Neuhausen Café

Interview au petitjournal.com Milan

Posté le 6 mai 2013


Lors de mon récent déplacement à Milan, j'ai été interviewée par des journalistes du petitjournal.com.

Au menu de cet entretien, l'Assemblée des Français de l'étranger, les législatives partielles, la moralisation de la vie publique, le mariage pour tous ... etc.

 

 

 

 

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Interview au petitjournal.com

Posté le 2 mai 2013

Claudine Lepage (Photo LPJ Bankgok.com)

Lors de mon récent déplacement à Bangkok j'ai eu le plaisir de répondre aux questions d'un journaliste du petitjournal.com

Elue sénatrice (PS) des Français établis hors de France en 2008, Claudine Lepage est secrétaire de la commission de la culture, de l'éducation et de la communication. Elle est également membre de la délégation aux droits des femmes et à l'égalité des chances entre les hommes et les femmes. En visite à Bangkok les 18 et 19 avril derniers, elle a bien voulu répondre aux questions du PetitJournal.com

LePetitJournal.com : Que pouvez-vous nous dire sur votre visite en Thaïlande ?
Claudine Lepage : Cette visite de deux jours m’a permis de rencontrer différentes composantes de la communauté française établie en Thaïlande. J’ai notamment visité le Lycée Français, où j’ai pu m’entretenir avec le directeur du primaire et la directrice thaïlandaise. Je n’ai malheureusement pas pu rencontrer les élèves qui étaient en vacances scolaires. Lors de ces rencontres, le projet immobilier de l’école de Bangkok m’a été présenté. Etant donné l’augmentation continue du nombre d’élèves, ce projet me parait vital pour l’avenir de l’établissement.
J’ai également rencontré les opérateurs économiques, (CCE, CCFT, et le représentant de la mission économique) ainsi que des entrepreneurs. Cela m’a permis de confirmer ce que l’on dit en France : la Thaïlande est un pays dynamique qui offre de réelles opportunités à condition, bien entendu, d’avoir un projet viable sur le plan économique. Il est, en effet, déconseillé de venir s’installer en Thaïlande, comme dans d’autres pays émergents, sans préparation et sans avoir connaissance des règles et du fonctionnement du marché local.
Lors de mon déplacement à Pattaya, j’ai également rencontré des retraités français venus en Thaïlande pour passer leur "retraite au soleil". Ce type d’immigration s’est développé au cours de ces dernières années en Thaïlande mais aussi à Madagascar ou au Maroc. A Pattaya, une vraie communauté s’est d’ailleurs constituée avec ses propres interrogations.
Evidemment, ils n’ont pas les mêmes attentes que les entrepreneurs que j’ai pu rencontrer à Bangkok. Et s’il est important de s’intéresser à des entrepreneurs dynamiques, qui œuvrent pour notre diplomatie économique il est également indispensable de rencontrer nos compatriotes qui se sont établis ici, et qui à un moment ou à un autre se trouvent ou risquent de se trouver en difficultés. Il est important de ne pas les oublier.

Que vous ont dit ces retraités, que retenez-vous de vos rencontres avec eux ?
J’ai été beaucoup interpellée, comme souvent lors de ces rencontres, sur les questions qui touchent au social et notamment sur la Caisse des Français de l’étranger.
A ce sujet, je suis convaincue de la nécessité de rendre l’accès à la CFE plus abordable pour le plus grand nombre, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. La troisième catégorie aidée avait été créée dans cette optique mais je ne suis pas sûre que l’objectif ait été atteint car les tarifs restent élevés. Il faut peut-être étudier cette question pour rendre la caisse encore plus solidaire.
Le remboursement des soins, notamment en cas de cancer, est aussi une source d’inquiétude.

Quid des acteurs économiques ?
J’ai rencontré, comme je le fais à chacun de mes déplacements, de nombreux acteurs économiques. Michel Testard, conseiller AFE de la circonscription, avait organisé une table ronde portée sur l’économie. Trois entrepreneurs, ainsi que des membres la mission économique et de la chambre de commerce étaient présents. Les échanges ont été très instructifs et le dynamisme économique de la Thaïlande a été une nouvelle fois affirmé.

Le volet enseignement ?
A chacun de mes déplacements à l’étranger, je consacre une partie importante de mon temps  aux sujets liés à l’enseignement et à la culture. En tant que membre du Conseil d’administration de l’AEFE, je m’intéresse logiquement aux questions éducatives.
Ici, je n’ai malheureusement pas pu m’entretenir avec le COCAC (Conseiller de Coopération et d’Action Culturelle et Scientifique de l’ambassade, ndlr) qui était absent, ni rencontrer les élèves qui étaient donc en vacances. J’ai toutefois rencontré les représentants des parents d'élèves du LIFB qui m’ont parlé des projets immobiliers.
Néanmoins, au cours de ce déplacement, les questions liées à l’éducation ont été nombreuses. J’ai notamment été interrogée sur la réforme des bourses scolaires, et plus précisément sur la suppression de la prise en charge(PEC).
Le témoignage que j’ai eu correspond à ce que je disais au départ, c’est-à-dire que la suppression de la PEC en juillet 2012, même si elle était souhaitée et attendue, a peut-être été un peu rapide, dans la mesure où des familles n’avaient pas prévu de payer la scolarité d’un ou de deux enfants au lycée et leurs revenus trop élevés ne leur permettaient pas d'accéder aux bourses sur critères sociaux. Je comprends donc tout à fait les craintes que ces familles ont pu ressentir au moment de la suppression de la PEC. Je tiens à préciser que cette suppression a également été accompagnée d’une réforme plus générale de l’aide à la scolarité.
Il est trop tôt pour savoir les conséquences que cette réforme aura en Thaïlande mais nous savons déjà que dans les pays où les points de charge étaient très élevés, cela signifiera une baisse des bourses d'une quotité de 100 %. Il faut désormais attendre les conclusions de la commission locale des bourses qui se tiendra au mois de mai, et de la commission nationale des bourses, dont je fais partie, qui se réunira en juillet. Il faudra se montrer très attentif aux résultats de cette première commission locale afin de procéder aux ajustements nécessaires et ainsi éviter que des familles soient trop pénalisées.

