Neuhausen Café

Difficultés des professeurs français aux Etats-Unis en matière de visa

Posté le 24 avril 2014

Le ministre des Affaires étrangères et du développement international Laurent Fabius a apporté des éclaircissements sur les difficultés que rencontrent les professeurs français des écoles bilingues américaines du fait du non-renouvellement de leur visa américain. Les enseignants étrangers des écoles, collèges et lycées doivent détenir un visa « J-1 » pour exercer sur le territoire américain. Ce visa est valable trois ans, et n’est pas renouvelable. Il exige de revenir en France pour en obtenir un nouveau.

Laurent Fabius nous a récemment informés que le Département d'État américain, l’équivalent outre-Atlantique du Ministère des Affaires étrangères, prépare actuellement une nouvelle règlementation pour ces visas J-1. Celle-ci devrait être publiée dans le courant du mois, et entrer en vigueur à compter de la rentrée scolaire de septembre 2014.

Cette nouvelle réglementation ne va malheureusement pas dans le sens d’une simplification de l’accès à un visa pour les enseignants français des écoles homologués, labellisés, des programmes bilingues et des programmes spécifiques comme CODOFIL, qui contribue au développement du français en Louisiane.

Elle prévoit en effet d’exclure les classes de « pre-K » (petite et moyenne sections de l'école maternelle) du périmètre des visas J-1, périmètre qui se limiterait alors aux classes de la grande section d'école maternelle à la classe de terminale. Cela apparaît problématique pour le développement d’écoles maternelles aux normes françaises, ainsi que pour l’apprentissage précoce de français.

La nouvelle réglementation prévoit également une stricte obligation pour les bénéficiaires de visas J-1 de quitter les Etats-Unis à l’issue des trois ans de validité de leur visa, sans possibilité de recourir à d'autres visas pour prolonger leur séjour aux États-Unis. Cette disposition va accentuer le turn-over des personnels dans les structures éducatives qui font appel à des enseignants français, rendant leur recrutement plus difficile et moins attractif.

Cette nouvelle réglementation va donc compliquer le recrutement aux États-Unis d’enseignants français. C’est pourquoi l’ambassade de France à Washington a fait part au Département d'État de sa préoccupation concernant ces mesures, lors d'une réunion en juillet 2013. L’ambassade a transmis à cette occasion une note comportant des propositions d'amélioration de ce dispositif : inclusion des classes de « pre-K » dans le périmètre des visas J-1 et extension à cinq ans de la durée des visas J-1 pour l'enseignement primaire et secondaire.

Deux sénateurs américains, co-présidents du groupe d’amitié Etats-Unis/France (French Caucus), sont également intervenus auprès du Département d'État en décembre 2013, pour lui demander de reconsidérer les dispositions de la nouvelle réglementation.

À ce jour, le Département d'État n'a pas souhaité communiquer sur les éventuels ajustements de son projet de règlementation, étant bien entendu qu'il s'agit d'une compétence régalienne de l'Etat américain. L'ambassade de France à Washington continuera, dans les prochaines semaines, à attirer l'attention des autorités américaines sur le sujet. Je veillerai à suivre ce dossier, car il est essentiel que les enseignants français, qui participent au rayonnement culturel de la France et à la diffusion de notre langue, puissent continuer à exercer aux Etats-Unis.

Indemnisation au titre du chômage des agents recrutés localement par le ministère des Affaires étrangères

Posté le 23 avril 2014

J'avais interrogé il y a quelques mois le ministère des Affaires étrangères sur l'indemnisation au titre du chômage des agents recrutés localement par le ministère des Affaires étrangères. La réponse à ma question écrite n'étant pas satisfaisante, j'ai de nouveau interrogé le ministre des Affaires étrangères et du développement international sur ce sujet.

