Neuhausen Café

Arrivée de France 24 sur la TNT en Ile-de-France

Posté le 23 septembre 2014

FRANCE24_LOGOFrance 24 chaîne d’information de la société France Médias Monde est diffusée à partir du 23 septembre sur la Télévision numérique terrestre (TNT) en Ile-de-France. C’est une étape importante pour le développement de la chaîne qui va pouvoir considérablement augmenter son audience et sa notoriété. Tournée principalement vers l’actualité internationale à l’inverse des deux autres chaînes d’information présentes sur la TNT, France 24 va pouvoir faire bénéficier de son savoir faire et de son expertise aux 12 millions de téléspectateurs  potentiels. Je me félicite de l’arrivée de France 24 sur la TNT qui je le rappelle est accessible gratuitement.

« Nous, médecins, voulons partout dans le monde que l’avortement soit libre » – le manifeste des 420

Posté le 19 septembre 2014

17521-Stylist-39-Page-055Il y a 43 ans, était publié par le Nouvel observateur le "manifeste des 343 salopes", ces 343 Françaises qui ont eu le courage de dire haut et fort, qu'elles avaient avorté. Deux ans plus tard, 330 médecins reconnaissaient avoir pratiqué des avortement dans les colonnes du même journal. Le 17 janvier 1975, la loi Veil légalisait, en France, l'interdiction volontaire de grossesse. Depuis le 5 août dernier, les femmes n'ont plus à justifier d'une situation de détresse pour avorter, bien que plus de 60 sénateurs UMP aient saisi le Conseil Constitutionnel pour faire annuler cette disposition de la loi sur l'égalité réelle entre les femmes et les hommes. Rappelons aussi qu'en moins de dix ans, 5 % des établissements publics et 48 % des établissements privés pratiquant l’interruption volontaire de grossesse ont fermé. En France, près de 40 ans après sa légalisation, beaucoup pensent donc encore, que l’IVG est davantage une concession faite aux femmes qu’un droit à part entière!

En Europe, ce droit n'est d'ailleurs pas davantage garanti. Bien plus, plusieurs pays, comme l'Irlande, la Pologne, Malte ou Chypre ne l'admettent pas ou le restreignent vivement. Et même nos voisins espagnols ont dû, sans relâche, descendre dans la rue pendant de longs mois pour que le gouvernement de droite renonce à son projet de loi limitant de façon drastique le recours à l'IVG.

Que dire de la situation dans la plupart des pays du monde: leurs législations nationales demeurent extrêmement restrictives: la majorité des gouvernants s'opposent idéologiquement à tout droit à l'avortement et ferment les yeux sur les problèmes de santé publique que posent les avortements clandestins.

Pourtant, 50 000 femmes meurent chaque année à la suite d'avortements clandestins, 5 millions souffrent d'invalidités à la suite de complications intervenues lors de ces avortements, une fille sur quatre, dans certains pays d'Afrique , quittent l'école à cause d'une grossesse précoce...

A quelques jours de l'ouverture de la session spéciale organisée lors de l’Assemblée générale des Nations unies en vue de célébrer les 20 ans de la conférence du Caire (Conférence internationale sur la population et le Développement de 1994 soulignant l'importance de la santé et des droits sexuels et reproductifs pour l'autonomie des femmes et des filles) Médecins du monde et à leurs côtés d’autres associations, comme le planning Familial, ont décidé de mener une campagne de plaidoyer sur la nécessité d’un meilleur accès à la contraception et à l’avortement sûr et légal dans le monde.

Un nouveau manifeste est publié dans le Nouvel observateur afin de rappeler à la France et aux autres pays, face à la montée en puissance de groupes conservateurs, qu’ils doivent réaffirmer avec force leur engagement à défendre le droit des femmes à décider librement d’avoir ou non des enfants et d’adopter une position ferme en faveur de l’accès à la contraception et à l’avortement sûr et légal.

Je salue cette initiative et souhaite que la France assure, à l'international, ce rôle moteur de promotion des droits et de la santé en matière de sexualité et de reproduction en portant le débat sur l'avortement à l'ONU.

Lire le manifeste des 420 médecins à travers le monde pour que "chaque femme, chaque jeune fille ait le droit d’avoir ou non des enfants" ci-dessous et retrouver la liste des signataires ici.
Regarder la vidéo  "Names not Numbers"  – "des noms, pas des chiffres" et envoyer ici une carte-pétition  au secrétaire général des Nations Unis Ban Ki-moon.

Le manifeste des 420

  • Toutes les dix minutes, une femme meurt des suites d’un avortement à risque.
  • Chaque année à travers le monde, plus de 20 millions de femmes interrompent leur grossesse dans des conditions dangereuses en raison de la clandestinité à laquelle elles sont condamnées. Ces avortements à risque entraînent le décès de près de 50.000 femmes, tandis que 8 millions d’autres souffrent d’invalidités temporaires ou permanentes.
  • Interdire l’avortement ne produit aucun effet dissuasif sur le recours à l’IVG, comme le rappelle régulièrement l’Organisation mondiale de la Santé.
  • Parce qu’en tant que médecins nous connaissons, pour y être directement confrontés, les dangers et complications graves auxquels sont exposées ces millions de femmes, nous demandons un accès universel à la contraception et à l’avortement sûr et légal.
  • Nous nous mobilisons aujourd’hui pour que chaque femme, chaque jeune fille ait le droit d’avoir ou non des enfants, sans risquer sa propre vie.
  • Le 22 septembre prochain, à New York, lors de l’assemblée générale des Nations unies, une session extraordinaire est organisée sur le suivi du programme d’action décidé il y a vingt ans au Caire, tournant décisif dans la reconnaissance des droits sexuels et reproductifs.
  • A cette occasion, nous demandons à tous les Etats de prendre les mesures nécessaires pour éliminer les barrières qui empêchent les femmes de décider librement d’avoir ou non un enfant. Il faut améliorer l’accès aux méthodes modernes de contraception afin de prévenir les grossesses non désirées et légaliser l’accès à l’interruption volontaire de grossesse médicalisée.
  • Nous, médecins, comme nos 330 confrères français en 1973, voulons partout dans le monde que la contraception soit à la portée de tous et que l’avortement soit libre, la décision appartenant entièrement à la femme."

