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« Stop, ça suffit ! » – La campagne contre le harcèlement et les violences sexuelles dans les transports

Alain Vidalies, secrétaire d’Etat chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche, et Pascale Boistard, secrétaire d’Etat chargée des Droits des femmes, ont présenté  la campagne gouvernementale de lutte contre le harcèlement sexiste et les violences sexuelles dans les transports en commun. Cette mobilisation du gouvernement, la première du genre, s’inscrit parmi les douze mesures du plan national de lutte contre le harcèlement sexiste et les violences sexuelles dans les transports en commun annoncé le 9 juillet dernier. Le campagne nationale de sensibilisation a débuté il y a quelques jours et sera diffusée sur l’ensemble du territoire français.

Elle poursuit deux objectifs, tout à la fois marquer avec force le refus de comportements inacceptables et pourtant banalisés et donner des clés d’action et de réaction à chacun pour contrer ces situations.

Je salue vivement cette initiative qui doit enfin permettre de faire progresser la prise de conscience d’un sujet minimisé et tabou et de libérer la parole.

En effet, contrairement à l’idée répandue qui veut que le harcèlement sexiste dans les transports en commun constitue, au mieux, une futilité anecdotique, au pire, un simple dérapage dans cet « art du libertinage si typiquement français », le phénomène affecte de façon négative et très fréquemment le quotidien de nombreuses femmes.
D’ailleurs, d’après un premier rapport institutionnel sur le sujet commandé par la ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes, Marisol Touraine, ainsi que par Pascale Boistard, et présenté par le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh) jeudi 16 avril, 100 % des utilisatrices des transports en commun ont été victimes, au moins une fois dans leur vie, de harcèlement sexiste ou d’une agression sexuelle. Les jeunes femmes sont particulièrement concernées : dans plus de 50 %, une telle expérience intervient avant 18 ans.

Or ce phénomène peut avoir un impact émotionnel négatif suscitant un état de peur, de stress, de colère, d’impuissance, mais aussi de honte et de culpabilité. Cette pression psychologique est révélée par de nombreux témoignages des femmes qui développent des stratégies de contournement afin d’éviter la situation par une préparation psychologique et matérielle, tel que – entres autres – l’attention particulière à son apparence, l’adaptation de son comportement et de sa tenue vestimentaire et la modification de ses trajets.

Cette situation n’est pas admissible : les droits humains fondamentaux comme la liberté de libre circulation et le droit à la sécurité se voient bafoués pour un grand nombre de femmes. Comme le précise l’avis gouvernemental, cette situation représente, de surcroît, un frein à l’égal accès aux services publics des transports et mène ainsi au maintien des inégalités et des discriminations entre les sexes.

Le gouvernement a mis à disposition un espace interactif sous le lien suivant http://femmes.gouv.fr/harcelement-transports/ dont les ressources permettent de mieux connaître la loi concernant le harcèlement sexiste et les violences sexuelles, de bénéficier de conseils pour mieux réagir et savoir faire face à ces situations et de partager son expérience.

Chacun et chacune peut et a la responsabilité de réagir. Loin de toute culpabilisation, la campagne contribue à la mobilisation et refuse le fatalisme.
Parce qu’il est grand temps de dire haut et fort : « stop, ça suffit ! »

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