Neuhausen Café

Joyeux 25ème anniversaire à l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger!

Posté le 17 avril 2015

25ans-banniere-minisiteEn 2015, l’AEFE a 25 ans. Cet anniversaire a été célébré, le 10 avril, depuis le Centre de conférences ministériel de la rue de la Convention à Paris et a été retransmis en direct sur Internet.

Revoir ici
la vidéo de l'ensemble de la journée

AEFE Tous

Plusieurs tables rondes se sont succédées tout au long de la journée, qui fut aussi ponctuée de nombreux duplex avec plusieurs établissements à l'étranger et des interventions de la ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Najat VALLAUD-BELKACEM,  et du secrétaire d’État chargé du commerce extérieur, de la promotion du tourisme et des Français de l’étranger, Matthias FEKL.AEFEM

La première table ronde de la matinée avait pour thème: « Une éducation citoyenne, plurilingue et multiculturelle, signature du réseau », avec comme grand témoin: Anne-Marie DESCÔTES, directrice générale de la mondialisation, du développement et des partenariats au ministère des Affaires étrangères et du Développement international.

A suivi une table ronde consacrée à « Numérique et innovation pédagogique dans le réseau : avoir un temps d’avance », dont le grand témoin était Cédric VILLANI, directeur de l’Institut Henri-Poincaré, lauréat 2010 de la médaille Fields.

L'après-midi, une autre table ronde a évoqué la passage du lycée français aux études supérieures,  « Du lycée français à l’université en France, un choix gagnant » Grand témoin: Marie-Christine LEMARDELEY, adjointe à la maire de Paris, chargée de l’enseignement supérieur, de la vie étudiante et de la recherche.

AEFE ecranCette belle journée s'est terminée par la table ronde au cours de laquelle j'intervenais: « Le partenariat, principe fondateur de l’enseignement français à l’étranger »
Consultez ici la page dédiée à cet événement. 

Je formule tous mes vœux de longue vie à l'AEFE, véritable étendard de l'enseignement français à l'étranger, dans son excellence comme dans sa diversité, et acteur essentiel de notre rayonnement, tant culturel, que linguistique et économique!

Déplacement au Québec 11 au 13 avril 2015

Posté le 16 avril 2015

Arrivée à Québec le samedi 11 avril 2015 dans l'après-midi pour un rapide déplacement au Québec. Amaury Sainjon, secrétaire de la section PS et Quentin Maridat  président de Fdm-Adfe sont là pour m'accueillir et nous nous rendons au centre-ville pour rencontrer quelques amis dont Pascal, Patricia, Fabien, Mathieu et Corinne.

Au cours de la discussion, on me signale très rapidement le problème qui se pose aux jeunes Français qui doivent venir effectuer un stage au Canada. Les structures (entreprises, universités, autres organismes) qui les accueillent doivent désormais verser 230 euros par stagiaire à l'administration fédérale. Cette mesure pose problème aux plus petites structures.

Les formalités ont également pris du retard cette année et à ce jour ni les structures qui accueillent des stagiaires ni les candidats stagiaires ne savent comment les choses vont se mettre en place cet été.

En fin d'après-midi, M. Nicolas Chibaeff, Consul général de France au Québec, reçoit les conseillers consulaires présents à Québec et les représentants des associations de Français et quelques Français invités par les Conseillers consulaires. Les associations sont nombreuses comme j'avais pu m'en rendre compte lors de mon passage précédent, certaines très anciennes et toutes les générations sont représentées. Je m'entretiens assez longuement avec la plupart des personnes présentes, notamment avec le président et le directeur général de France Québec qui organise entre  autres des échanges de jeunes Français et Québécois dans les collectivités territoriales en France et au Québec. Les contraintes budgétaires de part et d'autre de l'Atlantique mettent  ce programme en difficulté dès cette année.

La journée se termine dans un restaurant corse avec M. Chibaeff, Amaury et Quentin.

