici à deux semaines.

L'accord comporte enfin des dispositions politiques, financières et humanitaires pour stabiliser la situation et préparer le terrain à un règlement politique. Il n'y a pas d'autre objectif possible que la préservation de l'intégrité territoriale et de la souveraineté d'une Ukraine démocratique et pas d'autre voie pour y parvenir qu'un accord politique. L'accord de Minsk nous place sur cette voie. La France a été déterminée pour obtenir cet accord, elle le sera tout autant pour le faire respecter. (Applaudissements sur les travées du groupe socialiste et du groupe écologiste. – M. Aymeri de Montesquiou applaudit également.)

Parlement francophone des jeunes – 7ème session, Berne juillet 2015 Appel à candidature

Posté le 12 février 2015

Bandeau_PFJ_2015La septième session du Parlement francophone des jeunes (PFJ), organisée par l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), se tiendra à Berne, début juillet 2015.

Le PFJ réunit des jeunes originaires des différents pays représentés à l'APF qui débattent et adoptent des textes sur les thèmes retenus pour chaque session. Ces textes sont ensuite remis aux chefs d'État et de Gouvernement lors des sommets de la Francophonie.

Les thèmes de la 7ème session

Cette année les thèmes proposés à la discussion porteront sur :

Comment, au XXIe siècle, susciter la participation active des jeunes à la vie politique et favoriser leur intégration au sein de nos parlements respectifs ?
Réinventer l’emploi en francophonie, le défi de la jeunesse.
Est-il encore avantageux de se former et d’étudier en français ?
La limitation du nombre de mandats des élus.

Deux délégués, une fille et un garçon, représenteront la France à cette manifestation.
Les jeunes intéressés peuvent faire acte de candidature auprès du secrétariat de la section française de l’APF avant le 1er mars 2015.

Conditions générales de participation

I - Conditions d’âge et de scolarité

o être âgé de 18 à 23 ans ;
o suivre un cursus dans l’enseignement scolaire, universitaire, professionnel ou être en apprentissage ;
o appartenir à un mouvement de jeunesse, associatif ou de solidarité

II - Rédaction d’un texte

Les candidats devront rédiger un texte de quatre pages dactylographiées portant, selon leur choix, sur l’un des quatre thèmes mentionnés ci-dessus.

III - Dossiers de candidature

Chaque candidat doit faire parvenir un dossier complet par la poste ou par courriel au plus tard le 1er mars 2015 comprenant :
1) Une photo récente, une photocopie de sa carte d’identité, un certificat d’inscription dans un établissement d’enseignement secondaire, supérieur, professionnel ou d’apprentissage.
2) Un descriptif de son cursus universitaire ou scolaire avec mention éventuelle des diplômes obtenus.
3) Un justificatif d’appartenance à un mouvement de jeunesse, associatif ou de solidarité.
4) Le texte dactylographié de quatre pages sur le thème choisi.

Droits des artistes-interprètes, oeuvres orphelines, restitution des trésors nationaux: le projet de loi adopté définitivement

Posté le 11 février 2015

_colonnesburenLe Sénat examinait ce mardi les conclusions de la commission mixte paritaire sur le projet de loi portant diverses dispositions d'adaptation au droit de l'Union européenne dans les domaines de la propriété littéraires et artistique et du patrimoine culturel. Les députés et sénateurs étaient, en effet, parvenus à un accord sur les deux articles encore en discussion, lors de la CMP.

Le Parlement a donc définitivement adopté après ce  dernier vote unanime des sénateurs, le passage de 50 à 70 ans de la durée de protection des droits des chanteurs sur leurs œuvres. Il s'agit, en effet, de permettre aux artistes qui commencent souvent leur carrière jeunes, de bénéficier de leurs droits, appelés "droits voisins", durant toute leur vie.

En outre, la loi donne aujourd'hui aussi le droit pour des institutions culturelles d'exploiter des "œuvres orphelines". Ces œuvres, écrits films, enregistrements audio, photographies, sont celles qui sont  encore protégées par le droit d'auteur mais dont les ayants droit ne sont pas connus. Ainsi, dorénavant, les bibliothèques, écoles, musées ou archives auront-ils droit de les exploiter ou de les numériser à des fins non lucratives.

