Voyage en Italie du 3 au 6 mai
J’ai effectué un voyage de quelques jours dans le nord de l’Italie à la fois pour visiter les communautés françaises mais aussi pour soutenir Marie-Rose Koro, candidate à la législative partielle dans la 8ème circonscription.
Le voyage a débuté le vendredi 3 mai par Milan où j’ai été accueillie par M. Fabregas, consul adjoint et Armanda Miranda, conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger, qui avait préparé et organisé mon séjour. Armanda Miranda m’accompagnera dans tous mes déplacements à Milan et Turin.
Je me suis d’abord rendue au consulat où je me suis entretenue avec les agents. Milan est le plus gros poste de l’Italie du Nord et s’occupe des dossiers de nationalité pour toute l’Italie tandis que Rome a la charge des visas. La circonscription consulaire de Milan comprend près de 30 000 Français inscrits dont plus de 8 500 à Turin. On estime à près de 20 000 le nombre des non inscrits. Je me suis également entretenue avec des journalistes du petitjournal.com. Après cette interview, j’ai rencontré les représentants d’Ubifrance avec son Directeur M. Didier Bourguignon, de la mission économique, M. Jean-Marc Deshaires, président de la Chambre de Commerce et de Job Chambre et M. Daniel Couret Directeur du primaire du lycée Stendhal de Milan et la présidente de l’APE, elle–même ancienne élève du lycée.
Le lycée Stendhal est un établissement en gestion directe que je ne pourrai malheureusement visiter car ce sont les vacances scolaires. Il accueille plus de 1 000 élèves dont 60 % de Français, il y a une liste d’attente pour l’inscription en maternelle et au primaire mais on constate une baisse des effectifs pour le lycée, suite semble-t-il, au départ d’expatriés. La suppression de la PEC n’a pas eu d’impact. Il semblerait également que les familles binationales choisissent de ne pas scolariser leurs enfants au lycée Stendhal ou bien de les retirer après la 4ème pour les inscrire au lycée italien. 72 dossiers de bourses ont été validés par la Commission nationale des bourses en décembre 2012 pour les établissements du Nord de l’Italie. La première commission des bourses pour 2013 se réunira en juin et examinera 97 dossiers.
La Chambre de Commerce, qui comprend environ 350 membres, se définit comme étant complémentaire d’Ubifrance en se chargeant de la domiciliation d’entreprises, de l’appui aux entreprises française et en développant des activités de « réseautage ». La Chambre de Commerce touche une subvention du Ministère des affaires étrangères pour s’occuper du service Emploi en proposant un service d’assistance aux candidats, des informations sur les contrats et les salaires et site internet. La CCI aurait placé une quarantaine de candidats l’année dernière… cela semble peu mais en période de crise chaque placement est bon à prendre !
Interview au petitjournal.com
Lors de mon récent déplacement à Bangkok j'ai eu le plaisir de répondre aux questions d'un journaliste du petitjournal.com
Elue sénatrice (PS) des Français établis hors de France en 2008, Claudine Lepage est secrétaire de la commission de la culture, de l'éducation et de la communication. Elle est également membre de la délégation aux droits des femmes et à l'égalité des chances entre les hommes et les femmes. En visite à Bangkok les 18 et 19 avril derniers, elle a bien voulu répondre aux questions du PetitJournal.com
LePetitJournal.com : Que pouvez-vous nous dire sur votre visite en Thaïlande ?
Claudine Lepage : Cette visite de deux jours m’a permis de rencontrer différentes composantes de la communauté française établie en Thaïlande. J’ai notamment visité le Lycée Français, où j’ai pu m’entretenir avec le directeur du primaire et la directrice thaïlandaise. Je n’ai malheureusement pas pu rencontrer les élèves qui étaient en vacances scolaires. Lors de ces rencontres, le projet immobilier de l’école de Bangkok m’a été présenté. Etant donné l’augmentation continue du nombre d’élèves, ce projet me parait vital pour l’avenir de l’établissement.
J’ai également rencontré les opérateurs économiques, (CCE, CCFT, et le représentant de la mission économique) ainsi que des entrepreneurs. Cela m’a permis de confirmer ce que l’on dit en France : la Thaïlande est un pays dynamique qui offre de réelles opportunités à condition, bien entendu, d’avoir un projet viable sur le plan économique. Il est, en effet, déconseillé de venir s’installer en Thaïlande, comme dans d’autres pays émergents, sans préparation et sans avoir connaissance des règles et du fonctionnement du marché local.
Lors de mon déplacement à Pattaya, j’ai également rencontré des retraités français venus en Thaïlande pour passer leur "retraite au soleil". Ce type d’immigration s’est développé au cours de ces dernières années en Thaïlande mais aussi à Madagascar ou au Maroc. A Pattaya, une vraie communauté s’est d’ailleurs constituée avec ses propres interrogations.
Evidemment, ils n’ont pas les mêmes attentes que les entrepreneurs que j’ai pu rencontrer à Bangkok. Et s’il est important de s’intéresser à des entrepreneurs dynamiques, qui œuvrent pour notre diplomatie économique il est également indispensable de rencontrer nos compatriotes qui se sont établis ici, et qui à un moment ou à un autre se trouvent ou risquent de se trouver en difficultés. Il est important de ne pas les oublier.
Que vous ont dit ces retraités, que retenez-vous de vos rencontres avec eux ?
J’ai été beaucoup interpellée, comme souvent lors de ces rencontres, sur les questions qui touchent au social et notamment sur la Caisse des Français de l’étranger.
A ce sujet, je suis convaincue de la nécessité de rendre l’accès à la CFE plus abordable pour le plus grand nombre, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. La troisième catégorie aidée avait été créée dans cette optique mais je ne suis pas sûre que l’objectif ait été atteint car les tarifs restent élevés. Il faut peut-être étudier cette question pour rendre la caisse encore plus solidaire.
Le remboursement des soins, notamment en cas de cancer, est aussi une source d’inquiétude.
Quid des acteurs économiques ?
J’ai rencontré, comme je le fais à chacun de mes déplacements, de nombreux acteurs économiques. Michel Testard, conseiller AFE de la circonscription, avait organisé une table ronde portée sur l’économie. Trois entrepreneurs, ainsi que des membres la mission économique et de la chambre de commerce étaient présents. Les échanges ont été très instructifs et le dynamisme économique de la Thaïlande a été une nouvelle fois affirmé.
Le volet enseignement ?
A chacun de mes déplacements à l’étranger, je consacre une partie importante de mon temps aux sujets liés à l’enseignement et à la culture. En tant que membre du Conseil d’administration de l’AEFE, je m’intéresse logiquement aux questions éducatives.
Ici, je n’ai malheureusement pas pu m’entretenir avec le COCAC (Conseiller de Coopération et d’Action Culturelle et Scientifique de l’ambassade, ndlr) qui était absent, ni rencontrer les élèves qui étaient donc en vacances. J’ai toutefois rencontré les représentants des parents d'élèves du LIFB qui m’ont parlé des projets immobiliers.