 

Acquisition simplifiée de la nationalité française pour certains immigrés âgés

Posté le 16 septembre 2014

mediaC’est une mesure qui est passée relativement inaperçue. Et pourtant, il s’agit d’une décision en tout point remarquable : l’Assemblée nationale a voté mercredi 10 septembre, lors de la discussion du projet de loi sur l’adaptation de la société au vieillissement, un article permettant à certains immigrés âgés d’acquérir la nationalité française plus aisément.

Concrètement, les immigrés âgés d’au moins 65 ans ayant résidé de manière continue pendant au moins 25 ans en France et étant devenus ascendants de citoyens français pourront acquérir la nationalité française par déclaration. Comme l’a justement rappelé Laurence Rossignol, secrétaire d’état à la famille, aux personnes âgées et à l’autonomie « l’acquisition simplifiée de la nationalité pour ces personnes n’est que justice ».

Cette mesure qui est le fruit notamment du travail effectué par les membres de la mission d’information sur les immigrés âgés concernera environ 200 000 « Chibanis » (Vieux, en arabe) arrivés en France à partir des années 1960-70 et qui ont grandement participé à la construction de la France industrielle et contribué au développement économique de notre pays.  Je félicite mes collègues députés d’avoir adopté cet article qui va permettre à ces immigrés âgés d’acquérir la nationalité française de manière plus rapide et simplifiée.

État d’avancement des travaux liés à l’accord franco-belge sur la coopération transfrontalière en matière de sécurité

Posté le 15 septembre 2014

Ministère_de_l'Intérieur_(France)_-_logoJ'avais interrogé, par une question écrite, le Ministre de l’intérieur sur l'état d'avancement de la discussion entre la France et la Belgique sur la coopération transfrontalière en matière de sécurité. Dans sa réponse, Bernard Cazeneuve rappelle que le projet de loi autorisant l'approbation de l'accord  "Tournai II" a été examiné par le Conseil d'État le 15 juillet 2014 et délibéré en conseil des ministres le 23 juillet 2014. Ratifié par la Belgique en avril 2014, cet accord doit être ratifié par le Parlement français pour entrer en vigueur. Je suivrai bien entendu avec attention la ratification de cet accord lorsque le projet de loi, actuellement sur le bureau de l'Assemblée nationale, sera discuté au Sénat.

Texte de la réponse : La France et la Belgique ont signé le 18 mars 2013 à Tournai un nouvel accord de coopération transfrontalière en matière policière et douanière. Cet accord, dit « Tournai II », remplacera le premier accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du Royaume de Belgique relatif à la coopération transfrontalière en matière policière et douanière, qui avait été signé à Tournai le 5 mars 2001 et complété par un échange de lettres signées le 10 juin 2002. Le ministère de l'intérieur attache la plus grande importance à ce texte, dans la négociation duquel il s'est activement investi et qui devrait donner une nouvelle impulsion à la lutte contre la délinquance en zone frontalière. D'importants effets positifs en sont attendus. Il permettra de doter les forces de police, de gendarmerie et de douanes des deux pays d'un cadre juridique moderne, inspiré des formes de coopération les plus innovantes du droit de l'Union européenne et du traité relatif à l'approfondissement de la coopération transfrontalière, notamment en vue de lutter contre le terrorisme, la criminalité transfrontalière et la migration illégale, signé à Prüm le 27 mai 2005 (dit « traité de Prüm »). Il permettra en particulier le développement d'une approche intégrée de la sécurité des zones frontalières et de la lutte contre les flux transfrontaliers illicites. Il y a lieu également de noter que ce nouvel accord confirme la localisation du centre de coopération policière et douanière (CCPD) à Tournai. Les deux États sont donc soucieux d'assurer sa mise en œuvre rapide. Le Royaume de Belgique a récemment achevé sa procédure d'approbation parlementaire (adoption par le Sénat le 27 mars 2014 et par la chambre des députés le 23 avril 2014). Ce délai témoigne de l'attente que l'accord suscite du côté belge. En France, le projet de loi autorisant l'approbation de l'accord a été examiné par le Conseil d'État le 15 juillet 2014 et délibéré en conseil des ministres le 23 juillet 2014. Il a été déposé sur le bureau de l'Assemblée nationale le même jour. Il revient désormais au Parlement de procéder à son adoption dans un délai raisonnable, de manière à permettre l'entrée en vigueur prochaine d'un engagement international qui confortera l'action des forces de sécurité des deux États et améliorera la sécurité des populations de la grande région frontalière.

