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Retour sur mon déplacement au Japon du 26 septembre au 1er octobre 2017

Mardi 26 septembre 2017

Accueil à l’aéroport par le Consul  M. Corentin Faiche.  Suite à un embouteillage monstre nous avons mis trois heures pour rejoindre la Résidence de France, ce qui a été l’occasion de m’informer longuement sur la situation au Japon.

La première visite sera pour les services consulaires. Environ 10 000 Français sont enregistrés sur les listes consulaires et  80% d’entre eux vivent à Tokyo. Les services consulaires sont présents à Tokyo (avec douze agents) et à Kyoto (Consulat d’influence avec un agent pour appuyer le Consul général). L’essentiel de l’activité consulaire se déroule donc à Tokyo, passeports, CNI, état-civil et notariat et le Consulat traite environ 7000 demandes de visas par an dont la moitié durant l’été. Les services consulaires traitent également les dossiers de bourses scolaires, plus de deux cents dossiers pour le lycée de Tokyo et une cinquantaine pour Kyoto. En matière d’aides sociales il ne reste que deux allocataires, la plupart des cas de personnes en difficulté étant traités par l’Organisation Locale d’Entraide et de Solidarité (OLES). Enfin la question de la sécurité est très importante au vu des risques sismiques qui s’ajoutent à tous les autres.

Le jour de mon arrivée débutait une tournée consulaire rendu possible grâce à la mise en œuvre de la valise Itinera ce qui a permis d’établir 13 passeports en 2 jours.

J’ai ensuite rencontré MM. Yves Alemany, Michel Lachaussée et François Roussel de l’OLES. Quinze associations différentes sont membres fondateurs de cet organisme, ce qui a permis de fédérer l’ensemble de la communauté française mais également d’informer et de coordonner l’action des différentes associations qui le composent. En un peu plus de deux ans, l’association a permis de résoudre une soixantaine de situations de français en difficultés. Cela lui vaut aujourd’hui d’être reconnue par le Consulat qui oriente les gens vers eux lorsqu’ils ne peuvent régler une situation.  Dans la plupart des cas, l’OLES apporte un soutien humain, un conseil ou une orientation mais parfois aussi une aide purement financière. La suppression de la réserve parlementaire qui représentait 80% du budget est une véritable source d’inquiétude  pour les responsables de l’OLES.  Ils devront trouver d’autres sources de financement car ils ne touchent en effet qu’une petite subvention de la part du Ministère des Affaires étrangères.

Ce sont souvent les différences culturelles qui entrainent une situation complexe pour les Français installés au Japon tant sur le plan administratif que personnel. Par exemple, le Japon ne connait pas du tout le modèle de la garde partagée et il est fréquent qu’une mère quitte le domicile conjugal avec ses enfants du jour au lendemain. La signature de la Convention de la Haye le 1er avril 2014 met certes fin aux déplacements illicites d’enfants mais elle n’a pas permis d’améliorer le sort de ces pères démunis puisqu’elle ne traite que des situations internationales et non des couples vivant dans le même pays. Le code de la famille japonais reste difficilement compatible avec le droit français en la matière.

Mercredi 27 septembre

Je me suis rendue le matin au Lycée Français international de Tokyo où j’ai rencontré les représentants des parents d’élèves, les représentants du personnel et la direction. Au sein de la direction j’ai donc pu échanger avec Mme Patricia Reynaud, Proviseur Adjoint M. Gilles Sansebastian, Directeur de l’école primaire, Mme Hélène Auble, Directrice des services Administratif et Financier, et M. Guillaume Jublot, Conseiller Principal d’Education.

Cet établissement a un statut particulier au sein du réseau de l’AEFE puisque cet ancien établissement en gestion directe est devenu, pour des raisons essentiellement juridiques, une fondation conventionnée. Le conseil d’administration est présidé par le directeur de l’AEFE, M. Bouchard. Ce statut particulier emporte également des conséquences au niveau de la gestion notamment comptable puisque celle-ci doit répondre aux règles japonaises.

Tous m’ont décrit une activité en forte croissance du Lycée qui est en passe d’occuper de nouveaux locaux afin de pouvoir accueillir les nombreuses demandes de scolarisation qui affluent chaque année. Il y a actuellement environ 1300 élèves scolarisés au sein de cet établissement.

