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Retour sur mon déplacement à Athènes et Thessalonique du 13 au 15 octobre

Jeudi 13 octobre 2016

À l’aéroport d’Athènes je suis accueillie par Chantal Picharles, conseillère consulaire et Céline Pendaries,  consule de France. Nous nous rendons à l’ambassade où je suis reçue par Christophe Chantepy, ambassadeur de France en Grèce qui nous entretient de la crise en Grèce, des réformes en cours notamment dans le secteur de la fiscalité, des faiblesses de l’administration et de la gestion des camps de migrants notamment à l’approche de l’hiver.

Rencontre ensuite avec la consule Céline Pendaries, Nicolas Pantaleonles agent en charge des affaires sociales et Nadia Chebli des bourses scolaires et accessoirement mais utilement de l’emploi.

9900 Français sont inscrits sur le registre en Grèce dont 52 de  % binationaux.

Il y a eu une hémorragie  de la population française qui aujourd’hui se stabilise. La précarisation touche +50% de la population.

Les allocations de base sont gelées à 465 euros depuis 2003 et n’ont donc pas été réévaluées avec la crise.  Des secours occasionnels ont été versés à 37 personnes résidentes. 24 dossiers ont été traités en 2015, seulement 15 cette année mais l’année n’est pas encore terminée. Deux dossiers enfants en détresse sont pris en charge.

Le consulat travaille en étroite collaboration avec l’Entraide (OLES).

Comme nous le savons, les  subventions sont arrivées en retard mais tout est réglé entre-temps. Le budget de l’OLES a été abondé par des subventions parlementaires de 35000 euros. Des activités de l’Entraide sont également une source de revenus : gala, beaujolais au lycée Franco-hellénique, galette organisée avec toutes les associations.

L’Entraide organise également une épicerie sociale. Les personnes aidées sont aussi bien des personnes âgées que des familles. Elle a une antenne à Thessalonique.

Un agent du Consulat, référent Emploi, s’occupe en plus de ses activités, d’emploi et formation : environ 80 placements sont effectués par an. Les emplois proposés sont très divers allant de la garde d’enfants, au secteur du tourisme, en passant par les centre d’appels. Des emplois de cadres sont également proposés. Des formations pour le retour en France sont également proposées avec l’AFPA.

En ce qui concerne les bourses scolaires on compte 335 demandes et on constate une stabilité de la demande. 287 demandes pourraient être validées à 100%

Les Français  vivent bien entendu  la réalité grecque. 20 enfants ont été déscolarisés suite à des départs mais aussi suite à une orientation vers l’école grecque. Le conseil consulaire des bourses scolaires n’a pas constaté  de déscolarisation pour des raisons financières. Les  conseillers consulaires, très coopératifs sont plutôt satisfaits du système. Une originalité : une bourse pour l’aide aux devoirs dans le primaire à été mise en place.

Un sujet brûlant est le patrimoine immobilier. En effet la plupart des familles franco-grecques sont propriétaires, parfois multipropriétaires mais elles ne peuvent vendre ces biens et leurs revenus mensuels sont très bas. Elles ont donc de grandes difficultés à faire face aux dépenses de la vie courante et par conséquent à payer les écolages.  Une dérogation pour un patrimoine immobilier qui dépasse le plafond est ainsi accordé à une vingtaine de familles. Une bourse liée à un AVS est servie.

Selon mes interlocuteurs, la réforme du barême est un succès.

Une centaine de dossiers de bourses universitaires sont traités par an. Les dossiers sont instruits par le CROUS. Il est dommage que le conseil consulaire ne soit pas consulté.

Je rencontre ensuite les représentants des associations : l’UFE, Fdm-Adfe, les Bretons, les Alsaciens, Athènes Accueil, l’Entraide et trois des quatre conseillers consulaires sont présents ; Chantal Picharles, Nelly Müller et Basile Delivorias. Chacun présente son association, ses activités, il est question des trois groupes FLAM dans le Péloponèse, à Patras et Rhodes

La soirée est consacrée à la célébration des 35 ans de l’ADFE avec les membres fondateurs, les membres d’hier et d’aujourd’hui. Le passé est évoqué mais aussi les projets. La soirée se termine dans une taverne pour un moment de convivialité.

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Vendredi 14 octobre 2016

Les entretiens de la matinée se déroulent à l’Institut français de Grèce. Je rencontre tout d’abord le conseiller de coopération et d’action culturelle et Directeur de l’Institut.