Claudine LEPAGE Sénatrice des Français établis hors de France nous a fait le plaisir de sa présence à Pattaya

Posté le 23 avril 2013

Le journal de Pattaya a consacré un article sur ma venue  le 18 avril dernier.

Accompagnée de Michel TESTARD élu AFE sur notre zone géographique nous avons pu en présence d’une vingtaine de membres de la communauté de Pattaya lui exposer et débattre de nombreux problèmes et souhaits rencontrés par notre communauté.

Entre autres :

- Relations avec la CFE (montants de remboursements parfois très faible par rapport aux montants payés, incohérences dans les modes de calculs, mise en avant par la CFFE de textes contradictoires entre autres).

- Demande renouvelée d’un hôpital agréé CFE à Pattaya.

- Coût de certaines maladies entre autre le cancer , traitement par chimiothérapie qui est remboursé de façon dérisoire.

- État de précarité pour certains de nos membres très âgés qui ne peuvent compter que sur le soutien des associations locales.

 

- Au niveau de la fiscalité, difficulté avec l’administration fiscale qui d’un interlocuteur a l’autre interprète les textes d’une manière différente.

- Besoin impératif et urgent d’une véritable représentation consulaire à Pattaya, le nombre de nos ressortissants étant en augmentation permanente. (Les estimations de notre population locale étant de 3 000 personnes d’où nécessité de s’enregistrer au Consulat et en plus environ 5 a 6000 touristes en permanence à Pattaya.)

Nous savons que le processus est en cours mais ne peut se faire rapidement.


Ensuite quelques personnes ont présenté des dossiers personnels CFE et Impôts sur lesquels le plus grand soin de traitement sera apporté.

Les entretiens se sont ensuite poursuivis autour d’un buffet préparé par les cuisines de l’hôtel Mercure.

Daniel SZTANKE Président de Français du Monde

 

 

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« Les déplacements à l’étranger nourrissent la réflexion et le travail parlementaire »

Posté le 18 avril 2013

Lors de mon récent déplacement à Singapour (14-17 avril) j'ai pu échanger avec une journaliste du petitjournal.com. Au menu de cette interview, les spécificités de mon mandat de parlementaire, le bilinguisme, la réforme de l'Assemblée des Français de l'étranger, etc.

Lepetitjournal.com – Quel est le but de votre visite à Singapour ?
Claudine Lepage- En tant que représentante des Français établis hors de France, mon travail consiste à siéger au Sénat comme tous les sénateurs et à voyager pour rencontrer les communautés françaises établies à l’étranger. Jusqu'à présent, je me suis peu déplacée sur le continent asiatique et je découvre ainsi Singapour, un modèle sur le plan économique bien différent de l’Europe. D’ailleurs, la communauté française ne cesse d’augmenter dépassant les 10.500 inscrits sur le registre consulaire. Lors de mes déplacements à l’étranger, je me tiens à la disposition des Français avec lesquels nous échangeons et je rencontre également les représentants de la communauté française tant sur le plan culturel qu’économique et éducatif. Bangkok sera ma prochaine étape.

Comment organisez-vous votre travail concrètement, en tant que sénatrice des Français de l'étranger ?
Je n’ai pas de circonscription, pas plus que les autres sénateurs des Français de l’étranger puisque notre circonscription, c’est le monde entier ! Ce qui veut dire, concrètement : environ une semaine de voyage par mois, et puis trois semaines au Sénat à Paris pour faire le travail législatif.

De quelle façon peut-on être le plus efficace ? En passant du temps à Paris ou en passant du temps sur le terrain ?
C’est évidemment un équilibre subtil. Mais les voyages nourrissent la réflexion et le travail parlementaire. Ils sont nécessaires même si nous nous appuyons sur des relais locaux. Par exemple, les conseillers à l’Assemblée des Français de l’étranger, les associations… Nous sommes les représentants de la nation toute entière mais nous veillons particulièrement à intervenir sur les textes de loi qui concernent les Français de l’étranger: il faut être là pour pouvoir débattre et défendre les intérêts de chacun.

Quelles sont les principales attentes exprimées par les expatriés ?
En général, l’éducation des enfants et le maintien de la langue et de la culture française sont des préoccupations qui reviennent très souvent. Ce sont des questions que l’on trouve un peu sur tous les continents même si la réponse n’est pas la même partout. A Singapour, comme à Hong Kong d’ailleurs, la réflexion sur l’économie et le commerce extérieur est très importante.

Quelques mots sur l’actualité du moment ?