Pendant sept ans, ces institutions pourront répercuter sur le public les coûts liés à leur exploitation. Le texte initial ne prévoyait pas de limite de durée, mais l'Assemblée avait voté en première lecture, en novembre, un amendement écologiste instaurant une limite de cinq ans. Cette limite supprimée par le Sénat en décembre a finalement été portée à sept ans par la commission mixte paritaire députés-sénateurs qui a élaboré une version de compromis.

Enfin, le texte transpose une troisième directive, de 2014, renforçant la lutte contre la sortie illicite du territoire français de biens culturels relevant du patrimoine national.

Lire ci-dessous mon intervention en séance:

Mme Claudine Lepage. Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, nous voici au terme de la procédure législative visant à transposer trois directives concernant la propriété littéraire et artistique ainsi que le patrimoine culturel.

Comme l'a rappelé Mme la rapporteure, seuls deux articles adoptés en termes différents par les deux assemblées parlementaires étaient soumis à l'examen de la commission mixte paritaire.

L'article 2 a trait au dispositif garantissant aux artistes-interprètes de pouvoir exploiter les phonogrammes et de pouvoir percevoir leur rémunération durant la période additionnelle de protection de leurs droits. La commission mixte paritaire a maintenu, sur ce point, le texte adopté par le Sénat.

S'agissant de l'article 4, relatif au regroupement dans un nouveau chapitre du code de la propriété intellectuelle des dispositions s'appliquant aux œuvres orphelines, la CMP a modifié l'article L.135-2, qui précise les utilisations des œuvres orphelines pouvant être faites par les organismes bénéficiaires, conformément aux termes de la directive.

Ce faisant, elle a fait œuvre de compromis en fixant à sept ans la période durant laquelle les organismes peuvent percevoir des recettes et en précisant que ces recettes ne peuvent couvrir que les frais « découlant directement » de la numérisation et de la mise à disposition du public des œuvres orphelines qu'ils utilisent.

C'est pourquoi nous sommes, me semble-t-il, parvenus à un texte équilibré, qui remplit correctement les objectifs que nous nous étions fixés, à savoir améliorer les situations particulières, reconnaître des droits supplémentaires et lutter contre les importations illicites de trésors nationaux au sein de l'Union européenne.

Concernant la première directive, je me félicite de l'allongement de la durée de protection des droits patrimoniaux des « parents pauvres » que sont les artistes-interprètes, lesquels appartiennent, rappelons-le, à la catégorie de titulaires de droits voisins la moins bien rémunérée.

À cet égard, je rappelle de nouveau une évidence : les artistes-interprètes jouent un rôle primordial dans l'accès au succès de l'œuvre d'un auteur. Sans interprétation d'une œuvre musicale, celle-ci est vouée à tomber dans l'oubli, et son auteur aura alors peu de chances de toucher une quelconque rémunération au titre du droit d'auteur.

L'extinction de plus en plus fréquente des droits patrimoniaux du vivant des artistes-interprètes, à un moment où ils n'ont généralement plus d'activité professionnelle et où leurs revenus tendent à décroître, crée des situations très difficiles, dont la presse se fait d'ailleurs régulièrement l'écho. Aussi, il me semble légitime de faire en sorte que les titulaires de droits voisins concernés perçoivent des revenus durant l'intégralité de leur vie.

J'en viens à la question des œuvres orphelines. Je rappelle qu'il s'agit d'une cause qui, au Sénat, nous tient particulièrement à cœur.

L'article L.113-10 du code de propriété intellectuelle dispose, grâce à l'adoption d'un amendement déposé par les sénateurs socialistes lors de l'examen du texte devenu la loi du 1er mars 2012 relative à l'exploitation numérique des livres indisponibles du XXe°siècle : « L'œuvre orpheline est une œuvre protégée et divulguée, dont le titulaire des droits ne peut pas être identifié ou retrouvé, malgré des recherches diligentes, avérées et sérieuses. Lorsqu'une œuvre a plus d'un titulaire de droits et que l'un de ces titulaires a été identifié et retrouvé, elle n'est pas considérée comme orpheline. »

Il est remarquable que le présent projet de loi précise la portée de cet article. Ainsi que je le disais à l'instant, fixer à sept années la période durant laquelle les organismes peuvent percevoir des recettes entendues comme celles qui couvrent les frais « découlant directement » de la numérisation et de la mise à disposition du public des œuvres orphelines qu'ils utilisent, est un bon compromis, et je me réjouis qu'il ait été trouvé.