Texte de la question : Mme Claudine Lepage attire l'attention de M. le ministre de l'intérieur sur l'état d'avancement de la discussion entre la France et la Belgique sur la coopération transfrontalière en matière de sécurité. Le 18 mars 2013, la vice-première ministre belge et le ministre de l'intérieur français ont signé à Tournai un nouvel accord franco-belge relatif à la coopération transfrontalière en matière policière et douanière. L'objectif de cet accord est de renforcer la coopération sur le terrain et les capacités d'intervention. Quatre avancées sont prévues : l'augmentation des capacités opérationnelles en dotant notamment les agents d'un pouvoir d'arrestation en cas de flagrant délit, l'amélioration de l'échange de données, un large champ d'application territorial de l'accord, un usage concerté et renforcé des caméras à reconnaissance automatique de plaques d'immatriculation. Ce nouvel accord franco-belge de lutte contre la criminalité transfrontalière, une fois ratifié, permettra une meilleure coopération sur le terrain et une répartition plus adaptée des capacités d'intervention. C'est une étape très importante pour renforcer la sécurité dans cette zone frontalière soumise à des problèmes spécifiques de criminalité. Cet accord facilitera le quotidien des milliers de Français qui vivent et travaillent de part et d'autre de la frontière. Elle souhaite donc connaître l'état d'avancement des travaux liés à cet accord ainsi que le calendrier prévu pour sa ratification.

Lancement du site sur la transparence de l’aide française au développement

Posté le 12 septembre 2014

Logo-MAEDI_full.jpg.pagespeed.ce.yKPMRjAAkUAnnick Girardin, secrétaire d’État chargée du Développement et de la Francophonie, a annoncé à l’occasion du Forum Mondial Convergences qui s’est tenu à Paris du 8 au 10 septembre le lancement du site transparence-aide.gouv.fr. Ce site a pour objectif de communiquer des informations précises et détaillées sur les projets de développement menés par la France dans les pays dits prioritaires. Ce site contribuera à améliorer la communication faite autour de l’aide publique au développement française et permettra à tous de mieux en appréhender les contours. Je salue le lancement de ce site qui contribuera à diminuer l’opacité qui régnait autour de l’aide publique au développement.

Dérèglements climatiques : tous concernés

Posté le 10 septembre 2014

Un couturier récupère un de ses machines à coudre après des inondations, dans le village d'Alampur, dans le sud du pays.Texte de Claudine Lepage et Kalliopi Ango Ela

La lutte contre les dérèglements climatiques est l’un des volets majeurs de l’action extérieure de la France. François Hollande, dans son discours prononcé lors de la Conférence des ambassadeurs (25-30 août 2014), a d’ailleurs qualifié de « défi du siècle » la lutte contre les dérèglements climatiques. La France, en tant qu’organisatrice de la 21ème Conférence des Nations Unies sur le climat en 2015 qui doit mettre en place des engagements contraignants pour tous les pays, a une immense responsabilité : la COP 21 doit être un succès, davantage encore après l’échec de la conférence de Copenhague. Pour le garantir, la diplomatie française est en première ligne. Laurent Fabius indiquait récemment  que « c'est sur les épaules (des ambassadeurs) que ce succès va largement reposer ».

Français de l’étranger, vous êtes, à bien des égards, les témoins privilégiés de ce dérèglement climatique. Certains d’entre vous ont pu, de manière très concrète, appréhender ces changements et les méfaits engendrés peut-être davantage encore qu’en France, même si notre pays peut également en mesurer les effets (tempête Xinthia par exemple). Vous êtes également des acteurs de cette mobilisation internationale en sensibilisant sur cette question dans vos pays.

L’engagement du président et de la diplomatie française pour que la COP 21 soit un succès est à saluer. La présence de Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, lors de la Conférence des ambassadeurs, prouve, s’il le fallait, que la France entend jouer un rôle important sur notre territoire mais également à l’international dans la lutte contre le dérèglement climatique.

De plus, un projet de loi ambitieux sur la transition énergétique sera prochainement déposé au Parlement. Il contient des mesures importantes :

  • une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 40 % en 2030 et une division par quatre de nos émissions à l’horizon 2050 (par rapport à 1990)
  • une réduction de 50 % de la consommation d’énergie finale en France en 2050, afin notamment de renforcer l’indépendance énergétique de notre pays
  •  le renforcement des énergies renouvelables, afin qu’elles soient portées à 23 % en 2020 puis 32 % en 2030 (elles représentent actuellement 14 %) et la réduction de la part de l’énergie  nucléaire à 50 % en 2025

A l’international, la priorité des priorités demeure la réduction des émissions de gaz à effet de serre et notamment du Co2 (dioxyde de carbone) responsable en grande partie du réchauffement climatique lui-même responsable de la multiplication d’événements météorologiques de plus en plus extrêmes.

La prise en charge des « migrants environnementaux », demain des réfugiés climatiques sera également un élément à prendre en compte. En 2013, on en relevait déjà 32 millions et ce chiffre risque de croitre de façon considérable dans les années à venir.

Bien entendu, nous considérons que l’Europe doit jouer un rôle central dans la lutte contre le dérèglement climatique. Dans cette optique, le Paquet « énergie climat 2030 » qui devrait normalement être adopté par le conseil européen en octobre prochain est un premier pas important.

Egalement, les collectivités territoriales ont un rôle majeur à jouer dans la lutte contre les changements climatiques. Par leurs réseaux mondiaux, l’expérience de bonnes pratiques, la proximité des élus locaux avec leur population font de ces derniers des acteurs incontournables de la mobilisation contre le dérèglement climatique.

Partout dans le monde et nous pouvons le mesurer dans certains de nos déplacements, une prise de conscience sur les dangers du dérèglement climatique a eu lieu. En Chine, souvent montrée du doigt, depuis deux ans, la consommation de charbon a diminué de 5%/an. D’autres pays suivent le même exemple. Cette prise de conscience devra être matérialisée par un accord  lors de la conférence Paris climat 2015.