La réforme de l’Assemblée des Français de l’étranger
Actuellement, la réforme de l’Assemblée des Français de l’étranger est au cœur des débats. Le texte a été adopté au Senat et sera débattu courant mai à l’Assemblée nationale. Ce projet de loi- s’il est adopté- permettra l’élection des nouveaux conseillers consulaires qui aura lieu au printemps 2014. Cette élection permettra aussi la mise en place du nouveau collège électoral élargi qui élira les sénateurs en septembre 2014.

Le passeport grand voyageur
Le passeport grand voyageur était très attendu. Doté de 48 pages au lieu de 32, il sera délivré, à discrétion des services consulaires en justifiant de son besoin et au même prix que le passeport "classique" pour une durée de validité équivalente. Le consulat de Singapour est prêt pour accueillir les premières demandes.

Le bilinguisme
Lors de ma visite au sein du Lycée français de Singapour, je serai très attentive au fonctionnement de la section bilingue. Ayant vécu- en tant que parent- une méthode d’enseignement biculturelle en Allemagne, je serai très à l’écoute afin de mieux connaitre et comprendre la mise en place du bilinguisme avec des locuteurs anglophones au sein d’un système éducatif français.

La baisse des allocations familiales pour les familles les plus aisées
Le président François Hollande a annoncé récemment une modulation des allocations familiales selon les revenus et je pense que c’est une bonne chose en cette période budgétaire difficile.

Les violences à l’encontre des touristes femmes en Inde
La prudence et le respect sont les principes de base lorsque nous voyageons et visitons des pays étrangers. En général, lorsque les femmes s’émancipent, étudient à l’égal des hommes, lorsque les mœurs évoluent, les violences  envers elles augmentent reflétant ainsi un mal être de la société. Il faut en être conscients et ne pas hésiter à consulter le site http://www.diplomatie.gouv.fr qui divulgue des conseils pratiques aux voyageurs et qui est mis à jour régulièrement.

Que diriez-vous aux Français qui s’apprêtent à rentrer en France cet été après une période d’expatriation et qui s’inquiètent de la conjoncture actuelle ?
Le Président de la République, François Hollande a fait des promesses aux Français sans jamais masquer les difficultés qui nous attendaient et le temps qui serait nécessaire avant de percevoir les fruits de cette politique. Tout ne peut être fait du jour au lendemain. Depuis le mois de juillet 2012, un certain nombre de réformes ont vu le jour notamment en matière de budget, de logement, d’énergie, de compétitivité, d’emploi avec le contrat de génération, les emplois d’avenir, et la transcription législative de l’accord syndical sur la sécurisation de l’emploi dont l’examen commence la semaine prochaine au Sénat. Après cinq ans de crise, il faut se laisser le temps et je pense que les résultats porteront leurs fruits d’ici 2014-2015.

Propos recueillis par Carole Chomat (www.lepetitjournal.com-Singapour) jeudi 18 avril 2013

Abass Bonfoh a reçu Claudine Lepage

Posté le 20 février 2013

Claudine Lepage, Sénatrice (PS) des Français établis hors de France, présidente déléguée du Groupe France-Afrique de l’Ouest pour le Togo, a été reçue lundi par Abass Bonfoh, le président de l’Assemblée nationale. Au menu des discussions, la coopération parlementaire et les questions relatives à la parité.

Mme Lepage est membre de la délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes. Et justement, les députés togolais viennent d’apporter des modification au code électoral qui encourage la parité pour les mandats électifs nationaux ; une mesure toutefois non-contraignante.

La sénatrice était accompagnée de l’Ambassadeur de France au Togo, Nicolas Warnery.

Article paru sur www.republicoftogo.com

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Monique Morales – « La France est le pays qui fait le plus au monde pour ses ressortissants à l’étranger »

Posté le 30 janvier 2013

Une conseillère des Français de l'étranger interrogée par le petit journal.com:

Dans le millefeuille des autorités françaises et des associations d'aide aux expatriés installés en Espagne, Monique Morales porte une voix qui détonne. Ancienne enseignante au Lycée français de Madrid et responsable syndical d'une filière pédagogique entière, la Tourangelle de naissance occupe depuis quelques années des fonctions politiques de premier ordre, en tant que représentante officielle de la Communauté française en Espagne. Des fonctions remises en cause aujourd'hui depuis l'élection de députés des Français de l'étranger, lors des législatives de juin 2012, alors qu'un grand chamboulement en interne se prépare. Portrait.

Médaillon de son groupe politique épinglé sur le chemisier, rouge à lèvres, tenue soignée : Monique Morales porte avec fierté les couleurs de la France. À 73 ans, cette enseignante du Lycée français de Madrid à la retraite, née à Tours mais mariée à un Espagnol depuis une quarantaine d'années ("Je suis une émigrée sentimentale", confesse-t-elle le visage rougi) fait face à un nouveau défi qui la pousse à l'introspection. Dans le courant de l'année ou peut-être l'année prochaine - "aucune date précise n'est encore fixée" - auront lieu d'importantes élections à l'Assemblée des Français de l'étranger. Monique Morales est l'une des cinq conseillers, dans la circonscription espagnole, à remettre son siège en jeu.

