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Le sommet UE – Afrique, occasion de repenser et de renforcer les liens entre les deux continents

http://assirou.net/wp-content/uploads/2014/04/Sommet-Ue-Ua-2014.jpgLe 4ème sommet entre l’Union européenne et l’Afrique  s’est tenu à Bruxelles les 2 et 3 avril. Ce nouveau sommet, quatre ans après le dernier qui s’était tenu à Tripoli, a réuni dirigeants africains et dirigeants de l’UE, ainsi que de hauts responsables des institutions de l’UE et de l’Union africaine. Les participants ont discuté de la paix, de la sécurité, des investissements, du changement climatique et des migrations.

En 2007, une stratégie commune UE-Afrique avait été adoptée, et en 2010 un plan d’action avait été approuvé pour la période 2011-2013. Ce plan fixait des objectifs concrets notamment dans les domaines de la paix et la sécurité, la gouvernance démocratique et les droits de l’homme. A l’issue de ce nouveau sommet, un plan d’action détaillé  a été établi pour la période 2014-2017, autour de cinq domaines prioritaires : paix et sécurité ; démocratie, bonne gouvernance et droits de l’homme ; développement humain ; développement et croissance durables et inclusifs et intégration continentale ; questions globales et émergentes.

L’Union européenne est le premier partenaire économique de l’Afrique, le premier contributeur de l’aide au développement versée au continent, et son premier partenaire dans le domaine de la paix et de la sécurité. Ce sommet était motivé, comme les précédents, par la volonté mutuelle de renforcer ce lien, notamment concernant le changement climatique, auquel le continent est particulièrement vulnérable.

L’aide supplémentaire à apporter à la Centrafrique, où la crise politique s’accentue et où les violences se multiplient, a été un sujet majeur de ce nouveau sommet. La crise dépasse d’ailleurs les frontières du pays, et constitue un enjeu régional au fort potentiel déstabilisateur, du fait notamment de l’afflux de réfugiés dans les pays voisins. L’ONU, représentée lors du sommet par son secrétaire général Ban Ki-moon, prévoit de déployer d’ici mi-septembre 12 000 soldats et policiers pour prendre le relais de la force africaine, la Misca, aux côtés de l’opération française Sangaris. L’UE doit quant à elle déployer une mission militaire Eufor-RCA dans les semaines qui viennent. Ce sommet a été l’occasion de renforcer la solidarité et la coopération entre pays européens, qui peinent à définir une stratégie commune en matière de politique étrangère.

Cela vaut également dans le domaine économique. L’absence de stratégie d’ensemble de l’Europe constitue en effet un frein important aux échanges avec le continent africain. De ce fait, au-delà de l’urgence sécuritaire, ce sommet a permis de jeter un nouveau regard sur le partenariat économique UE‑Afrique, de mettre en avant certains des résultats obtenus et d’étudier de nouveaux domaines de coopération future. Le renforcement de nos relations commerciales doit être en cohérence avec notre politique d’aide au développement, afin de créer les conditions d’une croissance durable sur un continent encore aujourd’hui en proie à la pauvreté (l’Afrique réunit 33 des 47 pays les moins avancés), aux pandémies et à la corruption. Dans ce domaine, une loi d’orientation relative au développement et à la solidarité internationale, adoptée par l’Assemblée nationale, a été transmise au Sénat en février dernier. Ce texte constitue une avancée importante, car c’est la première fois que les parlementaires s’emparent de ce sujet pour en définir les orientations. La transparence y est érigée en valeur clé de notre politique de développement. Le texte vise par ailleurs à renforcer la coordination entre acteurs du développement, et à adapter notre stratégie aux enjeux nouveaux, notamment climatiques.

En déplacement à Abidjan encore la semaine dernière, je suis sensible aux problématiques de l’Afrique, et la nécessité de renforcer et d’actualiser la coopération avec le continent. Ce nouveau sommet a permis de réaffirmer le lien privilégié UE-Afrique, d’ouvrir des perspectives pour la suite, et d’améliorer la solidarité entre pays européens dans leurs relations avec le continent. Il faudra veiller à ce que le plan d’action qui y a été défini se traduise dans la réalité par des avancées concrètes.

One Comment

  1. J’ai lu, j’ai apprécié. Le fait qu’il y ait encore beaucoup de pauvres, de misère en Côte d’Ivoire, par exemple, c’est que les dirigeants, pensent à eux avant tout. Il y a quelques années le fossé était très prononcé entre riches et pauvres, aujourd’hui, on ne peut même pas en discuter. L’ivoirien moyen au niveau de son pouvoir d’achat, c’est raisonnable, mais le peuple, il a faim, il est malade, il ne peut pas se soigner, il marche dans les poubelles au bord de la route. Bref, tout ceci est inadmissible pour un pays comme la Côte d’Ivoire. J’y vis depuis 1965.
    Je vous remercie de votre attention.

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