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Evénement autour du Serment de Paris à l’occasion du 8 mars

À l’occasion de la journée internationale des droits des femmes a été organisé un événement autour du Serment de Paris.

Jean-Marc Ayrault a ouvert cet événement en dressant un constat du contexte actuel, constat partagé par Laurence Rossignol et François Hollande.

En effet, tous les trois ont fait état du fait que les femmes subissaient trop de violences, Jean-Marc Ayrault indiquant que 35% des femmes dans le monde étaient victimes de violences à un moment ou un autre de leur existence. Par ailleurs, le climat délétère dans lequel doivent évoluer les droits des femmes dans différentes parties du monde a été dénoncé par l’ensemble des membres du gouvernement présents, comme par exemple en Russie où une loi a récemment diminué les sanctions à l’encontre des auteurs de violences domestiques.

En France, c’est le droit à l’avortement qui cristallise les divergences d’opinions comme a pu le montrer dernièrement les résurgences des adversaires du contrôle des naissances à l’occasion du vote au Parlement de la loi visant à l’extension du délit d’entrave à l’IVG. Si la société civile se bat depuis des décennies pour que ce droit soit effectif, Laurence Rossignol souligne que les lobbys anti-IVG demeurent très actifs. Malgré les chiffres de l’OMS qui indiquent qu’une femme meure du fait d’un avortement clandestin toutes les 10 mn, le Ministre des Affaires étrangères, la Ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes ainsi que le Président de la République craignent un retour en arrière de 40 ans.

Jean-Marc Ayrault dénonce également le plafond de verre et les écarts de salaires qui sont toujours trop importants dans notre pays.

Ce constat implique la réitération de l’engagement de la France pour changer la société, changer les mentalités et, dans la droite ligne des actions engagées depuis 2012, de s’efforcer de garantir l’égalité entre les femmes et les hommes, condition de la réussite du modèle français, du modèle républicain.

Les tables rondes qui ont suivi avaient deux thèmes : la première abordait le sujet du droit universel à la santé sexuelle et reproductive et la deuxième concernait la lutte contre les violences faites aux femmes. 

Sur le premier sujet, Djemila BENHABIB, écrivaine québécoise,  Barbara NOWACKA, femme politique polonaise, prix Simone de Beauvoir 2017, Pinar SELEK, sociologue-militante féministe turque et la Dr. Françoise SIVIGNON, Présidente, Médecins du Mondé sont intervenues tandis que sur le deuxième c’est Lucia AVILES, juge, membre de « Asociacion de mujeres juezas de España »,  Fatou BENSOUDA, Procureur de la Cour pénale internationale de La Haye, Kuljit KAUR, Vice-Présidente, All India Women’s Conference, Irene NATIVIDAD, Présidente, Global Summit of Women qui nous ont apporté leurs témoignages.

Toutes les intervenantes ont dénoncé l’utilisation du corps de la femme comme terrain de domination tant au niveau du plaisir sexuel, du contrôle des naissance que comme arme de guerre.

Sur la question du droit à la santé sexuelle et reproductive, Barbara NOWACKA a indiqué que si le soulèvement populaire avait permis de contrecarrer la volonté d’interdiction de l’avortement du gouvernement polonais, un docteur pouvait toujours refuser qu’une femme se fasse avorter. Cette femme politique polonaise a mis en garde sur le changement qu’était en train de vivre l’Europe qui pouvait devenir négatif pour les droits des femmes au vu de ce qui c’était passé dans son pays. En effet, rien ne laissait présager, quelques années auparavant que le gouvernement polonais pourrait un jour remettre en cause un droit si fondamental.

Enfin, Djemila BENHABIB tenait à rappeler que l’avortement existait dans tous les pays, même ceux dans lesquels il est interdit, seulement plus il est limité, plus il est dangereux.

La Présidente de Médecins du Monde a précisé que malgré les 30 ans de cet organisme la question de la santé sexuelle et reproductive était relativement nouvelle en tant que question majeure.

Enfin a été mis en exergue un besoin de moyens dans la lutte pour les droits des femmes qui, pour s’exporter, pour inspirer et permettre l’engagement d’autres personnes, doit pouvoir être traduits, voyager et mérite des espaces de réflexions trop rares aujourd’hui.

Concernant la lutte contre les violences faites aux femmes, Lucia AVILES a indiqué qu’en Espagne 90 femmes mourraient chaque année sous les coups de leur agresseur. Malgré la position parfois présentée comme précurseur dans la protection contre les violences domestiques, l’Espagne conserve les mêmes statistiques depuis 2003.

En Inde, la situation s’améliore puisque désormais on considère que 25% des femmes subissant des violences portent plaintes.  Kuljit KAUR explique ce changement dans les mentalités par l’émotion suscitée par le viol collectif de Jyoti Singh dans un bus à New Dehli en 2012. Depuis cette prise de conscience de la société civile, les parents soutiennent leurs filles dans les démarches de dénonciation ce qui favorise un taux plus élevé de plaintes bien que 25% ne puisse être considéré comme suffisant.

C’est pourquoi, Irene NATIVIDAD a tenu à souligner l’importance de la parité au sein de toutes les entreprises et à tous les niveaux. Sur ce point Jean-Marc Ayrault a d’ailleurs précisé qu’à tailles équivalentes, les entreprises dirigées par des femmes avaient une croissance supérieure à celles dirigées par des hommes. Irene NATIVIDAD a en effet expliqué que cela permettrait aux femmes d’être plus présentes dans les organes de décisions, de faire plus entendre leur voix et donc d’exister plus aux yeux de tou.t.e.s et dans les consciences de tou.t.e.s.

Laurence Rossignol, assez pessimiste a conclu les tables rondes en disant que « 20 ans après la conférence de Pékin, nous pourrions être à un tournant dans la lutte pour les droits des femmes mais ce tournant pourrait être un demi-tour ».

 François Hollande a clos cet évènement sur une note plus positive, en rappelant que les la parité du gouvernement tout au long de son quinquennat ou la loi pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes de 2014 étaient des mesures qui avaient permis à la France de se hisser au 17ème rang mondial en matière d’égalité femmes-hommes.

Il a réaffirmé la position française, engagée dans la lutte pour les droits des femmes, qui participe politiquement et financièrement à de nombreuses actions en ce sens à travers le monde pour, par exemple, favoriser l’accès aux moyens de contraception ou lutter contre le mariage des enfants

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