Photo lepetitjournal.com

"Pas de télescopage entre le député et nous"

L'AFE ? C'est cet organe consultatif, placé entre les expatriés français et le Sénat, chargé de faire remonter à Paris les problématiques locales des Français installés loin de leurs bases. "Ce sont les représentants politiques de la Communauté française en Espagne", traduisent les services de l'Ambassade de France à Madrid. Seul hic : depuis le mois de juin 2012 et les élections législatives, ces élus du peuple ont perdu de leur pouvoir, au profit d'un député des Français de l'étranger par circonscription, directement rattaché à l'Assemblée nationale donc législateur en puissance. Dans la cinquième circonscription, c'est le socialiste Arnaud Leroy qui occupe le poste. "Est-ce que nos actions se télescopent ? Je ne pense pas", répond Monique Morales, qui préfère éteindre toute polémique. "La présence d'un député de l'Assemblée nationale doit être un plus pour nos concitoyens. Il faut encore que l'on trouve la bonne articulation entre nous."

"Là pour souligner l'immense travail que font les associations"

L'arrivée d'un député siégeant au Palais Bourbon aurait donc des vertus pour l'Assemblée des Français de l'étranger, si l'on suit le raisonnement de Monique Morales. Elle permettrait de recentrer leurs activités et de donner un nouveau sens à son engagement politique. "Ce n'est pas facile, mais on restera toujours là pour souligner l'immense travail que font les associations sur le terrain", ajoute-t-elle. L'AFE se mobilise sur cinq préoccupations principales des expatriés français : l'enseignement "avec l'octroi de bourses scolaires, les conditions d'accès à l'éducation qui diffèrent dans chaque pays", les affaires sociales, l'emploi, la sécurité ou encore l'aide juridique ("en cas de divorce, de garde d'enfants"). "Notre travail, c'est de régler des cas particuliers et de faire remonter des problématiques générales rencontrées par les Français de l'étranger à Paris", précise Monique Morales, qui ajoute que l'AFE ne peut que formuler "des vœux" au Sénat, sa chambre parlementaire de référence.

Date butoir pour l'élection à l'AFE

Une grande réforme en interne s'est donc mise en route, sous l'égide de la Ministre déléguée chargée des Français de l'étranger, Hélène Conway-Mouret. Des élections anticipées étaient initialement prévues en juin 2013, mais il est fort probable qu'elles soient repoussées : un vaste moment d'échanges et de discussions a lieu actuellement entre les différents acteurs de la réforme. La date butoir de septembre 2014, mois des élections sénatoriales, a déjà été fixée. Dans ce tumulte qui redéfinit les lignes des principales institutions françaises décentralisées par effet domino, Monique Morales garde et gardera toujours en elle la fierté de son pays : "La France est le pays qui fait le plus au monde pour ses ressortissants à l'étranger."

Monique Morales en 7 dates:

- Née le 22/03/1939 à Tours (Indre-et-Loire) - Arrivée à Madrid en 1965, où elle commence par étudier l'espagnol à l'école de Philosophie et des Lettres, Cuesta Santo Domingo, près des bureaux de l'Alliance française actuellement. - Professeur des écoles pendant 38 ans au Lycée français de Madrid (classes de maternelle jusqu'à CM1 - CM2) - Élue conseillère à l'Assemblée des Français de l'étranger en 1991. Réélue en 1994, 2000 et 2006. - Fait Chevalier de la Légion d'honneur en 2002. - Elue seconde vice-présidente de la Caisse des Français de l'étranger (CFE) en 2003. - Juin 2013 - septembre 2014 : remet son siège de conseillère à l'AFE en jeu.

Damien LEMAÎTRE (www.lepetitjournal.com - Espagne) Mercredi 30 janvier 2013

C. LEPAGE – « Pour un nouveau départ Franco-Allemand »

Posté le 23 janvier 2013

Alors que François Hollande et Angela Merkel se réunissent aujourd’hui à Berlin afin de célébrer le cinquantième anniversaire de la réconciliation franco-allemande officialisée par la signature du Traité de l’Elysée en 1963 entre le chancelier Konrad Adenauer et le président français Charles de Gaulle, Claudine Lepage, sénatrice PS des Français de l’étranger, expose dans cette tribune son point de vue sur le couple moteur de l'Europe.

Le traité  de l’Élysée, signé le 22 janvier 1963  a été précédé de deux visites  marquantes : celle du chancelier Konrad Adenauer en juillet 1962 en France et la seconde deux mois plus tard, du général de Gaulle en Allemagne marquée par un discours fort, en allemand, à la jeunesse allemande, à Ludwigsburg. C’était à l’époque le Traité de la réconciliation. Difficile de se remémorer cette époque pour qui la paix en Europe de l’ouest est une évidence. Et pourtant les guerres meurtrières qui ont précédé ont laissé bien des cicatrices dans les familles et dans la mémoire collective. On est passé de la réconciliation à l’amitié, au mariage (de raison si ce n’est d’amour) au moteur franco-allemand pour  ceux qui se veulent plus pragmatiques.

Mais que reste-t-il, aujourd’hui, du traité de l’Élysée ? Des rencontres  régulières au plus haut niveau, une étroite coopération entre les deux gouvernements et de nombreux échanges de jeunes organisés notamment par l’Office franco-allemand de la jeunesse. Le Traité de l’Élysée est-il aujourd’hui caduc ? Doit-on le revoir ? Doit-on l’élargir à d’autres Etats?