La journée du dimanche 12 sera consacrée à un déplacement à Trois Rivières pour le vernissage de l'exposition "Ferme ta boîte" qui clôt le colloque Melancholia dans le cadre de la Biennale de l'estampe contemporaine de Trois Rivières. Accompagnée de M. Chibaeff je me rends à Trois Rivières par la route du Roy qui longe le Saint Laurent. C'est la première journée de printemps, la neige fond et le fleuve charrie des blocs de glace. Magnifique paysage!

03_vue_ferme ta boîte-1Nous retrouvons Amaury Sainjon et Nathalie Bonneu, conseillère consulaire, par ailleurs très impliquée dans l'organisation de la Biennale puisqu'elle est membre du Conseil d'Administration. Nous sommes accueillis par Jo Ann Lanneville, présidente de la BIECTR et co-commissaire du projet «Ferme ta boîte» et Elisabeth Mathieu, directrice artistique de la BIECTR.

L'exposition Ferme ta boîte que j'ai soutenue a mobilisé des centaines d'artistes et le résultat est très intéressant. L'exposition partira en Belgique et en Serbie. Il serait important  de la faire venir en France. Après le vernissage nous nous rendons dans les ateliers des Beaux-Arts de l'Université sous la houlette de M. Pierre-Simon Doyon. Visite intéressante! Nous terminons notre séjour à Trois Rivières par une brève promenade le long du Saint Laurent et après le verre de l'amitié avec les organisateurs nous prenons congé de nos hôtes et reprenons la route du Roy en direction de Québec.

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Départ de bon matin le lundi 13 avril pour Montréal. M. Bruno Clerc, Consul général m'accueille à l'aéroport et me conduit dans les bureaux de la CITIM où j'ai rendez-vous avec Yann Hairaut, le directeur général et Yan Chantrel, conseiller consulaire et conseiller à l'Assemblée des Français de l'étranger. La CITIM subventionnée par la municipalité de Montréal et jusque-là par le Ministère des Affaires étrangères et du Développement international s'occupe de l'accueil des migrants francophones et français, notamment les PVTistes (contrats vacances travail qui permettent à des jeunes professionnels de 18 à 35 ans de voyager et de travailler pendant deux ans dans le pays ciblé, ici le Canada).  L'échange est très déséquilibré entre la France et le Canada. Si de nombreux Français sont intéressés par ce type de visa au Canada, la réciproque n'est pas évidente.

5à 600 PVTistes se rendent chaque année à la CITIM sur les 14 000 présents au Canada. Ils reçoivent une formation sur les différences culturelles entre nos deux pays et une sensibilisation aux particularités au marché du travail québécois. La CTIM aide de manière concrète à la recherche d'emploi.

Outre les PVTistes la CITIM s'adresse également aux résidents permanents. Les salariées de la CITIM reçoivent environ  6000 résidents permanents par an. Si la subvention du Ministère des Affaires étrangères est définitivement arrêtée, la CITIM ne pourra plus s'occuper des PVTistes, les subventions  du Québec étant destinées aux résidents permanents. Nous recherchons des pistes pour maintenir le service auprès des PVTistes : régions, Pôle Emploi international ...

M. Bruno Clerc a organisé un déjeuner de travail avec les sept conseillers consulaires  et M. Michel Clercx, Consul adjoint. Le déjeuner sera animé par M. François Lubrina, très en forme,   et ses critiques acérées tous azimuts...

Je me rends ensuite à l'Union française où je suis accueillie par Jean Isseri et son épouse Nicole et Bettina la coordinatrice du lieu. Ma dernière visite remonte à plusieurs années et j'y avais vu une maison que l'on devinait certes magnifique  mais en ruine. L'Union française n'est pas encore sortie de ses difficultés mais le travail accompli en quelques années est remarquable. L’Union française a engagé une opération de relance et doit désormais regagner la confiance.

