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Colloque « Qui sont les nouvelles féministes » à l’Assemblée Nationale

À l’occasion de la journée internationale des droits des femmes un colloque était organisé à l’assemblée nationale hier sur le thème : « Qui sont les nouvelles féministes ? « .

Dans un premier temps, Catherine Coutelle, Présidente de la Délégation aux Droits des Femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes à l’Assemblée Nationale a retracé un bref historique de la journée internationale des droits des femmes avant de présenter le bilan de la Délégation qu’elle préside. Félicitant les nombreuses avancées obtenues au cours de ce quinquennat, Catherine Coutelle a également fait état des nombreux combats restant à mener. Ainsi a-t-elle appelé les candidats à l’élection présidentielle à s’engager pour l’égalité entre les femmes et les hommes et à créer un Ministère de plein exercice.

Ensuite, la Députée a rappelé l’importance des associations féministes qui permettent de faire remonter des problèmes de terrain et donc d’aiguiller le travail parlementaire. En effet, la conjugaison de tous les institutions comme le HCE, les DDF, le Cese ou la Miprof et des associations féministes est nécessaire pour faire avancer les droits des femmes.

Le tissu associatif a donc été mis à l’honneur. Pour autant, une mise en garde a été formulée sur la diversité des façons d’aborder le féminisme par les différentes associations car si cette diversité peut faire la force du réseau, Catherine Coutelle a appelé à prêter attention à ce que cela ne soit pas constitutif d’un réseau trop dispersé.

Plusieurs intervenants ayant été invités, ils ont pu présenter différents prismes sous lesquels pouvaient être abordés les droits des femmes.

Tout d’abord Marie-Ophelie Latil, fondatrice du collectif Georgette Sand, qui s’attache à dénoncer les stéréotypes, véhiculés notamment par les médias et la publicité, c’est d’ailleurs la raison du sous-titre de ce collectif : faut-il s’appeler George pour être prise au sérieux ? Par ailleurs, le collectif Georgette Sand lutte contre les discriminations et à ce titre a fait l’objet d’une forte médiatisation lors de son implication dans la lutte contre la taxe tampon.

Frédéric Robert, porte-parole de Zéromacho est également intervenu pour présenter les actions de cette association qui lutte contre le système prostitutionnel, qui est le lieu de toutes les oppressions pour les femmes. Cette association a largement contribué à l’adoption de la loi du 6 avril 2016 et au fait que la France ait aujourd’hui une position abolitionniste. Catherine Coutelle est d’ailleurs fière de défendre cette position à travers le monde.

Anais Bourdet créatrice du blog Paye ta Shnek a expliqué que ce blog avait vu le jour suite à la vidéo d’une fille, Sophie Peters, qui se déplaçait dans la rue et révélait au monde entier ce que pouvaient signifier les déplacements des femmes dans l’espace public. Cette prise de conscience a mis en exergue les violences sexistes ou sexuelles que les femmes pouvaient subir au quotidien et le terme de harcèlement de rue a fait son apparition. L’idée de Paye ta shnek est de collecter des propos entendus n’importe où. Un peu plus de 4 ans plus tard plus de 13000 témoignages ont été recueillis. Dans tous les témoignages généralement le sexisme est lié avec d’autres formes d’oppressions ou de discriminations comme du racisme, de l’homophobie, de la transphobie ou de l’islamophobie. Anaïs Bourdet émet donc l’hypothèse que les nouvelles féministes sont les féministes intersectionnelles.

Ketsia Mutombo du collectif féministe anti harcèlement s’attache également à donner de la substance à ce que beaucoup pensaient un peu fantasmé à savoir le cyber harcèlement. Les témoignages recueillis font, pour la plupart, état de violences genrées.

Anne-Cecile Mailfert, présidente de la fondation des femmes, dénonce un contexte qui apparaît assez paradoxal car la visibilité des mouvements féministes est accrue et on sent un élan quasi unanime vers plus d’égalité. Pour autant, en ce moment, il y a également une haine qui explose dans les images diffusées par certains hommes et les réactions face à cette haine peuvent semblées mitigées. Or le scandale c’est quand on s’habitue au scandale disait Simone de Beauvoir. C’est pourquoi, la Fondation des femmes concentre son action sur le fait d’apporter des moyens aux associations : de l’argent mais aussi des armes juridiques pour que le secteur des droits des femmes soit plus fort.

La dernière intervenante, Rebecca Amsellem a fondé la newsletter Les Glorieuses en septembre 2015 avec l’ambition de faire comprendre aux femmes qu’elles peuvent faire ce qu’elles veulent.  La volonté première des Glorieuses est en effet que les femmes ressentent un sentiment de puissance. La médiatisation de ce mouvement a explosé avec l’appel à la prise de conscience que les femmes n’étaient plus payées à partir du 7 novembre à 16h34 au vu de l’écart salarial qui existe toujours en France entre les femmes et les hommes. Par ailleurs, une plateforme numérique politique mais non partisane a été mise en œuvre pour s’informer, s’inspirer et s’engager. Par exemple il y a une comparaison des actions des candidats à l’élection présidentielle qui met notamment  en lumière que Marine Le Pen n’a fait aucune action en faveur du droit des femmes depuis qu’elle est députée européenne soit depuis 2004. La conclusion de Rebecca Amsellem est que le féminisme n’est pas une guerre des genres mais une nécessité pour la paix entre les genres.

 

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