En fait la possibilité de supprimer les allocations familiales pour absentéisme scolaire sur décision du président du conseil général existe déjà : elle est inscrite dans la loi du 31 mars 2006 relative à l'égalité des chances. Mais comme le déplore Eric Ciotti, l’auteur de la proposition de loi, lui-même président de conseil général « malheureusement très peu de conseils généraux y recourent effectivement ». Il s’agit donc aujourd’hui de durcir la loi.

L’absentéisme et le décrochage scolaire sont des problèmes sérieux qui méritent des solutions autres que répressives. L’absentéisme, puis le décrochage résultent de la politique d’éducation. Il faut agir bien en amont. Lorsqu’on sait qu’à la sortie de l’école primaire, un quart des élèves n’assimilent pas le contenu d’une lecture et que 15 % d’entre eux ont de graves difficultés de compréhension, on comprend mieux que l’absentéisme est le résultat de nombreuses années d’échecs successifs. Le combat contre ces fléaux passe par la mise en place de dispositifs relais (classes et ateliers), qui ont su, en quelques années, montrer leur utilité dans la lutte contre le décrochage scolaire, et par l’individualisation des réponses. La stigmatisation des « mauvais » parents ne fera qu’aggraver la fragilité des familles concernées.