Elle est riche de nombreux projets culturels, économiques et sociaux que me présente Jean Isseri. Je rencontre deux jeunes filles qui y effectuent leur service civique. Si l'Union française arrive à rénover les deuxième et troisième étages, les locaux pourront être loués et permettront d'avoir de nouvelles ressources.

Je termine ma visite par une Interview avec Bertile de Contencin et Nathalie Simon-Clerc journalistes de l'Outarde libérée

Départ vers l'aéroport pour un retour à Paris le lendemain matin

Maison Descartes d’Amsterdam

Posté le 15 avril 2015

Je comprends bien l’émotion et la tristesse que certains de nos compatriotes aux Pays-Bas ressentent face à la vente programmée de la Maison Descartes d’Amsterdam qui abrite notamment l’Institut français et le Consulat général de France.

Propriété de la France depuis 1966, le lien entre la France et ce bâtiment -ancien hospice wallon- remonte au 17ème siècle. L’hospice wallon est, en effet, né de l'exil de nombreux protestants des Pays-Bas espagnols (actuelle Belgique) mais également français.

Située en plein cœur du centre historique de la capitale néerlandaise, la Maison Descartes s’est  donc imposée comme un symbole des relations entre les Pays-Bas et la France. A ce titre, beaucoup de nos compatriotes sont fortement attachés à ce bâtiment qui revêt une dimension historique et culturelle forte.

Malheureusement, depuis de nombreuses années, le bâtiment, qui date donc du 17ème siècle, ne possède plus son charme d’antan : vétuste et peu fonctionnel il n’est plus en mesure d’assurer sa mission de service public et d’accueillir de manière satisfaisante nos compatriotes. Par exemple, compte tenu de l’architecture du bâtiment (nombreux escaliers, etc.) qui abrite  le Consulat général, il est aujourd’hui très difficile de recevoir correctement les personnes à mobilité réduite.

Les attentes légitimes en matière de service public de nos compatriotes aux Pays-Bas et les nouvelles formes prises par la coopération culturelle ne sont, je crois, plus compatibles avec la vétusté du bâtiment. Pour l'Institut français, le rayonnement de la France aux Pays-Bas passe aujourd’hui par des partenariats et des coopérations avec des institutions néerlandaises qui se développent de plus en plus hors les murs de l’Institut.

Il convient donc désormais de se tourner vers l’avenir et de s’assurer que le futur bâtiment corresponde aux exigences de notre époque.

San Francisco, entretien avec l’Éducation Française de la Bay Area – EFBA

Posté le 14 avril 2015

Lors de mon dernier séjour sur la côte ouest des Etats-Unis je me suis, avec beaucoup de plaisir, prêtée à une séance de questions-réponses avec l'EFBA. Vous pouvez retrouver cet entretien en ligne ici.
Et je vous invite à consulter le site de l'EFBA  qui propose des cours de français pour enfants francophones et anglophones, en "after school" dans des écoles de la région de San Francisco.

Qu’est ce qui a motivé votre visite dans la Baie ?

J’étais déjà venue à San Francisco mais j’étais passée très rapidement de l’autre côté de la baie. Je souhaitais revoir l’Ecole Bilingue et visiter l’Alliance Française de Berkeley. Par ailleurs, je connais Gabrielle Durana depuis plusieurs années et suis attentivement le développement d’EFBA. Le travail de cette association pour la diffusion de la langue française et des cultures francophones auprès des familles qui n’ont pas accès aux structures telles que les Lycées Français est particulièrement intéressant. J’avais à cœur de visiter des classes. Je suis ravie d’avoir été dans l’école d’Hillcreast(antenne d’Oakland)et d’avoir rencontré les différents acteurs de terrain. J’ai pu y constater un véritable souci de transmission des savoirs que ce soit auprès des élèves débutants ou auprès du public francophone avec un niveau plus avancé.

Vous connaissez EFBA depuis sa création. Que pensez-vous de son évolution ?

