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Détachement des enseignants dans le réseau AEFE: réunion au cabinet de la ministre de l’Education nationale

J’ai été interpellée à plusieurs reprises, ces dernières semaines,  sur la situation de plusieurs enseignants qui nous ont alertés du refus de leur académie d’origine de satisfaire leur demande de détachement pour un établissement de l’AEFE qu’ils souhaitaient rejoindre en qualité de résidents.

Si ces refus de détachement ne sont pas nouveaux, au regard de la pénurie d’enseignants actuelle en France, depuis quelques mois, ils ont notablement crû et ils ne touchent plus uniquement des enseignants qui effectuent une première demande pour partir à l’étranger, mais aussi des enseignants qui y sont établis de longue date et demandent leur renouvellement triennal.

Cet état de fait crée des situations de grande détresse, tant professionnelle que familiale. En effet, si je ne remets pas en cause le nécessaire équilibre à trouver entre académies en France et établissements français à l’étranger, il me semble aussi essentiel de ne pas « changer les règles du jeu en cours de partie ». Ainsi, comme je le précise dans mon rapport sur la limitation des frais de scolarité, il n’est pas question d’appliquer un nouveau schéma aux détachements déjà en cours et, de surcroit,  sans concertation préalable

Par ailleurs, n’oublions pas que la qualité du corps enseignant est un facteur essentiel de l’excellence de notre réseau d’enseignement français à l’étranger. Il s’agit donc aussi de s’interroger sur les conséquences négatives  pour nos établissements scolaires, mais aussi, et plus généralement, pour l’image de l’enseignement français à l’étranger. Déjà avons-nous d’ailleurs eu écho d’établissements qui craignent une perte d’homologation en raison de l’impossibilité de recruter des enseignants détachés.

Enfin, il est essentiel, avant toute chose, que l’Éducation nationale développe une véritable politique de valorisation des acquis pour les personnels qui ont effectué une partie de leur carrière à l’étranger. Cet objectif est d’autant plus nécessaire alors même que notre pays est confronté à une crise des vocations pour le métier d’enseignant.

J’ai  défendu ce point de vue lors de la réunion qui a réuni, la semaine dernière, mes collègues, Jean-Yves Leconte, Hélène Conway et moi-même avec le directeur de cabinet de la ministre de l’Éducation nationale.

Nous avons bénéficié d’une écoute attentive et de l’engagement d’un examen bienveillant des différents cas soumis.

J’ai également évoqué le problème rencontré par les néo-titulaires, ces personnels, durablement installés à l’étranger et employés en contrat local par des établissements, qui réussissent un concours de l’Éducation nationale.

Jusqu’à présent, ils étaient, bien sûr, tenus de faire leur stage de titularisation au sein d’une académie en France, mais étaient le plus souvent autorisés à revenir dans leur établissement d’origine à l’issue de cette année de formation.  En effet, ils bénéficient, à l’AEFE, d’une priorité de recrutement sur un poste de résident dès leur titularisation après leur stage.

Seulement, depuis 2016, l’Éducation nationale exige que ces personnels exercent au moins 2 ans en France avant de pouvoir être détachés à l’étranger. Il va de soi que cette nouvelle condition modifie considérablement leurs perspectives. Encore une fois, il ne me semble pas acceptable de modifier ainsi les règles, sans préavis. Le cabinet de la ministre s’est montré très réceptif et s’est engagé à une attitude bienveillante envers ces nouveaux titulaires.

Cette question  a également été évoquée lors du Conseil d’administration de l’AEFE, auquel j’ai assisté ce lundi, et l’Agence s’attache à demander à la Direction des ressources humaines du MEN des dérogations au cas par cas.

Je ne manquerai pas de suivre avec attention l’évolution de ces différents dossiers.

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