Sommet de l’OTAN : crise ukrainienne et lutte contre l’Etat islamique

Posté le 9 septembre 2014

Le sommet de l’OTAN qui s’est déroulé en fin de semaine dernière à Newport (Pays de Galles) était l’un des plus importants de l’histoire de l’Alliance selon son secrétaire général M. Rasmussen. La crise Ukrainienne et la lutte contre l’Etat islamique en Irak et en Syrie étaient en effet à l’ordre du jour.

Initialement prévu pour évoquer le retrait des troupes de l’OTAN d’Afghanistan, l’agenda de ce sommet a considérablement évolué compte tenu de la situation géopolitique internationale. Sur la crise ukrainienne, l’OTAN a décidé de se montrer inflexible face à la Russie en s’engageant à défendre l’intégrité territoriale de l’Ukraine. La France avait déjà quelques heures avant l’ouverture du sommet affiché sa fermeté face à Vladimir Poutine en annonçant que "les conditions pour que la France autorise la livraison  à la Russie du premier BPC (Bâtiment de projection et de commandement) n’étaient pas à ce jour réunies ». L’envoi de soldats russes ces derniers jours sur le territoire ukrainien pour soutenir les séparatistes ne rendait plus possible la livraison du mistral à la Russie. François Hollande a confirmé que "ce contrat n'était pas suspendu ni rompu mais que la livraison du bateau sera  fonction de ce qui va se passer dans les prochaines semaines".  En cas d’accord politique sur l’Ukraine, nul doute que le Mistral sera livré à la Russie.

En marge de ce sommet, et sous la pression internationale le gouvernement de Kiev et les séparatistes prorusses sont parvenus à Minsk, en Biélorussie, à un cessez-le-feu. Si ce cessez le feu est bien entendu fragile, l’arrêt des hostilités est un premier pas important vers l’ouverture des négociations de paix.

La menace que fait peser l’Etat islamique au Proche-Orient était également à l’ordre du jour de ce sommet. L’OTAN a condamné « unanimement les actes barbares et ignobles» de l’Etat islamique, qui a instauré récemment un califat islamique en Syrie et en Irak. Les exactions commises par cette organisation que ce soit l’exécution des deux journalistes américains ou la persécution des minorités religieuses chrétiennes ou yézidis doivent être vivement condamnées. Barack Obama a annoncé en clôture du sommet de l’OTAN la création d’une coalition internationale de 10 pays, dont la France, destinée à démanteler l’Etat islamique. Si l’envoi de troupes au sol est pour le moment exclu, la coalition a défini trois objectifs prioritaires : soutenir militairement l’Irak, stopper le flux des combattants étrangers, contrer le financement de l’État islamique. La Ligue arabe a également annoncé dimanche 7 septembre « prendre les mesures nécessaires pour affronter les groupes terroristes ».

Si une réponse militaire doit être nécessairement envisagée le défi humanitaire doit aussi être relevé car l’avancée de l’Etat islamique a conduit plusieurs centaines de milliers d’irakiens à fuir et engendré une grave crise humanitaire. La France a déjà acheminé 59 tonnes de fret humanitaire à Erbil, capitale du Kurdistan, et de nouvelles livraisons sont prévues dans les prochains jours. La communauté internationale doit agir urgemment car l’hiver approche et les conditions de vie de ces réfugiés, avec la chute des températures et l’arrivée de fortes pluies, seront assurément de plus en plus difficiles.

Affaire Lambert : « la Cour européenne des droits de l’homme doit statuer au plus vite »

Posté le 8 septembre 2014

Vue du bâtiment de la Cour Européenne des Droits de l'Homme, à Strasbourg.J'ai signé cette tribune publiée dans le journal Le Monde, demandant à la cour européenne des droits de l'homme de statuer au plus vite sur l'affaire Lambert afin de respecter le droit à la dignité de Vincent Lambert. Victime d'un accident de la route en 2008, Vincent Lambert, dont les lésions cérébrales sont irréversibles, se trouve aujourd'hui dans un coma dit « pauci-relationnel ». Cette tribune est signée par des proches de Vincent Lambert, des femmes et des hommes politiques ainsi que des acteurs de la société civile.

Le Conseil d'État a estimé dans son arrêt du 24 juin 2014 que la procédure collégiale ayant abouti à la décision d'arrêter l'alimentation et l'hydratation artificielles de Vincent Lambert était allée bien au-delà de ce que demande la loi (6 médecins y ont été associés, ainsi que son épouse, ses parents et ses huit frères et soeurs) et qu'elle avait été menée en toute impartialité par le docteur Éric Kariger. Ce dernier s'appuyait également sur le bilan effectué en juillet 2011 au Coma Science Group de Liège, organisme de référence en Europe pour les patients en état végétatif.

Le Conseil d'État approuvait donc cette décision, en se fondant d'une part sur les conclusions d'une nouvelle expertise médicale (réalisée par trois spécialistes en neuroscience reconnus internationalement) décrivant l'état de santé de Vincent Lambert, caractérisé par la nature irréversible des lésions cérébrales dont il est atteint, l'absence de progrès depuis l'accident et la consolidation du pronostic fonctionnel, et d'autre part, sur la certitude que Vincent Lambert ne voulait pas avant son accident vivre dans de telles conditions.

Quatre heures après cette décision, la CEDH, saisie la veille d'une demande de mesure provisoire par les parents, une soeur et un demi-frère de Vincent Lambert, demandait à la France de suspendre cette décision le temps de traiter l'affaire au fond, tout en précisant bien que l'affaire serait traitée en priorité.

Elle n'indiquait toutefois pas dans quel délai. C'était il y a deux mois. L'urgence est pourtant caractérisée, car il s'agit ici d'une mise en balance inédite du droit à la vie d'un être humain, et de son droit à la dignité. Mise en balance ayant abouti à une décision médicale qui a été pesée et contrôlée comme jamais aucune autre ne l'a été en France. Il s'agit donc maintenant de défendre ce droit à la dignité de Vincent Lambert.