Son évolution est absolument extraordinaire ! Je connais beaucoup de programmes FLAM (Français Langue Maternelle, ndlr). Celui-ci s’est professionnalisé au bon sens du terme. Il est porté par des personnes qualifiées et offre des programmes de grande qualité.

Pensez-vous qu’EFBA puisse être un modèle de développement pour les autres associations FLAM à travers le monde ?

Tout à fait. Les programmes FLAM sont une alternative aux programmes de l’Education Nationale. Au delà des questions de frais de scolarité, tous nos ressortissants n’ont pas un Lycée Français près de chez eux. Les associations FLAM permettent de maintenir le lien avec la langue française et les cultures francophones. Ce type d’initiative permet d’élargir le sentiment d’appartenance qui n’est pas toujours évident à cultiver lorsqu’on réside à l’étranger. EFBA, en se professionnalisant, a su ancrer et pérenniser cette dynamique. C’est un modèle qui selon moi doit être démultiplié.

Vous parlez d’alternative aux programmes de l’Education Nationale. N’est-il pas souhaitable d’intégrer les associations FLAM à l’ensemble des actions de coopération culturelles et linguistiques ? N’est-il pas souhaitable de mettre un terme aux querelles de clochers ?

 

Effectivement et nous travaillons dans ce sens. Aujourd’hui nous parlons d’offre complémentaire. Nous l’évoquons d’ailleurs dans notre rapport co-écrit avec Philip Cordery (député des Français du Benelux, ndlr) visant à limiter l'augmentation des frais de scolarité. Je suis très optimiste. Je crois que nos différentes structures éducatives œuvrant hors de France s’inscrivent aujourd’hui dans une dynamique de rassemblement. Cela n’a pas toujours été le cas, il faut l’admettre mais je constate une évolution positive très nette. En 2005, j’ai moi-même créé une association FLAM lorsque je vivais à Munich en Allemagne. Nous avons ouvert 15 antennes et encadré plus de 120 enfants. Au départ l’Ecole Française locale voyait nos actions d’un mauvais œil alors même qu’elle ne pouvait satisfaire toute la demande et que les listes d’attente s’allongeaient. Néanmoins, assez rapidement, les tensions se sont apaisées et l’Ecole Française nous a offert des locaux, tandis que l’Institut Français nous a aidés à former nos enseignants. En d’autres termes, nous avons su travailler ensemble à la promotion de la langue française.

Vous avez présenté le 17 février dernier les conclusions de votre rapport visant à limiter l'augmentation des frais de scolarité dans les lycées français à l’étranger. Quel accueil a-t-il reçu ?

Un accueil très favorable dans l’ensemble. Nous proposons des pistes. Toutes les mesures proposées ne seront peut-être pas mises en place mais les plus importantes ont été très bien accueillies. Elles seront rapidement appliquées. Une autre partie des propositions requiert un temps de réflexion plus long. Enfin, certaines pistes seront certainement écartées. Encore une fois, il me semble que nous vivons une phase de prise de conscience collective particulièrement positive. Je m’en réjouis.

Merci beaucoup pour votre visite Madame la Sénatrice. Je crois que vous avez fait bonne impression auprès des enfants. Bon voyage à Seattle.

Visitez le blog de Claudine Lepage.

Propos recueillis par Vincent Minquoy. Oakland. Californie. Jeudi 25 mars 2015.Crédit photos EFBAE

Sénat Hebdo de la semaine du 7 au 11 avril 2015

Posté le 13 avril 2015

logo_senat_07L’événement de la semaine dernière, c’est la visite solennelle du Président de la République tunisienne et le début de l’examen du projet de loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques.

Retour également sur :
- L'hommage du Sénat au sénateur Jean Germain
- Le rapport de la commission d'enquête sur la lutte contre les réseaux djihadistes
- Les tables rondes organisées par la délégation sénatoriale à la prospective sur le thème "Prévenir et gérer les crises liées aux maladies infectieuses".


