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Mon déplacement à la rencontre des Français d’Océanie du 15 au 28 mai 2016 – 1ère étape: Sydney

J’ai effectué un déplacement de deux semaines à la rencontre de la communauté française d’Océanie. Voici le compte-rendu de ma première étape à Sydney:

Lundi 16 mai : Après de longues heures de vols et de multiples escales, j’arrive, accompagnée de ma collaboratrice parlementaire Anne-Laure Prego-Cauchet, le 16 mai dans la soirée à Sydney , aimablement accueillie à l’aéroport par le Consul général, Nicolas Croizier qui nous accompagne à l’ hôtel, idéalement situé au cœur de la City de Sydney.

Mardi 17 mai : Dès 9h, je retrouve, avec grand plaisir, Jean-Philippe Grange, le conseiller à l’AFE, ainsi que Marie-Claire Guilbaud, la conseillère consulaire.

Accueil par le proviseur, entouré du Consul général  et des deux conseillers consulaires

Accueil par le proviseur, entouré du Consul général et des deux conseillers consulaires

Accompagnés du consul général, nous nous rendons au lycée Condorcet, où nous sommes accueillis par le proviseur, Philippe Courjault. Nous débutons par une visite de l’établissement, aux côtés du directeur de l’école élémentaire, Bruno Le Brize, de la directrice de la communication, Chloé Pringalle et du directeur administratif et financier, Jean-Pierre Guguen.

L’établissement, doublement homologué, par le Ministère de l’Education nationale et par le Board of Studies, Teachers and Educational Standards (BOSTES) de la Nouvelle Galles du Sud (NSW)  qui reconnait l’enseignement dispensé au lycée comme étant conforme à la scolarité obligatoire. Ainsi, le lycée peut-il scolariser des élèves non français et aussi percevoir des subventions de fonctionnement du ministère fédéral de l’éducation.

Il scolarise actuellement 807 élèves. Mais il a connu une période de stagnation de ses effectifs de 2011 à 2013, ce qui a conduit l’établissement à repenser son offre éducative (enseignement bilingue traduit par l’ouverture en août 2013 d’une petite section avec un enseignement dispensé moitié en français et moitié en anglais, ouverture en 2017 d’une section européenne en Seconde, ouverture d’une  section internationale australienne menant au DNBi (bac australien) et à l’OIB…).

Les effectifs sont repartis à la hausse dès  janvier 2014 et les perspectives de croissance sont, désormais, soutenues par la politique linguistique mise en œuvre à la rentrée 2013. Dans ces conditions, un projet immobilier  (Condorcet – Campus 2020) vise, notamment,  à développer la capacité d’accueil du site de 850 à 1300 élèves.

Une rencontre avec plusieurs représentants des enseignants nous permet d’évoquer la problématique de la rémunération des 17 personnels résidents avec une ISVL particulièrement faible au regard du coût de la vie très élevé dans la région. En dépit d’une forte hausse ces dernières années, l’indemnité n’a pu atteindre un niveau satisfaisant (notamment en comparaison de la rémunération du personnel en contrat local). Une prise en charge, partiel, du différentiel avait été  décidée par le comité de gestion, mais elle est réduite d’année en année, au motif que, par principe, le comité de gestion refuse de se substituer à l’AEFE pour le versement de rémunération à des personnels qui ne relèvent pas de sa responsabilité. Malheureusement, les discussions ne semblent pas, pour le moment, trouver d’issue positive.

Entourée de MM Courjault, Grange et Vallerie et de Mme Guilbaud

Entourée de MM Courjault, Grange et Vallerie et de Mme Guilbaud

Nous enchainons par un déjeuner avec les deux conseillers consulaires, Jean-Philippe et Marie-Claire, le proviseur, M. Courjault, auquel se joint Sébastien Vallerie, conseiller consulaire et également président du comité de gestion du lycée.

Nous disposons, en fin d’après-midi, d’un petit moment pour découvrir le Sydney Harbour, au cours d’une très sympathique promenade en bateau, avec une magnifique vue sur l’Opéra au soleil couchant.

Mercredi 18 mai : La journée débute, après un entretien avec le Consul général, Nicolas Croizier,  par une permanence dans les locaux du Consulat général de France. Je rencontre une dizaine de personnes qui me font part, en grande majorité de leur grande satisfaction de vivre à Sydney, tout en évoquant des difficultés qui écornent, un petit peu, la vision exceptionnellement idyllique que de nombreux Français ont de l’Australie.

Le pays bénéficie en effet, depuis quelques années, d’un vif engouement, notamment de la part des quelques 22 000 jeunes qui viennent munis d’un visa « working holiday ». Terre lointaine et encore préservée, dynamique et cosmopolite, elle fait beaucoup rêver : le nombre d’expatriés français a presque doublé en quelques années et il est, aujourd’hui, estimé à 75 000 personnes dont les deux tiers possèdent la double nationalité.

Cependant, si l’Australie mène toujours une politique ouverte d’attraction de main-d’œuvre qualifiée, d’étudiants et de jeunes travailleurs, l’assouplissement de sa politique migratoire est actuellement remise en cause dans le débat politique. Et le passage d’un visa temporaire « vacances-travail » à un visa de résident n’est pas toujours aisé dès lors que les qualifications ne sont pas conformes à celles recherchées (et actualisées chaque trimestre) et aussi très onéreux si l’on n’est pas « sponsorisé » par une entreprise.

Je rencontre, notamment, à cette occasion Jean-Christophe Trentinella, le directeur de l’Alliance française d’Adélaïde, qui me fait part des projets de l’établissement.

