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20minutes.fr – Présidentielle: Les Français de l’étranger, des électeurs à chouchouter

Posté le 3 avril 2012

PRESIDENTIELLE - Un électeur sur quarante environ est établi hors de France. Un chiffre qui n'a pas échappé aux équipes de campagne des candidats, qui leur font la cour. Pas question de laisser le champ libre à Nicolas Sarkozy sur ce terrain-là...

En 2007, Nicolas Sarkozy avait obtenu près de 54% des suffrages des Français de l’étranger au second tour, près d’un point de plus que pour l’ensemble des résultats au niveau national. 183.613 bulletins avaient été introduits dans l’urne en sa faveur. Pas négligeable. Pour l’élection à venir, l’enjeu prend encore plus d’importance. Car ces Français établis hors de France sont aujourd’hui un peu plus d’un million à être inscrits sur les listes électorales consulaires, 400.000 de plus qu’en 2007, avec une progression constante. Pour l’élection à venir, le nombre de bureaux de vote a aussi augmenté, ce qui devrait encore contribuer à réduire l’abstention. Résultat: les candidats espèrent bien capter à eux ces centaines de milliers de voix potentielles.

Envoi massif d’emails

Premier moyen de les toucher à distance, l’email. La loi autorise les équipes de campagne à obtenir les listes électorales auprès des consulats, et avec elles, les adresses mail des Français de l’étranger. C’est Nicolas Sarkozy qui le premier a ouvert le bal en 2012, avec une première lettre. Suivi de près par François Hollande et François Bayrou. Ces «messages aux Français hors de France», Chloé, une expatriée établie à Sarrebrück, en Allemagne, ne les a pas du tout appréciés: «Je ne m’y attendais pas! C’est du harcèlement, de l’intrusion! On ne peut pas faire ça en France, pourquoi on pourrait nous le faire à nous?». «Région par région» d’abord, avant un envoi généralisé pour le FN, «envois parcimonieux» pour le Front de gauche ou EELV… tous les partis s’y mettent; seul diverge le dosage.

Tournée internationale

Autre moyen de séduction, les tournées à l’étranger, pour les partis qui en ont les moyens. Laurent Fabius, Martine Aubry ou Pierre Moscovici, sont par exemple les émissaires de François Hollande; à chaque déplacement, ils rencontrent ces expatriés. Claudine Lepage, responsable du pôle Français de l'étranger au PS, rappelle leur importance électorale: «Tous les expatriés n’avaient pas voté Sarkozy en 2007, loin de là. Certes il a fait de bons scores dans les pays anglo-saxons. Mais au Canada et en Allemagne par exemple, Ségolène Royal était devant!» Ce sont autant de pays à aller conquérir pour marquer des points. «Une élection se joue voix par voix.»

Mobiliser par les réseaux sociaux

Pas de tournée mondiale pour les petits candidats. Alors ils comptent sur leurs militants sur place. Raquel Garrido pour le Front de gauche explique: «Nous avons des équipes qui se montent localement, avec un nombre de personnes très variables.» Même aux deux seuls militants de Yaoundé, au Cameroun, elle propose de «parler dans la presse locale, de monter des groupes Facebook»… Chaque parti s’appuie aussi sur ses candidats aux législatives dans les circonscriptions de l’étranger. Et sur les «techniques innovantes du Web», «avec des espaces réservés, et Twitter» détaille Damien Lempereur, de l’équipe de Nicolas Dupont Aignan.

Dire aux expats ce qu’ils veulent entendre

Le fond des sujets abordés compte aussi. Car les Français de l’étranger ont leurs problématiques. Sergio Coronado, directeur de la communication d’Eva Joly, insiste auprès des expatriés sur les impôts, la binationalité et «la prise en charge des frais de scolarité» mise en place par Nicolas Sarkozy. Cette dernière n’est selon lui et l’ensemble des partis de gauche qu’une «fausse gratuité qui ne concerne qu’une infime minorité d’élèves

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