Cette semaine, au Sénat :
- examen de la suite du projet de loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques (texte de la commission, n° 371, 2014-2015)
- séance des question d'actualité au gouvernement (Diffusion en direct sur France 3 et Public Sénat)
- dans le cadre de la commission des Affaires sociales, audition de MM. Alain Claeys et Jean Leonetti sur la proposition de loi, adoptée par l’Assemblée nationale, réant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie (n°348, 2014-2015)
-2ème édition du forum parlementaire franco-marocain

Colloque sur les « enfants fantômes »

Posté le 9 avril 2015

"Enfants fantômes" : sans identité, en proie à tous les dangersJ’ai participé, mercredi 8 avril, à un colloque consacré aux « enfants fantômes », expression utilisée pour qualifier les enfants qui n’ont pas d’état civil. Au cours de ce colloque, j’ai animé une table ronde, dont l’objectif était de dresser un état des lieux de la situation, de montrer l’ampleur du  phénomène des enfants sans identité  et surtout d’identifier les solutions capables de résoudre ce problème.

Madame Michaëlle Jean, secrétaire générale de l’OIF et ancien Gouverneur général du Canada, et Monsieur Robert Badinter, ancien Garde des Sceaux et ancien Président du Conseil constitutionnel ont participé à ce colloque, qui s’est tenu à l’Assemblée nationale à l’initiative de Laurence Dumont, vice-présidente de l'Assemblée nationale, en collaboration avec l'OIF et l'assemblée parlementaire de la francophonie.

La problématique des enfants fantômes est très importante car elle touche à l’identité des personnes, c’est un enjeu civique, politique et économique.  L’UNICEF évalue à 230 millions le nombre d’enfants de moins de 5 ans non déclarés à la naissance dans le monde. Surnommés « fantômes » ou « invisibles », ces enfants vivent principalement en Asie et en Afrique sub-saharienne. L’espace francophone est donc pleinement concerné par cette question.

Sans identité, ces enfants sont souvent privés d’accès à l’éducation, à la santé et sont davantage exposés à l’exploitation et aux abus de toutes sortes.

Le colloque s’est déroulé en deux parties : la première était consacrée aux enjeux de citoyenneté et de développement économique et social liés à la bonne tenue d’un état-civil, la seconde avait pour objectif d’identifier les outils nécessaires pour consolider et renforcer la fiabilité de l’état-civil.

Je suis convaincue que la qualité de ce colloque et des intervenants, accentuera la prise de conscience autour de cette problématique fondamentale et que des solutions concrètes seront rapidement mises en œuvre en faveur des enfants fantômes.

Sénat-Hebdo de la semaine du 30 mars au 3 avril 2015

Posté le 8 avril 2015

logo_senat_07L’événement de la semaine dernière au Sénat a été  l’adoption avec modifications de la proposition de loi renforçant la lutte contre le système prostitutionnel.

Les autres points marquants:
- la septième session de « jumelages » entre parlementaires et scientifiques, organisée par l'OPECST,
- l'adoption de la proposition de résolution européenne relative à la lutte contre le terrorisme, tendant à l’adoption d’un Acte pour la sécurité intérieure de l’Union européenne.


 Cette semaine le Sénat:
- reçoit solennellement son Excellence M. Béji Caïd ESSEBSI Président de la Tunisie.
- débute la discussion du projet de loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques (texte de la commission, n° 371, 2014-2015)
-  présente à la presse le rapport de la commission d'enquête « Filières « djihadistes » : pour une réponse globale et sans faiblesse »
- tient une séance de questions d'actualité au gouvernement (Diffusion en direct sur France 3 et Public Sénat)

Déplacement à San Francisco et Seattle 25 au 29 mars 2015

Posté le 7 avril 2015

_4VJ1791 (1)Mercredi 25 mars 2015

Après un vol de  dix heures j'atterris à San Francisco où je suis accueillie par M. Gilles Delcourt, attaché culturel adjoint. Le trajet jusqu'au centre ville est l'occasion de le questionner sur les nouvelles concernant le réseau éducatif et culturel dans la circonscription de San Francisco.