Néanmoins, au cours de ce déplacement, les questions liées à l’éducation ont été nombreuses. J’ai notamment été interrogée sur la réforme des bourses scolaires, et plus précisément sur la suppression de la prise en charge(PEC).
Le témoignage que j’ai eu correspond à ce que je disais au départ, c’est-à-dire que la suppression de la PEC en juillet 2012, même si elle était souhaitée et attendue, a peut-être été un peu rapide, dans la mesure où des familles n’avaient pas prévu de payer la scolarité d’un ou de deux enfants au lycée et leurs revenus trop élevés ne leur permettaient pas d'accéder aux bourses sur critères sociaux. Je comprends donc tout à fait les craintes que ces familles ont pu ressentir au moment de la suppression de la PEC. Je tiens à préciser que cette suppression a également été accompagnée d’une réforme plus générale de l’aide à la scolarité.
Il est trop tôt pour savoir les conséquences que cette réforme aura en Thaïlande mais nous savons déjà que dans les pays où les points de charge étaient très élevés, cela signifiera une baisse des bourses d'une quotité de 100 %. Il faut désormais attendre les conclusions de la commission locale des bourses qui se tiendra au mois de mai, et de la commission nationale des bourses, dont je fais partie, qui se réunira en juillet. Il faudra se montrer très attentif aux résultats de cette première commission locale afin de procéder aux ajustements nécessaires et ainsi éviter que des familles soient trop pénalisées.
Voyage en Thaïlande 17 – 20 avril 2013
Arrivée en fin d'après midi à Bangkok, en provenance de Singapour, et je retrouve avec grand plaisir Michel Testard, Conseiller à l'Assemblée des Français de l'étranger venu m'accueillir à l'aéroport et qui m'accompagnera dans toutes mes rencontres en Thaïlande.
Tout de suite après mon installation nous nous rendons au Café Laos pour retrouver une bonne vingtaine de Français issus de différents milieux professionnels. Parmi eux se trouvent Eugénie Mérieau, secrétaire de la section PS et quelques membres de la section, la vice-présidente et la secrétaire du comité de gestion du lycée français de Bangkok et le Directeur de l'école primaire. Nous entamons l'échange par des informations sur le lycée français que je visiterai le lendemain. L'école accueille environ un millier d'élèves et si les locaux sont bien aménagés, ils sont trop petits et un projet immobilier est en cours d'étude. L'école n'est pas propriétaire du terrain qui appartient à une famille thaïe et elle dispose d'un bail de trente ans. Cela me semble incongru de construire sur un terrain qui ne vous appartient pas mais une solution modulaire est envisagée. Les locaux pourraient être transférés sur un autre terrain le cas échéant.
Les frais de scolarité varient de 5 000 à 8 000 euros selon le niveau. Il est impératif de contenir le plus possible les frais de scolarité, ici comme ailleurs car le public est très diversifié. On constate ici aussi une évolution de la communauté française vers une population moins aisée. Les représentants des parents déplorent que la langue thaïe ne soit pas une option possible au bac. L'enseignement du thaï est insuffisant, ce qui pose problème à ceux qui veulent poursuivre leurs études en Thaïlande, d'autant plus que selon mes interlocuteurs, le bac français n'est pas reconnu partout. De leur côté, les élèves qui veulent étudier en France rencontrent des difficultés pour s'inscrire par internet car l'établissement de Bangkok qui fait partie de l'académie de Montpellier ne figure pas sur la liste des établissements. Les échanges se poursuivent sur les partenariats entre universités françaises et thaïes d'un côté et une école française de commerce de Montpellier et une école homologuée à Bangkok. Mes interlocuteurs sont d'avis que la politique de coopération française manque de vue stratégique et la compare avec le GIZ allemand (anciennement GTZ)... On me signale une plateforme d'échanges sur Internet sur la valorisation du savoir faire français en Asie du Sud Est.
Jeudi 18 avril
La journée commence par une visite du lycée français international de Bangkok, malheureusement vide d'élèves pour cause de vacances (Songkran, la fête de l'eau qui célèbre le nouvel an thaïlandais). Nous sommes accueillis par M. Pascal Maffioletti, Directeur de l'école primaire, M. Dominique Gérard, conseiller principal d'éducation et des parents, représentants du comité de gestion. Une partie des informations glanées la veille sont reprises notamment sur le projet d'agrandissement modulable qui devrait être terminé en septembre 2014, 2015 au plus tard.
L'établissement a un orthophoniste dans l'établissement ainsi qu'un psychologue. Les séances d'orthophonie sont facturées aux parents mais la CFE rembourse insuffisamment les séances.
La place de l'enseignement du thaï est évoquée, si la France reconnaissait le thaï comme option, cela permettrait de résoudre un certain nombre de problèmes déjà évoqués.
Après la visite du lycée nous prenons la route pour Pattaya accompagnés d'Eugénie Mérieau, secrétaire de la section PS de Bangkok. Pattaya est situé à deux heures de route de Bangkok. Daniel Stanzke, responsable d'une association de Français, "Ensemble", a organisé une réunion avec des compatriotes. Environ un millier de personnes sont inscrites mais selon les estimations au moins 3 000 Français résident à Pattaya. Parmi eux, un grand nombre de retraités venus passer leur retraite au soleil qui à un moment ou un autre se trouvent confrontés à une mauvaise communication avec l'administration fiscale des non- résidents, à des problèmes de maladie et de soins insuffisamment remboursés par la CFE. Certains ne peuvent d'ailleurs pas adhérer à la caisse étant donné le montant des cotisations. Les Français de Pattaya souhaiteraient l'ouverture d'une chancellerie détachée ou au moins la nomination d'un consul honoraire compte tenu de leur nombre et de leurs problèmes.
Trois petites écoles françaises existent à Pattaya, l'une, créée par un enseignant en disponibilité, devrait être homologuée prochainement, l'autre fonctionne sur une base associative avec AGIR (enseignants retraités), la troisième serait plus axée sur le sport mais je n’ai pas rencontré son directeur.
Nous rentrons à Bangkok pour assister à la réception organisée par l'ambassadeur M. Thierry Viteau. Cette réception est l'occasion de rencontrer et d'échanger avec d'autres compatriotes.
Visite à Singapour 14 – 17 avril 2013
Arrivée en fin d’après midi à l’aéroport de Singapour où m’attendent l’ambassadeur, M. Olivier Caron et Marc Villard, conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger qui m’accompagnera dans tous mes déplacements et entretiens à Singapour.
Après l’installation à l’hôtel, je retrouve Marc Villard pour les dernières précisions du programme des jours suivants
Lundi 15 avril 2013
La première matinée sera consacrée à plusieurs entretiens, le premier étant avec l’ambassadeur M. Olivier Caron. Le nombre de visites ministérielles à Singapour s’est intensifié depuis 2009. La visite de Jean-Marc Ayrault a permis de signer un accord de partenariat stratégique qui reprend l’accord de 2009.