Un anniversaire, le cinquantième de surcroit est le moment de  s’interroger sur l’avenir. Le Monde posait il y a quelques semaines des questions pertinentes : « Pourquoi, cinquante ans après le traité de Élysée, la coopération militaire entre les deux pays reste-t-elle balbutiante ? Pourquoi n’y a-t-il aucune ambassade commune ? Pourquoi, à l’ONU et au G20, les deux pays sont-ils incapables de parler d’une seule voix ? Pourquoi se font-ils concurrence au Maghreb et au Proche-Orient ? Pourquoi n’y a-t-il toujours pas le même taux d’imposition sur les sociétés ? Pourquoi les politiques énergétiques sont-elles contradictoires ? Pourquoi, au sein d’EADS, la nationalité des dirigeants continue-t-elle déprimer sur leurs compétences » ? Pourquoi ? Différences culturelles ? Politique intérieure ? Pour satisfaire l’électorat d’une élection à l’autre ?

Au delà des questions institutionnelles, les relations franco-allemandes, je parle ici des relations entre les Français et les Allemands, ont connu une évolution sans pareil. Il me suffit de me rappeler les larmes de ma grand-mère, Lorraine, qui avait connu deux guerres d’assez près, apprenant que j’allais épouser un Allemand. Réaction difficilement concevable aujourd’hui ! Les mariages franco allemands se sont multipliés et les naissances en découlant (les divorces aussi !), ce qui a entraîné des  évolutions  de mentalité et peu à peu de législation, je pense au droit matrimonial franco-allemand, même si tout n’est pas encore pour le mieux. Il est aujourd’hui possible d’acquérir la nationalité française/ou allemande sans renoncer à celle de son origine et j’en connais plus d’un qui rêverait d’un passeport franco allemand !

De nombreux jumelages entre nos villes et villages ont dynamisé la réconciliation puis l’amitié franco allemande.  Ceux-ci ont rapproché les  populations dès les années 60  avec parfois des effets inattendus. Ainsi Lucenay les Aix, village de la Nièvre  signe une charte de jumelage en 1966 avec Waldesch, petite commune de la Rhénanie Palatinat. Ce sont les Français qui effectuent les premiers le déplacement  en Allemagne. Les Lucenayais sont éblouis par le confort des maisons de leurs nouveaux amis allemands et  en  concluent qu’ils ne  peuvent les recevoir dans leurs maisons  sans eau courante ni salle de bains! Il a donc fallu au plus vite installer l’eau courante dans toute la commune, le tout-à-l’égout et pour ceux qui le pouvaient des salles de bain ! Un jumelage franco-allemand décisif pour la modernisation de cette charmante commune rurale de la Nièvre !

Aujourd’hui  pour nous qui vivons au quotidien dans un contexte franco-allemand, la relation s’est banalisée, les échanges se font sans y penser et les différences se gomment peu à peu. Mais qu’en est-il du citoyen moyen ? Les Français parlent peu l’allemand, connaissent mal l’Allemagne et les Allemands, ils envient les Allemands pour leurs succès économique et footballistique, ils voudraient  obtenir  l’estime de leurs voisins alors que les Allemands convaincus de leur supériorité économique voudraient finalement vivre simplement comme Dieu en France et souhaiteraient de plus que les Français les aiment … une impasse ? Il faut relancer toutes les initiatives qui permettront aux deux peuples de mieux se connaître. Une commémoration comme celle que nous nous préparons à célébrer  ne doit pas être  exclusivement destinée à  évoquer le passé mais avant tout à mobiliser la jeunesse et les sociétés civiles française et allemande en faveur du renforcement de notre amitié et plus largement de l’intégration européenne.

Les commémorations sont certes utiles mais ne suffisent pas pour faire avancer l’Histoire, il faut sans cesse se parler pour répondre ensemble aux questions qui se posent et continueront à se poser. Comme François Hollande l’avait  annoncé pendant sa campagne, un nouveau traité de l’Élysée qui redynamiserait la relation franco-allemande dans tous les domaines doit être renégociée ! Vite !

Claudine Lepage, sénatrice (PS) représentant les Français établis hors de France (lepetitjournal.com) - mardi 21 janvier 2013

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« Les têtes tombent à l’Audiovisuel extérieur français »

Posté le 5 octobre 2012

| AFP/ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

La commission de la Culture, de l'Education et de la Communication a, ce mercredi, procédé à l'audition de Mme Marie-Christine Saragosse, candidate pressentie pour la présidence de l'audiovisuel extérieur de la France (AEF). Le nom de Mme Saragosse était celui retenu par le CSA, à qui  le Président de la République avait demandé de « l’éclairer » sur la personnalité la plus apte à présider AEF.

En effet, François Hollande s’est engagé à revenir sur la réforme de Nicolas Sarkozy et, dans l'attente de la loi sur l'audiovisuel de 2013, Mme Saragosse sera la  dernière dirigeante d’entreprise audiovisuelle publique à être officiellement nommée par le Président de la République. Déjà auditionnée par la Commission de la Culture de l'Assemblée nationale le décret de sa nomination est attendu incessamment.

Alors que M. de Pouzilhac laisse une AEF exsangue, après des mois de conflit social, Mme Saragosse adopte d'emblée un ton très différent de celui de son prédécesseur, évoquant notamment la nécessité de "panser les blessures" et assurant vouloir "convaincre plutôt que contraindre". Cette volonté de refonder le dialogue social dans l’entreprise commande un changement complet de méthode. Logiquement, une grande partie de l'équipe dirigeante nommée par Alain de Pouzilhac est donc déjà poussée vers la sortie.