Texte de la question : Mme Claudine Lepage attire l'attention de M. le ministre des affaires étrangères et du développement international sur la situation des agents recrutés localement par le ministère des Affaires étrangères (MAE) qui, de retour sur le territoire national, sollicitent auprès des autorités compétentes une indemnisation chômage. Ces différentes demandes sont rejetées par le ministère, au motif que la situation des agents recrutés localement ne serait pas régie par le droit français mais par le droit localement applicable. Elle indique que dans la réponse à la question écrite n° 06006 portant sur le même sujet, le MAE mentionnait que « l'état actuel des textes ne permet pas, en l'absence de coordination entre les différents régimes français et étrangers, une prise en charge de ces agents au titre du dispositif français d'indemnisation du chômage des personnes involontairement privées d'emploi ». Elle souligne que le MAE indiquait dans cette même réponse que la question de l'indemnisation chômage des agents recrutés localement faisait l'objet « d'une réflexion approfondie au niveau interministériel ». Elle rappelle également que le Défenseur des droits avait été saisi de cette question et avait recommandé au ministère de prendre les dispositions nécessaires « afin de permettre aux personnels contractuels recrutés sur place par l'administration française de bénéficier d'une protection sociale comparable à celle octroyée aux agents non titulaires de droit public ou aux salariés du secteur privé. » Elle lui demande donc si une réflexion a pu être engagée au niveau interministériel sur ce sujet et si une réponse a pu être apportée au Défenseur des droits.

Libération des quatre otages français détenus en Syrie

Posté le 22 avril 2014

Comme le ministre des Affaires étrangères et du développement international, Laurent Fabius, je souhaite exprimer ma joie suite à la libération des quatre otages français détenus en Syrie. Edouard Elias, Didier François, Nicolas Hénin et Pierre Torres sont rentrés en France dimanche, après dix mois enfermés dans des sous-sols en Syrie, dont un mois et demi enchaînés les uns aux autres.

Le reporter Didier François, s’exprimant au nom des quatre journalistes enlevés en juin 2013, a affirmé que « Ça a été long, mais on n'a jamais douté. De temps en temps, on avait des bribes, on savait que tout le monde était mobilisé. On a cette chance d'être français. ». C’est grâce au travail, long et difficile, du gouvernement français, que les otages ont pu être libérés. D’autres Occidentaux, ainsi que des Libanais, des Turcs et des Syriens, sont encore détenus dans le pays. Bien que leur nombre soit difficile à estimer, certaines familles et gouvernements ayant demandé aux médias de ne pas rendre publiques les disparitions, ils seraient une vingtaine. Il est important d’alerter l’opinion publique internationale pour que ces otages, et tous les autres détenus dans le monde, bénéficient de la même mobilisation de la part de leurs gouvernements.

J’ai une pensée particulière pour les deux otages français encore retenus au Sahel, Serge Lazarevic, enlevé en novembre 2011, et Gilberto Rodriguez Leal, détenu depuis novembre 2012.

Sénat hebdo du 14 au 18 avril 2014

Posté le 22 avril 2014


La semaine dernière a été marquée par l’adoption, mardi, du projet de loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt. Ce texte est essentiel en ce qu'il doit assurer l'avenir de l'agriculture française. Le même jour,  Didier Guillaume a été élu à la présidence du groupe socialiste au Sénat, en remplacement de François Rebsamen, entré au gouvernement. Mercredi, le Sénat a débuté l’examen en première lecture du projet de loi relatif à l’artisanat, au commerce et aux très petites entreprises. Le texte a été adopté le lendemain. Il a pour objectif de soutenir une offre commerciale et artisanale diversifiée sur le territoire français, en favorisant le développement des très petites entreprises. Jeudi, les sénateurs ont adopté en deuxième lecture le projet de loi pour l'égalité réelle entre les femmes et les hommes. Le texte doit maintenant être examiné en deuxième lecture à l'Assemblée nationale. Jeudi, le Sénat a également accueilli un colloque sur le bicamérisme à la française. Les présidents des deux Assemblées ont ouvert les travaux.

Un nouveau site pour une information de qualité sur la culture française au Canada

Posté le 22 avril 2014

Les services culturels de l'Ambassade et des Consulats Généraux de France au Canada ont lancé lundi 14 avril le site francecanadaculture.org, la nouvelle plateforme pour la culture française au Canada. Il s'agit d'un portail qui permet d’accéder de manière simple, thématique et géolocalisée à toute l’actualité et à l’information concernant les échanges artistiques, la langue française et la coopération universitaire. Cette vitrine commune, en français et en anglais, permettra de renforcer la visibilité de la culture française au Canada et les échanges entre nos deux pays. De telles initiatives, qui permettent un accès simplifié à l'information, sont essentielles à la promotion de la culture française à l'étranger !