Singapour joue un rôle politique, économique et stratégique éminent en Asie (ASEAN). C’est un pays fiable pour la France avec une stabilité politique forte, certes autoritaire (La liberté d’expression y est très « encadrée »). Singapour est le 5ème importateur mondial en matière d’armement et la France est un partenaire qui compte notamment dans ce domaine. Des projets conjoints de recherche en technologie de défense se développent entre les deux pays.
Singapour est la première puissance économique de l’ASEAN. Il y a plus d’investissements français à Singapour que singapouriens en France mais l’Agence française pour les investissements internationaux(AFII)est présente à Singapour afin de rechercher des investisseurs singapouriens qui se développent pour le moment davantage vers l’Asie. Peu d’obstacles entravent le commerce et un accord de libre-échange entre l’Union européenne et Singapour vient d’être conclu et est en attente de signature, parallèlement à un accord de coopération entre l’Union européenne et Singapour.
Depuis 2009 Singapour fournit des renseignements bancaires aux administrations fiscales sur demande.
Les quelque dix mille Français installés à Singapour travaillent dans le secteur bancaire et plutôt dans les grandes entreprises, essentiellement dans le secteur électronique. Les grandes entreprise françaises génèrent environ 40 000 emplois sur place. Parmi les Français de Singapour on compte aussi des créateurs de PME. Créer une entreprise y est relativement facile mais obtenir un permis de travail devient plus difficile. La main d’œuvre étrangère a crû d’un tiers en dix ans et cette augmentation pèse sur les infrastructures et sur le logement (le montant des loyers est exorbitant notamment pour les étrangers, les Singapouriens bénéficiant, eux, d’un accès à la propriété de type HLM). Singapour compte 5,2 millions d’habitants sur une superficie de 699 km2 soit une densité de population de 7257 habitants /km2. Une partie des terres a été gagné par poldérisation. Une étude prospective récente a montré qu’à l’horizon 2030 la population atteindrait 6,9 millions d’habitants, ce qui a provoqué une vive inquiétude dans la population. Des mesures ont été prises pour limiter l’immigration mais elles ne touchent pas (pas encore !) la population française. Cependant le nombre d’expatriés diminue au profit du recrutement local.
Le premier entretien avec l’ambassadeur est suivi d’une visite du consulat et d’un entretien avec Mme Marie Vassallo, vice-consule qui me présente les agents au nombre de sept. Trois d’entre eux sont titulaires et quatre sont recrutés locaux. Parmi ces derniers le « turnover » est important. Aucun ne reste plus d’un an, un an et demi. L’augmentation de l’activité consulaire est de 20 % par an. Un système de rendez-vous par internet a été mis en place. Le consulat délivre environ 5 000 visas par an essentiellement à des résidents tiers et le taux de refus est de l’ordre de 2 %. Un comité de sécurité est bien entendu en place : il s’agit essentiellement ici de risques sanitaires, type grippe aviaire, ou industriels venus des pays voisins.
En ce qui concerne l’éducation, le nombre de boursiers est d’environ 60 sur 2 000 élèves, ce qui est peu mais il est en augmentation suite au recul du nombre des expatriés par rapport aux jeunes familles en recrutement local.
L’entretien suivant est avec M. Marc Piton, conseiller de coopération et d’action culturelle, directeur de l’Institut français. Singapour fait partie des postes expérimentaux. L’Institut français n’a pas de structure ouverte au public mais organise des activités culturelles en rapport avec des opérateurs culturels locaux tandis que l’activité de l’Alliance française se concentre prioritairement sur les cours de français.
Un accord culturel a été signé entre les deux pays en 2009. Des expositions des musées français sont organisées à Singapour (Louvre, quai Branly, Orsay), représentations de l’opéra de Paris pour les arts de la scène. En même temps Festivart 2015 sera organisé (et financé !) par Singapour dans différentes villes de France, des expos au Palais de Tokyo, orchestre symphonique de Singapour, etc.
En ce qui concerne le cinéma, la censure est très présente. De nombreux films sont interdits au moins de 21 ans, même Kirikou projeté à l’Alliance française a été censuré ! Cachez ce sein …. La violence en revanche ne pose pas de problème …
La coopération universitaire et scientifique dépend de l’Institut français et le bureau de Campus France est hébergé par l’Alliance française. Environ 400 étudiants singapouriens vont étudier en France chaque année et dont une vingtaine d’entre eux bénéficient d’une bourse. Au retour les étudiants vont plutôt travailler dans des entreprises allemandes ou autres !
M. Olivier Caron a convié à déjeuner, outre Marc Villard et moi-même, des représentants de la communauté française à la résidence de France. Nous avons pu ainsi échangé avec Mmes Jacky Deromedi, présidente de la section des conseillers du Commerce extérieur de Singapour, Ariane Nabarro, de l’UFE, engagée dans l’organisation humanitaire Graceheaven et représentatnte d’Alain-Pierre Mignon, conseiller à l’AFE, Claire-Lise Dautry, directrice de l’Alliance française, Geneviève Groslière, présidente de l’AFS-UFE, Valérie Bonin, correspondante de Michel Testard, conseiller à l’AFE, et Marie Vassalo, chef de chancellerie, MM. Hubert Testard, Chef du service économique régional, Marc Piton, Cocac, Pierre Verdière président de la Chambre de commerce à Singapour, Vincent Rosa fondateur de la « Petite Ecole » et Vincent Sciama, premier Secrétaire et attaché de presse de l’Ambassade.
Nous reprenons ensuite les entretiens avec M. Hubert Testard, Chef du service économique pour les pays de l’ASEAN Directeur de l’Agence française pour les investissements internationaux (AFII) en ASEAN et M. Frédéric Rossi, Directeur d’Ubifrance. Les secteurs présents sur la place sont l’aéronautique, Singapour achète des Airbus, des ATR(avions de transport régional), l’énergie (gaz). Les entreprises françaises se positionnent sur les gros projets d’infrastructure, Alsthom (métro), Thalès (aéroport).
En chiffre global quelque 600 entreprises françaises sont implantées à Singapour. Pour comparaison, on compte 1100 entreprises allemandes …
Ubifrance compte 11 salariés à Singapour répartis dans les 4 pôles d’activité usuels. Ubifrance accompagne 160 PME, organise une vingtaine d’événements par an et suit environ une soixantaine d’entreprises individuelles par an.
Singapour est la 6ème destination pour les Volontaires internationaux en entreprise (VIE). Ils sont 243 et leur mission dure de 20 à 22 mois et 80 % d’entre eux trouvent un emploi à l’issue de leur mission.