Le Conseil de l'Europe, qui représente 47 États et 800 millions de personnes et dont la CEDH est l'organe juridictionnelle, s'exprime régulièrement sur la fin de vie et sur l'acharnement thérapeutique. La CEDH de son côté saisit toutes les occasions qu'elle peut pour que l'acharnement thérapeutique soit un enjeu pour les pays signataires de la Convention, sans pour autant avoir eu un jour l'opportunité de statuer concrètement sur ce sujet (elle n'a eu que des demandes émanant de personnes conscientes réclamant le droit de mourir par euthanasie ou suicide assisté).

Il est donc clair que cette affaire soulève une question importante relevant de l'intérêt général dépassant la personne et les intérêts de Vincent Lambert, et que la Cour saisira l'opportunité qui lui est offerte pour statuer au fond. Alors même que la recevabilité des requérants est loin d'être acquise (95% des requêtes déposées devant la Cour sont rejetées, à très bref délai). Et alors même que toutes les règles, contraignantes ou non, que ces deux instances émettent, dans la convention européenne des droits de l'homme et de la biomédecine, ainsi que dans des recommandations, des guides et des arrêts, ont été suivies (et même au-delà) lors de la procédure concernant Vincent Lambert. Rien ne peut donc nous amener à penser que cette procédure contredira notre plus haute instance juridictionnelle. Mais sa durée nous inquiète.

Les mesures provisoires sont en général destinées à empêcher une extradition vers un pays dans lequel une personne pourrait subir une condamnation à mort ou des tortures. On ne peut donc extrader avant l'issue du procès. C'est une mesure humaine, protectrice de la victime potentielle des atteintes en question. La durée de la procédure passe dans ce cas au second plan.

S'il est de tradition d'accéder aux demandes de la Cour pour ce qui est des mesures provisoires, aucun pays signataire de la Convention n'a expressément admis leur caractère contraignant. Seule la Cour leur a donné elle-même force obligatoire en 2005. Mais elle ne peut pas se contenter de combler les silences de la Convention quant à son application. Elle doit, pour être légitime et s'imposer progressivement (elle a été créée en 1953), le faire en partenariat avec les États signataires. Désobéir à une demande de mesure provisoire ne serait évidemment pas un bon signal, mais ce ne serait pas non plus bafouer le 2 droit au sens strict. Car il s'agit ici de prendre ses responsabilités. Chaque jour qui passe est une violation des droits de Vincent Lambert aux termes des articles 3 (traitements dégradants) et 8 (dignité, droit à l'auto-détermination) de la Convention, que la France s'est expressément engagée à respecter et surtout à faire respecter.

Si leur requête est recevable, les requérants auront trois mois pour saisir la Grande Chambre de la Cour à l'issue du procès. Cela aboutirait à un nouveau procès, plus lourd encore à mettre en place. Et donc plus long.
Nous sommes des proches de Vincent, et des personnalités publiques de tous bords, aux opinions diverses sur beaucoup de questions, notamment sur celle de la fin de vie, et nous soutenons le CHU de Reims dans sa décision d'arrêt de traitements, que ce soit pour faire respecter la personne qu'était Vincent et/ou la décision du Conseil d'État. Cette affaire dure depuis mai 2013. C'est trop long, pour tout le monde. Il est inconcevable qu'elle puisse durer jusqu'en 2015. Une bonne administration de la justice, que tout le monde souhaite, devrait permettre de statuer de façon définitive avant la nouvelle année.

C'est pourquoi nous demandons à l'État français d'user des outils à sa disposition pour que cette affaire ne traîne pas encore plus en longueur.

La France doit donner un ultimatum à la CEDH, et s'il n'est pas respecté, elle devra autoriser l'équipe médicale du CHU de Reims à arrêter les traitements de Vincent Lambert, dans le respect de sa dignité, du droit interne et du droit international.

Signataires de l'appel :

François Lambert, neveu de Vincent Lambert ; Marie-Geneviève Lambert, demi-sœur de Vincent Lambert ; Marie Lambert, sœur de Vincent Lambert