Vous pourrez lire ci-dessous un article du Monde paru dans l'édition datée du 5 octobre et ici, un portrait de Marie-Christine Saragosse.
Le texte  de son audition devant la commission de la Culture du Sénat , ainsi que celui de mon intervention en qualité de rapporteure pour avis du budget audiovisuel extérieur seront consultables très prochainement.

Les têtes tombent à l'Audiovisuel extérieur français

Le Monde.fr | • Mis à jour le

Par Marie de Vergès

Grand ménage au sommet de l'Audiovisuel extérieur français (AEF). Avant même que Marie-Christine Saragosse soit confirmée par décret présidentiel à la tête de cette entité qui chapeaute France 24, RFI et Monte Carlo Doualiya, plusieurs directeurs, liés à son prédécesseur, Alain de Pouzilhac, sont poussés vers la sortie.

La première écartée, jeudi 4 octobre, a été Nahida Nakad, directrice des rédactions de France 24 et du pôle arabophone Monte Carlo Doualiya. Frank Melloul, directeur de la stratégie de l'AEF, et qui fut candidat face à Mme Saragosse pour en devenir le président, est aussi sur le départ.

D'autres personnalités sont sur la sellette, entre autres la directrice des affaires juridiques, Véronique Katlama-Rouzet et le directeur des affaires techniques, Bruno Tezenas du Moncel. Reste aussi à régler le sort de l'alter ego de Mme Nakad à RFI, Anne-Marie Capomaccio. Selon certaines rumeurs, elle pourrait se voir offrir un "placard doré", à Washington par exemple.

"QUAND ON CHANGE DE POLITIQUE, ON CHANGE DE PREMIER MINISTRE"

Ce coup de balai ne surprend personne. Tous ces cadres avaient été nommés par M. de Pouzilhac, contraint à la démission en juillet, après avoir été désavoué par le nouveau gouvernement sur le projet de fusion des rédactions. "Quand on change de politique, on change de premier ministre", indique Pascal Paradou, délégué du personnel à RFI.

Mme Saragosse a été adoubée, jeudi, par les commissions culturelles de l'Assemblée nationale et du Sénat. Elle n'attend plus que le feu vert élyséen pour prendre officiellement ses fonctions. La future patronne de l'Audiovisuel extérieur a promis d'œuvrer pour l'"apaisement" au sein de cette structure.

Pour les personnels, les dernières évictions n'entrent pas en contradiction avec cet objectif. "C'est cet encadrement qui a tenté de mettre en place le plan de fusion avec beaucoup de brutalité. Ils ne sont plus crédibles", dénonce Elisa Drago du syndicat SNJ-CGT chez RFI.

De fait, Mme Saragosse a répété, lors de ses auditions devant le Parlement, que le projet de fusion était bel et bien annulé.

 

RFI – 31/05/2012 Claudine Lepage : «Les Français de l’étranger vont avoir une représentation parlementaire complète»

Posté le 1 juin 2012

Claudine Lepage : «Les Français de l’étranger vont avoir une représentation parlementaire complète»

Claudine Lepage passe en moyenne trois semaines à Paris et une semaine à l'étranger tous les mois. Daily motion

Elue sénatrice (PS) des Français établis hors de France en 2008, Claudine Lepage suit de près la campagne législative qui va permettre aux Français expatriés d’avoir, pour la première fois, des députés à l’Assemblée nationale. Il s’agit selon elle d’une évolution très positive, notamment parce qu'elle fera gagner du temps dans l’avancée des textes de loi.

RFI : Comment organisez-vous votre travail concrètement, en tant que sénatrice des Français de l'étranger ?

Claudine Lepage : Mon travail consiste à siéger au Sénat comme tous les sénateurs et à voyager pour aller voir les communautés françaises établies à l’étranger. Je n’ai pas de circonscription, pas plus que les autres sénateurs des Français de l’étranger puisque notre circonscription, c’est le monde entier. Et donc ça veut dire, concrètement : environ une semaine de voyage par mois, et puis trois semaines au Sénat pour faire le travail législatif comme mes collègues sénateurs.

RFI : La tâche des députés sera-t-elle plus facile, du fait qu’ils auront des circonscriptions, certes très larges, mais définies géographiquement ?

C.L. : Je pense que ça dépendra des circonscriptions. Il y a des circonscriptions qui, tout en étant vastes, ont quand même une certaine cohérence culturelle et géographique. Je pense par exemple à la 1e circonscription qui comprend les Etats-Unis et le Canada - vous me direz c’est très très vaste, oui - mais il y a quand même une certaine cohérence culturelle. Par contre, la 11e circonscription, qui va de Moscou à la Nouvelle-Zélande et couvre tous les pays entre, cela me semble beaucoup plus difficile à y trouver une cohérence quelconque.

RFI : De quelle façon peut-on être le plus efficace ? En passant du temps à Paris ou en passant du temps sur le terrain ?

C.L. : C’est évidemment un équilibre subtil, que chacun des députés devra trouver. Et je crois qu’ils devront aussi s’appuyer sur des relais locaux. Par exemple, les conseillers à l’Assemblée des Français de l’étranger, les associations… Sans relais locaux, cela me semble très difficile de pouvoir faire ce travail, tout au moins localement. A l’Assemblée nationale, ils feront comme nous au Sénat : il faut être là pour pouvoir débattre.