Nous participons ensuite à une réunion conjointe de la Chambre de Commerce française de Singapour et des Conseillers du commerce extérieur français (CCEF) sur le thème: « Comment rétablir la balance commerciale de la France (hors énergie) ? » Sont évoqués dans le désordre le rôle de la Banque publique d’investissement (BPI) à l’étranger, la promotion des réussites françaises à l’étranger dans les medias français, le rôle des VIE, important selon les participants, mais une PME cherchant à exporter a besoin de personnes d’expérience et devra plutôt recruter des experts locaux, une montée en gamme est nécessaire pour rendre nos produits plus attractifs, importance de la recherche et du développement, meilleure utilisation du réseau des Chambres de Commerce, mise en réseau plus intensive avec les CCE en France, capitalisation des entreprises insuffisante, transmission du patrimoine et plus particulièrement des entreprises, la formation des ressources humaines, appréhension de la dimension culturelle du monde où l’on veut exporter, et puis des arguments plus politiques tels que la perte de compétitivité, charges sociales trop lourdes, les taux d’intérêt trop élevé, les délais de paiement inadéquats… un échange très dense de professionnels expérimentés.
La journée de travail se termine par une interview du Petit Journal. com
« Les déplacements à l’étranger nourrissent la réflexion et le travail parlementaire »
Lors de mon récent déplacement à Singapour (14-17 avril) j'ai pu échanger avec une journaliste du petitjournal.com. Au menu de cette interview, les spécificités de mon mandat de parlementaire, le bilinguisme, la réforme de l'Assemblée des Français de l'étranger, etc.
Lepetitjournal.com – Quel est le but de votre visite à Singapour ?
Claudine Lepage- En tant que représentante des Français établis hors de France, mon travail consiste à siéger au Sénat comme tous les sénateurs et à voyager pour rencontrer les communautés françaises établies à l’étranger. Jusqu'à présent, je me suis peu déplacée sur le continent asiatique et je découvre ainsi Singapour, un modèle sur le plan économique bien différent de l’Europe. D’ailleurs, la communauté française ne cesse d’augmenter dépassant les 10.500 inscrits sur le registre consulaire. Lors de mes déplacements à l’étranger, je me tiens à la disposition des Français avec lesquels nous échangeons et je rencontre également les représentants de la communauté française tant sur le plan culturel qu’économique et éducatif. Bangkok sera ma prochaine étape.
Comment organisez-vous votre travail concrètement, en tant que sénatrice des Français de l'étranger ?
Je n’ai pas de circonscription, pas plus que les autres sénateurs des Français de l’étranger puisque notre circonscription, c’est le monde entier ! Ce qui veut dire, concrètement : environ une semaine de voyage par mois, et puis trois semaines au Sénat à Paris pour faire le travail législatif.
De quelle façon peut-on être le plus efficace ? En passant du temps à Paris ou en passant du temps sur le terrain ?
C’est évidemment un équilibre subtil. Mais les voyages nourrissent la réflexion et le travail parlementaire. Ils sont nécessaires même si nous nous appuyons sur des relais locaux. Par exemple, les conseillers à l’Assemblée des Français de l’étranger, les associations… Nous sommes les représentants de la nation toute entière mais nous veillons particulièrement à intervenir sur les textes de loi qui concernent les Français de l’étranger: il faut être là pour pouvoir débattre et défendre les intérêts de chacun.
Quelles sont les principales attentes exprimées par les expatriés ?
En général, l’éducation des enfants et le maintien de la langue et de la culture française sont des préoccupations qui reviennent très souvent. Ce sont des questions que l’on trouve un peu sur tous les continents même si la réponse n’est pas la même partout. A Singapour, comme à Hong Kong d’ailleurs, la réflexion sur l’économie et le commerce extérieur est très importante.
Quelques mots sur l’actualité du moment ?
La réforme de l’Assemblée des Français de l’étranger
Actuellement, la réforme de l’Assemblée des Français de l’étranger est au cœur des débats. Le texte a été adopté au Senat et sera débattu courant mai à l’Assemblée nationale. Ce projet de loi- s’il est adopté- permettra l’élection des nouveaux conseillers consulaires qui aura lieu au printemps 2014. Cette élection permettra aussi la mise en place du nouveau collège électoral élargi qui élira les sénateurs en septembre 2014.
Le passeport grand voyageur
Le passeport grand voyageur était très attendu. Doté de 48 pages au lieu de 32, il sera délivré, à discrétion des services consulaires en justifiant de son besoin et au même prix que le passeport "classique" pour une durée de validité équivalente. Le consulat de Singapour est prêt pour accueillir les premières demandes.
Le bilinguisme
Lors de ma visite au sein du Lycée français de Singapour, je serai très attentive au fonctionnement de la section bilingue. Ayant vécu- en tant que parent- une méthode d’enseignement biculturelle en Allemagne, je serai très à l’écoute afin de mieux connaitre et comprendre la mise en place du bilinguisme avec des locuteurs anglophones au sein d’un système éducatif français.
La baisse des allocations familiales pour les familles les plus aisées
Le président François Hollande a annoncé récemment une modulation des allocations familiales selon les revenus et je pense que c’est une bonne chose en cette période budgétaire difficile.
Les violences à l’encontre des touristes femmes en Inde
La prudence et le respect sont les principes de base lorsque nous voyageons et visitons des pays étrangers. En général, lorsque les femmes s’émancipent, étudient à l’égal des hommes, lorsque les mœurs évoluent, les violences envers elles augmentent reflétant ainsi un mal être de la société. Il faut en être conscients et ne pas hésiter à consulter le site http://www.diplomatie.gouv.fr qui divulgue des conseils pratiques aux voyageurs et qui est mis à jour régulièrement.
Que diriez-vous aux Français qui s’apprêtent à rentrer en France cet été après une période d’expatriation et qui s’inquiètent de la conjoncture actuelle ?
Le Président de la République, François Hollande a fait des promesses aux Français sans jamais masquer les difficultés qui nous attendaient et le temps qui serait nécessaire avant de percevoir les fruits de cette politique. Tout ne peut être fait du jour au lendemain. Depuis le mois de juillet 2012, un certain nombre de réformes ont vu le jour notamment en matière de budget, de logement, d’énergie, de compétitivité, d’emploi avec le contrat de génération, les emplois d’avenir, et la transcription législative de l’accord syndical sur la sécurisation de l’emploi dont l’examen commence la semaine prochaine au Sénat. Après cinq ans de crise, il faut se laisser le temps et je pense que les résultats porteront leurs fruits d’ici 2014-2015.
Propos recueillis par Carole Chomat (www.lepetitjournal.com-Singapour) jeudi 18 avril 2013
Voyage en Algérie du 13 au 17 mars 2013
Départ à destination d'Oran sous la neige. L'atmosphère est pesante dans le hall d'attente, une douzaine de personnes affligées, certaines en pleurs, attendent parmi les passagers l'embarquement sur le même vol que moi. Que se passe-t-il? Nous embarquons, un des réacteurs est gelé, il faut procéder à son réchauffement puis au dégivrage des ailes et du fuselage de l'avion et enfin nous décollons. L'hôtesse avec qui je papote me confie la raison de la détresse de certains passagers. Ils appartiennent à la même famille et partent à un enterrement en Algérie. Comble de malheur, la mère de la famille s'est effondrée morte en arrivant sur le parking de l'aéroport…
Arrivée à Oran avec un retard raisonnable, je suis accueillie par Fwad Hasnaoui, conseiller à l'AFE qui m'accompagnera dans toute mes visites en Algérie et par M. Jean-Louis Soriano consul général de France. Nous nous rendons directement à l'école El Menzeh dirigée par M. et Mme Hamamouche , une école privée algérienne proposant un double programme algérien et français aux familles. L'école est très bien tenue, en voie d'agrandissement et quelques familles d'expatriés y ont inscrit leurs enfants.
