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Journée mondiale de lutte contre l’homophobie et transphobie

La Journée mondiale de lutte contre l’homophobie et transphobie (IDAHOT : « International Day Against HOmophobia and Transphobia ») est célébrée tous les 17 mai. La première journée a eu lieu le 17 mai 2005, soit 15 ans jour pour jour après la suppression de l’homosexualité de la liste des maladies mentales de la Classification internationale des maladies publiée par l’Organisation mondiale de la santé, à savoir le 17 mai 1990.

Cette journée a pour but de promouvoir des actions de sensibilisation et de prévention pour lutter contre l’homophobie, la lesbophobie, la biphobie et la transphobie mais également d’articuler action et réflexion afin de lutter contre toutes les violences physiques, morales ou symboliques liées à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre. Elle entend susciter, soutenir et coordonner toutes initiatives contribuant à l’égalité entre les citoyens en la matière, de jure, mais aussi de facto, et cela dans tous les pays où cette démarche sera possible.

En juin 2016, dans plus de 70 pays, selon l’ILGA (the International Lesbian, Gay, Bisexual, Trans and Intersex Association) les actes homosexuels sont condamnés par la loi et dans une dizaine de nations, la peine de mort peut être appliquée. Même dans d’autres pays où l’homosexualité ne relève pas du code pénal, les persécutions se multiplient. Au Brésil par exemple, les Escadrons de la mort et les skin heads sèment la terreur : 1960 meurtres homophobes ont pu être recensés officiellement entre 1980 et 2000. Aux États-Unis, le 12 juin 2016, un homme armé entrait dans la boîte de nuit LGBT le Pulse à Orlando et ouvrait le feu, faisant 49 morts. Cet évènement, tragique, a pourtant suscité des commentaires LGBTphobes sur les réseaux sociaux dans le monde entier. Dans ces conditions, il paraît difficile de penser que la « tolérance » gagne du terrain. Au contraire, dans la plupart de ces Etats, l’homophobie semble aujourd’hui plus violente qu’hier.

Dans le même sens,  cette année,  la communauté gay libanaise avait prévu de fêter pendant tout une semaine la journée mondiale contre l’homophobie ; les festivités devaient commencer par un séminaire dimanche soir à l’Hôtel Monroe à Beyrouth, or l’association à l’origine de l’événement s’en est vue refuser l’accès par la sécurité de l’établissement.

En Asie, la Chine progresse depuis l’abrogation des camps de travail pour les personnes transsexuelles et homosexuelles. En Malaisie, les rapports entre deux personnes du même sexe restent passibles de vingt ans de prison et de coups de cannes.

Aux États-Unis, le président Obama s’est largement engagé en faveur de l’amélioration de la législation en matière de droit des personnes homosexuelles. Pour autrant, des lois visant à réduire les droits des personnes LGBT ont pu être votées en 2016 dans les Etats de Caroline du Nord et du Mississippi et la parole homophobe semble s’être libérée. Dans le reste des Amériques,  le Chili s’est doté d’une première loi contre les discriminations en 2012. L‘évolution est similaire en Argentine où une loi permettant de choisir librement son genre a été votée.

En Europe, l‘évolution des droits des homosexuels est contrastée. Certains changements préoccupent les associations de défense des droits des gays, notamment en Russie et en Ukraine où le Parlement a voté une loi punissant la “propagande homosexuelle” en 2015, avant de se rétracter.

Enfin, en France, les actes homophobes ont augmenté de 19,5% en 2016 selon SOS homophobie : https://www.sos-homophobie.org/sites/default/files/rapport_annuel_2017.pdf

C’est pourquoi je soutiens l’appel aux instances nationales et internationales afin qu’elles inscrivent cette Journée dans l’agenda officiel, à l’instar de la Journée Mondiale des Femmes ou de la Journée Mondiale de Lutte contre le Sida. La reconnaissance d’une telle Journée serait ainsi un engagement clair de la communauté internationale.

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