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Audition de Marie-Christine Saragosse présidente de France Médias Monde

La commission de la culture, de l’éducation et de la communication du Sénat a auditionné mardi 15 novembre Madame Marie-Christine Saragosse, présidente de France Médias Monde (FMM) sur le contrat d’objectifs et de moyens entre l’état et FMM pour la période 2016-2020.

En tant que vice-présidente de la commission et rapporteure pour avis sur les crédits de « l’  Audiovisuel extérieur », j’ai tenu à interroger Marie-Christine Saragosse sur l’avenir de France Médias Monde.

Retrouvez ci-dessous mon intervention puis les réponses de Marie-Christine Saragosse  :

Votre présentation nous fait prendre conscience de l’ampleur du travail effectué depuis 2012, point de départ du redressement du service public de l’audiovisuel extérieur. La construction de ce groupe s’est, de plus, faite dans un contexte difficile. Nous attendions donc avec fébrilité ce COM 2016-2020 !

L’année dernière, France Médias Monde avait évoqué trois scénarii pour les moyens du COM 2016-2020. Seul le troisième scénario, qui envisageait une hausse de 2,1 % des moyens par an et 25,3 millions d’euros sur la durée du COM, permettait, selon vous, de financer la nouvelle chaîne France 24 en espagnol. Je me réjouis que le scénario le plus favorable ait été retenu mais une inquiétude subsiste. Lorsqu’on regarde le COM, sans tenir compte de l’année 2015 qui n’est pas concernée, on s’aperçoit que la hausse des moyens sera en fait de 1,73 % sur la période 2016-2020, soit 21,1 millions d’euros et donne lieu à un décalage de 4,2 millions d’euros avec le scénario 3. Quelles sont les conséquences de ce décalage ? Comment allez-vous absorber ces crédits « en moins » par rapport à vos besoins identifiés ?
L’accord professionnel du 31 décembre 2015 a pour objectif de rapprocher la situation des personnels des différentes entités. Peut-on considérer aujourd’hui que cette harmonisation est accomplie ?
Les nouveaux personnels recrutés ont-ils conscience de rejoindre un groupe unique avec une culture commune à construire ou bien ont-ils vocation à faire perdurer la culture propre à RFI et France 24, y compris dans leur dimension particulière voire conflictuelle ?
Les services du ministère de la culture et de la communication m’ont indiqué que la diffusion de France 24, RFI et MCD sur le territoire national ne constituait pas une priorité compte tenu de la répartition des rôles avec l’audiovisuel public « national ». Pensez-vous néanmoins pouvoir progresser dans ce domaine compte tenu des nouveaux canaux de diffusion disponibles ?

Réponse de Marie-Christine Saragosse :
 Le chiffre proposé dans notre scénario le plus favorable était 25,3 millions d’euros. Ce chiffre correspondait au delta entre le budget 2015 qui est hors COM et le budget 2020, dernier budget couvert par le COM. Il représente donc l’effort consenti sur cinq années, qui n’est donc pas de 21,1 millions d’euros, comme indiqué par Mme Lepage, mais bien de 23,1 millions d’euros, soit à peu près 2 millions de moins que notre scénario le plus favorable. Le budget de 2016 doit être inclus aux chiffres de ce COM.

Si cet effort est important, ce décalage nous a tout de même conduits à renoncer au renforcement des langues africaines alors qu’une telle action nous tenait particulièrement à coeur. Le lien entre l’Afrique et nos médias est extrêmement fort. Le lancement d’un programme en langue Mandingue. Un micro-trottoir effectué à l’occasion de la première année de cette initiative a, en ce sens, montré un réel engouement. Mais les priorités accordées à la chaîne de France 24 en espagnol et sur le numérique nous ont malheureusement poussés à faire des choix au détriment du développement des langues africaines.

Le travail d’harmonisation des statuts au sein de notre groupe a été marqué par la signature d’un accord d’entreprise, mais il ne marque pas de point final au travail à effectuer. Il a nécessité, en premier lieu, d’être transposé et que nous réfléchissions au positionnement et à l’évaluation des métiers afin de procéder au réétalonnage des salaires. Il s’agit d’un travail lourd, comme peut le confirmer le directeur général de FMM, Victor Rocaries

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