RFI : Est-ce que, parmi les candidats de votre parti à cette élection, il y en a qui vous ont contactée. Et, si c’est le cas, quels conseils leur avez-vous donnés ?

C.L. : Je suis en contact avec quasiment tous les candidats PS. J’en connais certains un peu mieux car ils sont conseillers, ou ont été conseillers, à l’Assemblée des Français de l’étranger. Nous avons justement discuté avec certains d’entre eux de la nécessité d’être à la fois présent sur le terrain personnellement - ou par des relais - ou tout simplement par internet, mais aussi du fait qu’il faut aussi être présent à l’Assemblée. Donc oui, on a essayé de discuter ensemble de cette organisation. Il y a quand même des modèles : les parlementaires qui représentent les DOM-TOM doivent aussi assurer cet équilibre entre leur circonscription et leur présence à Paris.

RFI : A cette différence près que les DOM-TOM représentent des superficies beaucoup moins étendues que les onze circonscriptions qui seront représentées à l’Assemblée…

C.L. : Oui, c’est exact. Mais je pensais surtout à la distance par rapport à Paris. Et puis il ne faut pas oublier par ailleurs qu’internet peut servir de media. C’est très important pour faire des webinars (conférences en ligne), informer de ce que l’on fait, cela peut faciliter quand même le contact.

RFI : L’internet est-il devenu un outil indispensable pour rester en contact avec ses administrés ?

C.L. : C’est un outil important mais je dirais que ce n’est quand même pas le seul. Je crois que les administrés, les Français de l’étranger, sont très sensibles à la rencontre avec leur sénateur ou avec leur député. Parler à quelqu’un en direct, c’est quand même autre chose que de ne le voir que par le biais d’un blog ou d’un webinar.

RFI : Quelles sont les principales attentes exprimées par les expatriés ?

C.L. : Il y a des questions qui reviennent très souvent mais les réponses ne sont évidemment pas les mêmes. Sur l’enseignement par exemple, les réponses ne seront pas les mêmes selon que l’on est en Afrique ou aux Etats-Unis, c’est évident. L’autre souci, c’est le réseau consulaire, la proximité d’un consulat, la disponibilité des agents du consulat, la protection sociale... Ce sont des questions que l’on trouve un peu sur tous les continents même si, je le répète, la réponse n’est pas la même partout.

RFI : Concrètement, qu’est-ce que cela va changer pour les Français expatriés d’avoir des députés à l’Assemblée nationale ?

C.L. : Je pense que cela va être très important au niveau du travail législatif. Jusqu’à présent, quand on discutait d’un texte - ou d’une partie d’un texte - qui concernait les Français de l’étranger au Sénat, il y avait les sénateurs qui étaient bien au courant de ces questions. Mais ensuite, il fallait trouver des relais à l’Assemblée nationale qui veuillent bien se pencher sur la question. Cela n’était pas toujours naturel, ni évident. Donc, là, je crois qu’il y aura une représentation parlementaire complète qui permettra de mieux défendre les textes législatifs qui concernent les Français de l’étranger.

RFI : Vous avez un peu suivi le début de la campagne et le début du vote, quelle impression en retirez-vous ?

C.L. : Le vote par internet, même si c’est un moyen de rapprocher l'électeur de l’urne, ne me semble pas tout à fait au point. Il y a eu des difficultés techniques. Lors de mon dernier voyage au Portugal, au moment où les gens commençaient à voter, il y avait un petit peu de panique chez les électeurs qui n’arrivaient pas à voter. Je pense qu’il y a eu des numéros de téléphone ouverts pour permettre de donner des explications ainsi que des sites internet où l’on a pu (en) donner. Moi-même, sur mon blog, j’ai donné des petits conseils techniques. Je pense que les choses se sont un petit peu arrangées. Là, on n'a vu que la participation par internet. Ce n’est qu’un début puisqu’il y a encore la possibilité de voter par correspondance et directement à l’urne.

Par Christophe Carmarans
France / Legislatives 2012 - Article publié le : jeudi 31 mai 2012

 

Le JDD – 31/05/2012: Les députés des Français de l’étranger, à quoi ça sert?

Posté le 1 juin 2012

Les députés des Français de l'étranger, à quoi ça sert?


L'Assemblée nationale accueillera au mois de juin prochain onze nouveaux députés: ceux représentant les Français de l'étranger. Le premier tour du scrutin pour les expatriés a ainsi lieu les 2 et 3 juin, une semaine avant tout le monde. LeJDD.fr revient sur cette situation inédite dans la vie politique française.

C'est une première dans l'histoire de la République. Les Français résidant à l'étranger pourront voter lors des élections législatives pour élire un député qui les représentera à l'Assemblée nationale. Une situation inédite rendue possible par la révision de la Constitution française en juillet 2008. Jusque-là, celle-ci stipulait que seuls les sénateurs représentaient ces citoyens. Depuis 1983, le palais du Luxembourg en compte ainsi douze, élus au suffrage indirect par 155 "conseillers", membres de l'Assemblée des français de l'étranger.