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Nouvelle édition du plus grand festival français à l’étranger!‏

Posté le 16 avril 2014

Le Festival « Croisement », mis en place par notre réseau culturel, a débuté vendredi dernier à Pékin. Evénement majeur, car il s’agit du plus grand festival culturel français à l’étranger, et du plus important festival culturel étranger en Chine, ce festival a été créé en 2006. Chaque année, il est permet la tenue de nombreux événements, dans plusieurs villes chinoises.

Cette année, ce sont une centaine d’évènements qui sont organisés dans près de 40 villes. Pendant trois mois, du 11 avril au 10 juillet, plus de mille artistes vont ainsi se produire devant plus d’un million de personnes. Multidisciplinaire, ce festival transmet, via les multiples programmes proposés, la culture française dans les domaines du cinéma, du théâtre, du cirque, de la danse, de la musique, des arts visuels, de la littérature et des nouveaux médias.

Dans tous les domaines, des créations franco-chinoises enrichiront la programmation et viendront illustrer la richesse de nos relations culturelles. On trouvera par exemple, exposées dans une galerie de Shanghai du 10 avril au 30 juin, les œuvres de Bahai, peintre et photographe shanghaien qui « partage son cœur et son travail entre la France et la Chine » comme l’indique le site du festival. Ou encore, à Pékin du 19 mai au 16 juillet, l’exposition le Thé et le Vin, qui « révélant à quel point les traditions du vin et du thé se rencontrent », « s’attache à mettre en parallèle ces deux savoir-faire, ces deux savoir-vivre ».

Pour marquer cette année le cinquantième anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la France et la Chine, une exposition de dix chefs d’œuvre français, réunis par cinq des plus grands de nos musées nationaux, se tiendra du début du festival au 15 juin, au Musée national de Chine.

Notre réseau culturel est majeur : il permet l’organisation, chaque année, de 50 000 manifestations culturelles à l’étranger. Vecteur essentiel de notre culture dans le monde, il contribue au rayonnement de la France. Il est également important pour maintenir le lien avec les Français établis hors de France. Il est donc indispensable qu’il soit préservé.

Vous trouverez toutes les informations sur le festival ici.

Sénat hebdo du 7 au 12 avril

Posté le 15 avril 2014

Les travaux en séance, suspendus pendant les élections municipales, ont repris lundi dernier 7 avril.

L'événement de la semaine dernière a été le discours de politique générale de Manuel Valls, mardi. Le même jour, dans le cadre des commémorations du centenaire de la Première Guerre Mondiale, Jean Pierre Bel a inauguré l'exposition "Terres de paix" sur les grilles du jardin du Luxembourg, présentée jusqu'au 4 août et qui voyagera dans le monde jusqu'à 2018. Vous pouvez voir les photos exposées ici. Mercredi, les sénateurs ont engagé l'examen du  projet de loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt, dont l'agro-écologie (défense de l'environnement et d'une agriculture performante) est l'axe fort. Ce texte est essentiel pour l'avenir de la première puissance agricole européenne.


Déplacement à Abidjan du 2 au 5 avril 2014

Posté le 15 avril 2014
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Avec Monsieur l'Ambassadeur Georges Serre et les membres de Fdm-Adfe Abidjan

Mercredi 2 avril :

Arrivée en fin d’après-midi à Abidjan je suis accueillie par Yvonne Trah Bi, ancienne  conseillère à l'AFE, présidente de l'Association de Bienfaisance et Léa Agbo, présidente de FdM-Adfe, et Madame Françoise Jeangros, Consule adjointe. J’ai plaisir de retrouver Maurice Courcier, ancien conseiller à l'AFE de Côté d'Ivoire puis du Gabon qui a organisé un cocktail de bienvenue avec les membres du bureau de Français du monde-adfe Abidjan.

Jeudi 3 avril :