La journée s'achève par une rencontre avec Gabrielle Durana qui me parle des nouveaux projets d'EFBA, des manuels en cours de rédaction et des centres aérés de l'été prochain.

Jeudi 26 mars 2015

Je me rends à Berkeley avec Gilles Delcourt et Serge Morel, conseiller consulaire. Nous allons visiter les deux sites de l'école bilingue de Berkeley, l'un pour le primaire, l'autre pour le collège (jusqu’à la 4ème) dirigée par M. Frédéric Canadas. L'école s'est agrandie depuis ma dernière visite et des aménagements ont été effectués.

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Entretien avec le directeur et avec les enseignants. Le statut de résident n'existe plus aux États-Unis depuis 2002 et ils se trouvent confrontés à un problème de retraite : en effet depuis 2002 la cotisation à la retraite américaine est obligatoire tandis que la cotisation à la retraite en France ne l'est plus. Cependant, la retraite américaine est bien inférieure à la retraite perçue (s'ils cotisent!) par les fonctionnaires français si bien qu’un grand nombre d'entre eux cotisent également en France ce qui pèse très lourd dans leur budget. Or, ils ne peuvent percevoir de double retraite pour la même période! S'ils choisissent de percevoir leur retraite française (c'est-à-dire s'ils ont continué à cotiser) leur retraite américaine est alors déduite de leur retraite française. Bref une situation peu satisfaisante qu'il convient de revoir!

Une réception dans le jardin de l'école nous permet d'échanger autour du buffet.

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Nous nous rendons ensuite à l'Alliance française de Berkeley, un petit établissement dans une villa qui lui appartient. Nous sommes chaleureusement accueillies par la directrice Mme Bettina Minoue, le président M. Richard Galton, ses prédécesseurs M. et Mme Métais  et notre amie Yvette Chalom. Nous visitons les locaux et rendons visite à un enseignant en plein cours sur l'Ile-de-France avant d'échanger sur les caractéristiques de l'Alliance de Berkeley. Elle a été fondée il y a 52 ans par des femmes, Françaises, épouses de GIs. Elle compte aujourd’hui une demi-douzaine d'enseignants pour 150 étudiants par an.  L'Alliance organise régulièrement des conférences, un bon vivier de conférenciers est sur place, un café psy animé par Yvette Chalom, des soirées de discussion conviviales.

De Berkeley nous allons ensuite à Oakland retrouver Gabrielle Durana  pour visiter des classes du programme de l'EFBA à la Crest Hill School : deux classes de jeunes francophones, une de petits anglophones. Dans chaque classe les enfants se présentent et chaque groupe a préparé, qui un conte, qui une ou des chansons. Dans chaque classe je dois expliquer ce qu'est une sénatrice, pas facile devant des enfants aussi jeunes mais je m'améliore de classe en classe!

Nous partageons ensuite un goûter avec les parents, les enseignants et les enfants. Très bonne ambiance!

Retour sur San Francisco où nous sommes attendus à l'Alliance française par le président M. Charles Ségalas et le directeur M. Pascal Ledermann qui nous fait rencontrer M. Robert Reed responsable des relations publiques de Recology, fervent défenseur du recyclage des déchets et du compostage. Son discours est convaincant.  Recology est la société qui a remporté le marché des déchets à San Francisco. L'Alliance se convertit à l'écologie en ayant trois poubelles différentes selon les déchets. Je me crois revenue trente ans en arrière lorsque mes enfants, qui fréquentaient un jardin d'enfants allemand, m'éduquaient au tri des déchets. Mais le principal, c'est que ça marche! Pascal Ledermann nous invite à dîner dans un restaurant thai proche de l’Alliance, échanges sympathiques.