Après une visite du consulat et une rencontre de ses agents, nous nous dirigeons vers la résidence de France, charmante maison louée depuis quelques mois et qui permet, à nouveau, à la communauté française de Sydney de bénéficier d’un lieu où se réunir autour de ses représentants. J’y rencontre notamment des membres de la section Français du monde-adfe, dont sa présidente, Florence La Carbona.

Cette réception, avec le Conseil consulaire et la communauté français, me permet de m’entretenir avec l’ambassadeur, Christophe Lecourtier, venu de Canberra que j’ai déjà rencontré à plusieurs reprises dans ses anciennes fonctions de directeur général d’UbiFrance.

Entourée de l'Ambassadeur, du Consul général et du Conseiller à l'AFE

Entourée de l’Ambassadeur, du Consul général et du Conseiller à l’AFE

Nous évoquons, bien sûr, le contrat que la France vient de remporter pour la construction de 12 sous-marins, après deux années d’un véritable feuilleton à rebondissements. Le budget de ce programme de défense, le plus important de l’histoire du pays, est estimé à 50 milliards de dollars australiens (34,3 milliards d’euros), comprenant la conception, les transferts de technologie, la production, le système de combat et la maintenance pendant vingt-cinq ans. Ce contrat « historique » permettra la création de 2 900 emplois en Australie, plus précisément à Adélaïde, la capitale de l’Etat d’Australie Méridionale. A cet égard, de nombreux expatriés français sont attendus dans la région et la création de section française dans les écoles est bien sûr à promouvoir. Et en France, 4 000 personnes seront mobilisées pendant six ans chez DCNS et ses deux cents sous-traitants. Au final, la part revenant aux industriels français est estimée à 8 milliards d’euros.

Entourée de JB Milcamps et de JP Grange, j'ajoute un coquelicot à la sculpture dressée en l'honneur des Australiens tombées lors de la première guerre mondiale

Entourée de JB Milcamps et de JP Grange, j’ajoute un coquelicot à la sculpture dressée en l’honneur des Australiens tombés lors de la première guerre mondiale

La journée se poursuit par une visite à l’Alliance française de Sydney, où nous sommes accueillis par son directeur général, Jean-Baptiste Milcamps. Après une visite des très beaux locaux en plein cœur de Sydney et une présentation de l’équipe, le directeur nous décrit la très riche activité de cette Alliance, évoquant le fort engouement des australiens pour notre langue et notre culture, « French up your Life ! », comme le propose le slogan. Le French Film festival, fruit d’une collaboration entre les Alliances françaises d’Australie (Sydney, Melbourne, Camberra, Adélaide, Perth) et le service culturel de l’Ambassade de France ( et particulièrement de son conseiller de coopération et d’action culturelle, Eric Soulier) est un formidable succès chaque année, avec près de 160 000 entrées.

La journée se termine après un dîner très intéressant à la résidence de France autour du Consul général, et de plusieurs membres du monde culturel local.

Jeudi 19 mai : dès 7h45, nous assistons au Business Forum, organisé par la Chambre de commerce Franco australienne et son président, François Romanet. Cette édition 2016 a pour thème la co-innovation et m’a permis de rencontrer de nombreuses entreprises françaises et australiennes venues partager leur expertise en matière d’innovation et manifester combien la combinaison de multiples talents peut ouvrir un partenariat riche d’innovation. La toute récente signature de l’accord franco-australien sur la construction des sous-marins en est, bien sûr, une magnifique illustration.

L’après-midi est consacré à la visite de l’école francophone du North Shore, Killarney Heights Public School.

Nous sommes accueillis par la directrice australienne, Vicki Johnson et Sabine Duffy-Gilbert,  de l’association FANS (French Speaking Association of the North Shore) qui dirige la section bilingue.

Depuis 1999, un programme (de l’équivalent grande section de maternelle à la classe de 6ème inclus) permet d’accueillir 25 classes bilingues, soit 251 enfants francophones (sur les 674 élèves que compte l’établissement).

IMG_0121Ce programme est organisé en partenariat entre l’école et l’Association francophone du North Shore (F.A.N.S.), association qui regroupent des parents d’élèves. Les élèves de la section bilingue ont deux enseignants qualifiés, l’un anglophone, l’autre francophone qui sont présents et enseignent en même temps, l’un en français et l’autre en anglais. C’est le programme australien qui est enseigné et cinq heures hebdomadaires de français intensif s’ajoutent à ce programme.

En 2012, l’école a reçu le Label FrancEducation. 14 enseignants francophones sont employés par l’association et le programme est financé par les contributions des parents.

Cette école constitue, me semble-t-il, un bel exemple d’alternative au « lycée français  à l’étranger», dépendant du réseau AEFE tel que nous l’envisageons habituellement.

Après une visite des classe et une rencontre avec les coordinatrices bilingues, un sympathique goûter est organisé avec les enseignants français, le président de l’association FANS et les membres du comité.

Nous rentrons dans le centre de Sydney en « bateau-bus », ce qui nous permet d’admirer la skyline au coucher du soleil, avant d’enchainer par un cocktail offert par les représentants de la Nouvelle Calédonie. Je peux, à cette occasion m’entretenir avec André Boudart, le Conseiller spécial du Président du Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie pour l’Economie et le Commerce Extérieur, et voir combien la Nouvelle Calédonie est efficacement à l’œuvre pour renforcer ses relations économique avec l’AustralieIMG_9878

Mon séjour à Sydney se termine et je m’envole dès le lendemain matin, 20 mai, pour Melbourne.

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