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Fin de « Mare Nostrum », début de « Triton »

Un groupe de 104 migrants secourus en octobre par une ONG en Mediterranée.Depuis le 1er novembre, une opération navale aux frontières de l’Europe visant à lutter contre l’immigration clandestine est mise en place. Baptisée Triton, cette opération remplace de fait, même si des divergences existent entre les deux programmes, l’opération « Mare Nostrum » qui a pris fin le 31 octobre dernier. Lancée par l’Italie suite aux tragiques naufrages du 3 et du 11 octobre 2013 ayant fait plus de 500 morts à proximité de l’île de Lampedusa, Mare Nostrum a permis en un an d’existence de sauver environ 150 000 personnes. Assurée uniquement par la marine italienne,  Mare Nostrum a couté 114 millions d’euros à l’Italie qui a décidé de mettre fin à cette opération. Considérant que la lutte contre l’immigration et le sauvetage des migrants en mer sont du ressort de l’Union européenne, l’Italie ne voulait plus assurer seule cette opération.

L’opération Triton a été confiée à Frontex, l’agence européenne de surveillance des frontières.  Triton consistera à mener des patrouilles près des côtes italiennes mais également à lutter contre les réseaux mafieux et les passeurs qui exploitent la misère humaine. A cette fin, des enquêteurs dépêchés par Frontex auront pour mission d’aider l’Italie dans sa lutte contre les réseaux de passeurs.

Je partage l’inquiétude des associations et du HCR devant la fin de l’opération Mare Nostrum dont l’objectif principal était de sauver les migrants en mer. Les faibles moyens promis à Frontex (2,9 millions par mois alors que Mare Nostrum coûtait 9 millions par mois à l’Italie) et les prérogatives données à Triton, principalement dans une logique sécuritaire, ne sont pas faits pour me rassurer. Lors d’un récent déplacement à Ceuta et Tanger, j’avais pu constater que les candidats à l’immigration étaient prêts à tout pour rejoindre l’Europe et  je suis convaincue que l’hyper-sécurisation des frontières extérieures de l’UE n’arrêtera pas ces hommes et ces femmes en quête d’un avenir meilleur. L’Union européenne doit apporter une réponse collective et solidaire pour lutter contre ce défi migratoire car ni l’Espagne ni l’Italie ne pourront y faire face seuls. La problématique du droit d’asile doit également être abordée. La France en a conscience et un projet de loi relatif à la réforme de l’asile a été présenté en Conseil des ministres le 23 juillet dernier et sera examiné au Sénat dans les prochaines semaines. Je vous tiendrai naturellement informés de l’évolution des débats.

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