L’anglais bientôt seule langue étrangère proposée au concours d’entrée de l’Ecole nationale d’administration

Posté le 3 avril 2015

Logo_Ecole_nationale_d'administrationJ'ai saisi la ministre de la Décentralisation et de la Fonction publique au sujet de la  réforme du concours d'entrée de l'ENA qui n'autorisera, à compter de 2018, plus que  l'anglais comme épreuve de langue. Je m'interroge en effet sur la pertinence d'une telle décision, au regard des conséquences, que j'estime néfastes, tant pour les compétences et l'ouverture aux monde des futurs énarques, que pour le signal que ce choix induit auprès des pays dont la langue est supprimée en tant qu'épreuve.

Texte de la question : Mme Claudine Lepage appelle l'attention de Mme la ministre de la décentralisation et de la fonction publique sur les conséquence du choix de l'épreuve d'anglais comme seule épreuve de langue au concours d'entrée à l'école nationale d'administration, à partir de la session de 2018.

Les douze autres langues, autorisées jusqu'à présent par l'arrêté du 13 octobre 1999, ne pourront plus être choisies au concours d'entrée et seront, au cours de la scolarité, reléguées dans des formations facultatives non prises en compte dans le classement final.

Ce choix de la langue unique représente une régression incompréhensible, contraire à toute vision prospective et aux intérêts de la France tels qu'ils sont généralement affirmés par le gouvernement français. Le monde d'aujourd'hui est un monde plurilingue qui ne devrait admettre aucune hégémonie linguistique et priver les futurs hauts fonctionnaires de l'ouverture au monde que permet la diversité linguistique et culturelle lui semble très inopportun, alors même que les anglophones s'interrogent sur les limites de leur propre monolinguisme.

De surcroît, elle estime que la France donnerait un très mauvais signal à l'ensemble des pays dont les langues sont éliminées du concours, avec un impact logiquement négatif sur l'enseignement du français dans le monde.

Elle souhaite donc l'alerter sur les conséquences d'une telle décision.

Débat sur la proposition de loi renforçant la lutte contre le système prostitutionnel

Posté le 1 avril 2015

pptionCe lundi, les sénateurs ont examiné la proposition de loi renforçant la lutte contre le système prostitutionnel. Je regrette vivement que, malgré les voix de la très grande majorité de mes collègues socialistes, le Sénat ait fait le choix du statu quo, en pointant toujours la personne prostituée comme une délinquante, par la ré-introduction du délit de racolage passif et en maintenant l'impunité totale de celui qui l'achète et qui enrichit les réseaux de traite, le client. 

Comme, dans l'hémicycle, la secrétaire d'Etat aux droits des femmes, Pascale Boistard, la Ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes, Marisol Touraine, a aussitôt vivement réagi en déclarant: « Ce qui s'est passé cette nuit est absolument incroyable et méprisant à l'égard des femmes ». Elle a estimé dans un communiqué que « la suppression des mesures de responsabilisation des clients [qui avaient été votées par l'Assemblée nationale] nous prive d'un outil majeur pour faire reculer la demande et donc la prostitution. Plusieurs dizaines de milliers de femmes, mais aussi d'hommes, mineurs et majeurs, sont maintenus sous la coupe [des] réseaux [internationaux de traite des êtres humains] par la violence, le chantage, la tromperie. »

Le texte, adopté par 162 voix pour, 42 contre et 125 abstentions, doit maintenant repartir devant l'Assemblée nationale qui, en tout état de cause, disposera du dernier mot.

J'ai, pour ma part, voté contre cette version dénaturée de la proposition de loi adoptée dans un large consensus trans-partisan par les députés.

Je vous invite à lire mon explication de vote ci-dessous.

Lire ici mon intervention en discussion générale. Lire également mon explication de vote contre le rétablissement du racolage passif et la défense de l’amendement visant à rétablir la responsabilisation du client.

L'ensemble de la discussion est à consulter ici.