Véronique Massoneau, députée EELV de la Vienne ; Alain Tourret, député PRG du Calvados ; Daniel Cohn-Bendit, ancien député européen ; Pascal Canfin, ancien ministre délégué au développement ; Bernard Kouchner, ancien ministre de la santé ; Christian Hutin, député MRC du Nord, vice-président de la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale ; Muguette Dini, sénatrice UDI du Rhône ; Julien Bayou, porte-parole EELV, conseiller régional Île-de-France  ; Corinne Lepage, ancienne ministre de l'environnement, présidente de CAP 21, avocate ; Jacques Valax, député PS du Tarn ; Isabelle Attard, députée Nouvelle Donne du Calvados ; Bernard Roman, député PS du Nord ; Esther Benbassa, sénatrice EELV du Val-de-Marne ; Gérard Bapt, médecin-cardiologue, député PS de Haute-Garonne, membre titulaire de la délégation française à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe ; Jacques Chiron, sénateur PS de l'Isère ; Jean-Pierre Michel, sénateur PS de la Haute-Saône, 1er Vice-président de la commission des lois, membre suppléant de la délégation française à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe ; Stéphane Saint-André, député PRG du Pas de Calais ; Alain Néri, sénateur PS du Puy de Dôme ; Noël Mamère, député EELV de la Gironde ; Barbara Pompili, députée EELV de la Somme et co-présidente du groupe écologiste ; Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice PS de Paris ; Sandrine Rousseau, vice présidente du conseil régional Nord-Pas-de-Calais, porte parole d'EELV ; Dominique Gillot, sénatrice PS du Val d'Oise ; Pascal Terrasse, député PS de l'Ardèche ; Bernadette Laclais, députée PS de la Savoie ; Nathalie Chabanne, députée PS des Pyrénées-Atlantiques ; Hervé Pellois, député DG du Morbihan ; Daniel Raoul, sénateur PS du Maine-et-Loire ; Bernard Lesterlin, député PS de l'Allier ; Marie-Line Reynaud, députée PS de la Charente ; Danielle Auroi, députée EELV du Puy de dôme, présidente de la commission des Affaires européennes, membre titulaire de la délégation française à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe ; Jean-Louis Touraine, député PS du Rhône ; Catherine Tasca, sénatrice PS des Yvelines, ancienne ministre de la culture ; Karine Claireaux, sénatrice PS de Saint-Pierre et Miquelon ; Jean-Luc Mélenchon, député européen, ancien ministre délégué à l'enseignement professionnel ; Marie-Odile Bouillé, sage-femme, députée de la Loire-Atlantique ; Arnaud Leroy, député PS de la cinquième circonscription des Français établis hors de France ; Odile Saugues, députée PS du Puy de dôme ; Anne Hidalgo, maire PS de Paris ; Jean-Noël Carpentier, député MUP (Mouvement progressiste) du Val-d'Oise ; René Rouquet, député PS du Val-de-Marne, président de la délégation française à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe et vice-Président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe ; Viviane Le Dissez, députée PS des Côtes d'Armor ; Guy Fischer, Sénateur PCF du Rhône ; Bérengère Poletti, sage-femme, députée UMP des Ardennes ; Chantal Guittet, députée PS du Finistère ; Catherine Troallic, députée PS de Seine-Maritime ; Yves Détraigne, sénateur UDI de la Marne ; Denis Baupin, député EELV de Paris, vice-président de l'assemblée nationale ; Jean-Yves Leconte, sénateur PS représentant les français établis hors de France ; Annie David, sénatrice PCF de l‘Isère, présidente de la commission des affaires sociales ; Geneviève Gaillard, députée PS des Deux-Sèvres ; Jean Glavany, député des Hautes-Pyrénées, ancien ministre de l'Agriculture et de la Pêche ; Michel Rocard, ancien premier ministre ; Jean Lassalle, député UDI des Pyrénées-Atlantiques ; Bernadette Bourzai, sénatrice PS de la Corrèze, membre suppléante de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe ; Hervé Féron, député PS de Meurthe et Moselle ; François De Rugy, député EELV de la Loire-Atlantique ; Gilles Savary, député PS de Gironde ; Joël Giraud, député PRG des Hautes-Alpes ; Philippe Cordery, député PS des Français du Benelux ; Marie-Christine Blandin, sénatrice EELV du Nord; Claudine Lepage, sénatrice PS des Français établis hors de France ; François Loncle, député PS de l'Eure, vice-président de la délégation française de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe.

Dr Claude Grange, chef de service U.S.P/E.V.C/M.A.S, hôpital de Houdan ; Dr Michel Cymes, chirurgien spécialisé dans l'ORL, animateur de l'émission Le magazine de la Santé ; Professeur François Blanchard, président de l'Association francophone des Droits de l'Homme Âgé ; Dr Bernard Devalois, médecin en soins palliatifs à Pontoise, ancien président de la SFAPS ; Dr Jan Bernheim, médecin oncologue, co-fondateur des soins palliatifs en Belgique et du groupe européen de recherches sur la qualité de la vie, professeur, membre du Groupe de Recherche sur les Soins en Fin de la Vie de la Vrije Universiteit, Bruxelles et du Coma Science Group, Université de Liège ; Dr Bernard Senet, médecin généraliste, ancien médecin en soins palliatif.

Matthias Fekl, un ancien Français de l’étranger secrétaire d’Etat au commerce extérieur, au tourisme et aux Français de l’étranger

Posté le 5 septembre 2014

Matthias FeklAprès les événements d'hier, plus navrants les uns que les autres, enfin une bonne nouvelle avec la nomination au gouvernement d'un ancien Français de l'étranger en charge de ce domaine: Matthias Fekl est en effet le nouveau secrétaire d'Etat au commerce extérieur, au tourisme et aux Français de l'étranger suite à la démission de Thomas Thévenoud. Il  est né en Allemagne (à  Francfort-sur-le-Main) en 1977 d'un père allemand et d'une mère française. Après une enfance à Berlin, où il a fréquenté le lycée français, il a rejoint Paris pour ses études. Je me réjouis de la nomination de ce jeune homme extrêmement compétent, dont la double culture et la connaissance "in vivo" des Français de l'étranger représentent également un atout.

Vous trouverez ci-dessous son très bon entretien donné à Mediapart  le 30 août 2014, avant qu'il ne devienne notre secrétaire d'Etat.

Matthias Fekl (36 ans) est député du Lot-et-Garonne. Secrétaire national du PS à la laïcité, aux institutions et à la rénovation démocratique, cet ancien strauss-kahnien, très engagé sur les questions d'asile et d'immigration, défend l'idée d'une profonde réforme des institutions. Il ne fait pas partie des « frondeurs », mais se montre critique sur la ligne du nouveau gouvernement Valls.