La journée du jeudi 3 avril commence par un entretien avec  la Consule adjointe et les chefs de service du consulat. La communauté française est forte d’environ 17 000 Français dont 15 000 sont inscrits auprès du Consulat. Le service social, les bourses scolaires et la délivrance des visas sont des services qui connaissent une croissance d'activité accrue ces dernières années et le consulat y fait face difficilement en raison de  plusieurs suppressions de postes. La valise itinera est présente mais comme dans de nombreux postes, elle ne fonctionne pas correctement, ce qui pose problème pour servir les Français du Libéria. Six  agents travaillent à l’état civil qui est un service très complexe et très chronophage, de nombreux dossiers devant être vérifiés.  Dans ce domaine également, une simplification des procédures est indispensable à l’avenir. On s'interroge sur la nécessité de transcription des actes d'état civil. D'autres pays ne le font pas. De même,  plutôt que d'établir des certificats  à capacité à mariage, ce qui se fait suite à des auditions, elles aussi chronophages, les agents du consulat pensent qu'un contrôle à posteriori serait plus efficace pour lutter contre les mariages blancs. Les demandes de visa sont bien entendu nombreuses, beaucoup d’Ivoiriens ayant de la famille qui habite en France. Depuis 2012 on note une hausse de 16 % des demandes. Malheureusement, pour les agents du service des visas tout comme pour les demandeurs,  les locaux sont peu appropriés malgré des aménagements récents.

Le centre de médico-social d’Abidjan, l’un des quatre derniers en gestion directe, effectue un travail remarquable que ce soit pour le personnel de l’ambassade, les recrutés locaux, les allocataires du CCPAS ou les Français de passage en difficulté. Il doit, malheureusement pour les plus défavorisés de la communauté, fermer dans les prochains mois

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Yvonne Trah Bi, présidente de l'Association de Bienfaisance

Après la visite du Consulat, je me dirige en compagnie d’Yvonne Trah Bi et Jackie Bertho à l’agence Française de développement (AFD) où je rencontre le directeur M. Bruno Leclerc. L’AFD apporte de l'aide technique par le biais de France Expertise Internationale pour la mise en place du  Contrat de Désendettement et de Développement (C2D) en Côte d'Ivoire et par le SCAC qui envoie des conseillers techniques dans les ministères. Six priorités ont été définies d’un commun accord avec les autorités ivoiriennes : l’éducation, la santé, l’agriculture, le développement urbain – dont l’accès à l’eau potable -, les infrastructures de transports et la justice-Etat de droit. L’AFD souhaite intervenir à l’avenir dans les domaines de l’énergie mais également de la protection sociale.

Ensuite, déjeuner au domicile du Consul autour des élus et des associations françaises.  Je demande aux participants  ce qu'ils pensent de la transformation du CMS en structure associative comme cela existe dans d'autres pays tels le Mali, le Cameroun, le Burkina Faso etc. Le projet demande de la réflexion.

L’après-midi commence par la visite de l’école primaire Jacques Prévert et du Lycée Français Blaise Pascal avec Yvonne Trah Bi. Nicole Delhomme, proviseure du lycée, Claude Arnaud, directeur de l’école et Nicolas Frelot, conseiller culturel sont présents et nous guident dans la visite. Les deux établissements comptent 744 élèves, 45 % d’entre eux sont Français ou binationaux, 35 % Ivoiriens, les autres sont de diverses nationalités mais il y a de nombreux Libanais. Les frais de scolarité sont les mêmes pour les Français et les Ivoiriens. En revanche, il y a un surplus de 30 % pour les autres nationalités. Beaucoup d’élèves sont boursiers.

Visite ensuite du Lycée Maurice Delafosse avec Monsieur Arezki Stiet, Proviseur de l’établissement. Ce projet qui est né en 2004 s’est constitué autour des parents, enseignants, et administratifs qui n’ont pu ou voulu quitter Abidjan au moment de la crise politique. Cette crise avait conduit à la fermeture des différentes écoles françaises. Le collège est homologué par l’AEFE depuis septembre 2012 et le processus est en cours pour le lycée. L’établissement est géré par une Assemblée des parents d’élèves et est lié par une convention de partenariat pédagogique et administratif avec le CNED.

Premier débat entre candidats à la présidence de la Commission: ayons le courage de changer d’Europe!

Posté le 11 avril 2014

Hier, Martin Schulz et Jean-Claude Juncker, candidats respectifs du Parti Socialiste Européen (gauche) et du Parti Populaire Européen (droite) à la présidence de la Commission européenne, ont débuté leur campagne par un premier débat, en français, diffusé sur France 24 et RFI, hier mercredi 9 avril. Un nouveau président de la Commission doit en effet être choisi suite au renouvellement du Parlement européen le 25 mai prochain, et en adéquation avec la majorité sortie des urnes.