"Ce texte, issu d’un long travail parlementaire entamé en septembre 2010 par les députés Danielle Bousquet et Guy Geoffroy, a donné lieu à de nombreux débats, où chacun a pu intervenir : les personnes prostituées, les associations spécialisées, les pouvoirs publics, la presse, les clients et l’ensemble de la population.

Le texte sur lequel nous devons maintenant nous prononcer n’a plus grand-chose à voir avec celui sur lequel nous avons travaillé.

Ce soir, les mots de François Hollande résonnent bien étrangement : « La prostitution est une des expressions les plus frappantes de ces inégalités et violences qui perdurent dans notre société et dans le monde. Si chacun est libre de disposer de son corps, les droits humains et la dignité humaine sont incompatibles avec le fait qu’une personne ait le droit de disposer librement du corps d’une autre personne parce qu’il a payé. »

En effet, notre assemblée a opéré un véritable rétropédalage : seule est coupable la personne prostituée, c’est-à-dire dans près de 90 % des cas une femme exploitée par un réseau international de proxénétisme. Le client, dont la demande est justement à l’origine de l’asservissement de cette femme est, lui, blanc comme neige. On marche sur la tête !

La prostitution n’est pas « le plus vieux métier du monde », comme le répètent certains. En revanche, c’est bien l’une des activités les plus violentes du monde, et l’expression de dominations multiples.

Or notre rôle de législateur est un moyen de pallier, autant que faire se peut, les inégalités et les rapports de domination. Je ne puis cautionner une entreprise d’avilissement de la personne humaine et d’exploitation commerciale de la précarité dans le cadre de rapports marchands fondés sur la domination.

Et je me refuse à assimiler la prostitution à une ultime liberté des femmes de disposer de leur corps, sordide cache-sexe bien utile à ceux qui ne souhaitent pas œuvrer à une société plus égalitaire et progressiste. Ne l’oublions pas, « dire que les femmes ont le droit de se vendre, c’est masquer que les hommes ont le droit de les acheter », pour reprendre les mots de Françoise Héritier

Je réfute tout autant l’accusation, si commode, d’être une « Mère la morale liberticide » : la sexualité de chacun, dans sa vie privée, a les meilleures raisons d’être multiple, variée, originale, dès lors qu’elle est libre et s’accompagne donc d’un désir partagé. Dans ce domaine aussi, nous avons droit à d’autres rapports que ceux qui sont guidés par la loi du plus fort.

Nous devions vivre un moment important, manifester la volonté du Sénat de répondre aux aspirations de la société. Vous avez pu lire, et encore hier, de nombreuses tribunes signées par des médecins (le fondateur du SAMU social et de Médecins sans frontières, Xavier Emmanuelli, le généticien Axel Kahn, le psychiatre Christophe André, le gynécologue Israël Nisand) des associations d’aide aux victimes et de lutte contre les violences sexuelles et sexistes qui témoignent de la violence intrinsèque de la prostitution, mais aussi des tribunes signées par des intellectuels, des jeunes, des mouvements syndicaux, plus de deux cents maires et conseillers municipaux, qui demandent une dépénalisation des prostituées et une responsabilisation des clients.

Le texte sur lequel nous devons maintenant nous prononcer est dénaturé et tourne le dos à la conception française abolitionniste, vieille de plus de cinquante ans. Les débats se sont focalisés sur la pénalisation du client, et voilà le navrant résultat !

Par son adoption nous enverrions un message des plus rétrogrades à toutes les prostituées et à nos voisins européens, y compris ceux qui ont fait le choix de la réglementation et en dressent aujourd’hui le désastreux bilan en termes de développement des réseaux et de précarisation des prostituées.

La mise en place du parcours de sortie de la prostitution et la volonté réitérée de lutter contre les réseaux conduiront cependant la majorité du groupe socialiste à s’abstenir. À titre personnel, néanmoins, je voterai contre le texte. (Applaudissements sur les travées du groupe socialiste et du groupe CRC.)"

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