En écho au premier secrétaire général du parti, Jean-Christophe Cambadélis, qui a regretté en ouverture de l'université d'été du PS à La Rochelle que le parti se soit « dissous dans la gestion » et plaide pour un « nouveau progressisme », Matthias Fekl craint que les socialistes ne donnent « le sentiment que nous mettons en œuvre ce que Nicolas Sarkozy n'a pas fait. (...) La gauche, c’est une dynamique. Ce n'est ni le repli, ni le conservatisme, ni une vision répressive de la société ». Partisan d'un renforcement du Parlement, il juge que le recours aux ordonnances, envisagé par le gouvernement, ne peut servir à « contourner le débat démocratique ni à demander un blanc-seing au Parlement sur des sujets majeurs ».

Le gouvernement « Valls-II » est-il minoritaire?

C'est un gouvernement cohérent, derrière une ligne, mais qui court le risque d'avoir une assise politique extrêmement étroite. Au sein de la gauche, de ses valeurs, de ce que nous avons collectivement porté pendant la campagne présidentielle, de la diversité de celles et ceux qui ont élu François Hollande, ce gouvernement risque, sur plusieurs points, de s’éloigner de nos engagements. Il faut bien sûr mener des réformes profondes, vu l'état de notre pays. Tout le monde le sait. Personne au PS ne dit que la France peut continuer à dériver. Mais un gouvernement progressiste ne peut être un simple gestionnaire. Il lui revient d'ouvrir des perspectives, de nouveaux horizons de conquêtes, d'être imaginatif. Nous ne devons pas donner le sentiment que nous mettons en œuvre ce que Nicolas Sarkozy n'a pas fait.

Est-ce désormais, selon vous, l'agenda de François Hollande et de Manuel Valls ?

Non, mais prenons-y garde. Tout le monde sait qu’il faut faire des économies et engager des réformes, on ne peut pas tergiverser là-dessus. Mais la gauche, c'est plus que ça. C’est une certaine vision de la société, où le destin des individus n’est pas fixé au berceau, où l’émancipation de chacun redevient possible. C’est l’idée que la lutte contre les inégalités est au cœur de notre engagement. C'est porter de vrais changements pour transformer en profondeur le pays.

Réformer la fiscalité par exemple, c'est un projet d'ampleur, pas des ajustements et des rapiéçages successifs à chaque loi de finances. Dans l'entreprise, notre projet ne peut pas être simplement de faire sauter les seuils sociaux, une vieille demande du patronat. La seule manière progressiste d’aborder le sujet, c’est de refonder la participation des salariés à la vie et aux décisions de leur entreprise. Il nous appartient de bâtir une vraie démocratie sociale. Les salariés doivent être mieux représentés à tous les échelons, le dialogue social doit devenir une réalité concrète dans l’entreprise. C’est d’ailleurs la condition d'une véritable social-démocratie, avec des syndicats forts et responsables et des patrons à l'écoute, avec une volonté commune de compromis, une participation effective des salariés, y compris sur les choix stratégiques.

Mais il faut aller plus loin que la social-démocratie traditionnelle, en inventant de nouveaux modèles de développement. La gauche ne peut pas rester seulement sur un modèle productiviste, attendre le retour de la croissance comme certains attendent le retour de la pluie. La croissance telle qu’elle a existé pendant les Trente Glorieuses ne reviendra plus telle quelle.

Le gouvernement mène-t-il encore une politique de gauche ?

Poser les choses de cette manière, c'est prendre le risque de caricaturer le débat entre les orthodoxes gardiens de la vraie foi et les hérétiques. En revanche, oui, notre projet politique est historiquement progressiste, et nous ne devons pas l'enfermer dans la pure gestion.

Cette dimension progressiste est donc absente des préoccupations de François Hollande et de Manuel Valls ?

Je me méfie des procès d'intention, quelques jours après la constitution d'un nouveau gouvernement. En tout état de cause, le progressisme, c'est d'abord une vision dynamique de la société. C'est réconcilier la France avec l'Europe, et l'Europe avec la France. C'est inscrire notre action politique dans un cadre européen. On ne peut pas juste appréhender l'Europe avec des tableaux Excel et le seul impératif des équilibres budgétaires. C'est aussi porter des initiatives, en matière économique (encourager des investissements massifs par exemple), mais aussi en ne réduisant pas l’Europe à sa stricte dimension économique. Pourquoi ne pas créer, par exemple, ce fameux service civique européen pour les jeunes dont on parle tant mais qu'on n'a jamais fait ? Ce serait une belle initiative à porter par la France et l’Allemagne auprès de nos partenaires européens.

Le progressisme, c'est aussi ouvrir de nouveaux espaces de liberté : redonner à chacun la possibilité de choisir sa vie, de construire son parcours, de ne pas être assigné à une place prédéfinie. C'est réparer l'ascenseur social, lutter contre les discriminations. Que le gouvernement s’attaque résolument aux contrôles au faciès, en expérimentant avec tous les acteurs de terrain les différentes solutions qui ont fait leurs preuves dans d’autres pays. Cela ne coûterait pas un euro et changerait la vie de millions de Français. La gauche, c’est une dynamique. Ce n'est ni le repli, ni le conservatisme, ni une vision répressive de la société.

Le gouvernement entend légiférer par ordonnances sur le travail dominical et les professions réglementées. Qu'en pense le secrétaire national « aux institutions et au renouveau démocratique »  du PS  ?

Les ordonnances peuvent être utiles pour légiférer sur des sujets techniques. Elles ne peuvent pas être utilisées pour contourner le débat démocratique ni pour demander un blanc-seing au Parlement sur des sujets majeurs.

