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55e anniversaire du Traité de l’Élysée : réunion du groupe d’amitié France-Allemagne

À l’occasion du 55ème anniversaire du Traité de l’Élysée, le groupe interparlementaire d’amitié France-Allemagne, à l’initiative de sa Présidente, Mme Catherine Troendlé, Sénateur du Haut-Rhin, a reçu Mme Béatrice Angrand, Secrétaire générale de l’Office franco-allemand pour la Jeunesse (OFAJ), et M. David Capitant, Président de l’Université franco-allemande (UFA), pour un déjeuner de travail sur la thématique des initiatives franco-allemandes pour la jeunesse, en présence de M. Pascal Hector, Ministre-plénipotentiaire de l’Ambassade d’Allemagne.

Étaient également présents: M. Jean-Marie Bockel, Sénateur du Haut‑Rhin, M. Antoine Lefèvre, Sénateur de l’Aisne, Mme Claudine Lepage, Sénatrice représentant les Français établis hors de France, Mme Colette Mélot, Sénateur de la Seine-et-Marne, M. Philippe Nachbar, Sénateur de la Meurthe-et-Moselle, Vice-présidents du groupe d’amitié ; Mme Michelle Gréaume, Sénatrice du Nord, M. Ronan Le Gleut, Sénateur représentant les Français établis hors de France, Mme Angèle Préville, Sénatrice du Lot, Secrétaires du groupe d’amitié ; M. Serge Babary, Sénateur d’Indre-et-Loire, Mme Martine Berthet, Sénatrice de la Savoie, MM. Jacques Bigot, Sénateur du Bas-Rhin, Gilbert Bouchet, Sénateur de la Drôme, Mme Pascale Gruny, Sénateur de l’Aisne, MM. Loïc Hervé, Sénateur de la Haute‑Savoie, Benoît Huré, Sénateur des Ardennes, Guy-Dominique Kennel, Sénateur du Bas‑Rhin, Jean-Marie Janssens, Sénateur du Loir-et-Cher, Stéphane Piednoir, Sénateur de Maine‑et-Loire, et Jean-Pierre Vial, Sénateur de la Savoie, membres du groupe d’amitié.

Rappelant qu’aux côtés des affaires étrangères et de la défense, l’éducation et la jeunesse constituaient l’un des trois axes du Traité scellant la réconciliation entre la France et l’Allemagne, signé le 22 janvier 1963 par le Général de Gaulle et le Chancelier Adenauer, Mme Catherine Troendlé a souligné que l’amitié franco-allemande, loin d’aller de soi, devait être pérennisée chaque jour, notamment à travers le rapprochement des jeunes des deux pays. C’est en ce sens qu’œuvrent l’OFAJ et l’UFA.

Annoncée dans le Traité de l’Élysée, la création de l’OFAJ a été concrétisée par un accord gouvernemental signé par la France et l’Allemagne le 5 juillet 1963. Organisation internationale, l’OFAJ a permis depuis à plus de 8 millions de jeunes français et allemands de participer à environ 320 000 programmes d’échanges.

L’OFAJ mène des actions très diverses pour favoriser les échanges de jeunes franco-allemands et met aussi l’accent depuis une dizaine d’années sur le développement d’actions spécifiques en direction des jeunes de milieux défavorisés ou en situation de handicap en France et en Allemagne. Pour cela, l’OFAJ s’appuie sur un réseau d’acteurs (missions locales, maisons de quartier, etc) qu’il convient de former au montage de projets.

Mme Béatrice Angrand, Secrétaire générale de l’OFAJ, a présenté les trois chantiers prioritaires de l’OFAJ répondant à des « signaux faibles » dans la coopération éducative :

– la « formation des multiplicateurs », en renforçant la formation et l’accompagnement des enseignants et des acteurs de jeunesse organisant des échanges franco-allemands, avec notamment une formation à la pédagogie de projets dans un contexte international ;

– le renforcement des actions de motivation pour soutenir la pratique et l’apprentissage de la langue du partenaire, notamment avec le réseau Francemobil et Mobiklasse.de. L’OFAJ peut s’appuyer sur la réouverture des classes bilangues même si ce n’est pas le seul format possible d’apprentissage de l’allemand. Il effectue aussi un travail de sensibilisation en direction des Länder en Allemagne où l’apprentissage du français est fragilisé ;

– et le développement de programmes tri-nationaux à l’instar de l’Office régional de coopération pour la jeunesse mis en place dans les Balkans occidentaux (Regional Youth Cooperation Office – RYCO) ; la coopération franco-allemande est une source d’inspiration dans le monde. Cette structure dans les Balkans  peut être une source d’inspiration pour des programmes internationaux de la jeunesse auxquels la France et l’Allemagne pourraient participer.

