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Feuilleton de la réforme des retraites: épisode du 8 octobre et interventions pour les Français établis hors de France

Posté le 11 octobre 2010

Au cours de cette journée de débats qui s'est terminée au petit matin samedi, je suis intervenue pour signaler les effets particulièrement injustes du report de l'âge de la retraite à taux plein pour les salariés à la carrière morcelée et précaire en général et pour beaucoup de Français de l'étranger en particulier. Puis, j'ai défendu l'amendement déposée avec Monique et Richard visant à maintenir à 65 ans cet âge pour les personnes ayant dû renoncer à toute activité professionnelle pour suivre leur conjoint à l'étranger.

Feuilleton du 8 octobre

Poursuite des débats sur l’article 5 Cet article, qui prévoit le passage de l’âge légal de 60 ans à 62 ans, avait été appelé en priorité dès le jeudi soir. Les sénateurs de gauche ont poursuivi leurs présentations des raisons de leur refus de cette régression, en défendant de très nombreux amendements, puis en explication de vote sur cet article.

On retiendra notamment la très belle intervention de Pierre Mauroy, qui était Premier ministre lors de l’arrivée de cette conquête sociale. « C’est la loi la plus importante de la Vème République » a-t-il dit. Tous les sénateurs de gauche se sont levés et l’ont applaudi longuement. M. Woerth s’est cru obligé d’intervenir, et le décalage était patent entre un Premier Ministre qui avait fait l’histoire et qui parlait au nom du peuple, et un simple serviteur d’un Président de la république décidé à remettre en cause le modèle social français, empêtré dans des faux arguments destinés à justifier l’injustifiable.

En fin d’après-midi, cet article était voté conforme par la majorité sénatoriale.

Examen de l’article 6 Cet article prévoit le recul de l’âge de la retraite à taux plein de 65 à 67 ans. C’est sur cet article que le gouvernement avait annoncé jeudi matin le dépôt de deux amendements : le premier prévoit une modification du code de la sécurité sociale qui permettrait aux parents d’enfants handicapés de conserver l’âge de départ à la retraite à taux plein à 65 ans, au lieu de 67 ans comme cela été prévu initialement. Mais dans des conditions restrictives. Le second amendement prévoit que les parents nés entre 1951 et 1955 ayant élevé trois enfants puissent partir à la retraite à taux plein à l’âge de 65 ans. De fait, il ne s’agit que du maintien de la situation actuelle pour deux catégories de français. L’objectif de N. Sarkozy était de faire adopter ces modestes concessions avant le week-end afin de réduite la pression sociale et parlementaire. Mais, la vigueur des interventions des sénateurs de gauche dans la présentation de leurs amendements a contraint le Président du Sénat, venu présider peu avant 1 h du matin, à interrompre les débats vers 2 h du matin, à la fin de la présentation des amendements, pour organiser la suite des débats. Devant l’impossibilité de faire voter ces deux amendements avant le petit matin, il a négocié un compromis. La priorité sur les deux amendements est faite, mais la discussion du second amendement est reportée au lundi matin.

Après cette victoire pour l’opposition, l’amendement concernant les parents d’enfants handicapés a été adopté, ainsi qu’un sous-amendement centriste élargissant le nombre de parents concernés. Les socialistes ont voté pour cette légère atténuation de la mesure initiale.

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