Visite de courtoisie au Wali d'Oran. Il m’informe des échanges économiques et culturels entre la France et l'Algérie, la présence d'entreprises françaises telles que Renault qui doit envoyer environ deux cents ingénieurs pour mettre en place une usine à proximité d'Oran dans un avenir proche, Alsthom, Lafarge et Total et le Wali me présente ses projets pour la ville d'Oran en matière d'urbanisme et de transports. Nous évoquons également le projet d'implantation prochaine d'une école française (à Oran et Annaba) au cœur des accord signés entre François Hollande et le président Bouteflika.
Nous nous rendons ensuite à l'Institut français où nous sommes accueillis par le Directeur M. Gaëtan Pellan. Situé en plein centre ville l'Institut Français d’Oran est un lieu de médiation qui favorise les rencontres et les échanges universitaires et artistiques. Nous visitons les locaux, la très belle médiathèque et le Directeur nous présente le programme de l'institut et les services qui lui sont rattachés, tel Campus France.
Visite ensuite des services du consulat suivie d’une permanence au cours de laquelle je retrouve des membres de fdm-adfe dont Guy Bonifacio, ancien délégué au CSFE. Différences questions notariales et administratives sont évoquées.
Réception à l’Hôtel Royal de la communauté française d’Oran et ses environs. C’est l’occasion d’un échange très riche sur la présence française dans la région. La demande d’ouverture d’une école française est très forte de la part de nos compatriotes.
La journée se termine par un dîner à la résidence du consul général d’Oran, M. Jean-Louis Soriano qui permet de synthétiser toutes les questions abordées dans la journée.
Jeudi 14 mars
Départ très tôt pour Alger où nous sommes accueillis par M. Michel Dejaegher, consul général. La première visite sera celle du consulat d’Alger qui comprend 80 agents dont une quarantaine affectés au service des visas. Le service des visas qui croule sous les demandes devrait très prochainement être soulagé puisque la collecte des données va être externalisée. A moins qu’on ne supprime des postes et qu’on ne demande aux agents d’augmenter leur rendement !
19 000 Français sont inscrits au consulat d’Alger (pour 30 000 dans toute l’Algérie) dont 90 % de binatonaux. On peut estimer que la population française y est bien supérieure car si les expatriés s’inscrivent au registre des Français de l’étranger, en tous cas, ceux qui restent un certain temps, tous les binationaux ne se font pas connaître au Consulat.
Le CCPAS sert des allocations à 149 personnes, personnes âgées, handicapées, aide à l’enfance. Une petite douzaine de stagiaires bénéficient de stages AFPA, une mise à niveau préalable est organisée. C’est l’occasion de parler de la réforme des bourses. En effet 399 enfants sont boursiers. Le nouveau système paraît extrêmement favorable aux familles.
On me signale le cas d’enfants déplacés de façon illicite, cas extrêmement douloureux et où le droit est clairement bafoué puisque le jugement français et son exequatur algérien ne sont pas respectés par la partie algérienne. Un autre problème est celui de la spoliation des biens immobiliers des Français qui ont fait le choix de rester en Algérie après l’indépendance. Le nombre de dossiers ne cesse d’augmenter et ce sujet a été évoqué lors de la rencontre de François Hollande avec le président Bouteflika de même que la simplification des formalités, dans les deux sens, pour s’établir en Algérie et en France. En effet l’autorisation de travail est longue et difficile à obtenir pour un ressortissant français souhaitant s’installer en Algérie et s’il souhaite créer une entreprise il doit prendre un associé algérien qui détiendra 51% des parts.
Rencontre à la Chancellerie avec M. Jean- Baptiste Faivre, Ministre Conseiller en l’absence de l’Ambassadeur ainsi que M.Benoît Combourieu, Deuxième Conseiller et M. Franck Ristori, Responsable du service commun de gestion. Une meilleure relation entre nos deux pays est sensible depuis l’élection présidentielle et la visite de plusieurs ministres français préparant celle de François Hollande en décembre ont permis de renouer le dialogue politique facilitant un retour de la confiance. Près d’une trentaine d’objectifs communs ont été définis notamment sur la question des déplacements illicites d’enfants, des biens immobiliers spoliés, sur l’ouverture d’écoles françaises à Oran et Annaba et sur la question des visas. La prochaine réunion est annoncée pour fin 2013 réunissant les ministres impliqués dans ces différents dossiers.
La question des recrutés locaux est également abordée. Ils sont surchargés de travail et souhaiteraient de nouveau être payés en euros comme c’était le cas jusqu’en 2010. On me donne des raisons très techniques à ce changement qui ne semble pas être demandé par les autorités algériennes. L’ambassade de France possède des immeubles, très dégradés, où certains d’entre eux sont logés.
Cette réunion est suivie d’un déjeuner avec les syndicats du Consulat et de l’ambassade qui confirment ce que nous venons d’entendre en y ajoutant quelques informations : le passage au versement de leur salaire en dinar leur a fait perdre environ 30% de leur pouvoir d’achat. Il s’agit de tous petits salaires qui sont à peine augmentés d’une année sur l’autre. Ils demandent donc que leur salaire leur soit versé en euros sur des comptes de non résidents en France. Dès mon retour je suis intervenue auprès du Ministre de l’Economie et des Finances pour qu’une solution soit trouvée rapidement. J’ai appris par ailleurs qu’ils avaient déposé un préavis de grève.
Visite de l’école primaire du lycée international Alexandre Dumas. Nous sommes accueillis par le proviseur du lycée, un établissement en gestion directe, M. Marc Demeulemeester et le directeur du primaire M. Vianney Tipa que j’avais déjà rencontré lors d’une visite à Hambourg où il était en poste. L’école a ouvert à la dernière rentrée et nous visitons le site, bien aménagé et quelques classes. Nous rencontrons les représentants des enseignants qui viennent de France et se soucient de quelques problèmes matériels qui devraient être réglés très prochainement. Ils expriment leur satisfaction de travailler au sein d’une belle équipe pédagogique et énumèrent quelques-uns des projets tels que le printemps des poètes, la « belle lessive » que j’avais entr’aperçue au lycée franco-hellénique d’Athènes. Ils posent le problème de logements des recrutés locaux, problème très sensible à Alger. Nous rencontrons ensuite les représentants des parents d’élèves, membres de l’APE et du conseil d’école. Les mères que nous rencontrons sont inquiètes de la sécurité de leurs enfants et souhaiteraient que les murs autour de l’établissement soient rehaussés et que les mesures de sécurité soient renforcées. L’école est déjà saturée, la demande est très forte et les parents souhaiteraient l’ouverture d’une autre école.