Comme l’a rappelé Mme Troendlé, les initiatives franco-allemandes en faveur de la jeunesse passent aussi par la question de la formation, et notamment par les cursus binationaux.

Créée par l’accord de Weimar de 1997, l’Université franco-allemande (UFA) soutient les cursus intégrés conduisant dans de très nombreuses disciplines à des doubles diplômes franco-allemands : sciences humaines, ingénierie, études commerciales, et probablement médecine prochainement.

M. David Capitant, Président de l’UFA, a souligné que les presque 180 formations binationales soutenues par l’UFA dans toutes les disciplines sont proposées par des écoles et universités sur l’ensemble du territoire.

80 % des étudiants ayant suivi une formation de l’UFA ont été employés dans les 3 mois après l’obtention de leur diplôme : la formation de cadres franco-allemands répond ainsi aux besoins de nombreuses structures.

M. David Capitant a, en outre, rappelé que le Master européen de gouvernance et d’administration (MEGA), master franco-allemand en administration publique créé en 2003 à l’occasion du 40ème anniversaire du Traité de l’Élysée, est placé sous l’égide de l’UFA. Cette formation s’adresse non seulement aux fonctionnaires d’État et parlementaires français et allemands, mais également aux agents publics de l’ensemble des collectivités territoriales. Ainsi, il permet de sensibiliser les cadres territoriaux aux problématiques franco-allemandes et de leur donner les outils nécessaires pour mettre en œuvre des projets de coopération impliquant les administrations des deux États à tous niveaux.

À cet égard, les membres du groupe d’amitié ont également échangé avec Mme Béatrice Angrand et M. David Capitant sur l’importance du rôle des collectivités territoriales et de l’engagement des élus locaux dans le développement de liens entre jeunes français et jeunes allemands, au travers notamment des jumelages entre villes françaises et allemandes et de la coopération entre  régions et Länder.

Afin d’illustrer le rôle essentiel des élus locaux dans l’aboutissement de projets franco-allemands, il a été rappelé que M. Olaf Scholz, Maire de Hambourg, œuvre depuis juin 2016 à la mise en place du 4ème lycée franco-allemand à Hambourg qui devrait voir le jour en 2021. Les trois autres lycées franco-allemands – ceux de Sarrebruck (créé en 1961) et Fribourg (créé en 1972) en Allemagne, et celui de Buc (créé en 1975) en France – avaient été fondés à la suite du Traité de l’Élysée.

L’importance du bilinguisme tout particulièrement dans les régions frontalières a également été soulignée, afin de permettre l’accès des jeunes au marché du travail dans les deux pays.

S’agissant de l’actualité politique allemande, M. Pascal Hector, Ministre plénipotentiaire de l’Ambassade d’Allemagne, a fait savoir qu’une nouvelle étape dans les négociations de coalition entre la CDU et le SPD avait été franchie mais que celles-ci n’aboutiraient probablement pas avant encore deux à quatre semaines. Au titre des sujets faisant principalement l’objet de dissensions figurent notamment la sécurité sociale, et au premier plan l’assurance maladie, le marché du travail et l’encadrement des contrats à durée déterminée, ainsi que l’immigration et la question du regroupement familial.

Interrogé ensuite sur les relations bilatérales entre la France et l’Allemagne, M. Pascal Hector a indiqué qu’une révision du Traité de l’Élysée était prévue par les deux parties même si celle-ci constitue principalement une actualisation et un approfondissement des mesures instaurées en 1963. Mme Catherine Troendlé a fait part, au nom du groupe d’amitié France-Allemagne du Sénat, du souhait que le Sénat soit associé au volet parlementaire de cette révision du Traité de l’Élysée.

Par ailleurs, lors de ce déjeuner, M. Antoine Lefèvre, Sénateur de l’Aisne, Vice-président du groupe d’amitié, s’est vu remettre son passeport allemand par M. Pascal Hector, Ministre-plénipotentiaire de l’Ambassade d’Allemagne, à l’issue des démarches qu’il avait entreprises pour l’obtention de la nationalité allemande.

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