« Recettes anciennes »

Manuel Valls s'est fait applaudir à l'université d'été du Medef, en disant « J'aime l'entreprise » mais surtout en transgressant en une heure de discours à peu près tous les tabous de la gauche…

Tous les socialistes aiment l’entreprise, quand elle investit, qu’elle innove, qu’elle prend des risques et qu’elle fait de ses salariés de véritables acteurs. Mais je le dis : une majorité de gauche ne peut pas réussir si elle se contente de transgresser de soi-disant « tabous  », surtout lorsque ce sont des avancées sociales. Ça ne fait pas un projet politique. Évidemment que les entreprises créent de la richesse, mais plutôt que de célébrer les actionnaires, célébrons les vrais créateurs de boîtes, les entrepreneurs imaginatifs, les PME  ; facilitons la création d'activité, notamment dans les quartiers populaires ou les zones rurales, où beaucoup de gens fourmillent d'imagination.

Le gouvernement s'inspire désormais ouvertement des réformes menées en Allemagne à la fin des années 1990 par Gerhard Schröder. Poursuit-il un projet ouvertement social-libéral ?

En tout cas, il serait étrange de le faire alors que l'Allemagne, pays que je connais bien pour y avoir grandi, tente précisément aujourd'hui de réparer les dégâts de cette période, qui a entraîné une précarisation d'une partie de la société et instauré la stigmatisation des chômeurs. La mise en place aujourd’hui du salaire minimum par la grande coalition, c'est une réponse aux conséquences néfastes d’une partie de ces réformes. La force de l'Allemagne ne vient pas de la précarisation d’une partie de ses citoyens,mais de son appareil industriel, extrêmement compétitif et innovant, qui exporte massivement.

Le social-libéralisme est nocif, mais surtout totalement dépassé. Ne courons pas après des recettes anciennes en nous inspirant – avec vingt ans de retard  ! – de ce qui a été fait ailleurs. Pour une fois, innovons  !

Certains socialistes ont déploré la « brutalité » du remaniement et de l'éviction du gouvernement de plusieurs personnalités qui réclamaient une réorientation des politiques menées. Cela vous a-t-il aussi interpellé ?

Je suis fidèle au précepte de Jean-Pierre Chevènement : « Un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne. » C’est dans cette logique que le président François Hollande et le premier ministre Manuel Valls ont agi. Au-delà de cet épisode, il y a deux façons de répondre à la crise d'une société française crispée, parfois tétanisée. Une façon autoritaire et conservatrice, que Lionel Jospin a parfaitement analysée dans Le Mal napoléonien. Et puis une autre, fidèle à notre histoire, qui mobilise les citoyens, lutte contre les privilèges et redonne espoir. Le maintien de l'ordre et le respect des comptes publics ne peuvent résumer le projet politique de la gauche. « Classes laborieuses, classes dangereuses », cela ne peut être notre programme !

Manuel Valls se comporte-t-il comme Napoléon ?

Je ne veux pas me livrer à ce genre de comparaison. Je dis simplement que le gouvernement ne peut pas marcher sur une seule jambe.

Vous émettez des nuances fortes avec la politique gouvernementale mais ne faites pas partie des « frondeurs ». Pourquoi ?

Il est normal que le Parlement soit un lieu de débats, surtout lorsqu’il y a des interrogations légitimes et sincères sur bien des sujets. Mais cette initiative me semble dépourvue de débouché politique. Nous devons éviter le face-à-face entre deux gauches sans espace de dialogue. La confrontation brutale serait périlleuse à court terme et létale à moyen terme. On ne peut en rester à ce dialogue impossible, sans pistes ni perspectives. Tout en laissant toutes les voix s'exprimer, il est indispensable de garder le lien entre nous et d’avancer ensemble sur un certain nombre de sujets que nous ne pouvons pas esquiver : bâtir une nouvelle République en réformant nos institutions, lutter contre la reproduction sociale, porter une voix d'ouverture sur certains sujets de société, inventer des projets de modernisation de l'économie et de la participation dans l'entreprise, imaginer une autre croissance. Mais aussi rassembler la gauche et toutes les forces progressistes.

Hors du gouvernement, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon peuvent-ils prendre la tête d'une coalition  des mécontents ?

C'est une possibilité. Méfions-nous de ne pas nous diviser encore plus. Construisons des perspectives politiques qui peuvent nous unir.

Le PS est-il en état de se reconstruire sur les bases que vous préconisez ?

Il n'est jamais trop tard. Jean-Christophe Cambadélis (le premier secrétaire du PS, ndlr) a convoqué des États généraux du parti, ce sera un moment important où tous les sujets devront être abordés. Le PS est divisé, mais soit on se résigne et dans ce cas on enterre la gauche pour trente ans, soit on ouvre ensemble de nouvelles perspectives. Toute une dynamique est à bâtir. Reconstruire un logiciel politique au pouvoir est la configuration la plus compliquée. On peut reprocher au PS de ne pas l'avoir fait pendant dix ans.

Notamment François Hollande, qui fut premier secrétaire du PS pendant une décennie (1997-2008) ?

Désigner un bouc émissaire est toujours commode : c’est une responsabilité collective.

04 septembre 2014 | Par Mathieu Magnaudeix - Mediapart.fr

RFI lance la Bourse Ghislaine Dupont et Claude Verlon

Posté le 2 septembre 2014

mediaJe tiens à saluer l’initiative de RFI qui a décidé de créer une bourse en hommage aux journalistes Ghislaine Dupont et Claude Verlon,  lâchement  assassinés en novembre 2013 à Kidal (Mali). Cette bourse qui portera leur nom permettra chaque année à un jeune journaliste et un jeune technicien de moins de trente ans de suivre une formation à Paris. Les deux premiers bénéficiaires de cette bourse seront connus le 2 novembre, à l’occasion du premier anniversaire de l’assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon. Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site de RFI.

Page 1 sur 13612345102030Dernière page »