Retour au consulat pour la permanence : un problème lourd de déplacement illicite d’enfant et entretien avec une association sur les questions relatives à la kafala. J’espère que le problème sera traité dans le cadre du projet de loi sur la famille: visa humanitaire si le dossier est complet, attribution de bourses pour les enfants placés en kafala dans des familles françaises résidant en Algérie/Maroc, congé d’adoption pour les familles recueillant un enfant en kafala, acquisition de la nationalité française pour les enfants placés dans des familles françaises ne résidant pas en France. Vaste chantier !
Rencontre ensuite avec M. Joël Lascaux, conseiller de coopération et d’action culturelle. La question linguistique et la question éducative sont tout à fait centrales et la pression sur les établissements existants est très forte. 2000 élèves sont scolarisés et 20000 souhaiteraient l’être. Outre le lycée international Alexandre Dumas existe une école de la MLF mais qui ne scolarise que les enfants d’expatriés d’entreprises, d’ambassades et d’organisations internationales. Beaucoup de parents se tournent vers des écoles privées locales qui proposent le double programme français et algérien aux enfants. Ces jeunes peuvent théoriquement passer le bac français dans l’académie d’Aix Marseille en candidats libres mais il y a saturation. La situation est explosive pour les Kabyles qui ne passent que le bac français, si on leur refuse de le passer pour cause de saturation.
Comme je le disais plus haut un projet d’école à Oran et un autre à Annaba devrait bientôt voir le jour, ce qui permettrait également d’attirer des entreprises et diminuerait, peut-être, la pression. L’ouverture de ces écoles est subordonnée à l’octroi de statut pour l’école algérienne à Paris qui a ouvert en 2001.
La journée se termine par un dîner à la résidence de M. Michel Dejaegher qui réunit trois des conseillers à l’AFE, Fwad Hasnaoui, Karim Dendene et Radya Rahal ainsi que Mme Annie Barbot, consule adjointe et chef de chancellerie et Mme Roselyne Lemarie, responsable des Affaires sociales. Radya se charge d’animer la conversation qui pourtant ne languissait pas !
Vendredi 15 mars
La journée commence un peu plus tard aujourd’hui et j’ai le temps d’admirer la baie d’Alger depuis le balcon de ma chambre d’hôtel. Jean et Thérèse Gernigon viennent me voir à l’hôtel avant mon départ. Nous nous rendons à un déjeuner champêtre au jardin d’essai organisé par fdm-adfe où je recevrai pour un entretien individuel les compatriotes qui le souhaitent.
Départ pour l’aéroport pour nous rendre sur Annaba. Je m’aperçois que je n’ai pas mon passeport qui est resté à l’hôtel. Grâce à la réactivité et à la débrouillardise de Fwad, grâce à la serviabilité et la gentillesse de Marie-Claude, je récupère mon passeport juste avant l’embarquement. Nous sommes accueillis à l’aéroport par M. Samey Safty, consul général de France.
La journée se termine par un grand dîner offert par le consul général et son épouse, dîner qui réunit un grand nombre de personnalités algériennes et françaises : le maire d’Annaba, le procureur général de la Wilaya, le Directeur de cabinet du Wali, un sénateur, l’avocat du poste, le président de la Chambre de commerce, le Directeur de l’Institut français, la présidente de fdm-adfe, le Conseiller FE et les trois consuls adjoints et j’espère n’oublier personne. Le président de l’UFE, par ailleurs recruté local au Consulat au service des Français, ne pouvant répondre à l’invitation du consul général pour raisons personnelles, vient cependant m’exposer les revendications des Français d’Annaba pendant l’apéritif.
Jamais ensuite autant de politesses ne furent échangées au cours d’un dîner…
Samedi 16 mars
Visite des espaces culturels francophones de l’Association le petit Prince (FLAM) avec Mme Zoubeida Mecheri, présidente de fdm-adfe et Fwad Hasnaoui. Ces espaces offrent une large palette d’activités scolaires, éducatives, culturelles encadrées par une petite trentaine d’enseignants et d’animateurs. Bibliothèque, manifestations culturelles, sorties thématiques et échanges inter associatifs locaux, nationaux et internationaux.
Visite ensuite du chantier de réfection de la basilique saint Augustin qui domine Annaba. Les travaux sont presque terminés et ont été financés par la coopération française, l’Etat algérien et des dons. Bel exemple de coopération et de partenariat public privé!
Déjeuner à Saraidi, situé à une vingtaine de kilomètres d’Annaba avec des membres de fdm-adfe. La question de la permanence qui ne pourra plus se tenir dans les locaux du consulat est longuement évoquée et difficilement acceptable pour les membres de fdm-adfe.
L’après midi sera l’occasion d’une réception avec la communauté française. Après un petit discours et une présentation des projets gouvernementaux pour les Français de l’étranger, je reçois les personnes qui souhaitent m’entretenir de leurs problèmes.
Visite de l’Institut français où nous sommes accueillis par le Directeur, M. Patrick Garaud. L’Institut est un lieu de rencontres pour les jeunes, il a un agenda culturel varié et une belle médiathèque. Des échanges de jeunes artistes se font avec la ville de Dunkerque. A cela s’ajoutent les activités de cours et celles de Campus France.
La journée se termine par un dîner avec la section PS organisé par son secrétaire, Redha Djeghaba. La discussion est vive, animée et chaleureuse !
Dimanche 17 mars
La journée commence par une visite au Secrétaire général du Wali. Je suis accompagnée par Fwad Hasnaoui et le Consul général, M. Safty. La question du site pour l’implantation d’une école française est évoquée ainsi que celle de la présence d’entreprises françaises.
Mon séjour se termine par une visite du Consulat, au service aux Français, au service des visas et un entretien avec les recrutés locaux qui s’inquiètent beaucoup de la dégradation de leurs conditions de travail et de leur avenir (retraite).
Départ pour l’aéroport où je m’embarque pour Paris.
Voyage au Togo du 17 au 19 février
Départ de Cotonou : Françoise Varrin m’accompagne par la route jusqu’à Lomé. La route longe la côte : un paysage de carte postale, plage, mer et cocotiers. Nous sommes accueillis à Lomé par Françoise Mensah, conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger qui m’accompagnera dans mes visites aux institutions françaises.
Une rencontre avec les Français installés à Lomé est organisée par Français du monde-adfe et j’ai le plaisir de retrouver des visages connus, dont Rozenn Botokro, présidente de Français du monde-adfe Togo, Christophe Courtin, secrétaire de la section PS de Lomé et quelques autres. Les questions vont bon train sur les réformes en cours, les bourses, l’AFE, l’accueil au Consulat et … le communiqué du PS de Jean-Christophe Cambadélis et Axelle Lemaire sur le traitement des opposants au Togo. Je ne le sais pas encore mais il en sera beaucoup question les jours suivants lors de mes rencontres avec mes interlocuteurs togolais.