En revanche, j'émettrai de nouveau un petit regret : le champ de la directive et donc, désormais, le droit français n'appréhendent, au titre des œuvres orphelines qui seront maintenant protégées, ni les photos ni les images fixes, pourtant souvent accompagnées de la mention « DR », droits réservés.

Permettez-moi maintenant de dire quelques mots sur la dernière directive, dont la transposition a été adoptée sans modification par le Sénat et n'a donc pas été soumise à la CMP.

Cette directive vise les conditions de restitution des trésors nationaux sortis illicitement d'un État membre. Il importe de préciser que les trésors nationaux qui pourraient être concernés par le champ de la future loi sont ceux qui ont été illicitement acquis par la France et les autres États membres. En aucun cas, les collections de peintures et de sculptures acquises régulièrement pour des collections royales ne seront concernées. Quant aux œuvres « rapportées » par Napoléon à l'occasion de ses campagnes, elles appartenaient à des États non membres de l'Union européenne et n'entreront donc pas dans le champ d'application du texte transposé.

Les trois directives dont il est question cet après-midi offrent de belles avancées dans le secteur culturel et artistique. Il est en effet essentiel de régler de la meilleure manière possible tant les situations individuelles injustes que les questions aux retombées diplomatiques importantes. Aussi, avec les sénateurs socialistes, j'apporterai mon entier soutien à ce projet de loi de transposition. (Applaudissements sur les travées du groupe socialiste, ainsi que sur le banc de la commission. – M. Loïc Hervé applaudit également.)

Sénat-Hebdo du 2 au 6 février 2015

Posté le 9 février 2015

logo-senatL'événement de la semaine passée au Sénat, c'est l'adoption de la proposition de loi constitutionnelle tendant à assurer la représentation équilibrée des territoires.

Retour également sur :

- l'adoption à l'unanimité de la proposition de résolution européenne sur le règlement des différends entre investisseurs et États dans des projets d'accords commerciaux transatlantiques,
- les auditions de Rémy Pflimlin et Olivier Schrameck par la commission de la Culture
- l'examen de la proposition de loi autorisant l'usage contrôlé du cannabis,
- l'adoption d'une proposition de loi portant diverses dispositions tendant à la modernisation du secteur de la presse.


Cette semaine au Sénat:

- Conclusions de la commission mixte paritaire sur le projet de loi portant diverses dispositions d'adaptation au droit de l'Union européenne dans les domaines de la propriété littéraire et artistique et du patrimoine culturel (texte de la commission, n° 230, 2014-2015)
- Projet de loi, adopté par l'Assemblée nationale après engagement de la procédure accélérée, relatif à la transition énergétique pour la croissance verte (texte de la commission, n° 264 rect., 2014-2015)
- Dépôt du rapport annuel de la Cour des comptes par M. Didier MIGAUD, Premier président de la Cour des comptes
- Question d’actualité du Gouvernement

TV5 Monde et Campus France signent une convention de partenariat

Posté le 6 février 2015

TV5MONDE et Campus France signent une convention de partenariatLe 2 février TV5 Monde et Campus France ont signé une convention de partenariat avec l’objectif commun d’accroître leur visibilité et de renforcer l’attractivité de la France.

Afin d’attirer les étudiants étrangers, Campus France pourra s’appuyer sur la formidable vitrine que constitue TV5 Monde diffusé dans plus de 200 pays. A l’avenir, il sera donc possible  de voir, par exemple,  une campagne de communication menée par Campus France sur TV5 Monde Asie afin de convaincre les étudiants asiatiques de venir étudier en France.

Dans un secteur de plus en plus concurrentiel, la signature de cette convention de partenariat est une très bonne nouvelle et répond de manière concrète à la volonté gouvernementale de rendre la France plus attractive au niveau international.

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