Mme Marie-Laure Clément, M. Guilaume Fernet et M. Vincent Brancourt représentant les parents d’élèves m’ont fait part de leurs inquiétudes quant à la pérennité même du réseau AEFE et à plus court terme de la sanctuarisation des budgets alloués aux bourses. Ces craintes sont partagées par les représentants du personnel qui déplorent la coupe budgétaire annoncée de 33 millions d’euros, soulignant l’importance du réseau AEFE, reconnu dans le monde comme le seul réseau de cette ampleur et de cette qualité. Les représentants du personnel, M. François Gagnaire, M. Eric Grousilliat, Mme. Stéphanie Ducornez et M. Jean-Sébastien Bukowiecki ont également pu présenter leurs craintes quant au renouvellement de détachements qui peuvent créer des situations professionnelles mais également humaines très complexes.

J’ai (re)découvert la forte relation entre la France et le Japon et l’appétence des Japonais pour la culture française en me rendant à l’Institut franco-japonais. Le directeur, M. Xavier Guérard m’a indiqué que sur les 2000 élèves par trimestre qui prenaient des cours de langues, il y en avait environ la moitié qui les suivaient par simple plaisir de la langue. L’institut Français de Tokyo a une offre de service très variée : cours de langue, médiathèque, cinéma, brasserie, agence de voyages, galerie d’art. Cet établissement très dynamique organise également de nombreux évènements.

Mme Sidonie Lacome, coordinatrice pédagogique, m’a renseigné sur les différents statuts des enseignants et donc indirectement sur les causes du conflit social persistant. Logique d’entreprise contre logique de service public.

J’ai ensuite rencontré un représentant syndical, M. Sébastien Jaffrédo qui a pu me mettre au fait du droit du travail japonais puis le conseiller culturel M. Pierre Colliot qui est également le directeur de l’institut français au Japon et de ses 6 antennes. Sous sa responsabilité se trouvent aussi les alliances françaises du Japon, la maison franco-japonaises et les deux lycées français de Tokyo et de Kyoto.

Le soir j’ai été conviée à une réception à l’ambassade afin de célébrer la solidarité entre la France et la région de Kumamoto qui a subit en 2011 un séisme très important. Au Japon, chaque région possède sa mascotte et la région de Kumamoto est représentée par Kumamon. Très populaire au Japon les mascottes constituent un véritable enjeu de représentation et j’ai pu me rendre compte de la popularité dont bénéficiait Kumamon, véritable star de la soirée.

La journée se termine par un dîner d’échanges avec les conseillers consulaires M. Thierry Consigny et Mme Evelyne Inuzuka-Davenet organisé par l’ambassadeur M. Laurent Pic. M. Alexandre Joly n’étant pas disponible, j’ai pu le rencontrer ultérieurement.

Jeudi 28 septembre

Profitant de quelques heures de liberté je me suis rendue au temple Meiji-Jingu ainsi qu’au musée Nezu pour m’initier à la culture japonaise.

Je me suis rendue au Japon pour tenir une promesse :  remettre les insignes de Chevalier de l’Ordre du Mérite à M. François Roussel, véritable pilier de la communauté française. Outre son activité professionnelle riche et diversifiée, François Roussel fait preuve d’un engagement associatif sans faille. Je le considère comme un exemple (à suivre !) de ce qu’est un Français établi hors de France. Il est en outre Président de la section de Français du monde-Adfe Tokyo!

Vendredi 29 septembre

Le lendemain matin, accompagnée de François Roussel, je me suis rendue à Kyoto où j’ai pu visiter l’Ecole française d’extrême orient (EFEO) dirigée par M. Martin Nogueira Ramos,   qui occupe de magnifiques locaux. La mission même de l’EFEO est de faire connaitre le Japon et l’Extrême-Orient à la France.  L’équipe, composée de deux personnes, exerce une activité diversifiée : en plus de la publication d’une revue annuelle, l’EFEO organise des séminaires aux thématiques variées allant de sujets historiques à des thèmes contemporains, rédige des articles et propose un service de documentation regroupant quelques 1300 ouvrages.

Ce sont surtout des étudiants, des universitaires et des moines qui consultent les ouvrages disponibles à l’EFEO. La ville de Kyoto qui compte de plus de 1000 temples est également très dynamique au niveau de la vie universitaire.