Lundi 18 février
La journée commence par un entretien très riche avec l’Ambassadeur, M. Nicolas Warnery. Puis je rencontre M. El Hadj Abass Bonfoh, président de l’Assemblée nationale togolaise et quelques parlementaires membres du groupe d’amitié France-Togo, dont je suis présidente déléguée au sénat. L’entretien tourne autour des élections et de la parité.
Rencontre avec l’attaché de sécurité intérieure à la Direction de coopération internationale. Le commissaire était précédemment en poste à Bamako où nous nous étions rencontrés. La situation au Mali est largement évoquée ainsi que la nécessaire vigilance au Togo. Le mécontentement politique et social pourrait servir de terreau idéal.
Le service de sécurité intérieur s’occupe de coopération technique et opérationnelle en matière de police, gendarmerie et sécurité civile. Il comprend trois policiers et un gendarme qui interviennent en conseil, formation pour la sûreté aéroportuaire et portuaire, immigration, lutte contre le trafic de stupéfiants, piraterie.
Déjeuner privé chez M. Roland Bréjon, premier conseiller (et ancien secrétaire général du CSFE/AFE alors que j’étais présidente du groupe Français du monde-adfe) dans sa résidence, ancien poste de gendarmerie de l’époque coloniale allemande et dont on dit que des cachots se trouvent au sous sol…
Entretien avec M. Philippe Collignon, Directeur de l’Agence Française de Développement. L’AFD n’a jamais quitté le Togo même pendant les années difficiles. Les secteurs prioritaires sont la santé, l’éducation, l’eau, assainissement et environnement avec un appui aux infrastructures urbaines et enfin soutien au secteur productif avec l’octroi de microcrédits et un mécanisme de garantie aux PME/PMI.
Je me rends ensuite au siège de la Présidence Lomé II pour rencontrer Mme Damtient Tchintchibidja, conseillère économique du président Faure Gnassingbé. Elle me reçoit avec un conseiller diplomatique, ancien Ministre des Affaires étrangères. Il me faudra expliquer qu’en France les partis politiques s’expriment librement et que les communiqués du PS ne sont pas l’expression du président de la République.
La journée se termine à la résidence de France où l’ambassadeur a invité les représentants de la communauté française pour une réception de travail (formule inédite mais correspondant à la réalité !)
Voyage au Bénin 13 au 17 février 2013
Arrivée à Cotonou où je suis accueillie à l'aéroport par Mme Isabelle Edet, chargée d'affaires et M.Yann Deret, chef de la section consulaire en l’absence de l’ambassadeur. C'est un plaisir de retrouver Isabelle Edet que j'avais rencontrée à Brazzaville lors d'un déplacement en 2009.
Je retrouve Anne-Brunet Apithy conseillère à l'AFE et Françoise Varrin, présidente de Français du monde-adfe venue me rencontrer à l'hôtel où je loge et avec qui nous mettons au point le programme des quelques jours à venir.
Jeudi 14 février
La journée commence par une visite des différents services du Consulat : état civil, affaires sociales, visas. Des services lourds compte tenu du nombre de dossiers à traiter et des congés de maladies. Les couloirs sont remplis d'usagers attendant leur tour. La circonscription consulaire compte quelque 3500 Français, la plupart d ‘entre eux habitent à Cotonou et 50 % d’entre eux sont binationaux. Les dossiers les plus difficiles sont ceux concernant l’Etat civil : les naissances ne sont pas toujours déclarées dans les délais, les actes d’état civil béninois sont souvent incomplets, ce qui pose des problèmes au niveau de la transcription des actes. Les dossiers de nationalité sont également lourds et longs à traiter. Le consulat de Cotonou qui offre également les services de l’OFII (office français de l’immigration et de l’intégration) délivre environ 11 000 visas par an. Le taux de refus est en augmentation suite à la multiplication de faux avérés de justificatifs bancaires.
Réunion ensuite avec le personnel à l’ambassade avec Luc Fabre, le COCAC (conseiller de coopération et d’action culturelle). Les assistants techniques et les volontaires internationaux relevant du SCAC (service de coopération et d’action culturelle) ou de l’ambassade présentent les thématiques et les projets sur lesquels ils travaillent : décentralisation, ONG et droits Humains, justice et gouvernance, scolarisation, coopération scientifique et universitaire, culture, agronomie. L’expertise et le savoir faire sont grands mais les crédits ne suivent plus. Il semble qu’il y ait inadéquation entre ressources humaines et crédits.
Visite ensuite de la Maison de l’Espérance tenue par les sœurs salésiennes qui recueillent des filles et des jeunes femmes victimes de toutes sortes de violence. Les sœurs essaient de leur donner une formation : cuisine, pâtisserie, boulangerie, savonnerie pour leur donner une chance de se sortir de leur précarité.
Déjeuner organisé par Mme Edet avec les chefs de service de l’ambassade, la proviseure du lycée Montaigne, Mme Lavendier et les responsables de Français du monde-adfe et UFE, Anne Brunet-Apithy et Françoise Varrin.
Le dilemme du lycée français de Bamako
REPORTAGE - Depuis l’intervention française au Mali mi-janvier, le lycée français de Bamako a fermé ses portes. Les parents d’élèves demandent sa réouverture au plus vite. L’exécutif s’y refuse. Sur place, la situation devient de plus en plus ingérable.
Les salles sont vides, les rues alentours sont condamnées. Aucun élève n’a mis le pied dans la cour en terre battue du lycée Liberté de Bamako depuis le 14 janvier dernier, date de la fermeture de l’établissement sur décision de François Hollande. "A la base, il voulait garder l’établissement ouvert. Mais on lui a dit : ‘s’il se passe quelque chose, ça te retombera dessus’", raconte un proche du dossier. Finalement, le chef de l’Etat a décidé de rouvrir le lycée français de Niamey, au Niger, mais pas celui de Bamako. "Cette décision nous a assommé", confie un cadre de l’ambassade française au Mali.
Ce sont quelque 1.082 élèves, dont 51% de Français, qui ne vont plus en cours depuis maintenant plus de trois semaines. "La décision de fermer un lycée est grave. Mais je l’assume. On ne peut pas prendre le risque d’avoir un terroriste qui mettrait en danger la vie des élèves", argue la ministre déléguée chargée des Français à l’étranger, Hélène Conway, venue visiter l’établissement lundi.
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« La vie normale » des Français de Bamako
J'ai accompagné Hélène Conway, ministre déléguée chargée des Français de l'étranger, avec Pouria Amirshahi, député de la circonscription à Bamako et à Niamey. L'objectif du déplacement portait sur les dispositifs de sécurité, les comités de sécurités ont été réunis dans les deux villes et tout particulièrement autour des lycées français : le lycée Liberté à Bamako et le lycée La Fontaine à Niamey.