L’Institut se relève d’une crise financière due à des coûts trop élevés. Le remède à été radical : les contrats d’enseignants ont été remplacés par des contrats de prestataires. L’IFG est autofinancé à 85 %. 22 000 candidats par an passent des certifications. 50 personnes travaillent à l’IFG auxquelles s’ajoutent  50 prestataires sous contrat.

Un bel auditorium de 400 places permet d’organiser des activités culturelles sur place. L’objectif en passe d’être atteint est d’attirer un nouveau public, plus jeune grâce notamment au réseau franco-grec de l’innovation, au festival de BD.

Autres activités phares : festival du film francophone en mars/avril, la nuit de la philosophie avec 15 philosophes français et grecs. Est prévue également une nuit de l’esthétique avec l’Institut Goethe et des intervenants grecs.

Des salles sont louées à une associations grecque qui dispensent des cours du CNAM. La Chambre de Commerce loue également des locaux dans l’Institut. Parallèlement, l’augmentation des cours commence à poser des problèmes de salles.

Je rencontre ensuite Elisabeth Gay, attachée de coopération scientifique et universitaire qui s’occupe également de gouvernance et d’innovation. Elle travaille sur la formation des fonctionnaires co-financée avec des fondations grecques. Des formations de cycle court et long sont proposées avec des bourses accordées  par la France  permettent de tisser des liens avec les fonctionnaires grecs. Une approche plus transversale des services est nécessaire et d’autre part il est nécessaire de rééquilibrer l’ action de coopération et l’action culturelle en promouvant le débat d’idées.  La mise en contact des pôles d’innovation avec les fonds européens est une priorité. De plus faire connaître le le dynamisme français en matière d’innovation est un vrai défi.

Chantal Picharles (qui m’a accompagnée dans tous les entretiens) et moi terminons les rencontres de la matinée avec Muriel Piquet-Viaux, attachée de coopération culturelle à l’IFG.

Elle initie, lance et soutient de nombreux projets dans le domaine de la création contemporaine, théâtre, traduction de dramaturges grecs en français cours de traduction, mise en scène par des metteurs en scène grecs, soutien à la présence française dans les grands festivals, présentation de scènes alternatives (off). L’enjeu est d’attirer un public jeune.

L’action du service culturel est également tournée vers la danse avec 13 autres pays et bien sûr la diffusion de la pensée française par la  littérature et les chansons.

La parole est donnée aux jeunes talents notamment par le biais des arts numériques. La culture est un vecteur social  et économique.

La nuit de l’esthétique sera organisée avec l’Institut Goethe.

Enfin un travail sur la professionnalisation est engagé par la mise en contact de professionnels de la culture, de l’artisanat, français et grecs ainsi qu’un travail sur le patrimoine avec l’Ecole française d’archéologie.

Après cette matinée chargée mais passionnante, c’est le départ pour Thessalonique où nous sommes accueillies  par Philippe Ray, Consul général et en même temps Directeur de l’Institut. Thessalonique et sa circonscription consulaire comptait 1449 Français en 2015 dont 72% de bi-nationaux. La population reste stable.

Nous nous rendons au consulat qui est abrité, tout comme l’école française à l’Institut français. Je rencontre ensuite les agents du consulat qui forment une petite équipe très motivée. Françoise Avgéri, Presidente de la section de Fdm-Adfe est à l’Institut pour nous accueillir. Je salue Philippe Marse, Directeur de l’école française et Directeur adjoint de l’Institut français. J’assure ensuite une permanence auprès de compatriotes souhaitant me faire part de leurs préoccupations.

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Puis, je participe à un débat sur la laïcité en présentant l’histoire de la laïcité en France, la loi de 1905 et les deux tendances « historiques » de la laïcité, celle d’Emile Combes et celle d’Aristide Briand, rapporteur de la loi de 1905 portées aujourd’hui par Manuel Valls d’un côté et par l’Observatoire de la laïcité de l’autre. Les participants Grecs, venus nombreux, sont passionnés par le sujet qui traverse la société grecque aujourd’hui.

Nous poursuivons le débat avec les membres de Fdm dans une taverne voisine.

Samedi 15 octobre 2016

Philippe Ray a organisé un très beau programme culturel à la Fondation d’art Teloglio. Nous avons la chance de bénéficier  d’une visite guidée de l’exposition qui doit bientôt ouvrir : Delacroix met en scène la Révolution grecque de 1821 et de Philippoteaux : panorama du siège de Paris suivi d’un déjeuner avec des représentants de la communauté française. C’est  ensuite le départ pour Paris!

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