L’Allemand Martin Schulz est actuellement, et depuis 2012, président du Parlement européen, dont il est député depuis 1994. Premier ministre et ministre des finances luxembourgeois de 1995 à 2013, Jean-Claude Juncker a également été président de l’Eurogroupe (réunion mensuelle et informelle des Ministres des finances de la zone euro) de 2006 à 2013.

Ce débat de 50 minutes avait vocation à poser les bases de la campagne, plutôt qu’à détailler les programmes des deux candidats. Ce qui serait d’ailleurs un exercice difficile, dans la mesure où le PPE n’en a pas, alors que le PSE a adopté dès mars dernier son Manifeste, dont les propositions sont détaillées sur le site français de la campagne.

Il est intéressant de noter que Jean-Claude Juncker approuve de nombreuses propositions de Martin Schulz, cherchant ainsi à brouiller le débat et à renforcer l’idée que le clivage politique gauche/droite est un leurre, idée avancée par les partis eurosceptiques pour affirmer qu’ils sont la seule alternative réelle. Mais ce qu’approuve M. Juncker diffère largement de la politique menée par le parti populaire européen depuis dix ans qu’il dirige la Commission et est le premier parti du Parlement européen. La question de ce qui les différencie a été posée aux deux candidats lors du débat. Martin Schulz, rappelant que Jean-Claude Juncker adhère à ses propositions (et l’en remerciant), a souligné à juste titre que se pose davantage la question de la réelle proximité entre les positions de M. Juncker et le PPE.

Le débat a toutefois permis de mettre en exergue ces différences bien réelles. Concernant les politiques de lutte contre la crise, Martin Schulz a estimé qu’ « on aurait dû changer de cap plus tôt » et qu’ « il faut de la discipline budgétaire, mais il aurait également fallu faire des investissements ». Jean-Claude Juncker a quant à lui tenu à réaffirmer que la rigueur, certes regrettable, n’était autre que la conséquence de « dérapages ». Il prétend par ailleurs que le PPE était favorable aux investissements, mais force est de constater que telles n’ont pas été les politiques mises en œuvre.

Au sujet des politiques à mener pour relancer la croissance et créer des emplois, on trouve également des différences d’analyse. Martin Schulz souligne que le problème majeur est que les petites et moyennes entreprises, qui ont du potentiel et sont « la colonne vertébrale de l’économie dans beaucoup d’Etats » peinent à exploiter ce potentiel car elles n’ont pas suffisamment accès au crédit. Il faut résoudre ce problème en fluidifiant cet accès, notamment grâce à la Banque publique d’investissement. Jean-Claude Juncker reste dans le flou en expliquant qu’il faut « moderniser l’économie européenne, regarder vers l’avenir, sans mobiliser des montants budgétaires énormes ».

Martin Schulz a expliqué que la croissance allemande est une bonne chose, mais qu’il faut qu’elle tire les autres pays de l’UE vers le haut, qu’elle soit une locomotive. En outre, il a rappelé que le modèle allemand, qui a certes permis la croissance, mais est basé sur la prime à la casse et le travail partiel, n’est pas le seul. Il a salué le modèle choisi par la France pour sa relance. Jean-Claude Juncker a simplement souligné que « les pays qui ont les déficits les moins élevés sont ceux qui ont les meilleurs taux de croissance ».

En matière de politique étrangère, le candidat socialiste a tenu à nuancer les critiques qui sont formulées contre Madame Ashton, que l’on tient souvent responsable du manque d’unité de la politique étrangère européenne, alors même que les réticences viennent des Etats. Il a affirmé que, à la tête de la Commission, il essayerait de les convaincre.

Enfin, Martin Schulz témoigne d’une réelle préoccupation pour le rapprochement entre l’Europe et les citoyens. Interrogé sur son attitude à la tête de la Commission, il a expliqué vouloir « rendre public qui fait quoi, intégrer les citoyens citoyennes dans les processus de décision et leur demander leur avis ». Jean-Claude Juncker s’est contenté de définir les priorités de la Commission (croissance et emploi) sans mentionner les citoyens. Or, le manque de proximité et de transparence est précisément l’un des principaux reproches adressés aujourd'hui à l’Union européenne, et expliquant le peu d’intérêt des citoyens à l’approche de l’élection de mai.

Ce débat marque le vrai début de la campagne pour les élections européennes. Une victoire des socialistes européens sera notre chance de changer pour une Europe, plus forte, efficace, démocratique et sociale, parce que comme le rappelle Martin Schulz, "l'austérité seule ne sert à rien".