A Bamako, le lycée français est toujours fermé, alors que la demande de réouverture est forte de la part des parents même si l'équipe pédagogique a mis au point un dispositif par internet pour communiquer avec les élèves, envoyer les cours, recevoir et corriger les devoirs, doublant ce dispositif d'une possibilité d'obtenir les cours sur support papier pour ceux qui ne pourraient se connecter. Depuis plusieurs années des travaux ont été effectués pour sécuriser le lycée, on ne peut l'approcher en voiture mais les autorités françaises préfèrent le laisser fermer. Peut-être François Hollande aura-t-il entendu les parents lors de sa visite la veille? Les deux écoles homologuées Les Lutins et les Angelots ont rouvert ce lundi. Mes collègues députés et moi même avons rencontré nos homologues maliens qui nous ont tous dit leur immense reconnaissance envers la France, envers François Hollande, insistant sur le fait que sans l'intervention militaire de la France le Mali n'existerait plus.
Le lendemain à Niamey nous nous sommes également rendus sur le site du lycée qui a rouvert après une semaine de fermeture. Là aussi le dispositif de sécurité a été renforcé et la vie scolaire a repris. Nous nous sommes entretenus avec la communauté scolaire qui nous a fait part de ses préoccupations. La délégation était accompagnée du secrétaire général de l'AEFE qui a pu leur faire quelques annonces pour apaiser le climat très tendu.
A Bamako comme à Niamey nous avons rencontré la communauté française et l'ambiance qui règne dans les deux villes est bien différente. La population française à Bamako est calme, apaisée et n'envisage pas de partir, la vie a peu changé et les personnes rencontrées se disent rassurées par les nombreux contrôles de police. En revanche, à Niamey, les Français que nous avons vus, à commencer par les enseignants, sont angoissés. Ils ressentent une menace diffuse, invisible. Ils vivent très mal le confinement auquel ils sont soumis. Ils ne sont pas autorisés à quitter la ville de Niamey sauf par avion. L'ambiance à Niamey est pesante.
Nous avons également rencontré nos homologues de l'Assemblée nationale et le président nous a fait une rétrospective et une analyse extrêmement pertinente, intéressante de la situation dans le Sahel, reprenant les mises en garde entendues au Mali contre le MNLA. Ils ont également salué l'intervention de la France au Mali et l'action de François Hollande.
Après la guerre, la paix, et la reconstruction au Mali passera par une réconciliation nationale et bien entendu par de la formation à tous les niveaux pour permettre aux Maliens de valoriser leur magnifique pays. La coopération française, européenne devra être au rendez-vous.
Voir ci dessous l'article du JDD
REPORTAGE – Ils disent n’avoir presque rien changé à leurs habitudes de vie depuis l’intervention militaire française au Mali. Rencontre avec la communauté française de Bamako.
Pour eux, ça n’a presque rien changé. A entendre les Français qui vivent à Bamako, l’intervention militaire française n’a pas bousculé leurs habitudes de vie. Certes, ils se disent plus vigilants, "plus sages quant aux sorties nocturnes", mais leur quotidien d’aujourd’hui est similaire à celui qu’ils avaient avant le 11 janvier, jour où les troupes françaises ont débarqué dans le pays pour faire la guerre aux islamistes. "La reprise rapide du nord du Mali a eu vocation à rassurer pas mal de personnes", racontait dimanche dans l’avion qui l’amènait à Bamako la ministre déléguée chargée des Français de l’étranger, Hélène Conway.
Sur place, les habitants confirment : "La guerre est invisible ici, la menace n’est pas perceptible", raconte une franco-malienne. "Aujourd’hui, la vie ici est presque normale", résume aussi l’ambassadeur de France au Mali, Christian Rouyer. Qui prévient toutefois que "la menace terroriste est toujours présente". Le député socialiste des Français à l’étranger (Afrique du Nord et de l'Ouest), Pouria Amirshahi – qui fait partie de la délégation de la ministre - abonde : "Ils ne sont ni inquiets ni paniqués même s’ils ont parfaitement conscience d’être des cibles potentielles."
"Ça nous rassure d’être contrôlés"
Certains détails de leur vie le leur rappellent. A commencer par la fermeture des trois établissements scolaires français de Bamako, trois jours après le début de l’intervention française. Deux écoles ont rouverte lundi matin mais le lycée français est toujours fermé. Aussi, dès que la situation évolue, les ressortissants recensés sur le registre de l’ambassade reçoivent par mails ou SMS un point sur la situation et les consignes à suivre en cas de menace potentielle.
Dans la ville, les barrages de police se sont démultipliés : "Mais ça nous rassure d’être contrôlés", assure une habitante française. "En une semaine, on a fait tout ce que Paris nous avait demandé. Je n’ai jamais vu le gouvernement malien réagir aussi rapidement!" s’amuse un cadre de l’ambassade française à Bamako. L’ambassade française a segmenté Bamako en neuf "ilôts", comme elle le fait toujours à l’étranger. Pour chaque quartier, un "ilotier" se charge de remonter les impressions des ressortissants français.
"Hollande passe pour un héros"
Finalement, l’intervention militaire française les a davantage rassuré qu’inquiété. "On savait que si l’armée n’intervenait pas, on faisait tous nos bagages", raconte Chantale Guilloton, présidente de l’association Bamako accueil. Plusieurs d’entre disent avoir ressenti le changement d’attitude des Maliens à leur égard. "D’habitude, les Maliens sont pudiques. Mais là, ils n’arrêtent pas de nous dire qu’ils sont contents. Hollande passe pour un héros", raconte une Française qui vit à Bamako. En témoigne les drapeaux bleu, blanc, rouge accrochés aux grillages dans certaines rues de Bamako sur lesquels on peut lire "Merci la France" ou encore "vive Hollande".
C’est en fait au moment du coup d’état le 22 mars dernier que tous ont ressenti une vraie inquiétude. "Quand on a entendu les coups de kalachnikov à quelques mètres, là, on a eu peur!" raconte un haut fonctionnaire français. "Il y a eu un petit vent de panique à ce moment là", confirme Valérie Beilvert, présidente de l’Union des Français de l’étranger. "La peur n’a duré que quelques heures. Depuis, on vit avec et on relativise", résume Yves Gueylard, conseiller de coopération et d’action culturelle à l’ambassade de France.
Aucun n’envisage de quitter le Mali. "Les Français ont la particularité de rester pendant les conflits. Ils étaient là avant, ils seront là après", analyse la ministre, Hélène Conway. "On ne va pas se laisser impressionner! On ne va pas s’arrêter de vivre pour ça", tempête Marianne Sotbar, directrice de l’école française Les Lutins, qui vit là depuis 35 ans. Une habitante française résume, dans un sourire : "A Bamako, la vie est belle."
Caroline Vigoureux, à Bamako (Mali) - leJDD.fr


