Les Français de l'étranger (ici ceux de Sydney lors de la présidentielle) voteront les 2 et 3 juin pour le premier tour des législatives. (Reuters)

Désormais, 1,1 million d'électeurs expatriés (sur les 1,6 inscrits sur les registres consulaires en 2011) sont appelés à désigner leurs onze futurs députés. Ils voteront même avant tous les autres Français, puisque le premier tour aura lieu les 2 ou 3 juin selon les régions, soit une semaine avant le reste du pays. Le second tour, en revanche, aura lieu les 16 et 17 juin, comme pour leurs compatriotes. Pour l'heure, près de 130.000 Français de l'étranger ont déjà voté par Internet, au cours d'un scrutin numérique - là encore inédit - qui a duré six jours et s'est conclu mardi. Les autres voteront dans les 800 bureaux de vote ce week-end.

Un découpage partisan?

Mais pourquoi avoir attendu 2012 pour faire voter les Français de l'étranger à une élection nationale? "Le constat était simple : il y a de plus en plus de Français expatriés", explique au JDD.fr le député UMP Charles de la Verpillière, auteur du rapport parlementaire en 2009 portant sur la répartition des sièges de députés et la délimitation des circonscriptions aux législatives, dont celles de l'étranger. "L'idée était de ne pas perdre le contact avec eux, pour faire rayonner la France sur le plan économique et culturel. Donc nous avions intérêt à garder un lien avec ces Français, en les impliquant dans la vie politique du pays", poursuit l'élu de l'Ain.

En 2008 pourtant, la gauche avait critiqué un projet destiné à donner à la droite de nouveaux députés. Les résultats de la dernière présidentielle lui donnent raison : Nicolas Sarkozy est arrivé en tête lors du second tour dans huit des onze circonscriptions en question. "Il n'y a pas besoin d'être grand clerc pour voir ce qui se passe", affirme au JDD.fr la sénatrice socialiste des Français de l'étranger, Claudine Lepage. "Quand on rattache Israël, qui vote fortement à droite, à la Turquie, l'Italie et la Grèce, qui votent à gauche, ce n'est pas un hasard (62.000 électeurs sont inscrits en Israël sur les 110.000 de la circonscription, Ndlr). Quand on rattache Monaco à l'Espagne et au Portugal, ce n'en est pas un non plus", explique-t-elle. Pour l'élue PS, il y a donc bien eu des arrière-pensées qui ont mené à un tel découpage électoral.

La carte des circonscriptions des Français de l'étranger :

Ministère des Affaires étrangères et européennes, direction des Archives (division géographique) © 12 avril 2012

"Il peut y avoir des surprises, les jeux sont loin d'être faits"

"C'est un mauvais procès", répond l'UMP Charles de la Verpillière. "Cela ne porte que sur onze sièges, ce n'est pas cela qui va changer la face de l'Assemblée. Il ne faut pas exagérer l'enjeu", poursuit le député. Selon lui, le taux de participation à l'occasion de ces premières élections législatives rend les scrutins imprévisibles. Lors du second tour de la présidentielle, seuls 42,18% de ces "expats" ont voté, un score deux fois inférieur à la moyenne nationale. "Il peut y avoir des surprises, les jeux sont loin d'être faits", affirme l'élu de droite.

Ce dernier fait également valoir un découpage "difficile" à réaliser : "Il y a des zones entières où la densité de Français est très faible, cela amenait donc à faire des circonscriptions gigantesques", indique-t-il, faisant allusion à la 11e d'entre elle - regroupant l'Asie, l'Océanie et une partie de l'Europe de l'Est - qui compte près de 80.000 inscrits. "A l'inverse, il y a beaucoup d'électeurs en Amérique du Nord", ajoute l'ancien rapporteur, alors que la 1ère circonscription, réunissant les Etats-Unis et le Canada, compte plus de 157.000 électeurs.

"Le travail parlementaire en sera plus efficace"

Sur ce point, la sénatrice socialiste a elle aussi conscience qu'il fallait réaliser "un savant calcul géographique et démographique". "On n'allait pas retirer des électeurs aux Etats-Unis pour les mettre en Amérique du Sud", concède-t-elle. De plus, au-delà des intérêts politiques prêtés à l'ancienne majorité, Claudine Lepage ne remet pas en cause l'existence même de ces nouvelles circonscriptions. Selon elle, il s'agit d'"une bonne décision", qui "équilibre" la représentation au Sénat et à l'Assemblée. "Le travail parlementaire en sera plus efficace", dit-elle. "Lorsque l'on discutait d'un texte au Parlement, les sénateurs des Français de l'étranger devaient trouver des collègues à l'Assemblée nationale qui voulaient bien se saisir du sujet, ce qu'ils faisaient avec plus ou moins d'enthousiasme", explique-t-elle.

Enfin, Charles de la Verpillière voit également en ces nouveaux députés la possibilité pour les Français de l'étranger d'être mieux représentés. "Puisque les expatriés ne participent pas aux élections sénatoriales", rappelle-t-il. "Les députés auront une légitimité plus grande", estime-t-il, notant également que chaque électeur aura "son" propre élu, grâce au découpage territorial. Ce n'est pas le cas pour les douze sénateurs qui, eux, représentent l'ensemble des citoyens vivant à l'étranger et qui travaillent surtout par thématique. Ainsi, pour la socialiste Claudine Lepage, qui s'occupe des questions liées à l'éducation, ce "travail sera complémentaire".

Arnaud Focraud - leJDD.fr
jeudi 31 mai 2012

 

 

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