Cliquez ici pour (re)voir le débat.

Le sommet UE – Afrique, occasion de repenser et de renforcer les liens entre les deux continents

Posté le 9 avril 2014

http://assirou.net/wp-content/uploads/2014/04/Sommet-Ue-Ua-2014.jpgLe 4ème sommet entre l’Union européenne et l’Afrique  s’est tenu à Bruxelles les 2 et 3 avril. Ce nouveau sommet, quatre ans après le dernier qui s’était tenu à Tripoli, a réuni dirigeants africains et dirigeants de l’UE, ainsi que de hauts responsables des institutions de l’UE et de l’Union africaine. Les participants ont discuté de la paix, de la sécurité, des investissements, du changement climatique et des migrations.

En 2007, une stratégie commune UE-Afrique avait été adoptée, et en 2010 un plan d’action avait été approuvé pour la période 2011-2013. Ce plan fixait des objectifs concrets notamment dans les domaines de la paix et la sécurité, la gouvernance démocratique et les droits de l’homme. A l’issue de ce nouveau sommet, un plan d’action détaillé  a été établi pour la période 2014-2017, autour de cinq domaines prioritaires : paix et sécurité ; démocratie, bonne gouvernance et droits de l'homme ; développement humain ; développement et croissance durables et inclusifs et intégration continentale ; questions globales et émergentes.

L’Union européenne est le premier partenaire économique de l’Afrique, le premier contributeur de l’aide au développement versée au continent, et son premier partenaire dans le domaine de la paix et de la sécurité. Ce sommet était motivé, comme les précédents, par la volonté mutuelle de renforcer ce lien, notamment concernant le changement climatique, auquel le continent est particulièrement vulnérable.

L’aide supplémentaire à apporter à la Centrafrique, où la crise politique s’accentue et où les violences se multiplient, a été un sujet majeur de ce nouveau sommet. La crise dépasse d’ailleurs les frontières du pays, et constitue un enjeu régional au fort potentiel déstabilisateur, du fait notamment de l’afflux de réfugiés dans les pays voisins. L’ONU, représentée lors du sommet par son secrétaire général Ban Ki-moon, prévoit de déployer d’ici mi-septembre 12 000 soldats et policiers pour prendre le relais de la force africaine, la Misca, aux côtés de l’opération française Sangaris. L’UE doit quant à elle déployer une mission militaire Eufor-RCA dans les semaines qui viennent. Ce sommet a été l’occasion de renforcer la solidarité et la coopération entre pays européens, qui peinent à définir une stratégie commune en matière de politique étrangère.

Cela vaut également dans le domaine économique. L’absence de stratégie d’ensemble de l’Europe constitue en effet un frein important aux échanges avec le continent africain. De ce fait, au-delà de l’urgence sécuritaire, ce sommet a permis de jeter un nouveau regard sur le partenariat économique UE‑Afrique, de mettre en avant certains des résultats obtenus et d'étudier de nouveaux domaines de coopération future. Le renforcement de nos relations commerciales doit être en cohérence avec notre politique d’aide au développement, afin de créer les conditions d’une croissance durable sur un continent encore aujourd'hui en proie à la pauvreté (l’Afrique réunit 33 des 47 pays les moins avancés), aux pandémies et à la corruption. Dans ce domaine, une loi d’orientation relative au développement et à la solidarité internationale, adoptée par l’Assemblée nationale, a été transmise au Sénat en février dernier. Ce texte constitue une avancée importante, car c’est la première fois que les parlementaires s’emparent de ce sujet pour en définir les orientations. La transparence y est érigée en valeur clé de notre politique de développement. Le texte vise par ailleurs à renforcer la coordination entre acteurs du développement, et à adapter notre stratégie aux enjeux nouveaux, notamment climatiques.

En déplacement à Abidjan encore la semaine dernière, je suis sensible aux problématiques de l’Afrique, et la nécessité de renforcer et d’actualiser la coopération avec le continent. Ce nouveau sommet a permis de réaffirmer le lien privilégié UE-Afrique, d’ouvrir des perspectives pour la suite, et d’améliorer la solidarité entre pays européens dans leurs relations avec le continent. Il faudra veiller à ce que le plan d’action qui y a été défini se traduise dans la réalité par des avancées concrètes.

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