Le Consul Général de Kyoto, Jean-Matthieu Bonnel qui est également directeur de l’institut français de Kyoto mais aussi de celui d’Osaka, m’a présenté la spécificité et la variété de ses missions, consulaires, culturelles et économiques

Sa circonscription consulaire s’étend sur plus de 1500 kilomètres et comprend 2500 Français. La mise en place de tournées consulaires au moment de ma venue permet toutefois d’entrevoir un accès plus facile aux services consulaires. Par ailleurs, le Japon est l’un des pays pilotes sur une expérimentation menée sur une unique présentation pour la délivrance de passeports qui sont ensuite envoyés directement au domicile des titulaires.

Lors de mon déplacement en 2015 je m’étais rendu au Lycée Français International de Kyoto (LFIK) qui faisait face à des problèmes de locaux. L’établissement vient de déménager. Je suis donc allée voir la nouvelle école  et ai rencontré les représentants des parents d’élèves, le directeur, M. Emmanuel Resbeut et quelques enseignants.

Alors qu’il y a un peu plus de deux ans, le LFIK avait des craintes quant à son avenir, notamment du fait du nombre réduit  d’élèves, j’ai été ravie d’apprendre que le lycée comptait désormais 143 élèves (quand il en comptait moins d’une centaine en 2015).

Les perspectives sont nombreuses désormais : le lycée, homologué jusqu’au niveau de 6ème a un projet d’homologation pour la 5ème à partir de l’année prochaine et les locaux qui sont actuellement partagés avec une école japonaise encore pour trois ans, sont appelés à pouvoir accueillir plus d’enfants. Le président du comité de gestion de l’association de parents d’élèves, M. Vincent Brule, me fait part de ses craintes quant aux budget alloué aux bourses. La bourse scolaire aide environ la moitié des élèves scolarisés au LFIK ; sans cette aide il est à craindre que ces enfants se détournent de l’enseignement français.

Des questions me sont posées sur la suppression de la réserve parlementaire qui va amputer largement les petits établissements comme le LFIK qui avait pu par exemple fournir des tablettes financées par la réserve parlementaire que j’avais pu leur attribuer en 2015.

Romaric Roynette, M. Pierre Droulers et M. David Gourbeault, enseignants ainsi que Mme Marie Précheur, secrétaire depuis un mois au LFIK me décrivent la bonne ambiance qui règne au sein de cet établissement. Je les questionne sur leur statut : ils sont tous en recrutement local, même si deux d’entre eux, enseignants du secondaire, sont titulaires de l’Education nationale. Seul le directeur à le statut de résident. Enfin, tant les enseignants que les représentants du comité de parents d’élèves me confirment qu’une réévaluation de la grille salariale est prévue.

Soirée sympathique avec la section Ffm-Adfe de Kyoto dans un restaurant typique de la ville. Plaisir de retrouver la présidente Julie Brock, Anne Gonon et les amis de Kyoto.

Samedi 30 septembre

Après avoir visité deux des mille temples de Kyoto, le Shimogyo-Ku et le Pavillon d’or et son magnifique jardin j’ai repris le Shinkansen et suis retournée à Tokyo où j’étais conviée à une réunion de l’Association des Français du Japon.

Accueillie par M. Bernanrd Souroque, le président, j’ai pu profiter de ce moment de convivialité  parmi les 240 Français présents, en tirant au sort les gagnants de la tombola organisée ce jour là.

Je me suis ensuite rendue à la maison franco-japonaise afin d’animer une conférence/rencontre publique autour de la question des droits des femmes. J’ai ainsi pu présenter certaines mesures mises en place lors du quinquennat précédent ainsi que la feuille de route précisée par Marlène Schiappa lors de son audition par la délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les femmes et les hommes du Sénat. Les échanges riches qui ont suivis ont permis d’approfondir certains aspects abordés lors de ma présentation mais aussi l’occasion de parler de la représentation des femmes en politique notamment à l’aune de la nouvelle composition de chacune des chambres du Parlement.

La soirée et le séjour se terminent par une soirée particulièrement chaleureuse et animée organisée par la section de Tokyo de Fdm-Adfe et son président François Roussel, l’ancien conseiller consulaire Mathieu Séguéla, l’actuel Alexandre Joly et tous les amis.

Merci à Amély Hébel ma collaboratrice qui m’a accompagnée pour organiser ce voyage!

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